Mourlevat - Le combat d'hiver
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- Название:Le combat d'hiver
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Milena pleurait en silence.
— Oh, mon Dieu, gémit Helen, et elle prit son amie dans ses bras.
— J’ai passé quatre mois dans leurs prisons, poursuivit Dora, et puis ils m’ont relâchée. La ville avait beaucoup changé en peu de temps. Tout le monde se regardait de travers. Dans les rues, dans le tramway, personne n’osait plus parler à son voisin. Je n’étais plus musicienne. Je suis devenue femme de ménage. Tous les théâtres étaient fermés. Et l’arène ouverte.
— L’arène ?
— Oui, l’arène où ils organisent leurs combats. Tu découvriras tout ça. Tu le découvriras bien assez tôt. J’ai cherché Milena partout. Elle avait à peine trois ans et j’étais sa marraine, tu comprends. J’ai réussi à entrer dans plus de dix orphelinats, mais elle est restée introuvable. J’ai fini par penser qu’ils l’avaient… qu’ils s’en étaient débarrassés. J’ai porté son deuil pendant quinze ans, jusqu’à la semaine dernière, où elle est entrée dans la cantine avec ses cheveux ras et ses grands yeux bleus. J’ai vu Éva ressuscitée qui s’avançait vers moi, j’ai failli en tomber dans les pommes. Mais ça va mieux, aujourd’hui, je commence à m’habituer !
Dora s’essuya les yeux, soupira et sourit à nouveau :
— Bon, je crois qu’on s’est tout dit, non ? On devrait redescendre, maintenant. Vous êtes gelés, et moi aussi. Et demain matin, il faudra…
— Attends, l’interrompit Helen. Bart a dit qu’on avait peut-être des armes pour lutter. Lesquelles ?
— Notre arme, dit le garçon, c’est la voix de Milena. Dora dit qu’elle a la même voix que sa mère. En plus jeune bien sûr, mais que ce sera exactement la même dans quelques années. Et elle dit que cette voix est capable de soulever les gens.
Tous les trois tournèrent leur regard vers Milena qui était restée tête basse, et ils eurent la même pensée secrète : elle paraissait bien frêle et fragile, cette jeune fille frigorifiée dans son manteau noir, les yeux rougis d’avoir pleuré, et une larme suspendue au bout du nez.
Comment imaginer qu’elle avait dans la gorge de quoi « soulever les gens » ? Elle-même ne semblait pas en croire un mot à cet instant-là.
— C’est bien ce que tu as dit, Dora ? reprit Bartolomeo, comme pour se rassurer. Que sa voix pouvait soulever les gens ?
— C’est ce que j’ai dit, acquiesça tristement la jeune femme. Encore faudrait-il que les gens l’entendent…
Ils se mirent en route, tous les quatre, bras dessus bras dessous. La lune réapparue faisait miroiter les clochers d’ardoise des églises et le fleuve couleur d’acier.
— Tu as rejoué du piano ? hasarda Helen après une centaine de mètres.
— Non, je n’ai jamais rejoué, soupira Dora.
— À cause de ta main ?
— Non, ce n’est pas ma main qui refuse. Une main, ça se mate. C’est le cœur qui n’y est plus.
2. GUS VAN VLYCK
Gus Van Vlyck ne décolérait pas. Il arpentait furieusement les couloirs, au quatrième étage de l’immeuble occupé par la Phalange, mâchoire en avant et des flammes dans les yeux. Il entrait sans frapper dans les bureaux de ses subordonnés et trouvait chaque fois une bonne raison de les incendier. Il ressortait en claquant les portes, revenait dans son bureau à lui et appelait pour la dixième fois au téléphone des gens qui lui répétaient inlassablement la même chose: on n’avait rien de nouveau. En raccrochant, il écrasait le combiné à le fendre et proférait des horreurs.
Ce n’était pas la perte de Mills qui le mettait dans cet état, encore moins celle de Pastor qu’il connaissait à peine. Concernant le chef de la police régionale, il avait bien éprouvé une vague compassion en apprenant sa fin épouvantable. Après tout, c’est cet homme-là qui avait obéi à ses ordres, quinze ans plus tôt, et lâché les chiens sur Éva-Maria Bach. Beaucoup n’auraient pas eu les tripes de faire ça, et rien que pour cette absence d’états d’âme, le bonhomme méritait le respect. De là à pleurer sa disparition…
Non, ce qui mettait Gus Van Vlyck hors de lui, c’était l’idée que Milena Bach, fille d’Éva-Maria Bach, se promenait dans la nature, et qu’on n’était pas fichu de mettre la main sur cette gamine. Il avait connu une police moins molle quelques années plus tôt, et il ne se priverait pas de le faire remarquer au prochain Conseil. Si on lui laissait le temps de parler… Car certains ne manqueraient pas de lui rappeler le souvenir cuisant de sa faute, ancienne peut-être, mais qui lui revenait aujourd’hui en pleine figure. À la question : « Qu’est-ce qu’on fait de la petite ? » posée juste après l’exécution d’Éva-Maria Bach, il avait hésité. La mère leur avait causé assez d’ennuis. Pourquoi s’encombrer de la fille et prendre le risque qu’elle ravive un jour le souvenir de la chanteuse ? Le bon sens exigeait de faire disparaître l’enfant. Il y avait un service spécial pour ça, des hommes efficaces qui agissaient vite, bien, et sans qu’on ait à connaître les détails. « Qu’est-ce qu’on fait de la petite ? » Il suffisait de ne pas répondre à la question, et ces machines à tuer comprenaient ce que signifiait votre silence. Vous n’aviez même pas à vous sentir responsable.
Seulement voilà, on lui avait demandé son avis, et il s’était montré faible comme une femme : « La gosse ? À l’orphelinat ! Le plus loin possible d’ici ! Au bout du pays ! » En aboyant cet ordre, il pressentait déjà qu’il avait tort. Et aujourd’hui, la certitude d’avoir failli le faisait bouillir de rage.
Il quitta le ministère à seize heures sans prévenir quiconque. Négligeant l’ascenseur, il dévala les quatre étages par l’escalier de service. En le voyant surgir à l’entrée, un chauffeur se cambra tout raide, casquette à la main, et ouvrit la portière arrière d’une limousine noire. Van Vlyck l’ignora et s’en alla droit devant lui, encombrant de ses larges épaules la moitié du trottoir. Un tramway hurlant de tous ses freins s’arrêta à quelques mètres, mais il préféra continuer à pied.
Place de l’Opéra, il jeta un regard haineux sur le théâtre à l’abandon, sur la porte obstruée par un tas d’immondices et sur les fenêtres condamnées par des planches grossièrement clouées. Il cracha par terre. Pourquoi ne pouvait-on pas extirper de sa tête les souvenirs empoisonnés, comme on arrache de sa bouche une dent pourrie, ou comme on sépare du corps un membre gangrené ? Quand allait-on se décider à abattre ces murs, à raser le bâtiment et à débaptiser cette place ? Ça devenait insupportable à la fin ! Les voix traversaient les pierres ! Après tout ce temps, elles vibraient encore dans l’espace. La nuit, parfois, il les entendait résonner, s’unir et se répondre. Est-ce que les gens ne les entendaient pas ? Est-ce qu’ils étaient sourds ?
Une voix entre les autres n’en finissait pas de le hanter. Il pouvait bien s’abrutir de bière à ne plus tenir debout et enfouir sa tête dans les oreillers, la nuit, elle se déployait, pure et profonde, inchangée, et il n’y avait plus rien à faire : il se souvenait et se retrouvait assis au premier rang de cette église de quartier, une fin d’après-midi, quinze ans plus tôt.
La jeune femme, la soliste, est assise à trois mètres de lui. Elle est très jeune. À peine plus de vingt ans. Il admire en premier la blondeur de ses cheveux et la délicatesse de ses avant-bras sous la dentelle des manches du chemisier. Comment a-t-il eu l’idée d’entrer dans cette église, lui qui n’y met jamais les pieds ? Peut-être simplement pour trouver le frais. Il fait si insupportablement chaud ce jour-là. Il a acheté son billet à une simple table dressée sur le parvis. Il l’a acheté presque honteusement. Assister à un concert ! Lui, Van Vlyck !
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