Mourlevat - Le combat d'hiver

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Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

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— Et vous alors ? reprit-elle. Racontez-moi.

Ils lui dirent leur course folle dans la montagne, la descente du fleuve sur la barque, et aussi les rencontres avec toutes ces personnes persuadées de reconnaître en Milena sa propre mère.

— Tu lui ressembles à ce point ? sourit Helen. Je comprends, maintenant, pour les cheveux… Mais pourquoi avez-vous fait demi-tour ?

— Pour nous battre, expliqua Bartolomeo. Tu sais, je viens de me promener entre les tombes. C’est idiot, mais j’aime ça. Même la nuit. À l’internat, au lieu d’aller chez ma consoleuse ou en ville, il m’arrivait de monter au cimetière. Milos me traitait de fou. Il disait qu’il valait mieux profiter autrement de nos heures de liberté. Mais moi, ça me plaît. Je ne trouve pas ça triste. Au contraire. Ça oblige à penser vraiment à sa propre vie, et à ce qu’on en fait. Et justement, Milena et moi, on est décidés à faire quelque chose de notre vie : on veut lutter contre la Phalange.

— C’est tout ? ironisa Helen.

Elle l’avait dit sans méchanceté, plutôt avec le sentiment un peu triste de leur impuissance.

— C’est tout, répondit Bartolomeo sans se vexer. Mais on possède peut-être plus d’armes que tu ne le crois…

— C’est-à-dire ?

Bartolomeo se tourna vers Milena :

— Tu lui expliques ?

Milena prit une profonde respiration :

— C’est une histoire d’amour, Helen. Tu veux l’entendre ? Même s’il est minuit, qu’on est devant un cimetière et qu’on se gèle ?

— Vas-y.

— Bien. C’est l’histoire d’une jeune fille de vingt ans qui a un amoureux. Un jour, la fille s’aperçoit que son ventre s’arrondit un peu trop. Alors l’amoureux la quitte, disparaît dans la nature et ne revient plus. La fille pleure beaucoup et, quelques mois plus tard, donne le jour à un bébé qu’elle appelle… disons : Milena. Tu me suis, jusque-là ?

— Je crois que oui. Continue.

— D’accord. La jeune maman est assez jolie, et elle chante plutôt bien.

— Non, l’interrompit doucement Dora. Elle n’est pas « assez jolie », elle est belle comme le jour. Et elle ne chante pas « plutôt bien », elle est contralto et sa voix est un véritable miracle. Ça fait une petite différence, dit comme ça, non ? À quatorze ans, elle s’inscrit dans une chorale, et toutes celles qui chantent à côté d’elle, moi par exemple, n’ont plus qu’une envie : se mettre au dessin ou à la peinture ! À seize ans, elle est soliste. À dix-neuf, elle est engagée à l’Opéra, et toutes les salles du pays se l’arrachent. Voilà ce qu’il fallait préciser pour mieux comprendre. Et maintenant, tu peux continuer…

— D’accord, poursuivit Milena. Elle chante très bien, donc. Un jour, un gros type roux l’entend par hasard dans une église où elle interprète un requiem. Le type est un policier, il est marié, et il a une flopée d’enfants roux comme lui accrochés à ses basques. Ce n’est pas un mélomane, plutôt une brute épaisse, mais, va savoir pourquoi, la voix de cette femme le bouleverse. Il tombe fou amoureux d’elle. Il lui fait des avances. Elle le repousse. Il s’entête. Il la harcèle. Pour elle, il quitte sa femme et ses enfants. Elle le repousse encore. Il en crève de douleur et de rage. Il se jure qu’elle le lui paiera. Il s’appelle Van Vlyck. Tu me suis toujours ?

— Van Vlyck ! tressaillit Helen. Celui que j’ai vu à la grande assemblée ?

— Lui-même. Avec moins de ventre, moins de barbe et plus de cheveux sans doute, mais le même.

— Je l’ai vu briser la table de chêne avec son poing, se rappela Helen. J’en ai encore la chair de poule…

— Alors tu as compris quel genre de personne il est. Je préfère te laisser dire la suite, Dora. Je n’y arriverai pas…

Dora parla avec douceur, de son beau timbre grave, même quand il fallut dire les choses les plus cruelles. Dans le froid, sa respiration faisait de petits nuages de vapeur blanche aussitôt dissipés.

— L’histoire d’amour, la vraie, Helen, c’est celle d’un peuple qui tombe amoureux d’une voix. La voix d’Éva-Maria Bach, la mère de Milena, tu l’as compris. Tu ne peux pas imaginer comme les gens l’ont aimée, cette voix. Elle était naturelle, ample, dramatique, profonde. Elle touchait au cœur. J’étais l’amie d’Éva, et j’avais le privilège de l’accompagner au piano quand elle chantait des lieder en concert. Elle y mettait tant de sensibilité, et tant de perfection. Je ne m’y suis jamais habituée. À mon clavier, j’en étais à chaque fois clouée d’admiration. Mais dans la vie de tous les jours, elle était gaie, vivante, et incroyablement drôle. On a eu des fous rires mémorables, jusque sur la scène ! D’ailleurs, elle chantait aussi les airs traditionnels, ceux du peuple. Elle n’a jamais voulu y renoncer. Voilà pourquoi les gens l’adoraient. Même ceux qui n’y connaissaient rien en musique. Elle réconciliait tout le monde. Elle détestait la violence. Et puis il y a eu le coup d’État, la prise de pouvoir par la Phalange. Éva s’est engagée dans la Résistance. Je continue, Milena ?

Milena baissait la tête et grattait le sol du bout de son pied.

— Continue. Je veux l’entendre encore une fois.

— Éva s’est engagée dans la Résistance. Et moi aussi. Quand c’est devenu trop dangereux, on a quitté la capitale. Comme ils contrôlaient les voitures sur toutes les routes, on voyageait dans des charrettes, cachées sous des couvertures. On a continué pendant des mois à donner des concerts clandestins dans des villes de province, puis dans de petites salles de village, pour quinze personnes parfois. Je me suis abîmé les doigts sur des pianos innommables, complètement désaccordés ! Mais ça n’avait aucune importance. Éva disait qu’il ne fallait se rendre à aucun prix, que les barbares ne la feraient pas taire. Et le bruit courait dans tout le pays, comme une provocation : « Éva-Maria Bach a chanté ici, Éva-Maria Bach a chanté là, et là, et encore là… » Et tant qu’elle parvenait à chanter, la Résistance ne désarmait pas. On aurait dit que l’espoir tenait accroché à sa voix. Cet entêtement les rendait fous de rage. Il fallait qu’elle « la ferme » !

Ils nous ont finalement prises. C’était dans une petite ville du Nord, au début de l’hiver. C’est Van Vlyck qui les commandait. Ils ont fait irruption en fracassant la porte, et en hurlant comme des animaux. La moitié d’entre eux étaient ivres de bière. On achevait juste un lied de Schubert qui s’appelle À la musique . Je ne l’oublierai jamais. Éva m’a dit : « Il fallait bien que ça arrive… Je te remercie de m’avoir accompagnée. » Je pensais qu’elle voulait dire : « de m’avoir accompagnée au piano », mais elle a ajouté : « … de m’avoir accompagnée si loin. » Ce sont les derniers mots que j’ai entendus de sa voix. La scène était très haute. Deux hommes ont basculé le piano dans la fosse, et il a explosé en mille morceaux dans un terrible fracas de notes sauvages et de bois cassé. Ils ont emmené tout le monde. Moi, j’ai eu droit à un traitement spécial : ils m’ont jetée à terre, l’un d’eux m’a tenu la main droite à plat sur le bord de la scène, sous sa botte, et un autre l’a écrasée avec la crosse de son arme. Il a frappé au moins vingt fois, sur les doigts, sur le poignet. Je me suis évanouie. Quand je suis revenue à moi, il y en avait un qui criait à Éva : « Toi, fous le camp ! Va au diable ! Et qu’on revoie plus jamais ta gueule dans ce pays ! »

Je n’ai pas compris. J’étais naïve. Ils l’ont laissée s’enfuir dans la montagne avec quelques autres compagnons. Il y avait le père de Bart parmi eux, je l’ai appris plus tard. Ils les ont tous laissés filer, mais c’était pour mieux les assassiner. Ils ont lâché les hommes-chiens, sur les ordres de Van Vlyck. Pardonne-moi, Bart, pardonne-moi, Milena…

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