Mourlevat - Le combat d'hiver
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- Название:Le combat d'hiver
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Il cracha dans la direction indiquée et se dirigea aussitôt vers sa moto.
— Bon, t’as tout vu, on redescend, la visite est finie… Et on se caille…
— On va où maintenant ? demanda Helen.
— Je t’emmène dans la vieille ville, chez Jahn.
— C’est qui ?
— Tu verras.
Ils roulaient déjà dans la pente quand Mitaine se retourna à demi et claironna :
— Au fait, tu connais les deux qui sont arrivés en barque la semaine dernière ?
— Quels deux ? demanda-t-elle, et l’émotion lui serra la poitrine.
— Le grand mince et la blonde aux cheveux ras… Attention, accroche-toi, ça secoue ici sur les pavés !
— Aux cheveux ras ? s’étonna Helen. Vous… vous rappelez leurs prénoms ?
— Non… si ! Lui, Alexandro, un truc comme ça, et elle… euh… Helena ! Voilà : Helena !
— Bartolomeo et Milena ?
Elle l’avait presque crié à l’oreille de Mitaine.
— Ça va pas de gueuler comme ça ? Tu veux me crever le pantin ? Ouais, c’est comme tu dis : Bartolo… truc et Milena, c’est ça.
— Et où sont-ils maintenant ?
— Ben, chez Jahn… Là où ce qu’on va, ma belle !
Depuis des jours et des nuits, Helen était aux prises avec le pire désarroi. Et voilà que soudain l’étau se desserrait. Oubliés d’un coup le froid, l’inquiétude et la douleur d’être seule. Elle allait revoir Milena ! Ce soir peut-être déjà. Elle posa son front sur la nuque de Mitaine. C’est un ange qui m’emmène sur sa moto ! se dit-elle. Un ange qui ne sent pas très bon sans doute, mais un ange, puisque nous volons vers Milena …
Ils accédèrent par un labyrinthe de ruelles étroites à une petite place pavée et déserte. Mitaine s’arrêta devant un restaurant dont la façade vieillotte s’étendait sur vingt mètres au moins. Le nom de l’établissement, JAHN, était peint en lettres d’or sur la vitre de la porte d’entrée. Derrière les rideaux des fenêtres, on devinait des enfilades de tables sur lesquelles les chaises retournées dressaient une forêt de pieds.
— C’est là, dit Mitaine sans stopper son moteur. Vas-y. Moi j’entre pas. Tu d’mandes « Monsieur Jahn ». Pas Jahn, hein, « Monsieur Jahn ». Tu lui dis que tu cherches du boulot. Y te répondra d’aller te faire voir. Alors tu diras : « Je suis prête à faire la plonge, vous savez ? » Y te dira : « Tu es prête à faire la plonge ? » Et toi tu diras : « Oh oui, j’ai déjà écrasé les pommes de terre pour Napoléon, alors… » Et y te prendra. Voilà, c’est simple. T’as compris ?
Helen se demanda si elle était en train de faire un rêve loufoque.
— Je ne comprends rien. Qui est ce Napoléon ?
— C’est le cochon géant du docteur Josef. Tu l’as pas vu là-haut ?
— Si, je l’ai vu, mais je ne savais pas son nom.
— C’est not’mascotte. Quand on aura viré ces salopards de la Phalange, on fera une foire d’enfer et on bouffera Napoléon pour lui rendre hommage. Et maintenant vas-y. J’attends ici pour voir si c’est bon. Tu me feras signe derrière les carreaux, d’accord ?
— D’accord, dit Helen. J’y vais. Je vous remercie pour tout.
Elle marchait vers l’entrée du restaurant quand Mitaine la rappela :
— T’aurais pas une petite pièce pour l’essence, et la visite guidée ?
— Oh, bien sûr ! s’excusa la jeune fille, honteuse de ne pas y avoir pensé toute seule, et elle lui donna ce qu’il demandait.
Elle poussa la porte et fut saisie par la chaleur confortable qui régnait à l’intérieur. Les veilleuses éclairaient faiblement la salle démesurée. Elle avança entre les tables, passa devant des portes à deux battants qui devaient ouvrir sur les cuisines. Tout au fond, un large escalier de chêne dont le haut était faiblement éclairé. Elle monta en silence, comme aimantée par le rai de lumière qui filtrait sous une porte. Elle était presque parvenue sur le palier quand elle buta sur une marche.
— Il y a quelqu’un ? demanda une voix basse venue de la pièce éclairée.
— Oui, répondit Helen, je… voudrais voir Monsieur Jahn.
— Vous voulez voir Monsieur Jahn ?
— Oui, s’il vous plaît.
— Alors, entrez, et vous le verrez, Monsieur Jahn.
Assis à son bureau, un homme joufflu faisait ses comptes sur des cahiers. Il jeta un coup d’œil rapide vers Helen et se remit à ses calculs. La radio jouait de la musique classique, mais si bas qu’il fallait tendre l’oreille pour la percevoir.
— Qu’est-ce que vous cherchez ici, mademoiselle ?
— Du travail. Je cherche du travail.
— Y en a pas.
Ses lèvres épaisses et boudeuses donnaient l’impression qu’il faisait la moue. Helen ne bougea pas d’un centimètre.
— Je… je suis prête à faire n’importe quel travail, la plonge…
Sans cesser d’écrire avec son petit morceau de crayon à papier, l’homme marmonna :
— Vous êtes prête à faire la plonge ?
— Oh oui, j’ai déjà écrasé les pommes de terre pour Napoléon, alors…
Elle eut l’impression étrange de dire son texte pour une pièce de théâtre, mais une pièce de théâtre qui aurait décidé de sa vie. Jahn leva les yeux vers elle. Cette fois, il la regarda vraiment, et son regard était plein de douceur.
— C’est donc ça… Des pommes de terre pour Napoléon… Et quel âge as-tu ?
— J’ai dix-sept ans.
— Tu t’es enfuie de ton internat, toi aussi ?
— Oui.
Le gros homme posa son crayon, ses lunettes et fourragea à deux mains dans ses cheveux bouclés, puis il soupira comme si toute la fatigue du monde l’accablait.
— Bon… dit-il enfin, bon… Je vais te montrer ta chambre. C’est sous les toits. Tu commences demain matin. Mais j’ai déjà trop de monde à la plonge. Tu… voyons… tu feras le ménage en salle et tu serviras. Les autres t’expliqueront ton travail. Ton salaire sera mince, mais tu seras nourrie et logée. Tu as faim ?
— Non, répondit Helen qui n’avait même pas fini les provisions du docteur Josef.
— Alors va te coucher, il est tard.
Il éteignit la radio, se leva et la précéda dans l’escalier. Ils montèrent deux étages encore et parvinrent à un couloir vétuste, bas de plafond, qui distribuait de chaque côté une dizaine de petites portes fermées.
— Tes collègues… commenta Jahn.
Arrivé tout au bout, il ouvrit la porte de gauche et s’effaça pour laisser passer Helen.
— Voilà. C’est chez toi, ici. Tiens, ta clef.
Il fit quelques pas dans le couloir et se retourna :
— C’est comment ton nom, au fait ?
— Dormann, répondit Helen. Je m’appelle Helen Dormann. S’il vous plaît, est-ce qu’il y a ici une jeune fille qui s’appelle Milena Bach ?
— Milena dort dans la chambre à côté de la tienne, jeta négligemment Jahn, mais ne l’appelle plus comme ça.
— Ah, et comment est-ce que je dois l’appeler ?
— Comme tu veux, mais pas comme ça… bonne nuit, fit le gros homme sans autre explication, et il s’éloigna de sa démarche lourde.
La chambre minuscule ne comportait qu’un lit étroit, une table, une chaise, un lavabo et deux étagères. Un simple cordon tendu à l’angle du mur tenait lieu de penderie. Mais Helen serrait dans sa main la clef de chez elle , pour la première fois de sa vie, et elle en éprouva un bonheur violent. Un radiateur de fonte diffusait une douce chaleur. Elle monta sur la chaise pour atteindre la lucarne qui donnait sur le ciel. Elle vit le fleuve, large et silencieux, la ville endormie où des lumières scintillaient.
Un commencement , se dit-elle, c’est un commencement. Tout ira bien.
Elle se coucha, engourdie de fatigue et d’émotions, et tandis qu’elle sombrait lentement dans le sommeil, elle convoqua, pour l’accompagner, tous ceux qui lui étaient chers : ses parents, remontés de la nuit et qui lui souriaient avec tendresse ; Paula, qui devait savoir, maintenant, et qui pensait peut-être à elle ; Milos, qui menait quelque part son plus dur combat ; et Milena qui dormait de l’autre côté de la cloison, avec ses cheveux ras…
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