Mourlevat - Le combat d'hiver

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Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

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— Des gens comme nous ?

— Oui, les gens qui n’aiment pas la Phalange… Ça vous suffit comme explication ?

— Ça me suffit. Je vous remercie, monsieur…

— Je m’appelle Josef.

— Merci, Josef…

— De rien, Helen. C’est le moins que je puisse faire. Un petit conseil encore. Je peux ?

— Oui.

— Débarrassez-vous très vite de cette veste et de ce sac à dos. Ils pourraient vous attirer de très graves ennuis.

Elle réalisa qu’elle portait encore la canadienne de Pastor et avait sur le dos le sac de Mills.

— Oh, bien sûr ! Mais qu’est-ce qu’on va en faire ? Je ne voudrais pas qu’on les trouve chez vos parents. Il faudrait les enterrer ou les brûler…

— J’ai une meilleure idée, dit le docteur. Donnez-moi ça. Il n’en restera rien, pas même des cendres… Demain, ma femme vous donnera un manteau pour remplacer.

En passant devant l’enclos, il jeta sac et veste par-dessus la barrière de planches. Le verrat fourragea dedans un instant, de son groin gigantesque, puis il se décida pour le sac qu’il engloutit en quelques secondes, armatures métalliques comprises. Il prit davantage de temps pour apprécier le mélange raffiné de canadienne et de boue.

Le lendemain, à l’aube, ils se rendirent ensemble à la gare routière, Helen pelotonnée dans un grand manteau de laine offert par la femme du docteur. Sur le quai, celui-ci lui donna l’argent promis ainsi que des provisions et un livre pour le voyage. Il lui serra d’abord la main, puis se ravisa et l’embrassa sur les deux joues :

— Le pont aux Fagots… Mitaine… N’oubliez surtout pas… Bonne chance…

Elle monta dans le même car qui l’avait amenée ici quatre jours plus tôt, un siècle plus tôt, en ce temps lointain où Milos était encore à ses côtés. En voyant les montagnes s’éloigner dans le rectangle sale de la vitre arrière, elle sentit son cœur se fendre. Ils ont réussi à te prendre, Milos, et pourtant tu me disais qu’on ne te prenait jamais… Qu’est-ce qu’ils vont faire de toi ? Et moi, qu’est-ce que je vais devenir toute seule ? On avait juré qu’on ne se quitterait plus… Tu ne vas pas mourir, dis-moi ? On se reverra ? Promis ?

IO. LE PONT AUX FAGOTS

Le car laissa Helen à la gare routière de la capitale, au milieu de la nuit, plus seule qu’elle ne l’avait jamais été de sa vie. Milena… Vera… où êtes-vous ? Qu’est-ce que je fais dans cette ville ? Un passager lui indiqua la direction d’un geste, sans prendre la peine d’ouvrir la bouche : le pont aux Fagots, c’était « par là-bas ». Elle se mit en route. Les falaises sombres des immeubles endormis se dressaient, silencieuses et menaçantes sur sa gauche. Elle se rapprocha du fleuve et suivit le quai. Le pont aux Fagots, Mitaine… Les deux lui étaient inconnus, et pourtant elle n’avait d’autre espoir que de les trouver.

Six feux au moins brûlaient sous le pont, et leurs flammes dansantes se reflétaient sur les vaguelettes du fleuve. Helen s’arrêta en haut de l’escalier de pierre, heureuse d’être enfin arrivée. Elle avait cheminé longtemps et passé plus de six ponts avant d’atteindre celui-ci. Autour du plus grand feu dormaient une dizaine de pauvres bougres en guenilles, allongés sous des sacs en toile de jute. Des ronflements sonores montaient et se répondaient en un concert anarchique, stoppés de temps en temps par un coup de coude ou un coup de pied. Parfois un dormeur se levait pour aller uriner dans l’eau ou pousser une branche dans les flammes. D’autres feux, plus modestes, crépitaient doucement dans la nuit. Assis devant, des hommes mangeaient, buvaient de l’alcool et fumaient en silence.

Minuit sonnait tout juste au clocher de l’église voisine. Elle descendit les marches et s’avança sous la voûte, évoquant pour se rassurer les mots exacts du docteur : « Ces gens ne vous feront aucun mal. »

— Qu’est-ce que tu fais ici, toi ? grommela une voix éraillée tout près d’elle.

La femme qui l’interpellait ainsi se tenait assise dans un renfoncement du mur. On aurait eu du mal à lui donner un âge, la cinquantaine peut-être. Son visage couperosé disparaissait à moitié sous la visière d’une casquette à fourrure. Un chien bâtard dormait à ses pieds.

— Je cherche Mitaine…

— Qu’est-ce que tu lui veux, à Mitaine ?

— Lui parler…

La femme désigna un petit feu presque éteint, à dix mètres de là.

— C’est lui, là-bas. Donnes-y un coup de pied pour le réveiller !

Helen s’avança jusqu’à la forme roulée en boule sous un tas de couvertures.

— Monsieur ! appela-t-elle timidement.

La femme éclata de rire :

— Faut pas l’appeler « monsieur » ! Donnes-y un coup de godasse, j’te dis !

Comme Helen n’osait pas, elle se mit à brailler :

— Mitaine ! Oh, Mitaine ! T’as d’la visite ! Une jolie pépée ! Une blonde !

— C’est quoi ? marmonna l’homme en faisant émerger une longue tête hirsute.

Il pouvait avoir quarante ans. Malgré la maigreur, son visage gardait quelque chose de jovial.

— Qu’est-ce que tu veux ?

— Vous êtes Mitaine ? demanda Helen.

— Y paraît… Et qui tu es, toi ?

— Je viens de la part de Josef, le docteur Josef…

L’homme bâilla longuement, découvrant une bouche à demi édentée, se racla la gorge avec fracas et se redressa un peu.

— Comment y va, ce bon docteur Josef ? Y continue à s’faire payer pour tuer les gens ?

— Il va bien, sourit Helen.

Le clochard repoussa ses couvertures et se leva avec peine. Il portait de gros gants de laine dont les bouts coupés laissaient apparaître les deux dernières phalanges de ses doigts noirs.

— Tu viens d’là-haut, si je comprends bien. Tu connais rien ici ?

— Non, c’est pour ça que le docteur Josef…

— D’accord. Eh ben j’vais commencer par te faire visiter les parages.

Helen, que le froid et la fatigue accablaient déjà, n’avait nulle envie de retrouver les trottoirs glacés de la ville, mais une surprise l’attendait en haut de l’escalier. Mitaine fit démarrer du premier coup de talon une motocyclette digne des antiquités, dont l’énorme réservoir jaune évoquait le corps galbé d’une guêpe.

— Monte derrière et tiens-toi bien !

Le monstre dépourvu de phare pétarada dans les rues pavées et commença à monter la colline, vers le nord.

— Où on va ? cria Helen, tout engourdie. Je me gèle !

— Au cimetière ! répondit Mitaine. Tu vas apprécier le coup d’œil !

Au fur et à mesure qu’ils s’élevaient, la ville se révéla. Helen ne l’avait pas imaginée si grande. Plus de dix ponts enjambaient le fleuve dont elle avait du mal à croire qu’il fût le même que celui qu’elle connaissait. Si tu voyais comme il est large, Milos ! Quatre fois plus large que celui que nous regardions ensemble, perchés sur le toit de l’internat ! Si tu voyais cette ville ! Des dizaines de tours et de clochers, de larges avenues, des ruelles par centaines, et ces toits de tuiles à l’infini. C’est plus joli que l’ardoise. Dommage que tu ne sois pas là, vraiment dommage…

La motocyclette n’avait pas de béquille, Mitaine l’appuya au mur du cimetière et entraîna Helen. Ils traversèrent la route et se postèrent sur une butte herbeuse qui s’avançait en promontoire au-dessus du vide. En se retournant, Helen découvrit les croix et les stèles des tombes qui brillaient dans la lumière froide de la lune.

— Laisse les morts ! dit Mitaine. Et vise plutôt le panorama ! Y a plus moche, non ? Le pont au nord, là, c’est le mien. On le reconnaît aux feux qui brûlent. Le plus grand, au milieu, avec les statues de bronze, c’est le pont Royal. De ce côté du fleuve, tu as la vieille ville, d’accord ? De l’autre, tu as le château, sur la colline, tu le vois ? En dessous de nous, c’est la ville nouvelle. La Phalange est là, dans cet immeuble… Pfuit !

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