Mourlevat - Le combat d'hiver

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Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

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— Je t’attends, Helen. Fais attention à toi.

Elle marcha des heures droit devant elle dans la descente, courant dès qu’elle le pouvait, sans penser à autre chose qu’à ne pas perdre de temps. Les raquettes de bois crissaient à chaque pas dans la neige fraîche. « Marche ! Marche ! » semblait répéter à l’infini leur petite musique obstinée. Le soleil faisait scintiller les cristaux. Comme ce serait beau , se disait-elle, s’il n’y avait pas là-haut Milos avec sa jambe rouge !…

À chacun de ses arrêts, elle s’étonnait du vacarme de sa respiration et des battements effrénés de son cœur dans le silence de la montagne. Elle avalait une bouchée de pain, laissait fondre un peu de neige dans sa bouche et repartait. Son espoir secret était de trouver à s’abriter avant la nuit, mais le soleil sombrait déjà derrière les sommets, à l’ouest, sans qu’elle ait vu la moindre trace d’habitation.

Enfin, la pente se fit moins forte. La plaine ne devait plus être très loin. Comme l’obscurité gagnait lentement et avec elle le froid vif qui s’insinuait sous son pull-over, Helen enfila la canadienne de Pastor et accéléra l’allure. L’idée de dormir dehors l’angoissait. Par bonheur, des rochers affleurèrent bientôt, puis l’herbe verte de la prairie. Elle ôta ses raquettes et les attacha aux lanières de son sac à dos. Un chemin descendait le long d’un bois de bouleaux. Elle le suivit, et elle n’avait pas fait cinq cents mètres que la maisonnette de pierre apparut sur sa droite, au fond d’un pré.

Elle était très ancienne assurément, mais bien entretenue. Une maigre fumée blanche montait droit de la cheminée. Un cochon géant pataugeait dans la boue de son enclos, ses deux oreilles immenses et sales battant sur les côtés. Jamais Helen n’avait vu un animal de cette taille. Il devait peser près de deux tonnes. Elle s’avança jusqu’à la porte de bois et frappa. Elle attendit en vain une réponse, frappa de nouveau. Elle songea fugitivement à Boucle d’Or. Est-ce qu’il y aurait trois bols sur la table ? Et trois chaises ? Et trois lits ? L’énorme verrat la regardait de loin en roulant dans sa gorge des grondements d’outre-tombe.

— Il y a quelqu’un ? appela Helen.

Elle fit le tour de la maisonnette, mais ne vit ni traîneau, ni carriole d’aucune sorte, juste une réserve de bois sous l’appentis. Revenue de l’autre côté, elle tapa aux carreaux de la fenêtre.

— Il y a quelqu’un ?

Elle colla son visage à la vitre. L’intérieur disparaissait dans la pénombre, mais quelqu’un se tenait assis sur une chaise, à peine éclairé par la flamme du fourneau, les deux jambes posées sur un chauffe-pieds.

— Monsieur ! appela Helen et l’homme leva les yeux vers elle.

— Je peux entrer ?

Elle considéra que le vague mouvement de tête de l’homme signifiait un accord, et elle poussa la porte. La pièce était basse de plafond. Une armoire, une table, une horloge et deux bancs posés sur le sol en terre battue constituaient tout le mobilier. Helen s’avança vers le fourneau :

— Excusez-moi, monsieur, j’ai vu la fumée et…

Le vieux était bien plus âgé qu’elle ne l’avait pensé. Ou plus malade peut-être. Des rides profondes creusaient son visage fatigué ; ses derniers cheveux blancs dessinaient une drôle de petite virgule sur son front. Il gardait ses bras au chaud sous le plaid qui couvrait ses genoux.

— Je viens du refuge… hasarda Helen. Vous connaissez… le refuge ?

Le vieillard ne parut pas comprendre. Il observait la jeune fille sans crainte, mais sans réelle curiosité non plus. Ses oreilles décollées se détachaient de son crâne chauve.

— Vous vivez seul ici ?

Elle regarda mieux autour d’elle et vit une deuxième chaise de paille, près du fourneau.

— Vous vivez seul ici ? répéta-t-elle en poussant la voix et en désignant la chaise. Il y a quelqu’un avec vous ?

La jeune fille se résignait déjà au silence quand il ouvrit la bouche et prononça d’une voix rauque une phrase courte et tout à fait incompréhensible, quelque chose comme :

Sjo cé adji ?

— Pardon ? dit-elle.

Il reprit les mêmes mots, mais plus fort et avec agacement.

— Je ne comprends pas votre langue… s’excusa Helen, je…

Il sortit alors un bras maigre de sous la couverture et pointa une main tremblante vers elle :

— Gardjoune ? Fjille ?

— Ah ! réagit Helen en riant. Une fille ! Je suis une fille.

Avec ses cheveux courts, son visage carré et la veste de Pastor sur le dos, elle pouvait effectivement tromper son monde. Dès l’instant où le vieil homme sut qu’elle appartenait au sexe féminin, il parut mieux disposé à son égard. Il lui fit signe de tirer la chaise vers elle et de s’asseoir. Mais le rapprochement tourna court, et ils restèrent assis face à face en échangeant de temps à autre un sourire un peu embarrassé. Helen s’interrogeait déjà sur la tournure que prendrait la soirée lorsque la porte s’ouvrit sur une petite vieille coiffée d’un fichu. Elle referma derrière elle, accrocha son manteau au clou d’un geste vif et stoppa net au milieu de la pièce en découvrant la visiteuse qui s’était levée de sa chaise. Cependant, le vieux ayant dit dans sa langue une phrase brève, elle marcha aussitôt vers Helen, les bras ouverts :

— La fiancée de Hugo !

— Non, je ne suis pas la fiancée de Hugo, répondit Helen, heureuse de pouvoir enfin être comprise, je me suis perdue dans la montagne et…

— Ah, fit la vieille, visiblement déçue, mais sur sa lancée elle l’embrassa tout de même. Ses joues froides étaient douces comme de la soie. Vous vous êtes perdue ?

— C’est ça. Je viens du refuge, là-haut. Vous connaissez le refuge ?

— Oui, le refuge, je connais…

— Mon ami est là-haut… il est blessé… gravement blessé, vous comprenez ? À la jambe… je viens chercher du secours… il a besoin d’aide…

Tandis qu’elle parlait, le vieil homme s’acharnait à parler aussi à sa femme et la malheureuse ne savait plus qui écouter des deux.

— Il vous prend pour la fiancée de Hugo, dit-elle enfin à Helen. Il est têtu comme une mule. Dites-lui que Hugo va bien et il nous fichera la paix !

— Hugo va bien, articula Helen, souriante, à l’adresse du vieux. Il va très bien.

— Aaah ! fit celui-ci, satisfait, et il se tut.

La vieille cligna de l’œil en signe de complicité. « Nous voilà entre personnes sensées maintenant », semblait-elle dire.

— Je vous disais que mon ami est au refuge, reprit Helen. Il est blessé gravement… il faudrait aller le chercher en traîneau ou bien trouver un docteur pour le soigner…

— Ah, il y a un docteur au refuge ?

— Non ! Il n’y a pas de docteur au refuge. Mon ami est tout seul là-haut. Il est blessé. Vous connaissez un docteur ?

— Mon fils…

— Votre fils est docteur ?

La vieille changea soudain d’expression et regarda Helen, stupéfaite :

— Mon fils est docteur ? Le plus jeune ?

Oh, mon Dieu , gémit la jeune fille, où suis-je tombée ?

— Oui, insista-t-elle cependant, vous venez de me le dire : votre fils est docteur. C’est bien ça ?

— Je ne sais pas… Vous voulez un peu de soupe ?

Helen remarqua pour la première fois une marmite en fonte noire de suie qui chauffait sur le fourneau. Un mince filet de vapeur s’échappait sous le couvercle. Pourquoi ne pas en profiter après tout ? Il faisait nuit maintenant. Il faudrait bien manger et dormir quelque part.

La petite vieille alluma une lampe à pétrole suspendue à une poutre du plafond et sortit un grand bol du tiroir de la table.

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