Mourlevat - Le combat d'hiver
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- Название:Le combat d'hiver
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— Je vais d’abord m’occuper de mon homme. Il tremble trop pour manger seul. Il n’a plus toute sa tête, vous savez. Il ne parle plus que sa langue maternelle depuis quelque temps… C’est triste, mademoiselle. Ah si vous l’aviez vu jeune homme !
Helen l’observa qui donnait la soupe à « son homme », debout près de lui. C’était touchant de voir sa patience et la délicatesse de ses gestes. Ensuite, les deux femmes s’assirent à table pour « dîner ». Hélas, la soupe était moins bonne qu’Helen ne l’avait espéré. Elle avala avec peine les morceaux tout juste tièdes de pommes de terre et de navets qui flottaient dans un bouillon fade.
— Est-ce qu’il y a d’autres habitants par ici ? reprit-elle. D’autres maisons ?
— Mon fils… répondit la vieille.
— Votre fils ? Le docteur ?
À ce moment-là, le vieillard, depuis sa chaise, répéta plusieurs fois une question dans laquelle Helen reconnut le mot « Hugo ».
— Qu’est-ce qu’il dit ?
— Il demande combien vous avez d’enfants avec Hugo. Il radote… Attendez, vous allez voir…
Elle baragouina une réponse dans la langue de son mari et pouffa de rire dans le torchon qu’elle avait gardé à la main.
— Qu’est-ce que vous lui avez dit ?
— Que vous en aviez sept. Tous des garçons. Et jumeaux pardessus le marché ! Le temps qu’il y réfléchisse, il nous laissera tranquilles !
Effectivement, le vieillard hocha la tête et se replongea dans ses pensées. Helen réprima son envie de rire. Cette petite vieille à la fois si vive et si confuse l’étonnait de plus en plus.
— Vous me disiez que votre fils habite par ici. Votre fils le docteur…
— Le docteur ? Il habite par ici ?
— Oui, votre fils…
— Ah oui, mon fils. Il viendra demain matin. Voulez-vous un verre de vin, mademoiselle ?
— À quelle heure viendra-t-il, votre fils ? Parce que mon ami est blessé, là-haut, dans le refuge…
— Oui, à la jambe, n’est-ce pas ?
— C’est ça, à la jambe. Votre fils le docteur pourra le soigner ? Vous pensez qu’il pourra le soigner ?
La vieille trotta vers la porte du fond et l’ouvrit. Un escalier montait à l’étage et l’autre descendait à la cave. Elle prit sur la première marche une bouteille de vin à moitié pleine et sortit deux verres de l’armoire.
— Je ne bois pas de vin, dit Helen, que l’impatience taraudait, je préférerais…
— Oui, vous l’auriez vu quand il était jeune ! l’interrompit la vieille en remplissant les verres. J’avais seize ans et demi et je travaillais à la brasserie. Lui, il était bûcheron. On est passées par hasard dans cette clairière, ma camarade Franciska et moi. Ils étaient une dizaine d’ouvriers étrangers. Ils faisaient la pause. Ils jouaient aux boules avec des pierres rondes, torse nu. Ça parlait fort et ça rigolait. Il était plus beau que les autres. Beaucoup plus beau. Il tenait sa pierre dans la main et un bout de fromage dans l’autre. Ses épaules luisaient sous la sueur. Franciska m’a dit : « Tu l’as vu celui-là comme il est beau ! » On a bien ri. Je me suis débrouillée pour repasser toute seule les jours suivants. Une fois, il s’est approché, et on s’est dit nos prénoms. De près, il était encore plus beau que de loin… Une autre fois, on s’est fait comprendre par signes qu’on pourrait se retrouver le soir.
Helen tourna la tête et regarda le crâne piqué de taches de rouille, le cou ridé et les épaules maigres du vieil homme qui s’assoupissait près du fourneau. Malgré son agacement, elle se sentit touchée.
— Et… vous vous êtes retrouvés ?
— Bien sûr. Allez empêcher un garçon et une fille de se retrouver ! Je l’ai attendu au rendez-vous derrière l’atelier de mon père. Je m’étais faite belle en cachette. Rouge à lèvres et tout ça. Quand je l’ai vu passer le coin de la rue et marcher vers moi, j’en serais tombée à la renverse ! Il portait une chemise blanche, ample, avec un col ouvert sur sa poitrine, et son pantalon avait un pli… Un pli ! Fait au fer ! Alors qu’il dormait dans une cabane au milieu des bois ! Ça ne l’empêchait pas d’être élégant. Dix-huit ans, il avait… Et moi seize et demi…
— Vous en avez de la mémoire…
— Non. J’oublie tout… mais pas ça… allez, trinquez avec moi, mademoiselle…
Elles entrechoquèrent leur verre. Le vin râpait la gorge et Helen eut du mal à boire la première gorgée.
— Et… vous avez eu des enfants ? reprit-elle, un peu honteuse de ramener la conversation à ce qui l’intéressait.
— Des enfants ? Oui… on en a eu… quatre… non… cinq…
— Et le plus jeune est docteur maintenant ? C’est ça ?
— Je ne sais plus… pardonnez-moi, je suis comme lui… je perds la boule… allez, on va se coucher maintenant… nous, on dort dans la chambrette, ici, à côté… vous, vous dormirez en haut… prenez une bougie dans le tiroir avant de monter.
Elle alla vers son mari, lui chuchota quelques mots à l’oreille et le fit lever. Tous deux entreprirent de traverser la pièce. Ils avançaient avec une lenteur infinie. Helen les regarda passer devant elle en buvant son verre. Le vin lui montait déjà à la tête. Quand la porte de la chambrette se fut refermée sur les deux petits vieux, elle se leva et s’assit près du fourneau pour emmagasiner un peu de chaleur. Sans doute qu’il ferait froid dans la pièce du haut. Elle allait monter quand la grand-mère reparut en chemise de nuit, un bonnet sur la tête.
— Regardez, mademoiselle…
Dans son cadre de bois, la photo montrait le buste d’un jeune homme cravaté, à la barbe noire et bien taillée. Il portait de travers sur la tête un étrange couvre-chef plat et regardait l’objectif avec assurance.
— Mon fils… lisez derrière…
Sur le dos cartonné du cadre, une main appliquée avait écrit trente ans plus tôt la date, le prénom du lauréat : Josef, et son titre : Docteur en Médecine.
— Votre fils ! Celui qui viendra demain ?
— Oui. Il vient tous les mardis. Bonne nuit, mademoiselle.
Helen fit rapidement le compte des jours. Milos et elle s’étaient enfuis un vendredi soir de leur internat, et deux nuits s’étaient écoulées depuis. La vieille dame ne se trompait peut-être pas…
Malgré sa grande fatigue, elle eut toutes les peines du monde à dormir. La chambre était froide, le lit creux et l’énorme édredon roulait au sol au moindre mouvement. L’image de Milos perdant son sang dans le refuge la hantait. Elle ne trouva le sommeil qu’au petit matin, bercée par les grondements sourds du cochon géant qui faisaient vibrer les carreaux de la fenêtre.
Le docteur arriva à dix heures dans une automobile à hautes roues, pétaradante et crottée. C’était un homme d’une cinquantaine d’années, au regard noir. Il ressemblait peu à la photographie avec ses cheveux gris, sa calvitie naissante et sa barbe hirsute. Helen traversa le pré et se précipita sur lui avant même qu’il eût le temps de sauter à terre. Quel soulagement de parler enfin à quelqu’un qui comprenait vite et bien !
— Nous allons continuer en voiture et contourner le massif, dit-il. Je connais un endroit d’où on pourra rejoindre le refuge en deux heures de marche.
— Vous voulez dire qu’on serait là-haut avant ce soir ?
— C’est ce que je veux dire.
— Mais… vous avez votre trousse médicale ? Vous pourrez le soigner ?
— J’ai tout ce qu’il faut. Je dépose les provisions de mes parents et nous partons.
Helen l’aurait embrassé. Les adieux aux deux petits vieux furent vite expédiés.
— Revenez nous voir ! dit la grand-mère. Nous aimons les visites.
— Fjille ! indiqua le grand-père en désignant Helen à son fils. Et il enchaîna sur une longue tirade incompréhensible où le nom de « Hugo » revint plusieurs fois.
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