Mourlevat - Le combat d'hiver

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Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

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— Qu’est-ce qu’il dit ? demanda Helen.

— Il dit que vous êtes bien jeune pour avoir sept garçons avec Hugo. Je me demande où il a pris ça…

— Est-ce Hugo, au fait ? sourit Helen.

— C’est mon garçon, répondit le docteur. Il aura douze ans début novembre.

Là-dessus, il jeta une luge dans le coffre de la voiture et fit tourner la manivelle pour démarrer le moteur. Le cochon les salua d’un ultime grognement, et ils s’en allèrent tandis que la vieille dame agitait son torchon sale sur le pas de la porte.

Le chemin montait en pente douce, mais les cailloux le rendaient malaisé. La voiture cahotait violemment, et Helen dut s’agripper à la poignée de la portière et à son siège pour ne pas être projetée en l’air. Il n’était pas commode de bavarder dans les rugissements du moteur.

— Qu’est-ce que vous faisiez au refuge en cette saison ? cria le docteur.

— On était en balade ! répliqua Helen et elle s’étonna de voir combien il était plus facile de brailler un mensonge que de l’énoncer à voix normale.

— Vous avez été pris par la neige ?

— Oui.

— Je comprends. Je m’appelle Josef, et vous ?

— Helen.

Ils se turent pendant quelques kilomètres, puis le docteur indiqua de la tête un sac posé sur le siège arrière.

— Il y a des choses à manger dedans, du pain et du chocolat noir, je crois. Servez-vous…

Du chocolat ! Helen fit l’effort de ne pas se jeter dessus comme une affamée. Elle tendit le bras vers le sac et le posa calmement sur ses genoux.

— Au fait, il s’est blessé comment, votre ami ?

— En taillant un morceau de bois avec son couteau, répondit Helen, une barre de chocolat dans la main. Vous en voulez ?

— Oui, un petit carreau, rigola le docteur, c’est ma faiblesse !

Comme elle le lui tendait, une secousse plus forte les fit tous deux décoller de leur siège et éclater de rire.

Et si je lui disais la vérité , pensa Helen en croquant le chocolat… Une fois là-haut, il comprendra vite que j’ai menti. Il verra la blessure profonde de Milos et tout ce sang dans la pièce… Si la neige a fondu, il verra même les corps ! Il est médecin, il soignera Milos, bien sûr, mais ensuite ? Est-ce qu’il nous dénoncera ?

Elle réalisa qu’elle prenait un pari risqué en entraînant cet homme inconnu sur le lieu du drame. Mais y avait-il une autre façon de venir en aide à Milos ?

Ils roulèrent encore un moment sans échanger autre chose que des banalités sur les paysages et le mauvais état du chemin. Le docteur, attentif à sa conduite, ne posa plus de questions. Sur leur droite s’ouvraient des ravins sombres. Sur leur gauche, le sommet du massif disparaissait dans la brume. Un grand rapace vint heurter de ses ailes le pare-brise de l’automobile et les fit sursauter.

— On est encore loin ? demanda Helen.

— Non, on arrive, répondit le docteur, et moins d’un quart d’heure plus tard il stoppait son véhicule sur le côté.

Un sentier enneigé s’en allait droit vers la montagne. Ils chaussèrent leurs raquettes et s’y engagèrent. Le docteur marchait à grandes enjambées, tirant derrière lui la luge qui servirait à redescendre Milos. Parfois il s’arrêtait pour attendre Helen qui suivait avec peine, chargée de la trousse médicale. Ils marchèrent plus de deux heures avant d’atteindre un petit bois de sapins.

— Le refuge est juste derrière, dit le docteur. Vous allez reconnaître l’endroit.

Effectivement, dès qu’ils eurent traversé le bois, elle distingua la masse grisâtre du refuge, deux cents mètres environ au-dessus d’eux. Son cœur s’accéléra. J’arrive, Milos… Ne t’en fais pas… Je t’amène un docteur… Tout va bien se passer…

Elle allait sortir du bois quand le docteur lui posa la main sur l’épaule :

— Attendez !

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Des gens ! Regardez !

Trois hommes, armés de pelles, se tenaient près du rocher où étaient ensevelis Mills, Pastor et Ramsès. On les entendait jurer à voix sourde à mesure qu’ils dégageaient les corps. Un quatrième s’affairait autour d’un traîneau stationné devant la porte. Tous portaient des vestes et des bottes de cuir.

— Ce sont des types de la Phalange… dit le docteur à voix basse. Qu’est-ce qu’ils font là ?

La porte du refuge s’ouvrit, et deux autres hommes apparurent. Ils transportaient par les épaules et par les pieds un corps inerte qu’ils jetèrent sans ménagements sur le traîneau. Un bras pendait sur le côté, à moitié disloqué.

Helen faillit se trouver mal.

— Milos…

Elle recula d’un pas et s’assit sur la luge. Pendant quelques secondes, tout chavira autour d’elle : la neige éblouissante, les sapins, le ciel gris.

— Milos… pleura-t-elle.

— Taisez-vous ! ordonna le docteur. Ne faites pas de bruit !

Là-bas, devant la porte, les hommes chaussèrent leurs raquettes et poussèrent à trois le traîneau vers la descente.

— On y va ! gueula l’un d’eux à ceux qui étaient vers le rocher.

En quelques secondes, le traîneau avait disparu.

— Ils ne lui ont pas mis de couverture… gémit Helen. Il est mort ?

— Je ne sais pas, chuchota le docteur. Il ne faut pas rester ici. Venez !

Malgré le chauffage poussé à fond, Helen grelottait dans la voiture. Le docteur s’arrêta, ôta sa veste et la lui donna.

— Couvrez-vous, et essayez de vous calmer. Je ne pense pas que votre ami soit mort. Vous avez vu comme ils se dépêchaient de l’emmener ? Quand quelqu’un est mort, on prend son temps, non ?

Helen ne pouvait qu’être d’accord, mais cela ne la rassurait pas. Ils roulèrent en silence pendant un moment, bien moins vite qu’à l’aller, puis le docteur se tourna vers elle et la regarda avec bienveillance :

— Dites-moi tout maintenant, s’il vous plaît… Qu’est-ce qui s’est passé au refuge ?

Et, comme elle hésitait encore :

— Vous n’avez rien à craindre de moi, mademoiselle. Vous le voyez bien…

Elle voulut le croire et commença par le commencement, sans pouvoir retenir ses larmes :

— On s’est sauvés de notre internat…

Elle lui dit tout : l’évasion de Bart et de Milena, la petite Catharina Pancek au cachot, elle lui dit la mort de Basile, la grande assemblée, Van Vlyck, Mills, Pastor et ses Diables. Elle lui dit le car dans la nuit, la marche épuisante en montagne, l’attente glacée près du rocher, le terrible combat de Milos et sa blessure, la furie des hommes-chiens… Elle dit tout, et quand elle eut fini, elle ajouta pour elle-même et en silence : Ce que je ne te dis pas, docteur, c’est que Milos est mon premier amour, j’en suis sûre maintenant… mais je l’ai déjà perdu…

Il l’écouta jusqu’au bout sans l’interrompre, puis demanda simplement :

— Connaissez-vous quelqu’un qui pourrait vous recueillir ?

— Ma consoleuse, murmura Helen. C’est la seule personne que je connaisse en dehors de l’internat, mais je ne peux plus aller chez elle.

Quand ils arrivèrent à la maisonnette de pierre, la nuit tombait déjà. Le docteur arrêta le moteur, mais ne descendit pas. Dans le calme soudain, sa voix était paisible et remplie de certitude.

— Écoutez-moi, Helen. J’ai bien réfléchi. Voici ce qui va se passer maintenant. Nous allons d’abord manger ici, avec mes parents. Ne vous en faites pas, ce sera meilleur qu’hier, j’ai apporté des bonnes choses. Ensuite, je vous emmènerai chez moi, dans la petite ville où vous êtes arrivée par le car. Vous y ferez la connaissance de ma femme et de votre « fiancé », Hugo. Mais vous ne pourrez pas rester. Il va y avoir du grabuge dans la région, beaucoup de grabuge, vous vous en doutez. Ils n’aiment pas du tout perdre leurs hommes de cette façon-là. Vous ne pouvez pas non plus rentrer à votre internat. Alors demain matin, à la première heure, je vous mettrai dans le car qui va vers le sud. Je vous donnerai l’argent nécessaire et même un peu plus. Vous arriverez la nuit suivante à la capitale. Demandez le pont aux Fagots et allez-y. Le pont aux Fagots, n’oubliez pas. Parce qu’il y en a beaucoup, des ponts, dans cette ville. Celui-ci se trouve au nord, en amont du fleuve. Il y a des gens qui dorment dessous. Ils ont l’air effrayant mais n’ayez pas peur d’eux. Ils ne vous feront aucun mal. Demandez un certain Mitaine. Vous m’entendez bien : Mitaine. Dites-lui que vous venez de ma part, de la part de Josef, le docteur. Il vous aidera et vous indiquera où retrouver des gens comme nous en ville. Moi j’ai perdu le fil, le réseau se déplace sans cesse…

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