Mourlevat - Le combat d'hiver
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- Название:Le combat d'hiver
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— Oui. Je te montrerai ce que tu dois faire. C’est pas compliqué. Et tu peux me dire tu.
Plus tard, Helen se rappela toujours ces premiers mots échangés, la sympathie immédiate éprouvée pour cette personne, le sentiment d’affinité secrète et de confiance irraisonnée. Elle se dit aussi que cette rencontre ne s’était pas faite par hasard dans une cuisine, sous la terre, là où sont les choses chaudes et profondes.
En bavardant, elle remarqua que Dora se servait avec difficulté de sa main droite. Les doigts en étaient curieusement déformés et rougis aux jointures, tandis que le pouce demeurait en permanence à demi plié.
Monsieur Jahn fit une brève apparition. Il salua tout le monde avec une retenue proche de la timidité, et il but, debout, un bol de café, en observant ses employés du coin de l’œil. Lorsque son regard croisa celui d’Helen, il lui adressa de loin une discrète mimique qui signifiait : « Tout va bien ? » « Tout va bien », répondit-elle, et elle se sentit en effet remplie d’espoir.
La journée passa étonnamment vite. Dès onze heures du matin, Helen fut comme emportée dans un tourbillon. Les deux salles de restaurant se remplirent en quelques minutes, et le vacarme ne cessa plus jusqu’à deux heures de l’après-midi. Par chance, le repas était le même pour tous, et les gens n’avaient pas à choisir leur menu. Les serveuses et les serveurs, vêtus de leur tablier bleu, réceptionnaient par des monte-plats ce qu’on leur expédiait des cuisines, et ils criaient en retour leurs commandes dans des porte-voix insérés dans les murs : « Dix entrées ! Dix ! » ou bien : « Quatre plats, quatre ! »
La tache d’Helen était simple : elle avait la responsabilité d’une rangée de six tables. Dès qu’une d’elles se libérait, elle devait se dépêcher de la desservir et de la nettoyer. Il arrivait fréquemment qu’elle dût éponger une cruche d’eau renversée, passer la serpillière ou ramasser les débris d’une assiette cassée. Dora avait toujours un œil sur elle et lui indiquait gentiment comment s’y prendre.
Dès qu’on la libéra, elle fila dans sa chambre, tomba sur son lit et dormit comme une souche. Elle se réveilla juste à temps pour aller manger à la cantine et reprendre son service du soir. Après cela, il fallut aider au grand ménage des deux salles, et il était onze heures passées quand elle put enfin accrocher son tablier bleu derrière la porte de sa chambre et quitter le restaurant Jahn.
Devant l’entrée, elle retrouva comme convenu Milena qui l’attendait, serrée dans son manteau noir, mais aussi Dora qui s’amusa de sa surprise. Toutes deux portaient la même toque de fourrure qui leur donnait l’air d’être sœurs.
— Ne t’en fais pas, la rassura tout de suite Milena, tu peux parler devant Dora comme si c’était moi-même.
Elles prirent ensemble les rues pavées qui montaient derrière la place. La nuit était fraîche, mais claire. Quelques fenêtres faiblement éclairées jetaient des taches de lumière sur les façades de granit sombre. Milena glissa sa main sous le bras d’Helen :
— Tu te rappelles la dernière fois qu’on a marché comme ça ?
— Oui, c’était en traversant notre pont. J’ai l’impression d’avoir vécu dix ans depuis.
— Et moi donc !
Dora allait devant. Tout en marchant, elle semblait aux aguets. À chaque coin de rue, elle s’arrêtait et observait intensément. À deux reprises, elle choisit de revenir en arrière pour prendre un autre chemin :
— Ces imbéciles ! Ils se cachent sous les porches, mais ils ne peuvent pas s’empêcher de fumer. On voit la braise de leur cigarette à trois kilomètres !
— C’est qui, les « imbéciles » ? demanda Helen.
— Les vigiles, la police nocturne. Je te conseille de les éviter autant que tu peux.
— Ah, et comment on les repère ?
— Facile : ils sont partout, ils sont musclés, ils sont stupides et ils vont par deux.
Plus haut, Helen reconnut les rues qu’elle avait dévalées la veille sur la motocyclette de Mitaine. Elles s’arrêtèrent un instant.
— Le restaurant Jahn est là, indiqua Dora en pointant son doigt. Juste au-dessus de la manufacture. Tu le vois ?
Trois hautes cheminées de brique s’étiraient vers le ciel. L’une d’elles laissait échapper une fumée grisâtre et hésitante dans l’absence de vent. On voyait aussi, au nord, le pont aux Fagots sous lequel tremblotaient quelques feux, et plus loin le château dont la masse sombre dominait la ville, de l’autre côté du fleuve.
Arrivées devant le cimetière, les trois femmes crurent d’abord que Bartolomeo n’était pas au rendez-vous. Elles patientèrent un peu sur la butte, guettant son arrivée en contrebas. La lune s’était cachée derrière un nuage, et on apercevait à peine son disque blafard. Helen souffla sur ses doigts gourds pour les réchauffer.
— Ce serait si dangereux de se parler en bas, bien au chaud ?
— Oui, répondit Dora. La Phalange infiltre des espions partout. Il y a des oreilles qui traînent là où tu te crois le plus en sécurité : dans les couloirs, à la cantine, dans ta chambre… Monsieur Jahn est surveillé de près. Si quelqu’un est pris à dire du mal du régime dans son établissement, ils peuvent l’arrêter et fermer le restaurant dans l’heure. En ville, c’est pareil, tu t’en rendras compte. Ici au moins, on est sûr de ne pas être entendu, on voit venir les gens de loin, et ceux qui sont derrière le mur, là, se fichent éperdument de ce qu’on raconte !
Comme pour la contredire, la grille rouillée du cimetière s’entrouvrit dans une longue plainte grave, et la silhouette élancée de Bartolomeo se profila dans la nuit.
— Tu attendais dans le cimetière ? s’étonna Milena.
— Oui, répondit le garçon en s’avançant, tu connais un endroit plus sûr et plus tranquille ?
— Ça ne te fait pas peur, les morts ? demanda Helen, impressionnée.
— Non. Les morts ne font pas d’histoires. Je me méfie davantage des vivants. Alors raconte-moi, pour Milos…
Helen se racla la gorge et commença par le début : leur escalade du toit de l’internat, le spectacle incroyable de la grande assemblée, Van Vlyck, la libération de Catharina qui était… déjà libre, et elle fit de son mieux pour ne rien oublier de la suite : leur fuite, la nuit dans le car, l’attente glaciale dans la neige, et le terrible combat de Milos… Au fur et à mesure du récit, Bartolomeo secouait la tête et soupirait. Il savait son ami intrépide et généreux, mais pas au point d’attaquer deux hommes et six chiens à mains nues pour le protéger !
— Il a fait ça ? murmurait-il, incrédule.
— Il l’a fait, confirmait Helen. Mais il l’a payé cher…
Elle eut du mal à retenir ses larmes en évoquant le corps supplicié de Milos jeté sur le traîneau comme le cadavre d’une bête.
— Le docteur Josef pense qu’il n’est pas mort, acheva-t-elle en soufflant dans son mouchoir. À son avis, ils ne l’auraient pas emporté aussi vite en ce cas.
— Il a sûrement raison, la consola Dora, rassure-toi.
Et elle lui ouvrit les bras. Helen s’y blottit, et tous les quatre se turent pendant quelques secondes. Dans le silence de la nuit, cela ressemblait à une prière muette pour que leur ami soit encore en vie et qu’il aille bien. Bart et Milena aussi s’étaient enlacés et restaient serrés l’un contre l’autre.
— Et Basile ? questionna enfin le garçon d’une voix pleine d’inquiétude. Est-ce qu’il est resté au cachot ? Est-ce que Milos t’en a parlé ?
— Non, mentit Helen, en se promettant de lui dire la vérité une autre fois.
Elle ne se sentait pas le courage de le faire à cet instant.
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