Mourlevat - Le combat d'hiver

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Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

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L’église était tout à fait vide quand il y est entré. Il a pris place au premier rang et s’est aussitôt assoupi de bien-être. À son réveil, le chœur et les musiciens sont déployés. Les violonistes accordent leur instrument. Il ne s’est pas aperçu que derrière lui tous les bancs sont occupés. Il se croit seul. Il croit que c’est pour lui seul que la soliste se lève maintenant et qu’elle chante.

Elle chante sans effort. Il y a juste un léger pli à la base de son nez, deux petites rides qui s’en vont vers le front. À trois mètres de lui, « à bout portant », elle le crucifie de ses yeux bleus et de sa grâce. Il détaille à son aise, une heure durant, les mains fines, les doigts, les cheveux et leur mouvement caressant sur les épaules nues. Il observe le grain de la peau, la ligne tendre des joues, le contour des lèvres. Et la voix de cette femme pénètre son âme de brute. Il n’est pas habitué à pareille émotion, alors il pleure. Oui, il pleure, lui, Van Vlyck ! En écoutant une chanteuse !

Quand c’est fini, il applaudit, debout, à s’en faire rougir les mains. Pendant les saluts, il jurerait qu’elle le regarde en particulier, lui, et qu’elle lui sourit davantage qu’aux autres.

De retour dans la rue, il sait que rien ne sera plus comme avant, qu’une autre vie commence . Je m’appelle Van Vlyck, se dit-il . Je ne suis pas n’importe qui. Rien ne m’a jamais résisté jusqu’à ce jour. Alors pourquoi cette femme me résisterait-elle ?

Quelques semaines plus tard, il apprend qu’elle chante à l’Opéra, et il se rend aux représentations pendant une semaine entière avant d’oser l’aborder à la sortie, un bouquet de roses rouges à la main. C’est ainsi qu’on fait avec les artistes, non ? Il jette des regards inquiets autour de lui. Si on le surprenait ici ! Elle sort enfin en compagnie de deux autres femmes. Il s’avance, maladroit, empoté, embarrassé de ses fleurs. Il ne sait pas comment les donner. « Bonsoir. Vous vous souvenez… L’autre jour, dans l’église… Je… Vous… Enfin on s’est regardés… » Elle ne se souvient pas.

Il lui arrache tout de même un rendez-vous pour le lendemain, dans un café. En buvant sa tasse de chocolat, elle tente de s’expliquer : « Mais non, je ne vous regardais pas autrement que les autres. Quand les spectateurs applaudissent, je suis heureuse et je leur souris. C’est tout. Vous étiez juste devant moi, je ne pouvais pas vous ignorer. C’est un malentendu, vous savez. » Il n’y croit pas. Le poison est entré dans sa tête et suit son chemin. Il la harcèle. Il la suit jusqu’en bas de chez elle. Il sonne à sa porte. Elle refuse de le voir. « Vous me faites peur ! Je ne veux plus que vous veniez me voir à l’Opéra. S’il vous plaît. Je ne veux plus que vous couvriez ma fille de cadeaux. Vous me faites peur, à la fin. Est-ce que vous comprenez ça ? Vous me faites peur ! » Non, il ne le comprend pas. Il veut seulement l’épouser et vivre avec elle. D’ailleurs, il a déjà quitté sa femme et abandonné ses enfants pour être libre. Elle ne peut pas le laisser tomber maintenant ! Il faut qu’elle le comprenne tout de même ! Qu’elle ait un peu de bon sens !

Un soir, il parvient jusqu’à sa loge, malgré les ordres qu’elle a donnés de ne pas le laisser entrer. Il essaie de l’embrasser. Elle se défend. Il la menace. Il lui serre le bras, trop fort. Elle le gifle. Elle le gifle, lui, Van Vlyck. Il traverse les couloirs du théâtre à grandes enjambées, avec sa joue rouge, sous le regard moqueur des musiciens et des chanteurs. Il porte sur sa joue sa honte et son déshonneur.

Dès lors, il n’est plus le même. Deux semaines à peine s’écoulent, et il se décide à franchir le pas. Il y pensait depuis longtemps. Le moment est venu : il se présente à la Phalange et jure fidélité.

Le soir même, il se rend avec deux autres recrues dans les bas quartiers où sont les femmes de mauvaise vie, et ils y passent la nuit à boire. Au petit matin, il rentre chez lui ivre mort, épuisé. Sous les fenêtres du théâtre, il hurle comme une bête sauvage. Désormais, il sera une bête sauvage. Et il a trouvé sa horde. On ne se moquera plus jamais de lui.

Quand la Phalange prend le pouvoir, dans le sang, un an plus tard, il a fait du chemin : il occupe un poste de responsabilité à la police d’État. Il est de ceux qui vont chasser Éva-Maria Bach. « Un compte à régler », explique-t-il simplement. On sait de quoi il parle : « T’en fais pas, Gus. Quand on lui tombera dessus, c’est toi qui dirigeras la manœuvre. Tu en feras ce que tu voudras. » Ils la traquent pendant des mois. Elle les fait tourner en bourrique.

Mais un soir, ils la prennent enfin dans une petite salle de province dans le nord du pays. Il a trop bu ce soir-là encore. Il est malade. Il n’entre pas avec les autres. Il est adossé au mur, à l’extérieur. Il entend tout : les hurlements, le fracas du piano qui explose.

En sortant de la salle des fêtes, tout étonnée d’être libre, Éva-Maria Bach l’aperçoit, tapi dans l’ombre. Leurs regards se croisent. Elle croit qu’il vient de la sauver, qu’il a donné l’ordre de la laisser partir. Oh, comme elle s’en veut d’avoir été si cruelle avec lui ! Comme il est généreux de pardonner ! Elle fait un pas dans sa direction, mais, de la main, il la dissuade d’approcher. Elle comprend : c’est parce qu’il ne veut pas se compromettre davantage devant ses collègues. Alors, elle lui dit simplement merci, de loin. Elle trouve la force de lui sourire, malgré la terreur, malgré Dora, qui reste prisonnière, elle, et dont la main n’est plus qu’un amas de chair écrabouillée. Elle lui répète : « Merci. » Merci pour elle-même, et surtout merci pour sa petite fille qu’elle pourra retrouver demain matin et serrer dans ses bras. Merci.

On la pousse dans la rue afin qu’elle disparaisse une bonne fois pour toutes. Lui, Van Vlyck, ne peut plus contrôler les spasmes de son estomac. Il s’appuie à deux mains contre le mur pisseux de la salle des fêtes, et il vomit à grands jets. Les éclaboussures souillent ses bottes et son pantalon.

Quelques heures plus tard, dans la voiture qui traverse la nuit vers la capitale, on l’informe qu’on a aussi pris la fillette, chez sa nourrice, et on lui pose la question : « Qu’est-ce qu’on fait de l’enfant ? » Il a encore la nausée. À cette heure les chiens ont fait leur travail sans doute. Il voudrait qu’on lui fiche la paix, maintenant. Qu’on le laisse dormir. « Qu’est-ce qu’on fait de la petite ? » insiste son collègue.

« Orphelinat. Au bout du pays. Celui qui est le plus loin », répond-il.

Et il sait qu’il vient de commettre sa faute.

La salle de sports de la Phalange était vide à cette heure-là. Van Vlyck ouvrit avec sa clef et fit résonner les couloirs de son pas. Dans le vestiaire, tout était imprégné de l’odeur aigrelette des corps en sueur : l’air, le cuir et le bois. Une veste et un pantalon pendaient à un crochet. Il reconnut avec satisfaction les vêtements de Deux et demi. On savait où le trouver, celui-là. Pas à la bibliothèque.

Il se changea rapidement et traversa la salle de musculation, vêtu d’un vieux maillot de gymnastique délavé et d’un short flapi. Un grincement régulier le guida jusqu’à la fenêtre opposée. Un homme au visage prognathe et aux yeux enfoncés dans leurs orbites était allongé sur un tapis de sol et soulevait de la fonte. Les lames du parquet gémissaient sous le poids. Van Vlyck lorgna sur le nombre de disques enfilés de chaque côté de la barre et ne put dissimuler sa stupéfaction :

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