Mourlevat - Le combat d'hiver

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Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

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Il lui tapota le bras avec la satisfaction d’un éleveur qui vient d’acquérir un pur-sang. Milos grimaça. L’effet de l’anesthésie locale prenait sans doute fin, et sa blessure commençait à le tirailler. De plus, l’effort qu’il faisait pour parler l’éprouvait beaucoup.

— Je t’expliquerai demain de quel genre de combats il s’agit, continua l’homme en se levant. Tu en sais suffisamment pour aujourd’hui. Il faut que tu te reposes. Au fait, je m’appelle Fulgur. Si tu as besoin de quelque chose, tu me demandes : Fulgur.

Avant de partir, il débrancha la perfusion de Milos et alla contrôler le pouls de l’autre blessé.

— Lui, c’est un champion. Il s’appelle Caïus. Tu pourras le prendre comme modèle. À demain, Milos Ferenzy !

Milos somnola quelques heures, puis se réveilla tout à fait au milieu de la nuit, en sueur. Fulgur, cela signifie « foudre » en latin. Et Caïus c’était un mot latin aussi, non ? Quels étranges noms ils s’étaient donnés ! Parce que c’étaient des noms d’emprunt à coup sûr. Il eut la sensation qu’il pourrait comprendre facilement le mystère qui se cachait là, s’il le voulait, mais quelque chose en lui refusait de le faire, ou plutôt tâchait d’en repousser le moment. Il aurait bien aimé pouvoir parler à son compagnon de chambre, pour se rassurer, seulement ce dernier se contentait de geindre ou de prononcer dans ses rêves des phrases incompréhensibles.

Au petit jour, une lumière blafarde s’insinua par la fenêtre. Milos patienta jusqu’à ce qu’elle permette d’y voir un peu, et il fit la tentative de se lever. En prenant appui sur ses bras, il réussit à s’asseoir au bord du lit. Il y resta un long moment, le temps de dissiper la sensation de vertige, puis il se leva avec d’infinies précautions. Il longea le mur jusqu’à la fenêtre. Elle s’ouvrit facilement, laissant pénétrer une odeur douceâtre de mousse humide. À travers les barreaux scellés, il distingua, à quelques mètres, un haut grillage et, plus loin, une forêt d’arbres aux branches nues. Il respira à pleins poumons. L’air vif lui fit tourner la tête et il faillit tomber. Il allait refermer lorsque le bruit d’un piétinement sourd et régulier se rapprocha. Une quinzaine de jeunes hommes, en culottes courtes malgré le froid, passèrent au pas de course sous la fenêtre. Ils portaient une épée à la main. Leur souffle rythmé et bruyant s’éloigna dans un nuage de vapeur.

— Ferme ! fit une voix sèche.

Milos se retourna et vit que Caïus l’observait depuis son lit. Son regard fiévreux transperçait la pénombre. Ses joues labourées de cicatrices étaient mangées d’une barbe drue.

— Ferme cette fenêtre !

Milos obéit et reprit sa lente progression le long du mur. Une fois allongé, il attendit que son voisin lui adresse à nouveau la parole, mais il dut patienter une bonne dizaine de minutes avant que la voix dure ne reprenne :

— T’es déjà blessé en arrivant, toi ? D’où tu sors ?

Milos ne sut que répondre. D’où il sortait ? Ça n’était pas si simple à expliquer. Et puis il ignorait à qui il parlait. Le dénommé Fulgur avait présenté Caïus comme un modèle, mais les modèles de Fulgur n’étaient pas forcément recommandables.

— J’ai été pris… hasarda-t-il avec prudence.

Il y eut un long silence. Milos voulait s’en tenir à sa décision : se taire autant qu’il le pouvait, ne rien compromettre, et observer au maximum.

— « J’ai été pris », ricana Caïus en l’imitant. Et tu sais où tu es, au moins ?

— Dans un camp d’entraînement, je crois.

— Alors tu crois bien.

Milos n’aima pas les façons moqueuses et condescendantes du type. Il persista à ne poser aucune question, estimant que c’était peut-être la meilleure façon d’apprendre quelque chose. Il ne se trompait pas.

— Tu es même dans le meilleur camp d’entraînement du pays. Ta meilleure chance de survivre, c’est d’être tombé ici. Donne-moi à boire.

Milos peina beaucoup pour se redresser, atteindre le verre d’eau et le tendre à Caïus, mais il fit tout cela sans se plaindre. Il attendit même que l’autre ait fini de boire pour reprendre le verre, le reposer à sa place et se recoucher.

— Tu veux savoir pourquoi c’est ta meilleure chance ?

— Je n’ai rien demandé…

Caïus marqua un temps, sans doute un peu dérouté par la fermeté de Milos.

— Tu as quel âge ?

— Dix-sept ans.

— Dix-sept ans ! Je croyais qu’on prenait personne en dessous de vingt dans les camps. Qu’est-ce que tu as fait pour qu’on te mette avec nous ? Tu as trucidé une huile de la Phalange ou quoi ?

Pour la première fois, Milos ne répondit pas.

— C’est ça ? Tu t’en es payé un ?

— …

— T’es pas bavard, hein ? T’as raison, garde-le pour toi.

Tous les deux se turent à nouveau. Le jour montait dans la pièce. Quelqu’un passa dans le couloir sans entrer. On entendit une seconde fois la course et le souffle des coureurs sous la fenêtre. Milos crut un instant que Caïus s’était rendormi, mais celui-ci reprit à voix très basse, sans ouvrir les yeux :

— Tu es dans le meilleur camp parce que c’est ici que tu apprendras le mieux à haïr tes adversaires… à concentrer ta rage… Ça se passe dans la tête, tu sais, pas ailleurs… ni dans les jambes… ni dans les bras… n’oublie jamais ça… Celui qui m’a fait cette blessure à la poitrine la semaine dernière avait un torse et des biceps deux fois plus puissants que les miens… mais il n’avait pas assez…

Le reste de la phrase se perdit. Caïus parlait de plus en plus bas.

— Pas assez quoi ? demanda Milos sans pouvoir s’en empêcher.

— … pas assez envie de me tuer… et trop peur de mourir… Il était mort avant d’entrer dans l’arène… il était déjà mort quand nos regards se sont croisés… Il a vu la haine dans mes yeux… et moi j’ai vu la trouille dans les siens… Le combat était fini avant de commencer… C’était mon deuxième… je ferai le troisième cet hiver… Ma blessure sera guérie et je vaincrai pour la troisième fois… Et je serai libre… libre…

Caïus s’interrompit. Sa tête s’inclina sur le côté. Quelques secondes plus tard, il dormait profondément.

Tout en ordonnant dans son cerveau les mots qu’il venait d’entendre, Milos tâcha de ne pas céder à la panique, mais, quoi qu’il fit, ces mots se rassemblaient en un seul, inexorablement. Son cœur et sa respiration s’emballèrent. Les noms latins, l’arène, les combats : tout était lumineux à présent.

Ainsi, on ne l’avait épargné ni par compassion ni pour le livrer à la justice. Ceux de la Phalange n’avaient cure de ces choses-là. Ils lui avaient laissé la vie pour une autre raison : l’obliger à la jouer devant eux, cette vie, dans l’arène. L’obliger à mourir ou à tuer, sous leurs yeux et pour leur plaisir. Un gladiateur… On voulait faire de lui un gladiateur ! Est-ce qu’on n’avait donc pas renoncé à cette barbarie depuis des siècles ? Cela ressemblait à un cauchemar.

La journée lui apporta peu d’informations nouvelles. Fulgur revint comme promis, mais il ne fit que déposer les repas et contrôler l’évolution des blessures. La nourriture n’était pas très appétissante, cependant, par réflexe vital, Milos se força à manger tout ce qu’on lui proposait. Caïus, lui, dormit comme une souche et, dans ses rares moments de veille, il paraissait avoir tout oublié de ce qu’il avait dit au matin.

Comme le soir tombait, le geai vint se percher à nouveau sur le rebord de la fenêtre et il y resta plusieurs minutes, passant d’une patte sur l’autre.

— Bonjour, toi ! lui dit Milos, ému par la fidélité de l’oiseau. Tu as pitié de moi, hein ? Tu viens me voir pour me dire de ne pas désespérer. Ne t’en fais pas. J’ai la peau dure.

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