Jean-Marie Le Clézio - Fièvre

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Ces neuf histoires de petite folie sont des fictions ; et pourtant, elles n'ont pas été inventées. Leur matière est puisée dans une expérience familière. Tous les jours, nous perdons la tête à cause d'un peu de température, d'une rage de dents, d'un vertige passager. Nous nous mettons en colère. Nous jouissons. Nous sommes ivres. Cela ne dure pas longtemps, mais cela suffit. Nos peaux, nos yeux, nos oreilles, nos nez, nos langues emmagasinent tous les jours des millions de sensations dont pas une n'est oubliée. Voilà le danger. Nous sommes de vrais volcans.
Il y a longtemps que j’ai renoncé à dire tout ce que je pensais (je me demande même parfois s’il existe vraiment quelque chose qui s’appelle une pensée) ; je me suis contenté d’écrire tout cela en prose. La poésie, les romans, les nouvelles sont de singulières antiquités qui ne trompent plus personne, ou presque. Des poèmes, des récits, pour quoi faire ? L’écriture, il ne reste plus que l’écriture, l’écriture seule, qui tâtonne avec ses mots, qui cherche et décrit, avec minutie, avec profondeur, qui s’agrippe, qui travaille la réalité sans complaisance. C’est difficile de faire de l’art en voulant faire de la science. J’aimerais bien avoir en quelque sorte un ou deux siècles de plus pour savoir. J. M. G. L. С.

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Nous, nous ne sommes ni des ennemis de notre pays, ni des idéalistes nébuleux, mais des Français pour qui le réalisme consiste à travailler pour la paix avec les armes de la paix, qui sont la vérité, le don de soi et l’amitié avec tous.

Nous nous sentirions obligés à la même protestation pour des détenus appartenant à tout autre parti, classe, nation, confession ou race, car notre action est un témoignage de conscience.

TRENTE VOLONTAIRES

Quand il eut terminé, il s’aperçut qu’il était grand temps, car déjà il ne pouvait plus lire. Dans sa tête, enfoui au fond des membranes rouges des méninges, le gros ver inquiet s’était tordu sur la dernière ligne de la feuille jaune, et il passait son temps à compter les pointillés, à les palper un à un de ses ventouses opaques et de ses antennes blettes. Il les comptait et les recomptait inlassablement, comme si plus rien d’autre n’avait eu d’importance sur terre que cette succession de points, de tirets plus exactement, et comme à la recherche d’un nombre mystérieux, dont il approchait à chaque seconde, qui donnerait enfin une définition à toute la feuille, à tous les papiers écrits ou dessinés, à toutes les confessions, à tous les romans et à toutes les lettres du monde, un nombre pur et majestueux qui paralyserait enfin l’infatigable et haineux mouvement des apparences. Les yeux vides, le visage figé et stupide, Beaumont, tête en avant, cigarette en train de s’éteindre entre deux doigts de la main gauche, semblable à l’homme du miroir, balbutia à haute voix le nom de ce chiffre :

« Quarante-trois. »

Et le mal aux dents s’arrêta.

Ce fut un passage tout à fait mystérieux, je pense, et à peu de chose près fatal. Ce qui n’avait été jusque-là que brouillard, balancement, malaise comme une mer houleuse, dont on ne sait si c’est elle ou si c’est vous qui souffrez, en roulis, en tangages, cette nausée visuelle qui rend âpres et maladifs des kilomètres carrés de vagues et de ciel, tout cela s’éclaircit, et un genre de soleil pointu, un mal précis, se mit à éclore. Dans tout le visage de Beaumont, cela avait une place précise ; c’était dans la mâchoire, au fond de la bouche, probablement sous la dent de sagesse ou sous la molaire dévitalisée, à gauche. Rien de bien grave, pour l’instant. Juste une petite douleur, sèche et définie, peut-être un bouton sur la gencive, ou bien une névralgie éphémère, que le simple contact d’un cachet d’aspirine sur la langue suffirait à dissiper. Beaumont redressa son torse, écrasa la cigarette éteinte au fond d’un cendrier en fer. Il reprit le miroir brisé, mais de la main gauche, cette fois. Il ouvrit la bouche et regarda à l’intérieur. Ce n’était pas très facile, à cause de la buée ; il prit un mouchoir sale sur la table, essuya le morceau de glace, et, retenant son souffle, les poumons gonflés comprimant les fosses nasales jusqu’à laisser sourdre un mince filet d’air qui s’échappait par les narines, il orienta le reflet de l’ampoule électrique vers le fond de sa bouche. Mais il ne distingua rien d’anormal. La plupart des dents étaient plombées, évidemment, mais les gencives semblaient saines. Beaumont changea le miroir de main, et, à l’aide d’un crayon à bille, il se mit à cogner toutes les molaires du côté gauche, afin de déceler la source exacte de son mal. En vain. Sous le choc, toutes les dents se révélaient également sensibles, mais sans plus. Il ne pouvait donc pas s’agir d’une carie à proprement parler. Utilisant le même crayon à bille, Beaumont se mit à frotter les gencives, autour de la molaire et de la dent de sagesse. En vain également. Certes, la sensibilité était plus grande autour de ces deux dents, mais on n’aurait pu qualifier cette sensibilité de douleur. C’était plutôt la réponse normale d’une dentition travaillée par la pyorrhée alvéolaire, par la gingivite et les névralgies de tout genre. En tout cas, rien d’un abcès. Beaumont reposa le miroir, à demi rassuré. Pendant un instant, même, il lui sembla aller mieux. Il se recoucha dans son lit et éteignit la lumière. Mais dans sa tête couchée sur l’oreiller, le mal se réveilla soudain, avec une telle intensité qu’il se mit à grogner. Beaumont n’hésita pas ; il ralluma, sauta hors du lit et fouilla dans le tiroir de sa table. Il en sortit un tube d’aspirine et deux somnifères. Puis il retourna dans la cuisine, avala les cachets, plus un grand verre d’eau glacée, urina encore et revint. Il attendit un moment debout que les médicaments aient pu descendre le long de l’œsophage, et il se recoucha. Il attendit comme ça, caché au milieu des draps, que vienne le miraculeux passage, la fusion de tout son être dans un espace liquide, le chaos diluvien en forme de fanfare, cette traîtrise qui retournerait ses yeux dans ses orbites et lui montrerait au loin, très loin, comme à travers la pluie, le giboyeux présent des songes. Mais la douleur, car c’était une douleur, à présent, avait encore sensiblement augmenté. Et déjà, le visage mobile, une espèce de sueur légère mouillant la paume de ses mains et les côtés de ses pieds, Beaumont sentit s’ouvrir devant lui les portes d’un monde inconnu et tragique, un monde où l’inquiétude est une beauté, un paysage exaspéré que hante le souvenir de l’autre terre, là où règnent le calme et le bien-être, les animaux aux yeux clairs, le silence aquatique des nerfs. Il sentit déjà la tristesse monotone de ce voyage, l’arrachement aux demeures d’autrefois et la chevauchée future vers un petit enfer à espace réduit ; les souvenirs des nuits bien rondes, les doux oublis du temps passé, murmuraient en lui des plaintes nostalgiques, pareilles à de longues rivières bordées de saules où les malards volent bas, entre des haillons de fumées. Dehors, le bruit des nappes d’eau avançait toujours, le long des rues du carrefour. Une automobile passait parfois, traçant des sillons sonores sur le macadam. Ou bien des pas d’homme martelaient le sol, tranquilles, nés de rien et s’acheminant vers rien.

Beaumont se rejeta sur le lit, en boule ; espérant quand même quelque chose, je ne sais pas quoi exactement, des osmoses d’acides, des assimilations de glutéthimides, le sommeil, la paix, sans doute. Le mal s’éloigna effectivement ; les images se firent plus rares sur ses rétines ; une torpeur artificielle, au goût un peu amer, envahissait Beaumont. Un très long immeuble se mit à défiler, toutes fenêtres dehors ; la chute semblait éternelle, ou presque. Mais, vers quelque chose comme le trois mille six cent quarantième étage, Beaumont rencontra le trottoir. Sa jambe gauche porta la première et se brisa net. Puis le reste du corps bascula, pivotant autour d’un axe invisible. Le sol frappa le flanc droit, l’épaule, la tête. Il y eut encore deux ou trois dixièmes de seconde, comme des spasmes, et tout fut terminé. Le sang mort sortit par les yeux, les narines et les oreilles, et coula doucement dans la rue, docile, selon la déclivité du ruisseau.

Beaumont avait retrouvé son mal. L’aspirine n’avait pas fait d’effet, ou à peine. En une demi-heure, la douleur avait quintuplé. Ce n’était plus un point précis de la mâchoire, à présent, autour de la dent de sagesse et de la molaire dévitalisée, mais une zone tout entière, qui s’étendait de l’oreille gauche à la pointe du menton. Dans cette zone, tout vibrait ; des ondes incompréhensibles allaient et venaient sans cesse, pareilles à des vagues, puis se brisaient à leurs points d’interférence. Il semblait que cette moitié de mâchoire avait soudain grandi, dans le noir, repoussant tout ce qui l’entourait. Une construction baroque, faite de ciment et de barres de fonte, prolongeait maintenant la joue de Beaumont. C’était un poids réel, qui oscillait dans l’air de la pièce, à chaque mouvement de la tête, et menaçait d’entraîner tout le reste du corps dans une chute sans fond, à travers matelas, planchers, étages, canalisations, croûte terrestre, etc. Il fallait donc garder continuellement l’équilibre et serrer les dents les unes contre les autres, plus fort, plus fort. Beaumont ouvrit les yeux. Malgré la nuit, malgré la douleur, la chambre était toujours aussi nette, dessinée jusque dans le moindre détail. Mais, à présent, il semblait que chaque objet, chaque meuble, chaque surface de plastique ou de bois avait un aspect neuf ; les angles étaient plus sûrs, les ombres et les blancs plus contrastés ; c’était cela, oui, tout était plus évident. Tout avait un soin maniaque, à présent, une volonté d’être soi jusqu’à la limite ; les livres étaient des livres presque caricaturaux, avec leurs couvertures neuves et la colle de la reliure luisant brutalement. La table était une table imbécile, quatre jambes trapues supportant la plaque de bois avec une force bien au-delà du nécessaire. La bouteille d’alcool contenait comme elle n’avait jamais contenu auparavant ; elle ne faisait même que cela, contenir, contenir. Le plafond avait des grâces ridicules de pachyderme, posant avec légèreté sa masse verdâtre sur les quatre murs, tout à fait comme un DC-8 en train de décoller. Les volets étaient clos derrière les fenêtres, mais avec quelle précaution, avec quelle minutie ! Et les vitres étaient transparentes, comme un banquier est honnête. Et l’air était l’air, oxygène + ozone + gaz carbonique + azote. Et la chambre était la chambre, rien d’autre, grave, sérieuse, appliquée à sa tâche. Les lois de la pesanteur étaient parfaites, il n’y manquait rien, absolument rien, ni chute des poussières venues des corniches de plâtre, ni compression des canaux semi-circulaires, près des trompes d’Eustache, pour ressembler à une dissertation de bachot sur les théories de Newton. Beaumont, allongé sur la joue, regardait tout et goûtait tout ; sur sa mâchoire gauche, il travaillait à maintenir en équilibre cet immeuble de béton armé, ce somptueux édifice de plan courant, comme si l’avenir d’une ville entière en avait dépendu. Maintenant, c’était son corps qui vivait dans cette maison, il avait fait de sa mâchoire endolorie une coquille, un habitacle immense et harmonieux. Il allait y vivre, le temps qu’il faudrait, un jour, deux jours, une semaine peut-être, en attendant le dentiste. Pourtant, à cause d’un excès de perfection, un étage de trop, une élégance coûteuse dans la structure des fondations, l’immeuble s’écroula. Il oscilla doucement d’abord, de gauche à droite, puis tout à coup, dans un cri de rage et de douleur, il s’effondra sur le lit, écrasant les couvertures, coupant le monticule blanc de l’oreiller comme un coup de fouet. Beaumont bondit sur ses pieds, des larmes dans les yeux. Il alluma à nouveau, mais la lampe principale cette fois. Fébrilement, il ouvrit le tiroir de la table, trouva un tube de pyramidon, prit un cachet, le posa sur sa langue, déboucha la bouteille d’alcool, probablement de l’eau-de-vie de prune ou quelque chose comme ça, et avala une rasade à même le goulot. Alors il s’assit sur le bord du lit et attendit. Derrière la maison, un clocher d’église sonna quatre heures, avec de longs coups grêles qui se répandaient dans le quartier. Beaumont se leva, circula, alluma une autre cigarette. Il mit un disque sur le pick-up, Enrico Albicastro, Jean Chrysostome Ariaga, Thelonious Monk, ou quelque chose dans ce goût-là. Il entendit les accents se lever dans la chambre ; mais ils n’étaient plus clairs, et l’harmonie qui en résultait était un mélange plein de brouillards et de tristesse, un tumulte assourdi qui traînait lentement entre les meubles, tout tissé de halos et de ronds de fumée. Beaumont écouta le disque jusqu’au bout, sans broncher, prostré dans sa confusion, la joue gauche appuyée sur la paume de sa main. Quand tout fut fini, il se leva, débrancha le pick-up et sortit de la chambre. Il erra un moment dans l’appartement vide, allumant au passage toutes les lumières. Une peur sinueuse s’était logée dans son cerveau ; une peur qu’il croyait avoir oubliée depuis des dizaines d’années ; une angoisse secrète qui le saisissait devant chaque rideau, chaque tenture de laine, chaque repli d’ombre et de crasse. Il avait envie de se transformer soudain en balle de ping-pong et de rebondir follement d’un bout à l’autre du logis, en éclairs blanchoyants, impossible à saisir, impossible à tuer, léger, léger, bien léger. Il tournoyait de plus en plus vite d’une pièce à l’autre, poussé par sa douleur, les yeux fixes, sans la moindre pensée, sans la moindre conscience, mais avec cette peur infâme qui le faisait frissonner des pieds à la tête, au seul frôlement d’une mouche réveillée, au seul bruit d’un ver rongeur écartant les couches mortes d’une moulure de bois.

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