Tonino Benacquista - Romanesque

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Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique :
. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

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En travers de la route se dressait une haie de six hommes, comme un poste frontière surgi de nulle part. Quatre d’entre eux, genou à terre et mousquet en main, mettaient en joue les escortes — de simples soldats et non des héros —, pendant qu’un cinquième priait le cocher de descendre de son poste. Le sixième, le bras en écharpe et le visage tuméfié, dirigeait la manœuvre sans trop de forfanterie du fait de ses blessures.

Une heure plus tôt ils galopaient comme des fuyards, que rien ne poursuivait sinon leur propre honte. Ils quittaient le port de Gênes dont tous étaient natifs pour ne plus jamais y reparaître après une humiliation subie trois jours plus tôt. Des années durant, ils s’étaient bâti une réputation de férocité, devenue la hantise de tous les armateurs du monde, en détroussant les navires amarrés à quai avant leur tournée dans les comptoirs d’Orient ; une spécialité fort lucrative qui leur avait permis de mener grande vie car le commerce maritime doublait d’année en année et poussait dans leur port toujours plus de navires aux cales encore vides mais aux coffres pleins. Et leur belle entreprise aurait prospéré ainsi pour la décennie à venir si le chef de bande n’avait croisé le fer avec une créature bestiale, qu’il décrivait à ses hommes comme un dément, l’écume aux lèvres, poussant des cris abominables, violent comme une armée qui charge. Le malheureux bandit avait eu une oreille arrachée par un coup de sabre, cinq dents lui étaient sorties de la bouche sous un coup de talon, et tout son corps s’était ouvert de mille plaies — une atroce douleur physique que seule la sidération avait su faire taire durant l’attaque. De retour au repaire, bredouille, plus mort que vif, incapable de surmonter son anéantissement, il avait ordonné un départ immédiat aux allures de débâcle. Plus jamais il ne retrouverait sa réputation de fier pirate de terre ferme ; comment paraître en ville sans affronter les quolibets des bandes rivales ou ceux des taverniers, si couards d’habitude, si prompts à jouer les mouchards par crainte de représailles ? Il se voyait même perdre son autorité sur ses hommes dont il devinait les commentaires narquois — et de fait, ceux-là doutaient de cette apparition rugissante, mue par une force surnaturelle. À le voir désormais affublé d’une vilaine claudication, d’un rictus édenté, d’un cache-œil en travers du visage, les cinq coquins retenaient leurs sarcasmes, échangeaient des œillades cruelles, attendant maintenant que leur chef se conduise comme tel s’il comptait le rester.

Sur son injonction, ils avaient quitté un port pour tenter d’en conquérir un autre, celui de Naples, au trafic qu’on disait dense, où leur savoir-faire bientôt effacerait cet épisode peu glorieux. Mais, chemin faisant, rien ne les empêchait de s’essayer à une autre discipline qui ne demandait aucune aptitude particulière, celle du coupeur de route. Si elle n’offrait que de médiocres butins, elle avait pour charme de laisser libre cours au hasard des rencontres, comme un galant en promenade garde toujours espoir de croiser le chemin d’une dame. Et à en juger par cet attelage princier, c’était bien une dame de haut rang qui posait le pied à terre, tout assoupie par la monotonie du trajet. Une comtesse, une marquise, ou même une courtisane distinguée, à peine sortie du lit d’un noble et récompensée pour ses qualités. En voyant avec quelle facilité ils venaient d’arraisonner l’attelage, les scélérats se demandèrent si l’heure n’était pas venue de se consacrer à l’art de l’embuscade, détrousser de bons bourgeois, pleutres à souhait, inventer de nouvelles dîmes pour les voyageurs, péages, taxes de transit, et agir en plein jour, voir du pays, respirer les bienfaits d’une nature sylvestre, ah la vie saine du bandit de grands chemins ! Il était temps pour eux de cueillir ce tout premier fruit à l’aspect si soyeux, sans avoir recours à leur habituelle brutalité.

De guerre lasse, la passagère leur remit sa bourse bien garnie, destinée aux frais d’étapes, qui constituait selon elle toute sa fortune. L’homme au visage bleui et gonflé par les coups, à demi aveugle, boitant et râlant comme un mendiant, n’en crut pas un mot ; la dame cachait à coup sûr une bague dans son manchon, ou un de ces discrets écrins conçus pour les brillants, ou même un bracelet en or, gravé à ses armoiries. Oubliant toute délicatesse, il inspecta ses poignets et sa gorge, et débusqua, ô joie, la chaîne d’un pendentif qu’il arracha d’un coup. Il s’agissait d’un médaillon doté d’un fermoir, contenant à coup sûr une pierre précieuse.

Il y trouva un portrait d’homme.

La vraie terreur est celle que le corps ressent déjà quand l’esprit refuse une inacceptable évidence. Halluciné par ce regard noir qui le toisait du fond du médaillon, le chef sentit un afflux de sang lui vider les jambes pour lui remonter dans la gorge et lui battre les tempes. C’est lui ! hurla-t-il soudain, c’est ce chien enragé qui m’a mordu dans le port de Gênes ! Trait pour trait ! Il tenta de convaincre ses hommes, perplexes devant tant d’émoi. C’est le monstre du Dragon Gally ! Celui-là même qui m’a écorché jusqu’au sang ! Regardez-le ! cria- t-il en brandissant le médaillon. Sur cinq de ses comparses, deux prirent peur, non devant le portrait mais devant leur meneur, dont la raison, c’était prévisible, avait sombré pour de bon. Quoi qu’il se fût passé dans la cabine du capitaine du Dragon Gally , le traumatisme subi par le malheureux avait viré à l’obsession, au point qu’il voyait son agresseur partout, et dans les endroits les plus inattendus. Le moment n’était-il pas venu d’envisager pour toute la bande un changement de carrière, car comment continuer à suivre les ordres d’un dément qui prétendait exercer son empire dans le port de Naples ? Les trois autres retenaient à grand-peine de petits rires corrosifs : leur chef, ou du moins ce qu’il en restait, leur resservait le couplet du spectre invulnérable surgi d’on ne sait où, et plus il tentait de les persuader, plus il se rendait ridicule. C’était un bien cruel spectacle de voir un homme jadis si craint s’avilir ainsi. Persistant dans son délire, le malheureux surprit les regards fuyants de ses hommes. Voulant connaître le fin mot de cette machination, il se tourna vers la dame du carrosse, qui allait, dût-il employer la force, s’en expliquer sur-le-champ.

Mais la belle, au milieu de tant de confusion et de cris, avait saisi la bride d’un cheval et chevauchait maintenant au grand galop vers le port de Gênes.

Adjugé pour 755 000 € à la Galerie des Offices .

Des écouteurs dans les oreilles, l’œil sur son écran, la Française se trouve en ce moment même à Florence, dans le plus prestigieux musée de la Renaissance italienne.

L’enfant s’est enfin assoupi sur la banquette arrière après avoir écouté les étonnants récits de voyage de cette passagère inattendue. Au volant, Louise a quitté l’autoroute pour remonter par l’État du Vermont. Les paysages sont, dit-elle, du baume à l’œil . Mais Mrs Green ne voit rien de la nature qui l’entoure et regarde un reportage téléchargé en ligne : un conservateur des Offices se réjouit de l’arrivée d’une nouvelle pièce dans la collection.

Il s’agit d’un portrait attribué à Giacomo Tadone, contenu dans un médaillon de trois centimètres de diamètre, que le cabinet Sotheby’s a mis aux enchères. Le musée s’est porté acquéreur car là est la place de ce portrait et non dans le coffre d’un collectionneur.

Une véritable curiosité, affirme le conservateur. Le Tadone n’ayant jamais travaillé sur une si petite dimension ni sur un support si particulier. Le modèle, un homme d’une trentaine d’années, type européen, ne porte aucune marque distinctive de rang, de fortune, de lignée, et à l’époque seuls les nobles et les grands bourgeois prenaient soin de laisser leur effigie à leur peuple ou leur descendance, eux seuls ayant les moyens de s’offrir les services d’un artiste. En soumettant l’œuvre aux outils technologiques d’aujourd’hui, il n’est pas exclu d’en savoir plus sur l’identité à la fois de son commanditaire et de son modèle.

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