Tonino Benacquista - Romanesque

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Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique :
. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

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En pénétrant dans l’enceinte des fous, la nouvelle patiente s’inquiéta d’un malentendu. Plus l’on tardait à la libérer et plus elle s’agitait, au point que l’on dut l’attacher à son lit, offerte à la curiosité des résidents, comme une proie blessée entourée de chacals et de vautours. L’ homme aux clés arriva enfin, enchanté de s’entretenir avec celle qui allait lui ouvrir un nouveau champ d’étude.

La veille, pendant qu’il visitait un confrère dans le pavillon voisin, il avait repéré un petit attroupement autour d’une convalescente qui racontait comment elle avait échoué dans l’hôpital de Svilensk. Il y était question d’un couple d’amants qui refusait de se soumettre aux lois, d’un mariage forcé, du courroux d’un roi à l’agonie, et d’une fuite éperdue à travers le monde pour retrouver l’autre soi-même. Affabulation pure, mais passionnante par sa construction, par sa logique inversée, par les paraboles qu’elle véhiculait. Une véritable manne pour un praticien, un cas qui à lui seul tenait de la confusion mentale et des désirs inassouvis. La malheureuse était représentative de ces tourments de la femme liés à sa conformation physique, quand son instinct la pousse à commettre l’acte de chair tout en redoutant de bafouer les principes moraux. La description de sa claustration volontaire avec l’amant rêvé était particulièrement significative : le peuple se révélant impuissant à faire respecter les bonnes mœurs, il s’en remettait au roi, garant suprême de l’interdit, lequel, décrit comme mourant, échouait aussi à censurer leurs turpitudes. La façon dont la malheureuse énonçait sans le savoir la dictature de ses sens était en tout point remarquable, de même que la multiplicité des agressions viriles auxquelles elle avait résisté de façon si farouche au cours de son périple. Un chapitre entier du traité qu’il consacrerait bientôt aux affres de la luxure serait basé sur le témoignage de cette folle. Afin d’en structurer la logique, il lui fallait traquer les failles de son récit et s’y engouffrer jusqu’à en atteindre les racines. Et qui sait si, à force de patience et d’écoute, il n’allait pas atténuer certaines de ses angoisses. Et pourquoi pas, la guérir. Il disposait de tant d’années devant lui.

*

Le seul rescapé à ce jour du naufrage du Sainte-Grâce avait refusé d’embarquer sur le Marie-Mère pour des raisons qu’il avait préféré taire aux officiers de la Compagnie Française de Commerce et d’Échange. Comment expliquer un mystère auquel il ne comprenait rien lui-même ; ces Mariés malgré eux , farce à laquelle tous avaient bien ri, n’étaient rien de moins que le résumé de ses propres mésaventures, décrites l’une après l’autre avec tant de précision que le hasard n’avait rien à y voir.

Je pars pour Londres , avait-il dit à ses bienfaiteurs, les laissant un peu plus perplexes. En refusant une des rares mains qu’on lui avait tendues, il s’était retrouvé à nouveau seul et sans le sou. Mais, si étrange que cela fût, des théâtreux lui avaient apporté la preuve que rien de ce qu’il traversait n’était l’expression de sa folie. Comment l’auteur de la pièce s’était-il approprié son histoire ? Avait-il rencontré en personne celle qui, hormis lui-même, en connaissait le détail ? Savait-il où elle se trouvait maintenant ?

Ce mystérieux Charles Knight qui avait fait de lui à la fois un bouffon et un héros, sans jamais l’avoir rencontré, détenait les réponses.

Le vagabond qu’il était redevenu travailla dans le port de Gibraltar, où l’on se préparait à une escale du Northwoods, de retour en Angleterre. Durant trois longs mois, il s’infligea la compagnie d’une poignée de dockers, rogues et soiffards, dans l’unique but de se familiariser avec les tournures d’une langue qui bientôt lui serait indispensable.

Débarqué dans le port de Londres, il se sentit précipité dans un nouveau siècle, foisonnant, impatient, dont il ne connaissait ni les convenances ni les règles de survie. Après avoir parcouru la moitié du monde, il quittait un océan pour un autre, tout aussi agité, rythmé par des marées humaines qui se déversaient entre des immeubles hauts comme des lames de fond. À chaque coin de rue, on cherchait à lui vendre un bien qu’il n’aurait pu s’offrir, à le dépouiller d’un autre qu’il ne possédait pas, on voulait l’attirer dans un piège, le convertir à une bonne parole, l’embaucher pour une basse besogne. Et sa seule manière de répondre à tant de sollicitations déconcertait les uns et les autres : Je veux aller au théâtre .

Par-delà un dédale de rues exiguës il aboutit sur une grande place, bourgeoise et claire, bien entretenue, où les cochers, occupés à lustrer leur voiture, patientaient en ligne. Le Pearl Theatre s’imposait, tout de pierre blanche, comme un bâtiment officiel qui donnait une idée de l’estime accordée dans ce pays à l’art dramatique. Il lut sur une affichette qu’on donnerait ce soir, à six heures, Lucius and Isaura , une pièce en vers, d’un auteur hélas différent de celui qu’il cherchait. Au lieu de découvrir la ville, ses mystères, ses turbulences, il préféra attendre assis sur les marches de cette belle bâtisse blanche, comme un mendiant trop fier pour tendre la main. Pour la toute première fois son espoir de retrouver sa femme se logeait dans un lieu bien réel, fréquenté par un homme bien vivant qui leur avait volé leur histoire.

Le soir venu, après s’être payé une place dans la fosse, il fureta dans la pénombre des coursives à la recherche d’un employé du Pearl assez aimable pour le renseigner. Le directeur en personne, pensant qu’il s’agissait d’un homologue venu pour affaires, consentit à lui répondre. Les mariés malgré eux avait bien été créé chez lui, mais que dire de Charles Knight sinon qu’il était le plus capricieux, le plus vénal, le plus imprévisible de ses auteurs ? Il vivait à Londres mais changeait régulièrement de pension, disparaissait parfois des mois avant de revenir avec un nouveau texte. Il participait aux répétitions pour veiller à ce que les acteurs ne laissent pas trop de place à leur improvisation puis, la pièce une fois jouée, il passait prendre sa part des recettes chaque dimanche. Le directeur ajouta que Charles Knight assistait à la première des pièces de ses confrères, plus pour surveiller leur inspiration que pour les féliciter. D’ici trois jours le Pearl Theatre allait créer un vaudeville, Le bandit amoureux , genre fort prisé ici, dont on espérait un triomphe.

*

Chaque jour, l’ homme aux clés soumettait sa nouvelle patiente à un interrogatoire de plus en plus pernicieux : ce prétendu mari, décrit avec tant d’affection, avait-il seulement un défaut, était-il en proie à l’erreur ? Ou, tout à l’inverse, était-il invulnérable, doté de pouvoirs surnaturels ?

Ainsi, un monsieur savant et bien mis, poli jusqu’à la condescendance, doux comme on l’est avec des enfants, saccageait le souvenir de son homme. Avec un soupçon d’ironie, un brin de pitié, une lueur d’empathie, il osait mettre en doute jusqu’à son existence. Son mari devenait un être immatériel, une désincarnation, un esprit protecteur mais bien peu efficace quand arrive l’heure de la séparation.

Elle qui avait tant aimé, tant souffert, tant lutté, se voyait sommée de prouver que son couple n’était pas le fruit d’un rêve hideux, celui d’une femme délaissée, gouvernée par sa raison vacillante.

Mon petit docteur, pensa-t-elle , si comme moi tu t’étais agenouillé devant Louis le Vertueux, devenu Louis le Fou, tu aurais vu de tes yeux ce qu’est la vraie démence, et non celle de pauvres hères contrariés par l’existence. En le soignant, tu aurais endigué un cataclysme de colère, tu aurais sauvé quantité de vies détruites par ses châtiments royaux. En te mesurant à son cas, et non à celui d’une simple femme qui veut rentrer chez elle, tu aurais fait preuve de courage. Oh le beau sujet d’étude qui aurait enrichi ton savoir, justifié ton exercice, et ajouté un chapitre à ton grand livre des malsaines passions : la récompense d’une vie passée à étudier les dépravations de ton prochain. Devant le roi dément, tu aurais toi aussi connu la peur, l’impuissance, la vulnérabilité qu’éprouvent les aliénés de l’hôpital de Svilensk devant le petit suzerain que tu es, et sans doute serais-tu aujourd’hui un praticien plus humain. Toi qui prétends tout connaître des précipitations nerveuses, qu’aurais-tu dit si ce patient-là t’avait condamné à mort ? En attendant le coup de hache, aurais-tu pensé : « Après quelques années de traitement ce patient pourra recouvrer son bon sens » ?

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