Tonino Benacquista - Romanesque

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Romanesque: краткое содержание, описание и аннотация

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Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique :
. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

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Touché par tant de sollicitude, son passager lui rétorqua que les pièges de la faune et de la flore n’étaient rien en comparaison de la sombre fin qu’on lui préparait ici — il se voyait égorgé dans un hamac ou vendu à des marchands d’esclaves, bien implantés dans cette région du monde. Puis il posa un mousquet sur une épaule, un sac de vivres sur l’autre, accrocha trois gourdes d’eau à sa ceinture.

Il s’engagea dans une forêt aux arbres immenses dont les racines formaient des tentacules plantés dans le sol, et dont les branches étaient si épaisses que leur ombre semblait longue comme la nuit. Il se tira péniblement d’un marigot infesté d’insectes qui eurent le temps de lui dévorer les jambes et la nuque. Puis il croisa une famille de singes au poil roux qui attendaient la fraîcheur du soir sans bouger. Prenant exemple sur eux, il se hissa sur un arbre pour y dormir. Les deux premières nuits furent paisibles mais à la troisième il se réveilla, hurlant, le corps parcouru par une légion d’araignées dont il ne put éviter les morsures. Les sinistres présages du capitaine commençaient à se vérifier, et son sommeil bientôt se peupla de cauchemars où il se voyait périr de la plus absurde façon, aux antipodes de sa terre, loin de sa femme, à qui il avait encore tant à dire. Les frondaisons s’espaçaient, laissant place à une savane aux arbres disséminés. Il apprit à ramper quand, au loin, il apercevait un fauve qui, faute d’une antilope, se serait contenté d’un spécimen d’une espèce inconnue, peu charnue, et la plus lente de toutes. Il lui arrivait aussi de croiser entre deux buissons un serpent embusqué, plus habile que lui dans ses reptations.

Son pas se fit moins volontaire, un poison s’insinuait en lui dont il n’aurait su dire s’il s’agissait d’un venin ou d’un remords. Il fut pris de vertige, ses membres se raidirent, sa vue se brouilla, sa langue lui sortit de la bouche et, dans un dernier écho de sa conscience, il se demanda lequel du moustique, de l’araignée ou du serpent lui avait donné la fièvre. Une bien vaine question puisque le scorpion attendait son heure. Il s’écroula au pied d’un arbre mort et sombra dans la pire des nuits.

*

Enfin sonna l’heure de la sentence. La prisonnière s’attendait à lire dans les yeux du prince une de ces colères qui déclenchent les massacres. Elle trouva tout l’inverse. La détresse avait chassé la morgue, des traits de miséreux se dessinaient maintenant. D’un signe il la pria de s’approcher d’une fenêtre afin qu’elle assiste à un surprenant spectacle.

En contrebas, sur l’étroit chemin qui descendait la colline pour rejoindre la cité de Kunyamar, défilait un interminable cortège de femmes. Toutes munies d’un seul bagage qui contenait étoffes et bijoux, elles quittaient le palais à la lumière des flambeaux tenus tout du long par des soldats. Innombrables, silencieuses, drapées dans leur sari, elles s’engageaient en procession grandiose sur cette pente. Aucune ne se retourna pour jeter un dernier regard vers son ancienne demeure.

La Française comprit ce qui se jouait là d’irréversible. À toutes il avait donné le choix de partir et pas une n’avait désiré rester. Même les plus âgées, pensionnaires depuis vingt ans, avaient préféré la liberté au confort et à la sécurité. Certaines se réjouissaient de retrouver un père, un frère laissé au pays. D’autres, sans famille, resteraient entre elles, amies indéfectibles, et sans doute apprendraient-elles à survivre, ensemble, solidaires. En voyant ses femmes s’empresser de le quitter, le prince tira un premier enseignement : délivrées de leur statut de concubine, elles redonnaient à ce prétendu privilège le juste nom de servitude, et à leur apparente docilité celui de résignation. Il avait suffi qu’on entrouvre la porte du sérail pour que toutes s’en échappent. Elles renvoyaient au visage du maître sa belle condescendance, elles l’invitaient à descendre de son piédestal pour venir s’admirer d’en bas.

Cette décision de les laisser partir — qui promettait de jeter le trouble dans son peuple et de mettre à mal son autorité — était pourtant le prix à payer pour en satisfaire une seule : la plus rétive, la plus sauvage. Puisque l’exclusivité semblait être une vertu capitale, seul ce suprême renoncement saurait la convaincre de rester à ses côtés. Quel autre homme au monde, et sûrement pas ce mari disparu, aurait consenti à pareil sacrifice pour elle ?

Elle se retint de lui empoigner les mains pour lui dire à quel point elle se réjouissait pour lui : en libérant toutes ces femmes, c’était en homme libre, affranchi de ses propres servitudes, qu’il allait désormais mener la suite de son existence.

La suite était toute tracée selon lui, la suite c’était elle, la vagabonde devenue princesse du fait de son incroyable aplomb. Ils gouverneraient à deux, car elle possédait l’abnégation et la fermeté d’une souveraine. Avant la nuit tombée on entendrait retentir dans la plaine les vivats du peuple. Tous les monarques des pays voisins seraient invités afin qu’on leur présente la princesse, y compris les ennemis qui sauraient désormais à qui ils avaient affaire.

Elle assistait, émue, à une métamorphose comme on peut en observer dans la nature mais rarement chez les humains ; le prince s’était débarrassé de son ancienne peau, rugueuse, empesée, pour renaître dans une autre, encore trop tendre.

Votre sacrifice prouve la noblesse de vos sentiments, qu’hélas je ne peux partager, vous en connaissez la raison. Mais bientôt le renoncement à votre sérail va prendre tout son sens. Votre tout récent célibat est une renaissance, et votre vœu d’exclusivité une promesse. Ce bel engouement que vous éprouvez pour moi sera multiplié par mille dès qu’il vous sera retourné par une inconnue. Vous, si impatient d’éprouver de nouvelles sensations, préparez-vous à un séisme, car celui qui n’a pas connu le désir partagé ne sait rien de la véritable ivresse des sens. Cette promise existe, inutile de vous la souhaiter, elle ne tardera plus. Elle aura votre majesté. Et côte à côte, vous régnerez.

Par la fenêtre le prince vit ses gardes remonter vers le palais, leur mission accomplie. Il imagina ces femmes rendues en ville, découvrant ses nouveautés, ses lumières. Certaines avaient déjà retrouvé leur famille, qui répandait la bonne nouvelle auprès des voisins et amis. Il tenta de se remémorer sa dernière occasion de faire tant d’heureux d’un coup et n’en trouva aucune. Il comprit alors que l’Histoire oublierait ses batailles, son règne, sa vie entière dédiée au bien de son peuple, mais l’on se souviendrait à jamais du prince qui un jour avait libéré toutes ses compagnes dans l’espoir de complaire à une seule.

Celle-ci fut reconduite aux portes du palais où patientaient ses chiens. Ils ne manifestèrent aucun contentement particulier en la voyant apparaître. À l’évidence, elle était attendue.

*

Après avoir rampé une éternité dans les plus opaques ténèbres, il avait abouti dans un lieu enchanté, une clairière d’un vert chatoyant baignée d’une tiède lumière blanche, parfumée par la rosée et l’humus, où les arbres chargés de fruits offraient ici et là une ombre apaisante. À pas lents, dans ce jardin des délices il avançait les yeux fermés, la main tendue, espérant qu’une autre s’y glisse, et celle-là ne tarda pas, premier effleurement de féeriques retrouvailles.

Ô ce tendre visage, joues roses, pupilles de braise, sourire grenat, chevelure en cascade sur des épaules menues qui attendaient d’être enlacées. Leur étreinte dura assez longtemps pour que le soleil disparaisse puis revienne, les retrouvant là, immobiles. Ils se parlèrent enfin mais les mots s’étant vidés de leur sens, ils les abandonnèrent. Et puis il voulut voir sa femme nue, entièrement nue, immédiatement et sur-le-champ, innocemment nue, jusqu’à l’indécence. Soudain les arbres prolongèrent et mêlèrent leurs branches pour dessiner un dôme de fraîcheur, un tapis de feuilles se forma à leurs pieds, ils s’y effondrèrent, effrayés par tant de bonheur à venir.

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