Tonino Benacquista - Romanesque

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Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique :
. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

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À son retour au campement, le conflit qu’il redoutait s’était bel et bien déclaré. Les passagers espéraient reprendre le contrôle du Sainte-Grâce en soudoyant quelques matelots, lesquels se voyaient plutôt égorger les négociants afin de s’attribuer leurs marchandises. Les officiers tentèrent un rappel à l’ordre en faisant parler les mousquets, déclenchant la colère de tous. Le capitaine supplia son passager à la faconde magique d’intervenir. Celui-ci répondit qu’il se sentait de taille à affronter un cataclysme mais en aucun cas la stupidité trépidante des hommes. Entre leur sauvagerie et celle de la nature, il avait choisi : il allait remonter séance tenante le continent noir.

*

On conduisit la Française dans un boudoir en tout point conçu pour les ébats, un écrin de soie où trônait, unique meuble, un lit entouré de voilures. Par un moucharabieh en forme d’étoile, elle contempla en contrebas la cité de Kunyamar, avec ses bâtisses pointues en pierre brune, qui de loin évoquaient une rose des sables.

Enfin débarrassé de ses contrariants ministres, le prince se montra, bien décidé à oublier sa charge de monarque auprès d’une inconnue. Proche de la cinquantaine, le physique trapu mais adouci par des traits fins et des yeux clairs, il ôta son turban pour libérer une chevelure abondante et cendrée. D’un geste sec, il lui ordonna de tourner sur elle-même. Elle craignit que le prince ne connaisse que sa propre langue et ne s’exprimât avec ses concubines que par un universel langage du corps. Elle fut soulagée quand il lui demanda dans un français presque affecté de découvrir ses épaules — préparé depuis le plus jeune âge à gouverner, le prince était très informé de l’histoire des États, de leurs usages et de leurs langues. Habituellement, sa procédure consistait à dévêtir chaque corps inconnu pour s’assurer de son absolue banalité, à pétrir ses parties les plus intimes dans un ordre immuable, puis à le posséder séance tenante faute d’avoir su imaginer d’autres raffinements. Son alcôve n’étant plus une promesse de jouissance, il exigeait de voir les femmes s’y succéder afin de leur ôter toute magie et de les punir pour le mystère qu’elles ne lui inspiraient plus.

La nouvelle recrue le supplia de l’écouter raconter les terribles étapes qui l’avaient conduite jusque dans ce palais, son but n’étant pas de l’émouvoir mais de l’alerter sur les dangers de tenir recluse une femme qui, malgré elle, avait ébranlé d’autres souverainetés que celle de Kunyamar, sur la Terre comme au Ciel.

Le prince la pressa d’ôter ses vêtements et lui dressa la liste des sévices encourus par les insoumises — le fouet et le cachot n’en étaient que les plus fades. Elle insista : lui qui se piquait de connaître l’histoire des empires, avait-il entendu parler de la triste fin de Louis le Vertueux qui jadis avait gouverné le puissant royaume de France ?

Le prince, tenté d’appeler sa garde, suspendit son geste : Louis le Vertueux n’avait-il pas succombé à une sorte de gangrène après une interminable agonie qui en avait annoncé une autre, celle de son pays, lequel avait mis un siècle à en guérir ?

Contre toute attente il éclata de rire. Pour échapper à ses assauts, une insolente espérait se faire passer pour une sorcière qui, par ses sortilèges, avait empoisonné les sangs d’un roi, le vouant ainsi à une mort si atroce qu’elle était restée dans les mémoires. Le prince lui demanda de poursuivre son histoire, tout en imaginant à son tour une mort atroce et lente pour cette illuminée qui lui promettait une nuit somme toute plus distrayante qu’à l’habitude.

Et de fait, il l’écouta sans l’interrompre jusqu’aux premières lueurs du jour.

Étrangement, il s’inquiéta moins de la véracité de son récit que de son emphase en évoquant son mari perdu. Cette folle avait menti tout du long mais il était impossible de mettre en doute sa foi indéfectible dans son amant. Elle brûlait d’une passion plus forte que toute affection connue, plus forte que tous les fanatismes, que toutes les peurs de tous les châtiments.

Et le prince se découvrit un ennemi bien plus redoutable que ceux que ses ministres craignaient à leurs frontières.

Madame je vous sais gré de m’avoir instruit. Hier soir, j’allais me contenter d’ajouter un nouveau trophée à mon sérail. Ce matin je sais quelle femme d’exception a franchi ma porte, et sans doute êtes-vous la seule représentante de votre espèce car je possède déjà un spécimen de toutes les autres. Je n’ai nul besoin de savoir si ce mari disparu existe bel et bien ou si c’est un prétexte pour vous soustraire à mes assauts, seul compte le risque insensé que vous avez pris de me défier au nom de la fidélité. Ah la fidélité ! Ce curieux sentiment qu’on prétend assez puissant pour guérir l’insatiabilité des hommes, et dont les femmes semblent s’accommoder faute de s’octroyer les mêmes privilèges. Faut-il être aveuglé par la privation pour en faire un credo ! S’il a jamais existé, votre mari s’est perdu en route, mille morts vous en ont débarrassée, ou bien, plus probable, s’est-il consolé avec les gueuses de passage. Sachez que devant vous se tient un prince de sang, chef suprême de la cité, plus riche que tous ses sujets réunis. Si vous acceptez mon offre de devenir ma favorite, vous bénéficierez de maints égards auxquels aucune ne peut prétendre. Je vous solliciterai bien plus souvent qu’une autre car, quand je me serai lassé de vos charmes, vous viendrez me chanter votre nostalgie de cet être chéri dont le malheur vous a séparée, et je me délecterai de votre langueur, en remerciant perpétuellement les dieux de m’avoir épargné cet asservissement-là, cette belle exclusivité qui crée nécessairement l’amertume.

À cet instant elle comprit à quel point il souffrait, à tant dénigrer la fidélité, ou du moins l’idée qu’il s’en était faite, de cette amertume-là. Elle n’eut pas le temps de réagir qu’il ajouta : Maintenant déshabillez-vous ou je demande à mes gardes de s’en charger, ce qui vous vaudra à jamais leur irrespect et celui de vos consœurs .

Devant le tyran condamné à ses errements, elle abandonna toute déférence. Sachez qu’à l’instant même où vous tenterez de m’embrasser je planterai mes mâchoires dans votre gorge comme le ferait un de mes chiens. S’il vous prend l’envie de m’infliger quelque supplice raffiné pour me faire entendre raison, je cracherai à la figure de vos gardes, je me laisserai mourir de faim, mais la mort me délivrera de votre ignominie avant la prochaine lune. Sachez pour finir que ce mari dont vous vous moquez m’attend quelque part, et que rien ni personne ne saurait retarder mon rendez-vous avec lui, dût-il se produire par-delà le monde des vivants. Car voyez-vous, nous sommes déjà passés par là .

Habitué à mater les barbares et les tigres, le prince affrontait là un ennemi qui jamais ne se soumettrait. Cet affront resterait comme la marque indélébile de sa faiblesse face à l’adversaire le plus inattendu. Pour envisager la mort avec une telle audace, elle devait avoir vécu, souffert et désiré infiniment plus que lui, dût-il contraindre mille nouvelles concubines.

Jetée dans les caves du palais, elle éprouva pour la première fois dans ces murs une sensation de délivrance.

*

Remonter seul le continent noir ?

Paniqué à l’idée de perdre son passager et inspirateur, le capitaine le mit en garde contre les infinis dangers des jungles, savanes et déserts qu’il allait devoir affronter. Outre les fauves les plus féroces du monde, outre les mastodontes à la force démesurée, on croisait tous les cent pas un serpent d’une espèce nouvelle. S’il survivait à la fièvre tropicale et au mal des marais, il lui faudrait encore traverser un océan de sable, totalement dépourvu d’ombre, qui lui dessécherait le corps avant de le livrer aux scorpions. Avant la délivrance, il s’exposerait à une autre fièvre, où des mirages trompeurs lui feraient entrevoir des sauvages et des cannibales, qui au final n’auraient rien de surnaturel puisqu’ils seraient vrais ! À un dément décidé à entreprendre pareil périple, le capitaine conseillait plutôt de se jeter du haut d’un précipice ou de plonger au milieu des courants pour y trouver une mort certaine et s’épargner ainsi de longs jours de souffrance.

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