Tonino Benacquista - Romanesque

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Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique :
. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

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Il leur fallut deux mois pour atteindre le golfe du Bengale. Dans un marché aux herbes et aux fleurs, elle vendit un panier de jasmins blancs, un autre de feuilles de curry vert, très rare, dont on tirait une épice délicate. Puis elle s’offrit une nuit dans un gîte où transitaient des familles de journaliers. Une mère entourée de sa marmaille, s’étonnant de la présence d’une femme seule, lui demanda sans précaution si elle était célibataire, veuve ou répudiée. La Française, irritée de se voir classée dans une de ces catégories, affirma afin de semer le trouble avoir été séparée de son époux à cause d’un roi tyrannique, qui avait vu en eux des sorciers capables de soigner son mal incurable. Elle obtint le résultat escompté, une hébétude partagée par tous, avant qu’on ne l’interroge sur la manière dont elle s’était tirée de cette sale passe. Sur le point de décocher une réplique qui par le passé lui avait valu un vif succès, elle entendit s’élever au fond de la salle une voix plus prompte que la sienne : Très mal, il nous a coupé la tête !

Un convive déclara tenir cette anecdote d’un soldat, qui la tenait d’un maréchal-ferrant qui la tenait d’un saisonnier. La Française ne s’en offusqua en aucune manière : si une légende était toujours inspirée de faits réels, la voix des hommes la perpétuait pour en faire un bien commun. Si on la polissait par la parole, si on en gommait les aspérités, si on l’agrémentait de fioritures, c’était pour la rendre accessible à toutes les cultures et la transmettre par-delà les frontières et les générations. La sienne avait encore une longue route à parcourir avant de trouver sa forme définitive.

Nulle autre étape n’étant prévue avant les Indes, elle fila les jours suivants sans dresser le bivouac. Bientôt elle atteignit la cité de Kunyamar, qu’elle aurait dû traverser sans heurt si le prince régnant n’avait cédé à la pression de ses conseillers qui redoutaient l’invasion imminente d’un pays frontalier. On contrôlait la circulation de toute personne étrangère, on l’encourageait à quitter le territoire, ou on la retenait le temps d’un interrogatoire. Ce fut le cas pour cette voyageuse qui prétendait rejoindre l’Occident uniquement accompagnée de ses chiens. Elle jura que, si on la relâchait dans l’heure, elle aurait quitté le royaume avant la fin de la nuit. Un exploit qu’on ne lui permit jamais d’accomplir.

Des soldats à l’uniforme flamboyant vinrent la quérir. Elle traversa la ville au centre d’un carré formé par une escorte, puis, sur un sentier de montagne, elle entrevit au détour d’un lacet une forteresse aux reflets de rubis, ornée de festons gravés et d’arabesques peintes. On la conduisit au seuil d’une aile interdite aux hommes, où des servantes lui donnèrent un bain parfumé et brossèrent ses cheveux. Tant de sollicitude à son égard la rendait peu optimiste : plus l’on veillait à son bien-être, plus elle avait à redouter les tourments à venir. Mais quitte à les affronter seule, se dit-elle, autant les affronter propre et soignée.

Dans un long réfectoire, une myriade de femmes, chacune vêtue d’un sari de couleur différente, formait une fresque aux touches chatoyantes. Toutes avaient été recrutées de force par les services du prince de Kunyamar, maître absolu de la cité, qui exigeait qu’on lui présentât le plus grand nombre de maîtresses possible. En contrepartie d’une nuit passée avec elles, il leur donnait le statut de concubine et s’engageait à les entretenir dans le gynécée, où elles vivaient une vie d’indolence à l’abri de toute précarité. La Française observa ce peuple de femmes oubliées, qui toutes avaient perdu le goût du bonheur, le réconfort de l’espoir, leur estime de l’autre et d’elles-mêmes. L’une d’elles lui dit : L’éternelle insatisfaction du prince est à la fois une malédiction et une chance car, si vous envisagez cet épisode comme un calvaire, dites-vous qu’il sera de courte durée.

*

Les chaloupes détruites, marins et passagers rejoignirent le rivage à la nage. Le capitaine avait pris soin d’accoster dans une crique qui semblait déserte, de peur de devoir affronter une population hostile, ou au contraire fort satisfaite de se voir visitée par un navire jaugeant neuf cents tonneaux. Ils foulèrent le sable à pas malhabiles, tels des crabes nés en mer soudain encombrés de leur poids au contact du sol. Les marins attendirent que se dissipe l’ivresse de la terre ferme, les autres durent réapprendre les lois de la gravité. Mousquet en main, des sentinelles furent postées sur une barrière de rochers qui longeait la côte comme une fortification naturelle. Déjà les officiers maniaient sextant et compas, pendant que les passagers, bénissant la terre sous leurs pieds, profitaient un court moment de leur état de rescapés. Le capitaine les convoqua tous.

Le navire étant trop endommagé, la disposition la plus sûre consistait à remonter plus au nord de 200 milles, au comptoir de Saint-Louis, administré par les Français, afin de négocier pour les passagers un rapatriement en Europe, et pour le Sainte-Grâce les matériaux et outils nécessaires à sa réparation. Un tollé s’ensuivit, où chacun tenta de faire entendre sa voix, y compris les matelots, bien moins enclins à obéir depuis le naufrage. Pas question d’une expédition si risquée, pas question de rentrer en Europe sans les marchandises. Le débat s’annonçait houleux, bientôt les remous seraient impossibles à contenir.

Le seul à ne pas s’être exprimé décida de quitter cette belle compagnie avant de nouvelles complications. Lassé des jérémiades et des aigreurs diverses, il n’attendait déjà plus rien de la logique de ces gens tout juste sauvés d’une mort certaine et qui déjà récriminaient. Il lui fallait se préserver de cette fâcheuse inclination des hommes à propager la peur autour d’eux afin de légitimer la leur. Il les laissa donc s’alarmer les uns les autres, quitta le campement, s’aventura sur les murailles de roches et se fraya un chemin au travers d’une myriade de manchots, fort occupés à l’ignorer.

Une immense colonie de ces curieux bipèdes se dandinaient, vêtus de noir et blanc comme de petits curés, rangés en cohortes dont eux seuls connaissaient l’ordonnancement et l’itinéraire. Certains gardaient l’œil rivé sur le large comme s’ils attendaient leurs propres marins. D’autres roulaient leurs œufs avec la même application que les mousses leurs tonneaux. D’autres encore se jetaient à la baille, et leurs évolutions dans l’eau, plus gracieuses que sur la terre ferme, démontraient que là était leur véritable élément. Leur étonnante uniformité rendait impossible de différencier un mâle d’une femelle, et pourtant on devinait ici et là des couples à des signes imperceptibles, comme il en est des vieux époux qui se sont tout dit mais dont le mimétisme trahit l’intimité. Se mêlaient à eux d’autres volatiles à la morphologie parfaitement opposée, semblables à des paons perchés sur des échasses, dotés de vraies ailes au plumage rosé et d’un cri rauque proche de celui d’une oie. Il leur arrivait parfois d’enjamber des manchots qui ne leur prêtaient aucune attention, les laissant passer comme des ombres. L’homme qui maintenant escaladait une colline assez haute pour dominer la baie, étonné que deux espèces si différentes puissent coexister, s’interrogea sur les mœurs paisibles de cette immense société, sans doute régie par ses lois et ses hiérarchies, mais où chacun semblait agir selon son bon vouloir sans nuire alentour.

De son poste de vigie, il aperçut l’épave du Sainte-Grâce , le campement agité de fourmillements. Et, à l’opposé, une forêt d’un vert vif qui se confondait avec l’horizon. Entre terre et mer, il trouva enfin ce qu’il était venu chercher : une conviction.

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