Tonino Benacquista - Romanesque

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Romanesque: краткое содержание, описание и аннотация

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Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique :
. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

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Je vais vous raconter comment j’ai rencontré ma femme et comment j’en ai été séparé , répondit-il, provoquant sitôt l’ennui de son auditeur. Selon lui, tout homme avait vécu cette histoire-là, affligeante pour celui qui la subit et pénible pour celui qui l’entend.

Lancé dans sa version, inédite et riche en détails extravagants, le narrateur prit soin de suspendre son récit à l’instant précis où les deux bourreaux lèvent en même temps leur hache pour exécuter le couple maudit. Il gardait la suite pour la traversée, au cas où il lui serait permis d’embarquer.

Le capitaine accepta illico à son bord un homme dont l’imagination était assez puissante pour défier les sept mers et les quatre océans. De fait il avait hâte de lever l’ancre pour savoir ce qu’il était advenu des deux amants, laissés en fâcheuse posture, la tête sur le billot.

Hélas, son passager ne lui raconterait rien de la suite, ne la connaissant pas lui-même. Du reste, il s’apprêtait à passer toute la traversée sur son bat-flanc, la plus moelleuse des couches après tant de nuits dans une cage et une jungle. À la table des officiers, on allait le traiter d’imposteur. Trop tard pour faire demi-tour.

*

Une fois rendue dans la ville de Shingsao, elle n’eut aucun mal à trouver la résidence de ces riches négociants qui embauchaient et débauchaient au gré de leurs caprices. La patronne, très intriguée par cette femme blanche venue se présenter d’elle-même, recherchait une dame de compagnie formée aux bonnes manières occidentales. Curieuse des mœurs du royaume de France, elle s’interrogeait sur la manière dont les seigneurs y tenaient leur maison.

Pour avoir servi dans un château, la Française lui décrivit les occupations des nobles, le train qu’ils menaient, insistant sur leur arrogance et leur muflerie. Entre deux anecdotes qui divertissaient la maîtresse de maison, elle lui soutirait de précieuses informations sur les caravanes affrétées par son mari pour acheminer ses marchandises vers l’Europe.

Leurs conversations se firent quotidiennes, de plus en plus intimes, et la dame de compagnie devint une confidente attentive. La patronne se plaignait de l’indifférence de son mari, et c’était même pour cette raison qu’elle se montrait si intriguée par les manières des hommes de là-bas. Malgré un mariage arrangé par leurs familles, elle avait eu la chance de tomber sur un garçon plutôt bien fait, courtois, drôle. Mais après vingt années de vie commune, elle le décrivait comme un être pragmatique, absorbé par ses comptes, absent à table comme au lit. Sans doute en était-il de même, soupirait-elle, pour toutes les filles devenues des épouses, puis des mères, perdant ainsi l’attention du garçon devenu leur mari, puis le père de leurs enfants. Car tous les jeunes mariés du monde découvrent peu à peu qu’hommes et femmes sont mus par des besoins opposés, des désirs inconciliables que le temps ne fait qu’aiguiser, souvent comme des lames. Les plus avisés savaient éviter déchirements et mensonges, et grâce à cet effort ils pouvaient paraître en public au bras l’un de l’autre et entendre dire sur leur passage : Voilà un mariage réussi .

La Française se déclara bien incompétente pour juger de la longévité des couples puisque le sien avait hélas été brisé dès ses débuts, quand tout n’est que subjugation et découverte. Qui sait si elle aussi, après vingt années de vie commune, aurait connu cette indifférence et cette érosion ? Mais comment se lasser d’un homme qui l’avait à ce point respectée, écoutée, admirée, encouragée et apaisée ?

Sommée d’en dire plus, elle raconta son histoire, ce qui déclencha la fureur de sa maîtresse ; à s’être montrée si sincère sur ses déceptions de femme, elle avait attiré le sarcasme, car comment interpréter autrement les divagations de cette étrangère, se posant comme l’exception qui confirme la règle.

Menteries ! Fourberies ! Perfidies ! Que vous allez répéter sur-le-champ à mon mari, qui, entre autres marchandises, doit aussi sa fortune au commerce d’esclaves !

Habitué aux lubies de sa femme, le maître se montra contrarié d’être mêlé à des bavardages aussi futiles. Il oublia pourtant son impatience au fil du récit de l’étrangère. Il la pria même de s’arrêter sur l’épisode où elle avait pris la défense de son compagnon lors de leur procès. Puis sur celui où, côte à côte, ils avaient affronté le roi. Quand elle eut fini, il la remercia vivement, puis se tourna vers son épouse : Avez-vous enfin entrevu ce qu’un mari est en droit d’attendre de sa femme ?

Fallait-il que ces mœurs viennent de loin pour qu’on s’en étonne à ce point ! N’était-il pas temps de s’en inspirer ? Il avait épousé une demoiselle bienveillante, naïve parfois mais si spirituelle ! Or, une fois le couple installé sur le chemin de la prospérité, il avait découvert une femme sévère, préoccupée de l’étiquette, impatiente de posséder telle frivolité, amère qu’on ne la lui cède pas. C’était là désormais l’essentiel de leurs échanges. Des deux, c’était elle la contremaître, la comptable, prompte à calculer ce qu’elle donnait sans savoir gré de ce qu’elle prenait, à ajouter les griefs sans soustraire les attentions, à évaluer l’incurie de l’autre sans mesurer la sienne. Ah, si sa propre femme avait eu les mêmes convictions que cette étrangère, sans doute se serait-il moins préoccupé de ses affaires !

Soudain dépossédée de son statut de victime, l’épouse déclencha une guerre dont l’issue ne serait pas la réddition de l’ennemi, mais son anéantissement total.

Et cette guerre révéla en chacun d’eux une haine passionnée. Les griefs, trop longtemps contenus, furent crachés en vrac, comme un volcan remâche sa lave durant des siècles et la vomit en une nuit. Ils maudirent leurs parents de les avoir réunis, enlaidirent leurs souvenirs communs, raillèrent leurs gestes intimes, révélèrent de noirs secrets tus jusqu’alors, mais ce ne fut pas encore assez, alors ils profanèrent et saccagèrent tout ce qu’ils avaient bâti, et se retinrent d’en venir aux mains, évitant de justesse le coup de grâce qui à jamais les délivrerait de l’autre.

À la violence — qui rappelait curieusement la frénésie de leurs premières années — succéda une phase d’amertume où chacun fit le constat froid de leur échec conjugal. Les arguments abondaient, parfois partagés, au point que chacun fut surpris de découvrir chez l’autre un regain de bonne foi. Puis, sur le point de tout perdre, un sentiment inconnu les étreignit, un sentiment dont ils ne connaissaient pas le nom, à mi-chemin entre nostalgie et contrition. La querelle vira à l’examen de conscience, aux aveux mutuels, chacun retournant son réquisitoire contre lui-même. À l’aube ils dressèrent une liste de résolutions, signèrent un pacte, et se tombèrent dans les bras.

Pour remercier l’ étrangère — qui plus jamais ne le serait dans cette maison — ils la prièrent de formuler un souhait, ce qu’elle fit sur-le-champ tant il était pressant.

Le maître lui établit une carte précise de son parcours jusqu’en France. Il lui enseigna le maniement d’une boussole puis dressa son équipage, car désormais elle ne voyagerait plus seule. D’évidence on allait lui présenter un âne, éternel compagnon de l’homme de peine et du voyageur. Elle fut bien surprise de voir surgir d’un enclos deux jeunes chiens, trapus comme de petits lions, roux, courts sur pattes, les oreilles en pointe, la queue en panache, le poil dense et la langue bleue. Il s’agit de deux frères de la race chow-chow, que nous utilisons aussi bien pour le transport de marchandises que comme chiens de garde tant ils sont féroces avec les inconnus. À l’opposé des autres chiots, ils sont déjà dotés d’une étonnante sagesse qui consiste à ne pas voir ce qui n’a nul besoin d’être vu, à ne pas entendre ce qui ne saurait l’être. Celui qui tentera de les domestiquer ne s’attirera jamais leur dévouement : estimez-les, voyez-les comme des partenaires et non des bêtes de somme, misez sur la confiance et non l’obéissance et ils sauront vous ramener à bon port.

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