Frédéric Dard - À San Pedro ou ailleurs…

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À San Pedro ou ailleurs…: краткое содержание, описание и аннотация

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VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
IL y a des gens bizarres dans les bars, la nuit…
Des hommes et des femmes accrochés à la rampe du comptoir pour « laisser souffler » leur destin.
Des hommes, des femmes qui se regardent, qui se sourient… se disent quelques mots, n'importe lesquels :
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
Et puis ils repartent dans la nuit, à la recherche d'un impossible bonheur, à la recherche d'eux-mêmes.
Ils s'en ont plus loin.
A San Pedro…
Ou ailleurs.
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?

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— Parle-moi, Jean, implora-t-elle en caressant lentement ma cuisse.

— Je n’ai plus envie de te parler en présence des tiers.

— Le nègre n’entend pas !

— J’ai horreur du mot nègre.

— Il est pourtant dans le dictionnaire. À « nègre » on dit de se référer au mot « noir », et à « noir » de se reporter au mot « nègre ». Je t’en supplie, ne boude pas. Tout s’arrangera si nous le voulons vraiment, à condition de ne rien brusquer…

— Qu’est-ce que tu proposes ? D’attendre le décès de ton mari ? J’ai dix-huit ans de moins que lui, mais il a trente-six fois plus de santé que moi !

Avant sa réaction, je lui pris les mains et lui demandai pardon. Le camion ralentissait au bas d’une rampe très rapide. Une fraîcheur moelleuse s’abattit sur nos épaules. Lombard stoppa.

— Terminus ! lança-t-il.

Il vint à l’arrière et nous regarda, Danièle et moi, longuement, d’un œil indéfinissable. À bien analyser son regard, on y aurait trouvé de la réprobation. Alain était de ces brise-tout qui jouent les cyniques, mais qui admettent mal qu’on fasse cocu un paralytique.

Il offrit sa main à Danièle pour l’aider à sauter du camion.

— Vous permettez ? me demanda-t-il d’un ton hargneux.

La fraîcheur montait du San Pedro tout proche, dont on entendait le glissement soyeux. La route cessait à sa rive pour reprendre ensuite à l’état de piste. Un bac compliqué permettait le passage, mais, à cette heure indécise, personne ne se trouvait là pour l’actionner. La nuit, les habitants de San Pedro étaient totalement coupés du monde.

Honoré coltina le matériel jusqu’à une barcasse de fer, toute cabossée, qu’on avait amarrée en amont du bac. Lombard expliqua que seul le fer pouvait résister à la navigation sur ce fleuve. Son cours, perturbé par des rapides violents, des troncs d’arbres immergés et des roches, nécessitait une embarcation à toutes épreuves… Pour atteindre la barque nous devions patauger dans une boue glaiseuse qui formait ventouse et vous aspirait littéralement.

— Jamais mon mari ne pourra aller au bateau, avertit Danièle, après s’être hasardée dans la fange rougeâtre.

— Nous allons le porter ! décida Alain.

Il ordonna à Carbon de nous prendre lui et moi par le cou et de s’asseoir sur les béquilles que nous tiendrions à hauteur de siège. Cela me causa une curieuse sensation d’avoir le bras musclé et velu du mari de Danièle sur mes épaules. Carbon devait bien peser cent kilos. Il dégageait une odeur de fauve, très violente, qui accrut mon écœurement. Je dus serrer les dents pour aider à le coltiner.

Nous le déposâmes à l’avant du bateau. Il s’assit le dos au courant et nous adressa un geste romain avec la main.

— Merci, les gars, et excusez le poids du colis ; quand on se balance entre deux béquilles, on attrape plus de graisse que de muscle.

Je pris place aux côtés de Danièle, sur le banc central, cependant que Lombard et le Noir s’installaient à l’arrière. Après quelques rudes sollicitations, le Johnson de 18 CV se mit à pétarader. Son ronflement se répercutait sous la voûte des arbres. Le jour ne se levait toujours pas. L’eau du fleuve semblait d’un noir d’encre. Les rives étaient bordées de palétuviers touffus, dont les racines aériennes plongeaient en colonnettes serrées dans le limon des berges.

Nous partîmes dans le matin frais chargé d’odeurs opiacées. Aux approches de son embouchure, le San Pedro décrit de souples méandres. Il est large et profond. Puis, très vite, ses courbes se calment et son lit se met à ressembler à celui d’un torrent. Pendant la saison des pluies, il devait être terriblement gonflé.

Au-delà des palétuviers, des arbres gigantesques lançaient au ciel des ramures compliquées dans lesquelles un oiseau, qui paraissait être partout le même, émettait à intervalles réguliers un long cri en cascade.

— L’oiseau pleureur ! nous dit Carbon.

Je lui désignai le tronc anguleux des formidables arbres.

— C’est quoi, comme espèce ?

— Des fromagers. J’en ai pris un commak sur les côtelettes, un jour. Il n’était pas tombé du côté où il penchait.

Il soupira en caressant ses béquilles.

— C’est réglo : j’en avais tellement démoli ! Il est normal que l’un d’eux se soit vengé.

La vie s’éveillait progressivement. Elle commençait en l’air. Un animal pareil à un squelette d’oiseau affublé de larges ailes traversa le fleuve. Son vol faisait le bruit des draps que les lavandières secouent avant de les plier.

— Toucan ! sourit mon vis-à-vis.

Il baignait dans la joie, Carbon. La vie du fleuve ranimait en lui des sèves assoupies. Il respirait l’air poivré de la forêt, contemplait les frondaisons dont le faîte s’éclaircissait un peu et souriait d’aise.

Parfois, il s’arc-boutait pour pouvoir plonger la main dans l’eau. Il la gardait un instant immergée.

— Elle est tiède…

Puis à sa femme :

— Touche, Fifille !

Danièle n’obéissait pas, pour m’exprimer sa réprobation. C’était une manière de s’insurger contre les ridicules petits noms dont son mari l’accablait.

— On dirait la flotte de ma piscine. Tu veux pas toucher ? Toi, t’as pas l’air en train ce matin. Encore sommeil, ma gosse ? Tu vas voir, quand le jour se lèvera, comme tu seras contente.

On le sentait plein d’indulgence pour elle. Je me dis que je n’aurais jamais avec Danièle cette patience infinie, parce que jamais je ne pourrais, moi, la considérer comme ma fille.

Comprenant qu’elle boudait, il n’insista pas et me choisit comme seul interlocuteur.

— Ce que j’ai pu aimer ce pays. Vous avez tapé votre pied la brousse, déjà ? Non. Faudra ! Les petites pistes qu’on est obligé de reformer à coups de machettes, les poto-potos qu’il faut traverser à pince quand on n’a pas un radeau de rondins à sa disposition. Vous ne savez pas ce que c’est qu’un poto-poto ? Bon, comment vous expliquer : un étang dans la forêt, plus exactement un marécage… Là-dessus flotte une espèce de mousse verte. L’eau est chaude. Le soir on voit briller les yeux de crocodiles… On avance là-dedans avec peine en tenant son fusil et ses cartouches à bout de bras. Du sport ! Vous voulez que je vous dise ? L’Afrique, y a plus que ça d’encore vrai ; et peut-être l’Amérique du Sud aussi, je connais pas. Seulement faut se grouiller d’en profiter car leur vacherie de progrès bousille tout. La preuve : San Pedro ! Dans dix ans ce ne sera plus la peine d’y revenir. Des jetées, des immeubles, des bars où les petites Noires feront boutique-leur-cul comme elles disent… J’aime autant Toulon.

Il fit signe brusquement à Lombard de couper le moteur. Docilement, le guide obéit. On ne perçut plus que le clapotis de l’eau sur les flancs de la barque. Honoré s’arma d’une pagaie pour faire dériver l’embarcation vers un banc de sable où elle s’échoua.

D’un hochement de tête, Lombard interrogea Carbon.

Mais ce fut au Noir que Carbon s’adressa :

— Tu comprends, singe là ? chuchota l’infirme en désignant un fromager plus immense que les autres, sur la rive d’en face.

Nous nous tûmes. Honoré tendit l’oreille. Au bout d’un instant, un grand sourire affirmatif éclaira son visage. Il acquiesça.

Carbon désigna un fusil. Docilement, Lombard me le tendit et je le passai à Carbon.

— Vous entendez quelque chose ? chuchotai-je à l’oreille de Danièle.

Elle fit non de la tête. Pourtant, à travers le bruissement du fleuve et les cris rauques du toucan, une sorte de léger croassement, bref et creux, se fit entendre. Carbon épaula d’une manière fulgurante. Puis il resta absolument immobile, comme pétrifié dans son geste. Au bout d’un instant, il y eut un murmure de feuillage. Une forme jaillit d’une branche pour s’élancer sur une autre. Le coup de feu claqua. La forme interrompit sa trajectoire et plongea en poids mort. Un long déchirement de feuillages froissés et de branches brisées retentit. Une seconde forme affolée voulut quitter l’arbre. Comme la première, un coup de feu la foudroya. Le deuxième singe parvint à s’agripper à une branche. Il pendait au bout de ses deux longs bras tendus, tel un gymnaste s’apprêtant à exécuter une figure délicate. Puis l’une de ses mains lâcha prise. Sa silhouette pitoyable se découpait sinistrement sur le ciel. Enfin ses ultimes forces abandonnèrent l’animal qui tomba tout droit et s’écrasa au sol avec un « plouf » brutal.

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