Frédéric Dard - À San Pedro ou ailleurs…

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VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
IL y a des gens bizarres dans les bars, la nuit…
Des hommes et des femmes accrochés à la rampe du comptoir pour « laisser souffler » leur destin.
Des hommes, des femmes qui se regardent, qui se sourient… se disent quelques mots, n'importe lesquels :
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
Et puis ils repartent dans la nuit, à la recherche d'un impossible bonheur, à la recherche d'eux-mêmes.
Ils s'en ont plus loin.
A San Pedro…
Ou ailleurs.
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?

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— Tu es à moi, lui dis-je.

— Je sais.

— Prends pas froid, petite ! lui cria Carbon. V’là la fraîche qui tombe !

— Vieux con, marmonnai-je.

Je savais bien que je n’aurais pas dû parler de la sorte devant sa femme. Que c’était inélégant et de très mauvaise politique, mais je ne pouvais me contenir.

Un peu plus tard, nous nous retrouvâmes au bar, près de la tête d’éléphant servant de table. Une jeune Noire, belle et timide, servait de barmaid à l’occasion.

— Un gentil petit lot, remarqua Carbon en me poussant du coude, vous devriez vous l’acheter pour votre séjour, m’sieur Cinéma.

— L’acheter ? Je croyais l’esclavage aboli depuis longtemps.

— Dieu merci, on a encore la possibilité d’acheter les filles à leur père. Celle-ci, je parie que pour trente mille balles C.F.A. et quelques bouteilles d’huile, elle serait à vous.

Il caressa le genou de Danièle.

— Avant que j’épouse Madame, je m’achetais deux ou trois négresses par an. Notez qu’en amour, ces filles, c’est zéro. On a beau essayer de les éduquer, elles n’ont pas de tempérament.

Il me choquait et m’intimidait à la fois. Je le trouvais odieux ! C’était un butor, mais un butor d’envergure.

Lombard entra, l’air préoccupé. Ce garçon semblait toujours soucieux ; quand il lui arrivait de rire, il riait bref et triste.

— Oh ! Grand ! l’interpella Carbon, j’ai envie d’aller taper mon pied la brousse, demain.

Alain fronça les sourcils. Taper son pied la brousse signifie aller à la chasse, il imaginait mal l’infirme en train d’arpenter la forêt inextricable avec ses béquilles.

Sa surprise lui valut un ricanement de l’infirme.

— Me regarde pas avec ces yeux ronds, garçon. Bien sûr, je ne vais pas aller me baguenauder dans la brousse en traînant mes pauvres guibolles fanées ; mais on pourrait remonter le San Pedro jusqu’à quelque bout de clairière et y établir un affût, non ?

— C’est faisable, monsieur Carbon.

— Tu arranges ça pour demain matin, on partirait avant le jour ?

Je posai les yeux sur Danièle. J’envisageais déjà une journée voluptueuse dans ma hutte.

— Tu viendras avec nous, Fifille ! trancha Carbon…

— Je préférerais me reposer, demain, fit-elle.

— Tu dis ça parce que tu es vannée par le voyage, mais après une nuit de repos tu seras en pleine bourre. Rappelle-toi comme tu aimais chasser. Elle a un coup de fusil fantastique, cette petite, nous dit-il.

— Je verrai, éluda Danièle.

Mon regard insistant la faisait rougir. Elle perdait de son assurance.

— C’est tout vu, tu viendras, coupa péremptoirement l’infirme.

Il se tourna vers moi.

— Le cœur vous en dit, m’sieur Cinéma ?

— Je ne suis pas chasseur !

— Si vous nous accompagnez, vous le deviendrez. Qu’on vous colle un flingue dans les pattes, et quand vous apercevrez la viande, vous verrez comme l’index vous démangera.

— Ça m’étonnerait, j’ai horreur de tuer !

Ce genre de déclarations irrite les hommes comme lui. Carbon haussa les épaules.

— Horreur de tuer ! Qu’est-ce que ça veut dire ! Les sardines en boîte, vous les bouffez pas ? Le poulet chasseur, la côte de bœuf ! Vous me faites marrer ! Tout le monde tue tout le monde ! Le moustique sur votre joue, c’est une caresse que vous lui donnez ? Alors un buffle ou un moustique, où est la différence ? Le premier saigne davantage, sinon c’est du kif !

Je lus la muette supplique de Danièle.

— Très bien, j’irai.

*

— Cyprien, apporte du champagne ! ordonna M me Garcin. « Nous allons fêter l’arrivée de nos hôtes ! ajouta-t-elle. Mettez de la musique, Alain ; je vais profiter de la présence ici d’une autre femme pour danser. Quand je suis seule je ne peux pas me le permettre, j’aurais l’air d’une entraîneuse… Et pourtant, j’adore !

— C’est-à-dire que je ne danse pas, s’excusa Danièle.

— Vous n’allez pas me faire ça, protesta la patronne, et puis une femme qui ne sait pas danser, ça n’existe pas. Surtout quand on a un cavalier comme Luigi !

Lombard tripota le mini-cassette. Il repéra un slow langoureux, régla l’appareil et servit le champagne.

Je voulus inviter Danièle, mais Luigi m’avait devancé. Déjà il entraînait ma maîtresse vers le centre de la pièce. J’aurais dû inviter notre hôtesse, mais je restais paralysé. Danièle entre les bras de ce type… Je revivais notre première soirée quand elle dansait le tango dans la boîte de nuit. Luigi avait le même style professionnel de bastringue que l’autre. Il pratiquait le joue à joue, le ventre à ventre…

Un second Italien s’inclina devant M me Garcin.

— Santé, mon vieux ! fit jovialement Carbon en me passant une coupe.

Je pris le verre d’une main qui tremblait.

— Ah ! la gambille, soupira l’infirme, ce que j’ai pu aimer. Le soir, dans la brousse, on mettait le phono et nous dansions une partie de la nuit, Danièle et moi.

Cette évocation ne fit qu’attiser ma jalousie. Luigi exagérait. Il se pâmait en dansant, son regard mi-clos ressemblait à celui d’un chat engourdi au coin du feu.

Je le désignais au mari.

— Vous ne trouvez pas ce cavalier un peu cavalier ?

Rapporteur ! Je devenais minable. Si Carbon ne s’était pas trouvé là, je serais intervenu.

Il considéra le couple enlacé sans paraître contrarié.

— Ces ritals, ils s’endorment un peu sur le rôti, plaisanta-t-il grassement.

Le slow me parut interminable. Danièle devinait ce que j’éprouvais et s’efforçait de rester guindée, mais l’autre pieuvre l’enveloppait de ses tentacules, la faisait virevolter et jouait de son déséquilibre pour mieux l’étreindre. Lorsqu’enfin la musique cessa, ils mirent plusieurs secondes à se désunir. Luigi, tout émoustillé, se permit de la tenir à la taille pour la ramener à la table. Vert de rage, j’attendis qu’il se fût éloigné des Carbon pour lui porter une coupe de champagne.

— Oh ! Merci…, me dit-il en souriant.

— Si vous dansez encore une fois avec elle, je vous casse la gueule ! murmurai-je.

Son sourire s’évanouit instantanément. Il vit mon visage convulsé, mes yeux fous et recula d’instinct. Je l’abandonnai pour m’approcher de Danièle. Un tango succédait au slow.

— Vous permettez ? demandai-je avec raideur à Carbon.

— Tu parles, soupira-t-il.

Je l’entendis ajouter, mezza voce :

— Il est difficile d’interdire aux autres ce qu’on ne peut pas faire soi-même.

Sa réflexion m’attrista. J’éloignai ma partenaire du groupe.

— Tu sais que j’ai failli provoquer un esclandre en te voyant danser avec l’Italien ?

— Je m’en suis rendu compte. Tu es toujours au bord d’une explosion, Jean. Avec toi, on vit sur un volcan.

Nous fîmes quelques pas, assez maladroitement quant à moi.

— Tu es malade ? demanda-t-elle tout à coup. Si tu te voyais : tu es blême et ton front est couvert de sueur.

— Ma jambe, expliquai-je.

Je souffrais mille morts.

— Quoi, la morsure d’Hamlet ?

— Ça s’est infecté, il avait la vérole, votre horrible cabot !

— Arrêtons-nous, Jean. On dirait que tu vas t’évanouir.

— Ne t’inquiète pas. C’est bon d’avoir mal par toi, chérie.

Luigi venait d’inviter M me Garcin et nous rejoignait ostensiblement.

Il s’était remis de sa surprise et me coulait des œillades féroces. À cause de leur présence nous ne pûmes plus parler avant la fin du morceau.

— J’espère que tu n’iras pas chasser demain matin ? Et que nous resterons ensemble ?

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