Frédéric Dard - À San Pedro ou ailleurs…

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À San Pedro ou ailleurs…: краткое содержание, описание и аннотация

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VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
IL y a des gens bizarres dans les bars, la nuit…
Des hommes et des femmes accrochés à la rampe du comptoir pour « laisser souffler » leur destin.
Des hommes, des femmes qui se regardent, qui se sourient… se disent quelques mots, n'importe lesquels :
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
Et puis ils repartent dans la nuit, à la recherche d'un impossible bonheur, à la recherche d'eux-mêmes.
Ils s'en ont plus loin.
A San Pedro…
Ou ailleurs.
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?

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— Impossible, quand il a décidé quelque chose !

— Moi aussi, j’ai décidé quelque chose.

— Quoi donc ?

— Tu vas le quitter !

— Pas encore, Jean… Ne me tourmente pas.

— Alors tu ne m’aimes pas.

Elle n’eut pas le temps de protester : nous étions de retour à la table.

— Ce que ça me fait envie, déclara Carbon. Si je vous disais : j’aime tellement le tango que celui-là, je l’ai dansé avec mes doigts. Tu te rappelles, Dany, autrefois, dans la brousse ? Des nuits… Le phono n’en pouvait plus. On n’avait pas d’aiguille de rechange, il graillonnait tellement sur la fin que ça ressemblait au bruit du métro !

M me Garcin rembobina le même tango.

— Vous permettez ? fit Luigi en s’inclinant sur Danièle.

Il détourna la tête et me sourit fielleusement.

— Je préfère pas, répondit la jeune femme.

— À cause de ce que je t’ai dit ? intervint son époux. Voyons, fillette, ça me fait plaisir de te voir danser. Allez, allez !

Danièle hésita encore.

— Je suis tellement fatiguée…

— La danse, ça délasse, affirma le vieux bœuf. Ne te fais pas prier !

Alors elle se leva. Luigi l’enlaça sans cesser de me défier. Ils dansèrent.

— Je ne suis pas votre genre, monsieur Debise ? me demanda la patronne, mi-figue mi-raisin.

Aveuglé par la colère, j’évitai de lui répondre. Elle suivit la direction de mon regard et son instinct féminin l’avertit confusément de ma jalousie. Elle dut pressentir la vérité car elle devint aussitôt pensive. Sur la piste improvisée, Luigi s’en donnait à corps joie. Il dansait aux limites de l’indécence, malgré les louables efforts de Danièle pour le tenir à distance.

— Vous leur faites trop bouffer de piment, à vos ritals, déclara Carbon. Voyez comme ils sont énervés quand ils dansent.

— Ils ne voient pas beaucoup de femmes, objecta M me Garcin.

L’infirme fit encore quelques plaisanteries grossières à propos de la chasteté forcée des chefs de chantier.

Écœuré, je me dirigeai vers la porte. La nuit était tiède, très claire, presque brillante. J’attendis la fin du tango. Désormais je ne pourrais jamais plus supporter ce rythme. Un peu avant les dernières mesures, je croisai le regard de Luigi. Je fis signe à l’Italien de me rejoindre après son exhibition et sortis de la grande hutte pour essayer de me dénouer un peu les nerfs en marchant.

Dans la forêt proche, un oiseau de nuit poussait une plainte misérable dont l’écho allait mourir sur la mer. Quand Danièle se déciderait à partir avec moi, je l’emporterais dans un petit coin perdu d’Europe, en Suisse de préférence, pour que notre amour soit entouré de montagnes. Une fois là-bas, je la séquestrerais afin qu’elle ne soit plus qu’à moi et qu’aucun homme ne puisse plus jamais porter la main sur elle. Je la guérirais de ses souillures passées par cet isolement.

— Alors ? me dit une voix chantante.

Je me tournai vers Luigi. Une peine sucrée tempérait ma fureur.

— Qu’est-ce qui vous prend, c’est pas votre femme ! ajouta l’Italien.

— Si ! m’étranglai-je. Si : c’est ma femme ! Et je te défends de la toucher, tu m’entends, salaud ! Vous êtes tous des porcs !

Luigi tournait le dos à la lumière et je ne vis pas partir son poing. Cela produisit comme une explosion. Je crus que ma mâchoire se disloquait et que mes dents, brusquement effeuillées, m’emplissaient la bouche. J’avais toujours professé des sentiments pacifistes et prônais la politique « de la joue gauche ». Il n’empêche que si j’avais à ce moment-là disposé d’une arme, j’aurais tué mon adversaire sans la moindre hésitation. « Tout le monde tue tout le monde », venait d’affirmer Carbon. Fou de douleur, je me jetai sur l’Italien. Cela faisait au moins une dizaine d’années que je ne m’étais pas colleté. La dernière fois, je m’étais battu à cause de Martine. Nous assistions à un mariage. Le chef de la petite formation dansante ne la quittait pas des yeux, ce que tous les invités avaient remarqué. Le lendemain, j’aperçus le musicien près de mon domicile, qui guettait ma femme, embusqué sous un porche. Un coup de sang m’avait précipité sur lui. J’éprouvai encore au creux de ma paume la brûlure de la gifle.

Notre empoignade avait été brève. Quelques gnons… Des gens nous regardaient. Leur curiosité nous avait calmés. On s’était quittés sans un mot, à peine chiffonnés.

Cette fois-ci, la lutte fut sévère. Ma ruée venait de déséquilibrer Luigi. Nous roulâmes dans le sable encore chaud en nous martelant maladroitement. Un paso doble très cuivré couvrait notre remue-ménage. Je frappais de toutes mes forces, au petit malheur la chance ; je donnai des coups de tête, des coups de genoux. Un sombre besoin de détruire m’animait. Je ne sentais plus ses poings. Ma rage changeait en chiquenaude les plus durs horions. Il soufflait fort, en grommelant des injures italiennes. À un certain moment, je me trouvai agenouillé contre lui. Son polo blanc s’était retroussé et je voyais la tache claire de son ventre partiellement dénudé. Mon poing s’abattit dans la chair molle. Luigi émit un petit râle qui ressemblait à une protestation. D’un bond je me redressai. Avant qu’il n’ait eu le temps de m’imiter, je lui lançai mon pied dans l’estomac. Le souffle interrompu, il se mit à se trémousser dans le sable. Instantanément, je récupérai mon calme. Je tendis la main à Luigi.

— C’est ridicule, bredouillai-je, pardonnez-moi.

Il se massait l’abdomen, lentement. Des hoquets le secouaient.

— Charogne ! me dit-il.

Je m’obstinai à conserver ma main tendue. Il cracha dedans. Alors je le giflai, essuyai son crachat après sa chemise et me relevai. Une indicible tristesse me taraudait. Je me rappelais comme il avait les larmes aux yeux tandis que je lui parlais de Venise. Il vivait à six mille kilomètres de chez lui, pour travailler durement dans un pays où il ne se sentait pas bien, et voilà que pour une sotte question de jalousie… Allais-je donc me mettre à molester tous les hommes qui regarderaient Danièle ?

— Je suis sincèrement navré, Luigi. Mais il faut que je vous dise : cette femme est ma maîtresse. Je l’adore.-Je suis venu à San Pedro pour la voir. Oh ! comprenez-moi…

Il me regarda. Il saignait du nez. Dans la nuit son sang paraissait noir. Ça coulait autour de sa bouche, dégoulinait sur son menton, puis sur son polo blanc.

Il proféra quelque chose dans sa langue. Je ne compris pas, mais à l’intonation, je ne pense pas que ce fût une insulte. Il se leva en geignant. Demain, sur son chantier, il arborerait un visage contusionné. Il travaillait dur. Le soir, après le repas, il écrivait à la mauvaise clarté des lampes à gaz de longues lettres sur du papier jauni. Son écriture « frisait » comme du vermicelle. Quelque part, dans un village de Vénétie, une femme alourdie par les maternités attendait ces lettres qui devaient lui parvenir par paquets de quatre ou cinq… Luigi y racontait sans doute son travail, les clients du relais de chasse, le temps, les fantaisies imprévisibles des Noirs… Ce dont j’avais surtout honte, c’était de mon oisiveté.

— Vous souffrez ?

Va bene !

Il s’éloigna en direction de sa case.

Alain Lombard remua dans l’ombre. Il se tenait assis sur un tronçon de pirogue servant de jardinière. Je croyais que notre bataille avait duré très longtemps, pourtant le même paso continuait de sévir.

— Vous étiez là ?

Il passa la main dans l’échancrure de sa chemise pour se gratter furieusement la poitrine.

— Les intellectuels ne savent pas se battre, et pourtant ils font mal, déclara-t-il. Leur colère brouillonne déconcerte l’adversaire.

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