Frédéric Dard - À San Pedro ou ailleurs…

Здесь есть возможность читать онлайн «Frédéric Dard - À San Pedro ou ailleurs…» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1968, Издательство: Éditions Fleuve Noir, Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

À San Pedro ou ailleurs…: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «À San Pedro ou ailleurs…»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
IL y a des gens bizarres dans les bars, la nuit…
Des hommes et des femmes accrochés à la rampe du comptoir pour « laisser souffler » leur destin.
Des hommes, des femmes qui se regardent, qui se sourient… se disent quelques mots, n'importe lesquels :
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
Et puis ils repartent dans la nuit, à la recherche d'un impossible bonheur, à la recherche d'eux-mêmes.
Ils s'en ont plus loin.
A San Pedro…
Ou ailleurs.
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?

À San Pedro ou ailleurs… — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «À San Pedro ou ailleurs…», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

— Électrique, avouai-je piteusement.

Il secoua ses maigres épaules.

— On a l’habitude : je vous en prêterai un à main.

Quand il fut parti, je jetai ma veste sur le fauteuil, relevai la moustiquaire d’un des lits pour m’allonger. Le voile blanc sentait l’étoffe moisie. Cette odeur me fit penser à un sépulcre. J’essayai de trouver l’origine d’une telle impression, mais n’y parvins pas.

Dans ce fruste décor, mes bagages racontaient des catastrophes suivies d’évacuations. Ils me firent regretter mon douillet appartement du George V . Un ignoble insecte long et jaune traversa la hutte avec autorité. Comme Cyprien revenait je le lui désignai.

— Qu’est-ce que c’est que ça ?

Il regarda :

— Mille pattes, patron !

— Un dix mille pattes, tu veux dire !

Le boy écrasa la bestiole sous son pied nu.

— En somme, cette case, c’est une philosophie, murmurai-je.

— Qu’est-ce que tu dis, patron ?

— Rien !

Je sortis le billet de mille francs et le lui tendis.

— Tiens, Cyprien !

— C’est quoi ? s’inquiéta-t-il.

— Une expérience ! Prends !

Toute sa personne éclata de rire : ses yeux principalement.

— Seulement tu viendras travailler demain, n’est-ce pas ?

— Oui, patron, je viendrai !

— Si tu ne venais pas, ça me ferait de la peine.

Il fourra le billet dans sa poche et me regarda avec tendresse.

— Toi y’en a chic type, patron !

Il restait debout au pied du lit.

— Bon, je n’ai plus besoin de rien !

Je m’assis sur le lit. Le garçon avait dit : « Toi y’en a ». Je croyais cette formule petit nègre inventée par les colons ou par quelque ancien chef de publicité de la maison Banania.

Cyprien ne partait toujours pas.

— Le patron en arrive de Paris ?

— Oui.

— C’est bon, Paris.

— Oui, c’est bon…

Surtout avec Danièle à son côté. Danièle sous la pluie. Danièle avec sa jupe retroussée, chez le tatoueur. Danièle revenant, soumise, dans ma chambre, comme un évadé se rend, vaincu par la liberté illicite. De tout ce qu’elle avait fait ou dit depuis le vendredi de notre rencontre, qu’est-ce qui était le plus important pour l’histoire de nous deux ? La gifle ? Mes larmes ? Le tatouage ? Ou tout simplement cette caresse indécente de femelle possessive dans la cabine téléphonique ?

Demain serait un premier anniversaire. Celui des huit premiers jours d’une éternité…

— Tu comprends, Cyprien : pour nous autres, mortels, l’éternité tient parfois dans un instant. Le temps joue avec nous, il faut bien que nous jouions avec lui. C’est logique, non ?

Ses dents brillaient. Il roucoulait son incompréhension, ne se formalisait pas de mon langage saugrenu. Lui m’acceptait tel que j’étais. Il me trouvait NORMAL !

— Est-ce que j’ai l’air d’une tortue à la renverse, Cyprien ?

— Non, patron.

— De quoi ai-je l’air, alors ?

— D’un Blanc !

— On peut voir des tortues, ici ?

— Vers les Guinéens, patron.

— Qu’est-ce que c’est, les Guinéens ?

— Les pêcheurs, au bout du San Pedro. Y z’ont toujours tortues.

— Ça va, tu peux t’en aller…

Il partit en cabriolant. Je m’occupai de déballer mes effets. Lorsque je les eus rangés tant bien que mal dans l’armoire, je me déshabillai pour passer un maillot de bain. Je n’avais pas changé de vêtements depuis une trentaine d’heures, aussi eus-je un sursaut en découvrant ma blessure. Ma jambe était enflée maintenant de la cheville au genou. Sous les chairs dilatées, mes veines apparaissaient, noirâtres comme des racines vénéneuses. Chose paradoxale, je souffrais un peu moins.

En clopinant dans le sable brûlant je traversai la plage. Des crabes jaunes, presque translucides, se sauvaient à mon approche pour plonger dans d’innocents petits trous. Longtemps je m’amusai de leurs fuites de profil. Chacun possédait son gîte propre. Quand je parvenais à lui barrer la route, désemparé il se précipitait à la mer.

Las de les tourmenter, j’entrai dans l’eau à mon tour. Et je me mis à marcher vers l’infini éblouissant.

CHAPITRE II

Ils arrivèrent vers une heure de l’après-midi, le samedi, alors que j’étais à table avec les chefs de chantiers italiens.

Depuis le matin, je guettais les bruits ambiants, avide d’y découvrir le ronflement du petit avion bleu. J’avais passé deux journées de torpeur, au bord de l’eau, à gésir sur le sable mouillé comme un corps rendu par les flots. Maintenant je ne sentais presque plus ma blessure, bien qu’elle fût de plus en plus inquiétante d’aspect, car toute ma peau rôtie me brûlait.

Je n’étais qu’une immense plaie à vif. M me Garcin, l’hôtesse, m’oignait avec sollicitude de crèmes parasolaires et me morigénait d’importance, affirmant que j’étais aux limites de l’insolation.

Mais j’éprouvais un mauvais plaisir à rougir, à peler, à me racornir au bord de l’eau. J’étais le seul usager de la plage, si l’on exceptait les Italiens, lesquels s’octroyaient un rapide plongeon en fin de journée. Le continent africain tout entier m’appartenait. La mer, le soleil, le ciel aussi, dont l’infernale limpidité blessait la vue. Alain, avec qui je sympathisais, me proposait des parties de pêche, des balades. Il tenait à honorer le dépliant du Relais, sur les volets duquel on voyait des buffles morts ou des barracudas gros comme des cétacés. Je refusais…

— Plus tard, laissez-moi auparavant me gaver de soleil.

— Vous savez : le soleil c’est comme le pili-pili : il faut le consommer à petites doses. Vous ne voulez pas venir au moins jusqu’au village ?

— J’ai le temps… Qu’est-ce que c’est que ces taches blanches qu’on distingue, là-haut, au sommet de la colline ?

— Des tombes.

— On peut donc mourir ici ?

— On peut. Notez que ces sépultures remontent au siècle dernier. Deux Anglais, un Français… Des militaires…

— On s’est battu pour la conquête de ce paysage !

— N’en vaut-il pas la peine ?

Des cohortes de Noirs défilaient sur la plage. Ils arrivaient de lointains villages pour venir à San Pedro vendre ou acheter quelques denrées de première nécessité. La plage constituait une route naturelle. Les femmes passaient de leur démarche altière, portant sur leurs têtes des bassines émaillées emplies de poisson, ou des paniers de manioc. Le premier jour, l’une d’elles, une vieille édentée, drapée dans un pagne jaune, s’arrêta pour me demander si j’avais du linge à laver. Le second jour, elle dépêcha de son groupe une jeune fille aux formes émouvantes pour me faire prévenir qu’elle savait faire l’amour comme les Blanches et se tenait à ma disposition.

— Toi, l’amour ? demandai-je à la beauté.

La jeune fille ressemblait à ces statues de bazar représentant des Vénus d’ébène. Elle hocha la tête et me désigna la vieille qui attendait, attentive et souriante, un peu plus loin :

— Pas moi, l’amour : elle !

— Toi, oui, si tu veux.

Elle ne parut pas offusquée.

— Faut demander à mon père.

— Quel âge as-tu ?

— Je ne sais pas. Faut demander à mon père !

Elle s’éloigna d’une allure souple et noble. Je regardai longtemps onduler sa croupe. Avais-je envie d’elle ? Je ne le pensais pas. Alors pourquoi cette contre-proposition ? Par jeu ? Pour m’épater ? Cela ne finirait donc qu’avec moi, ce mesquin besoin d’auto-contradiction ? Je me recouchai sur ma serviette de bain. Ma jambe mordue devenait lourde comme le sable mouillé.

Allait-elle se gangrener ? Cette perspective ne m’alarmait pas. J’envisageais sans effroi de pourrir sur cette plage et d’aller rejoindre sur la colline proche les carcasses des soldats défunts.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «À San Pedro ou ailleurs…»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «À San Pedro ou ailleurs…» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «À San Pedro ou ailleurs…»

Обсуждение, отзывы о книге «À San Pedro ou ailleurs…» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.