Frédéric Dard - À San Pedro ou ailleurs…

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À San Pedro ou ailleurs…: краткое содержание, описание и аннотация

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VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
IL y a des gens bizarres dans les bars, la nuit…
Des hommes et des femmes accrochés à la rampe du comptoir pour « laisser souffler » leur destin.
Des hommes, des femmes qui se regardent, qui se sourient… se disent quelques mots, n'importe lesquels :
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
Et puis ils repartent dans la nuit, à la recherche d'un impossible bonheur, à la recherche d'eux-mêmes.
Ils s'en ont plus loin.
A San Pedro…
Ou ailleurs.
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?

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Je n’eus pas le temps de m’esclaffer. Danièle venait de s’asseoir sur le siège destiné aux clients.

— Tatouez-moi ! dit-elle.

Jeannot faillit s’étrangler. Il me regarda d’un œil béant d’interrogation.

— Danièle, tu plaisantes ! protestai-je.

— Pas du tout. Je veux que Monsieur me tatoue nos initiales sur la cuisse.

Elle retroussa sa jupe le plus pudiquement qu’elle put, dévoilant l’extérieur d’une seule cuisse après avoir d’une pichenette fait sauter la fixation de sa jarretelle.

— En tout petit ! supplia-t-elle. J. D. , simplement.

— C’est stupide ! Songe aux conséquences, si…

— C’est vous qui me parlez des conséquences ? Ne vous tracassez donc pas pour cela, Jean.

Le tatoueur nous considéra alternativement.

— Qu’est-ce que je dois faire, m’sieur Debise ?

— C’est moi que cela concerne, non ? s’emporta Danièle. Chacun est l’exclusif propriétaire de sa peau !

— Tu le regretteras quand tu te mettras en maillot de bain !

— Pourquoi ? C’est une mode à lancer, après tout !

Jeannot attendit la fin de nos atermoiements en préparant ses ustensiles. Il savait comment se terminerait la discussion. Quelques minutes plus tard, son aiguille électrique butinait la peau tendre de Danièle.

Je m’assis pour suivre de près ce que je considérais comme une mutilation. Cette cuisse brune, ce bas baissé, cette jupe relevée ; la bride blanche de la jarretelle… Un formidable désir me prenait. Une sorte de fureur érotique. Le sang perlant sur la peau, le « J » de mon nom qui s’imprimait dans la chair de Danièle…

— Je crois que le « J » tout seul suffira, déclara-t-elle.

Jeannot se méprit :

— Je vous fais souffrir ?

— Non. Mais en y réfléchissant, deux initiales sont superflues. Vous ne voulez pas vous faire tatouer un « D », Jean ?

— Sans façon. Je ne conçois des initiales que sur mes chemises et mes valises.

Je voyais bien qu’elle avait mal. Une légère sueur coulait à ses tempes. À un certain moment, tandis que Jeannot passait sa grosse éponge pour ring de boxe sur le « J » sanguinolent, Danièle ouvrit ses jambes à cause de l’eau qui dégoulinait de part et d’autre de sa cuisse. La brève vision d’un petit triangle blanc frangé de dentelle mit le comble à ma folle excitation.

Jeannot appliqua sur le « J » un tampon de ouate qu’il fixa avec du sparadrap.

— Vous n’y touchez pas pendant quarante-huit heures…

— Combien vous dois-je, Jeannot ?

— Vous rigolez, m’sieur Debise ; une bricole pareille !

Je n’eus pas le cœur de le remercier. J’attrapai Danièle par le bras et la refoulai jusque dans la rue. Sur le trottoir d’en face, quelques tapineuses arpentaient le macadam devant la façade hermétique d’un hôtel. Je guidai sans pudeur ma compagne vers le porche où d’autres filles échangeaient des propos égrillards. Danièle se cabra, mais j’accentuai ma pression. Alors elle se soumit totalement et passa au milieu des prostituées, sans se soucier de leurs regards hostiles ni de leurs quolibets.

Ce fut bien plus intense que la première fois.

CHAPITRE XI

Il était onze heures passées lorsque nous quittâmes l’hôtel. Danièle ne voulut pas dîner.

— Ramène-moi à ma voiture, maintenant, me demanda-t-elle.

Je voguais dans une rare félicité. Peu d’hommes sont heureux après l’amour. Or, je me trouvais comblé, moralement comme physiquement.

Elle tenait sa tête appuyée sur mon épaule tandis que je pilotais.

— Tu dors ? chuchotai-je.

— Oh, non !

— Tu crois qu’un jour nous vivrons ensemble ?

— Je l’ignore.

— Tu voudrais ?

— Je ne pense qu’à ça.

— Depuis quand ?

— Depuis le premier soir.

— Je te jure que je ne serai jamais plus sadique !

— Ça ne dépend pas de toi. Tu deviens cruel quand tu es désorienté, on dirait que tu espères te sentir moins seul en faisant mal aux autres.

— Pourquoi t’es-tu fait tatouer ?

— Une femme aimante cherche toutes les façons de se donner.

— Tu ne trouves pas inhumain que nous nous quittions, maintenant ?

— C’est par humanité que je te quitte.

— Tu sais que tu me tutoies à présent ?

— Je sais…

Avant le pont de Saint-Cloud, je m’arrêtai dans une station-service pour prendre de l’essence.

Au moment où j’allais descendre de la voiture, elle me prit le bras.

— Attends, dis-moi au revoir tout de suite, implora Danièle.

— Quelle idée !

— Je te le demande.

Nous nous embrassâmes longuement sous le regard goguenard d’un jeune pompiste rouquin que je fus gêné d’affronter après cette fougueuse étreinte. Quand il m’eut servi, je trouvai Danièle endormie. Elle se tenait un peu en chien de fusil, la tête posée sur son bras contre la portière. Mon démarrage la fit basculer contre moi. Elle émit une espèce de plainte informe qui m’inquiéta.

— Danièle ! Que se passe-t-il, tu es souffrante ?

Je stoppai sous un lampadaire. Sa tête ballottait sur le dossier du siège. Elle avait les yeux à demi ouverts : ils étaient presque blancs. Je m’affolai.

— Danièle ! Réponds-moi, qu’est-ce que tu as ?

Elle essaya de proférer des mots à travers un vagissement. Je plongeai ma main de l’autre côté de son siège et ne tardai pas à récupérer la bouteille de whisky. Elle était maintenant à moitié vide. Je compris alors pourquoi ma compagne tenait à ce que je prenne congé d’elle avant de descendre. Son état semi-comateux m’affola. Je ne pouvais la laisser ainsi… J’élevai le flacon pour mesurer plus précisément la quantité absorbée. Ma seconde évaluation confirma la première : une demi-bouteille ! La dose était sévère, mais elle ne dépassait cependant pas celle qu’elle avait avalée le soir de notre rencontre, par exemple. La syncope résultait de ce qu’elle venait de boire cela d’un trait et sans eau. Que faire ?

— Tu m’entends, Danièle, petite imbécile ?

— Hmmmm !

— Ce ne serait pas plus simple de quitter ton mari plutôt que de te mettre dans des états pareils pour l’affronter ?

— Je veux…

— Tu veux quoi ?

— Rentrer…

Elle lâchait chaque syllabe comme un dernier soupir.

— Je vais te faire boire du café fort… Attends…

De l’autre côté de l’avenue, un café-tabac ruisselait de lumières entre deux immeubles gris. J’y courus. Quelques graves ivrognes discutaient au comptoir, tandis que des jeunes gens actionnaient mornement des billards électriques. La projection des billes d’acier dans des couloirs lumineux, aux méandres compliqués, déclenchait des cataractes de déclics harmonieux.

Je m’adressai en confidence au garçon du comptoir.

— Je voudrais un double café très fort pour ma femme qui est malade dans la voiture…

Il mit son percolateur en marche. Certaines circonstances vous amènent à exécuter des actions traditionnelles. Le café fort pour la cuite carabinée appartenait à ces sottes traditions dont on sait l’inefficacité, mais qu’on s’obstine à employer pour se donner l’impression de « faire quelque chose ». Pour ma part, le café, en pareil cas, me rendait plutôt malade. Je n’en portai pas moins une grande tasse à Danièle. Elle but quelques gorgées et détourna la tête.

— Plus ! articula-t-elle. La maison…

— Tu ne veux pas venir à mon hôtel quelques heures ?

— Non…

J’allai rendre la tasse. J’hésitais toujours sur la conduite à adopter. Pas question qu’elle puisse conduire sa voiture. Je devais donc l’emmener à Montfort. Restait la question de son auto… avec le gros danois…

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