Frédéric Dard - À San Pedro ou ailleurs…

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À San Pedro ou ailleurs…: краткое содержание, описание и аннотация

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VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
IL y a des gens bizarres dans les bars, la nuit…
Des hommes et des femmes accrochés à la rampe du comptoir pour « laisser souffler » leur destin.
Des hommes, des femmes qui se regardent, qui se sourient… se disent quelques mots, n'importe lesquels :
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
Et puis ils repartent dans la nuit, à la recherche d'un impossible bonheur, à la recherche d'eux-mêmes.
Ils s'en ont plus loin.
A San Pedro…
Ou ailleurs.
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?

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Je récapitulai ses zéros. Il y en avait cinq.

— Grenoble, à cause des jeux ?

— Bravo, c’est beau un homme d’esprit.

— Ne te fous pas de moi !

Comme je ne lui servais pas à boire, elle s’empara de la bouteille et emplit les deux coupes.

— Tu joues sur deux claviers à la fois, fis-je en désignant les verres débordant de mousse joyeuse.

— Je bois pour oublier.

Elle prit un verre dans chaque main, absorba une gorgée du premier en annonçant.

— Un pour Julien.

Elle but une seconde gorgée à la deuxième coupe.

— Un pour Hamlet.

— Qui est Hamlet ?

— Mon chien. Un danois, il fallait lui trouver un nom original, n’est-ce pas ?

— Bon, tu es née à Grenoble.

— Dans la même rue que Stendhal, à trois numéros et cent cinquante ans de distance. Chose amusante, ma mère s’appelait Gagnon, comme la sienne. De là à conclure qu’un peu de son sang coule dans mes veines, hein ?…

— Et après ?

— Après ma naissance ?

Elle vida sa coupe gauche.

— … Je me suis mise à vivre résolument !

— Que faisaient tes parents ?

— Ils étaient droguistes. Par moments, j’ai l’impression que je sens encore la naphtaline.

Elle allongea le bras droit vers moi. Une giclée de champagne m’éclaboussa. Danièle ne s’en aperçut pas.

— Est-ce que je sens encore la naphtaline, Jean ?

— Tu ne devrais plus boire !

— Vous me préférez sobre. Ou bien cela vous agace-t-il de ne pas pouvoir m’accompagner ?

Elle but ce qui subsistait de Dom Pérignon dans le deuxième verre.

— Vous n’êtes pas logique : vous commandez à boire et vous me conseillez d’être sobre !

— Bon, coupai-je, Grenoble, la droguerie… Ensuite ?

— Vous avez décidé que nous causerions, or vous me faites subir un interrogatoire, ce qui n’a rien de commun. Peut-on dire que le juge d’instruction et l’inculpé « causent » ?

Je m’approchai pour frotter un peu mes lèvres contre les siennes. C’était mieux qu’un baiser : une promesse de baiser.

— Je veux tout savoir de toi.

Elle mordit ma lèvre inférieure en me fixant à bout portant. La douleur me fit gémir. Alors elle desserra son étreinte et examina les traces de morsure.

— On voit l’empreinte de mes dents !

Son index parcourut le dessin de ma bouche, doux et léger comme du velours.

— Vous savez ce que j’aime aussi, chez vous, Jean ? Vous êtes appétissant. Après la droguerie, il y a eu le lycée. J’ai été la meilleure des mauvaises élèves de ma classe. Maman est morte le jour de mes dix-huit ans. Happy birthday to you ! Papa s’est remarié la veille de mes dix-neuf ! J’aime aussi votre regard anxieux, Jean ! Il est naturellement triste ; sauf quand vous cherchez à prendre l’air triste. La seconde femme de papa n’était pas une marâtre comme le veut la tradition, mais une petite conne qui parlait à tort et à travers. Elle cherchait à se faire aimer de moi. Elle y serait parvenue si elle ne m’avait autant agacée. J’aime les perruches à condition qu’elles aient des plumes ; malheureusement, Mathilde n’en avait pas. Pourquoi souriez-vous ?

— Je t’adore, continue.

— Je ne me suis pas présentée au bac pour éviter un échec certain. Papa m’a permis de chercher du travail car il avait besoin de ma chambre pour l’enfant qu’il avait fait à sa perruche. Je me suis placée comme hôtesse dans un hôtel de Val d’Isère. Je présentais bien. Le patron croyait que je parlais anglais… C’est dans cet hôtel que j’ai rencontré mon époux, monsieur le commissaire. Dois-je signer mes déclarations ?

— Tu avais eu des aventures avant ton mari ?

— Nous y sommes ! Ce long préambule pour en arriver à cette question. Que dois-je faire ? Mentir ou dire la vérité ? Servez-moi donc du champagne pendant que j’hésite.

Son autorité m’intimidait et m’amusait. J’emplis les deux verres. La bouteille se vidait rapidement.

Danièle but une coupe, toujours à la cosaque ; puis fit chanter le cristal du bout du doigt.

— Dans une de ses pièces, Roussin dit que la vérité c’est ce qui fait plaisir. Qu’est-ce qui vous ferait plaisir, Jean ? Que je me sois mariée vierge ou pas ?

— À toi de juger.

— Bon : j’ai eu une aventure, comme on dit, avant d’épouser Julien.

— Avec qui ?

— La plupart des filles sont violées par le plus pressé, dans mon cas c’est un employé de l’hôtel qui s’en est chargé. Un maître d’hôtel italien : Luigi ! Il proposait le médaillon de langouste aux clientes comme nos pères débitaient du Géraldy à leurs bien-aimées. Il est entré dans ma chambre dès le deuxième soir. À minuit je le griffais, à deux heures du matin je le suppliais de ne pas partir. Mais il avait sa tournée à poursuivre, le cher garçon. Les dames seules avec leur petit garçon… Je me demande quand il trouvait le temps de dormir. Par la suite, j’ai fini par croire qu’il avait un frère jumeau embusqué quelque part dans l’hôtel, car il se prodiguait comme deux.

— Et après lui ?

— Julien !

— Que fichait-il à Val d’Isère, ton Africain ?

— Du ski ! Car je dois vous apprendre une chose, Jean : ce qui manque le plus en Côte-d’Ivoire, c’est la neige !

Je m’efforçai d’imaginer la lourde silhouette de l’infirme en train de dévaler une pente. Je n’y parvins pas.

— Tous les ans, il s’offrait trois semaines de neige, bien que février soit la bonne saison pour l’Afrique Centrale.

— Il était célibataire ?

— Presque, puisque là-bas il n’avait que deux femmes.

— Tu me racontes ?

— Nous deux ? Si vous y tenez… Ç’a été une cour laconique. Il me regardait avec insistance, comme il jaugeait, dans la brousse, les arbres à abattre. Une ou deux fois, il m’a proposé de prendre un verre, au bar, avant de passer à table. C’était surtout moi qui parlais. Je le questionnais sur l’Afrique. Il s’animait un peu, devenait tendre pour parler de l’éléphant. « À cause de sa masse, les gens oublient que c’est un herbivore, grommelait-il. Rien qu’un gros sac de foin. » La veille de son départ, il m’a appelée dans sa chambre. Je le revois, en train de boucler sa grosse valise râpée.

« Je crois que vous allez bientôt venir en Afrique, ma petite Danièle, a-t-il murmuré sans me regarder, et je ne sais même pas votre nom de famille. Écrivez-le-moi ainsi que votre adresse légale sur le carnet noir qui est sur la table. »

« Je n’en revenais pas. J’ai écrit mon nom. Il y avait plein de taches de cambouis sur les feuilles du carnet. « Très bien, je vous remercie », a-t-il dit.

« Rien d’autre. Pas un regard. La serrure récalcitrante de sa valise, seule, paraissait le préoccuper. Je suis sortie.

« La semaine suivante, j’ai reçu une grande enveloppe postée d’Abidjan. Elle contenait… un aller et retour Paris-Abidjan, deux billets de cent dollars et un mot écrit au dos d’un prospectus, ainsi libellé :

« Venez ! Si vous m’épousez on revendra le retour.

Amicalement. Julien Carbon. »

— L’histoire est belle. Vous êtes donc partie ?

— À cause du prospectus. Il représentait un buffle tué au milieu de la brousse, avec un pisteur noir debout derrière lui, un pied posé sur la tête de l’animal.

— Et une fois là-bas ?

— Nous nous sommes mariés un mois plus tard. Quand on accepte une aventure, il faut la vivre jusqu’au bout.

— Tu es devenue tout de suite sa maîtresse ?

— En arrivant à Abidjan. À l’époque le voyage durait dix-huit heures. J’étais épuisée. Il m’a emmenée à l’ Hôtel du Parc où j’ai eu une petite crise de désespoir. Seule, si loin… Il n’y avait plus que lui, comprenez-vous ? Plus que lui.

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