Frédéric Dard - À San Pedro ou ailleurs…

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À San Pedro ou ailleurs…: краткое содержание, описание и аннотация

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VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
IL y a des gens bizarres dans les bars, la nuit…
Des hommes et des femmes accrochés à la rampe du comptoir pour « laisser souffler » leur destin.
Des hommes, des femmes qui se regardent, qui se sourient… se disent quelques mots, n'importe lesquels :
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?
Et puis ils repartent dans la nuit, à la recherche d'un impossible bonheur, à la recherche d'eux-mêmes.
Ils s'en ont plus loin.
A San Pedro…
Ou ailleurs.
VOUS CROYEZ QUE LES MOUCHES AIMENT LE WHISKY ?

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Elle craqua la première. Son ombre courut dans le chemin boueux. Danièle pénétra dans ma voiture. Elle sentait le soir mouillé. Nous ne nous dîmes rien. Je mis le moteur en marche et démarrai.

— N’allez pas trop loin, murmura-t-elle, j’ai très peu de temps.

— Où étais-tu cet après-midi ?

— À la maison.

— Menteuse !

— Je vous le jure !

— Menteuse, j’ai fait téléphoner par une amie, ton mari a répondu que tu étais sortie.

— Ah, c’était vous ce coup de fil, vers midi ? En entendant la sonnerie, j’en ai eu le pressentiment. Il a dû se douter de la vérité car il ne m’a rien dit.

Je voulus la croire. Je n’avais plus la force d’être jaloux.

— Il est infirme et c’est lui qui va répondre au téléphone ?

— Il en a décidé ainsi.

— Quand ?

— Depuis notre retour en France. Le téléphone lui appartient, comme sa piscine et ses béquilles. Pour ce vieux broussard, ça n’est pas un instrument usuel.

Je venais de déboucher sur la grand-route et d’obliquer en direction de Paris.

— Où allez-vous ! s’inquiéta Danièle.

— Je ne sais pas.

— Je ne dispose que d’un quart d’heure. J’ai dit à Thérésa que j’allais faire courir le chien pendant que mon époux prenait son bain du soir…

— Il passe sa vie dans sa piscine ?

— Il n’y a plus que dans l’eau tiède qu’il puisse se mouvoir presque normalement. Elle fait partie de sa rééducation.

— Et le chien ?

— Il est en train de passer sa langue par la vitre de mon auto.

— Un bestiau de son gabarit dans une Austin, ça doit limiter le nombre des passagers…

Nous roulions au milieu du flot des lundis soirs.

— Pourquoi cette route et tous ces gens ? Je pensais…

— Tu pensais qu’on se peloterait un peu devant le cimetière, histoire d’apprendre à vivre à ses locataires !

Elle se crispa. Au bout de quelques instants, elle me dit sèchement :

— Faites demi-tour, Jean !

En guise de réponse, j’appuyai à fond sur l’accélérateur et doublai d’un seul bond une douzaine de voitures.

Je réalisais pleinement la sottise de mon comportement. Il m’effrayait plus qu’il ne l’effrayait : « Quelque diable, aussi, me poussant… »

Dans mes moments déraisonnables, je me répétais ce vers de La Fontaine. Déjà je regrettais l’horizon éteint de la campagne, la solitude du cimetière. J’aurais dû la presser contre moi, dans la touffeur de mon auto, dévorer ses lèvres, caresser sa chair, exhaler mon désir en me grisant du sien. J’aurais dû lui crier ma peine, lui offrir mes larmes, mendier une promesse de bonheur. Au lieu de cela, je fonçais à tombeau ouvert sur l’autoroute. Je saccageais et saccageais encore ce qui restait de valable, de récupérable en elle et en moi. Par sadisme ou par désespoir ?

— Si j’étais courageuse, je sauterais, Jean !

— Saute !

— Je ne suis pas courageuse.

— Je te fais peur ?

— Non.

— Tu m’aimes ?

— Oui.

— Tu me voudrais autrement ?

— Je ne sais pas.

— Si tu m’aimes, tu dois te foutre de tout !

— Il faut le temps d’apprendre.

— On n’a pas le temps !

Je ralentis quelque peu. Elle regardait courir les plaques de métal délimitant les deux voies de l’autoroute.

— On ne peut plus faire demi-tour, réalisa-t-elle.

— Plus avant Paris.

— Si : à l’embranchement de Versailles, vous prendrez le pont, n’est-ce pas, c’est promis ?

— Je verrai. Tout dépendra de ce que je penserai alors ! C’est dans si longtemps !

— Dix minutes, avec votre bolide.

— C’est bien ce que je disais. Une éternité ! Tu es belle comme l’éternité, Danièle !

Elle attendit. Je me doutais qu’elle pensait à l’infirme en train de barboter dans sa piscine, au gros chien danois dont la bave dégoulinait sur la vitre de l’Austin. Elle n’osait plus parler, par crainte de me pousser à prolonger cette équipée. Je devenais d’un maniement difficile, à l’image de certains malades mentaux.

Nous pénétrâmes dans la zone éclairée de l’autoroute. Au loin, apparurent les signalisations annonçant l’embranchement pour Versailles et Saint-Germain-en-Laye. Je souris en sentant croître son anxiété. J’ignorais ce que j’allais décider. Il est des instants où ce n’est plus le cerveau qui commande, mais l’instinct ; et l’instinct, c’est la raison du corps. Peut-être que mes mains allaient « cisailler » le volant sur la droite ? Peut-être ne remueraient-elles pas, laissant la voiture poursuivre sa trajectoire rectiligne ?

Les panneaux défilèrent, le pont franchissant l’autoroute gifla l’auto de sa brève dépression. Danièle se tassa un peu plus sur son siège.

— Tu m’en veux ? lâchai-je piteusement.

— Prenez la seconde, répondit-elle sans trop y croire.

— Je ne pense pas.

Elle regarda sa montre. C’était l’instant où, à Montfort, Carbon sortait comme un vieux cachalot de l’eau tiède de sa piscine pour se traînailler entre ses béquilles. Vint le second embranchement, tout pareil au premier ! Cette fois, Danièle tenta quelque chose.

— Jean, soyez gentil…

— Je t’aime !

J’envoyai, du pied, une giclée d’essence dans les entrailles de mon bolide et la masse blanchâtre du deuxième pont s’engloutit derrière nous.

— Tu ne connaissais pas l’amour-folie, Danièle ?

— Il ne simplifie pas la vie.

— Qu’est-ce qu’on en a à fiche d’une vie simple ?

— Je n’aime pas vos lâchetés. Et vous venez d’en commettre une, tout comme l’autre après-midi quand vous harceliez mon mari au téléphone. Vous ne risquez rien puisque vous êtes libre. Mais je parie qu’à l’époque de votre mariage, vous n’avez jamais agi ainsi. Si une épouse vous attendait, vous refréneriez votre fantaisie.

— Tu me méprises ?

— Non, je regrette seulement.

— Qu’est-ce que tu penses de moi ? Sois franche…

Elle médita tandis que je levai le pied pour m’engouffrer dans le tunnel de Saint-Cloud.

— Je ne sais pas si le mot existe : je crois que vous êtes un cinématomane.

— Il n’existe pas, mais il est éloquent.

Elle s’obstina pourtant à l’analyser.

— Vous êtes déformé par vos histoires, elles vous ont rendu excessif et vous éprouvez le besoin d’en vivre personnellement. Vous faites un complexe de héros. Vous voulez vous rendre intéressant à vos yeux, vous épater ; vous prouvez que « tout ça » peut exister. De plus, vous n’êtes pas fait pour vivre seul, sans frein. Votre liberté vous grise…

Son diagnostic concordait étonnamment avec celui de Geneviève.

— Le soir de notre rencontre, tu m’as traité de pauvre type, je vois que ton opinion n’a pas varié, remarquai-je aigrement.

— L’échec de votre mariage vous incite à aimer cruellement, Jean. En admettant que vous m’aimiez, car je ne pense pas qu’un homme véritablement épris mette délibérément sa maîtresse dans l’embarras.

Je fus douché. Je venais de me comporter en gamin.

— Je parie qu’après ce coup-là tu ne voudras plus me voir ?

Elle haussa les épaules.

— Réponds !

— Je ne sais pas. Vous ne voulez pas me ramener à ma voiture ?

— Non. On va à mon hôtel. J’ai besoin de toi dans ma chambre. Te faire l’amour d’abord… Ensuite, on essaiera de comprendre, d’y voir un peu plus clair…

— Si vous croyez que j’ai envie de faire l’amour en ce moment…

La colère m’enflamma.

— Quoi ! Ton vieux ? Ce ne sera jamais qu’une complaisance de plus qu’il aura à te consentir !

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