Hervé Bazin - Vipère au poing

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Vipère au poing: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vipère au poing », c'est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, une femme odieuse, qu'ils ont surnommé Folcoche.
Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d'Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d'emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus du XX
siècle.

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C'est pourquoi cette tragédie, encore froide, rejoignit-elle le comique, lorsque notre mère s'improvisa directrice de conscience.

Mon père faisait, deux fois par semaine, dans la chapelle, une lecture spirituelle. L'une d'elles ouvrit à Mme Rezeau des horizons nouveaux.

— … Nous ne connaissons plus aujourd'hui que la confession privée. Mais, chez les premiers chrétiens, la confession était publique. Certains ordres monastiques ont conservé cet usage et, chaque soir, « battant leur coulpe » devant leurs frères…

Quel admirable biais pour entrer, toute casquée, dans l'intimité de nos fautes vénielles ou autres ! Au souper suivant, entre les haricots rouges et le fromage de ferme, les paupières de notre mère s'abattirent sur un visage sublime. Ouvrant les bras, en demi-orémus, abandonnant la langue des hérétiques d'outre-manche, toujours en vigueur à cette heure-là, cette sainte femme risqua ces mots pesés au milligramme sur des balances angéliques :

— Jacques, j'ai beaucoup médité la lecture spirituelle que vous nous avez faite. J'ai une proposition à vous faire. Je sais qu'elle pourrait paraître singulière en toute autre famille que la nôtre. Mais, Dieu merci ! nous pouvons nous moquer ici des libres penseurs et des athées. Nous ne sommes pas pour rien la souche d'où jaillissent tant de défenseurs de la foi, écrivains, prêtres ou religieuses. Mais que faisons-nous pour mériter un tel honneur ? Il faudrait que nos enfants soient élevés dans le meilleur sens de ce terme… élevés vers les sommets de la foi.

Un temps. Papa ne sourcillait pas : cette terminologie conventuelle lui était familière. La sainteté, apanage Rezeau. La foi de notre père n'était pas de celles qui soulèvent les montagnes, mais elle était lourde et encombrante comme le mont Blanc. Des enfants bien encordés pour l'alpinisme mystique, rien ne pouvait lui sembler plus souhaitable.

— Mais où veux-tu en venir, chère amie ?

— A la confession familiale quotidienne. J'ai entendu dire que les Kervazec la pratiquent depuis longtemps.

Suprême argument ! Les Kervazec sont, dans le canton, la famille rivale en sainteté. Ils ont donné un cardinal à la France.

Papa hésitait encore. Notre mère entreprit le père Trubel :

— Vous êtes certainement de mon avis, mon père ? Professionnellement, le précepteur était obligé de l'approuver. Il se contenta d'un signe de tête.

— Bon ! conclut M. Rezeau.

Jamais ce vague adjectif ne m'apparut si dénué de sincérité. Une heure après, la prière du soir expédiée, eut lieu notre premier déshabillage de conscience. Je m'en souviens comme d'une chose odieuse.

— Je m'accuse, disait Marcel, d'avoir oublié mon signe de croix avant l'étude de quatre heures. Et puis j'ai dit zut à Fine, qui ne voulait pas me donner une seconde tartine. Et puis j'ai donné un croche-pied à Ferdinand, qui ne voulait pas me rendre le capitaine de quinze ans .

— Cet enfant est d'une remarquable franchise, pontifia ma mère. Allez, Marcel ! reprit-elle en employant le vous, pour bien marquer qu'elle était dans l'exercice de ses plus sublimes fonctions. Allez ! le bon Dieu, votre père et moi, nous vous pardonnons.

Quant à moi je me tus. Ce déballage me trouvait aphone.

— Qu'attendez-vous ? Qu'avez-vous à cacher, mon garçon ?

— J'ai certainement fait des péchés… mais… je ne m'en rappelle plus…

— Je ne me les rappelle plus, corrigea le père blanc.

— Faut-il que je vous aide ? reprit sèchement Mme Rezeau.

Tout plutôt que cela. Je me lançai dans tous les détails du Confiteor . Impatience, gourmandise (avec quoi, mon Dieu !), paresse, orgueil… toute la liste bénévolement acceptée par le curé de Soledot, le samedi soir.

— Mais précisez donc, mon garçon ! exigeait madame mère.

— Pour aujourd'hui mieux vaudrait s'en tenir là, proposa le père, à qui je vouai, séance tenante, une éternelle reconnaissance.

Frédie, à son tour, se mit à genoux.

— J'ai été très sage, aujourd'hui, fit-il. Le père m'a même promis une griffe de lion. J'ai 12 de moyenne…

— Orgueilleux ! glapit notre mère. Et cette histoire de livre que vous avez volé à votre plus jeune frère ? Vous serez privé de lecture pendant huit jours.

— Mais, madame, objecta le père, le secret de la confession…

— Justement ! Il n'a rien avoué du tout, rétorqua Mme Rezeau. Il faut qu'il sache bien qu'il n'a aucun intérêt à dissimuler ses fautes. Quand il l'aura bien compris, il sera plus franc.

Marcel aussi l'avait bien compris. Désormais ses petits rapports devenaient inutiles. Sans avoir l'air d'y toucher et sous couleur de scrupules, il pourrait tous les soirs poignarder dans le dos, au besoin.

Frédie, lecteur passionné, était devenu enragé.

— La folle ! La cochonne ! répétait-il en se déshabillant, si haut que ses injures traversaient la cloison.

Et, tout à coup, contractant ces termes énergiques, il rebaptisa notre mère :

— Folcoche ! Saleté de Folcoche !

Nous ne la connaîtrons plus que sous ce nom.

VIII

Perrault reniflait, prenait le vent avec le pouce mouillé, braconnait pour le patron. Le père Trubel, martial, mais désarmé, avait retroussé sa soutane : il portait en dessous des culottes de velours gris. Papa tenait son fusil sous le bras droit et, sur l'épaule gauche, en bandoulière, son filet démontable à poche de mousseline. Tous trois, nous battions la haie à l'aide de badines de châtaigniers. « Ravissant », cet affreux bâtard de mâtin et d'épagneule, tournait autour de nous, les oreilles rongées de tiques blanchâtres. Soudain, il se jeta dans le hallier.

— Attention ! cria Perrault.

Un premier lièvre, classiquement jailli du talus, déboula, cherchant à gagner l'abri d'une rangée de choux, fut posément suivi par le fusil jusqu'à la distance convenable et, foudroyé, termina une quadruple culbute entre deux touffes de ravenelle.

Frédie se précipita. Ravissant broussait bien, mais rapportait mal. M. Rezeau remit une cartouche de 7 dans le canon droit de son vieux Damas et pérora :

— Quand un lièvre vous part dans la culotte , il faut attendre pour le tirer et viser aux oreilles.

Prenant sa victime des mains de mon frère, papa, d'un pouce victorieux, lui pressa longuement sur le ventre, afin de la faire pisser. Machinalement, il se mit à siffloter l'air célèbre :

La petite Émilie
M'avait hier promis
Trois poils de son cul
Pour faire un tapis…

Mais soudain, il se rappela la présence du père blanc. — Excusez-moi, l'abbé !

— On sait ce que c'est qu'un chasseur, répliqua l'autre. Mais je ne comprends pas comment vous pouvez tirer avec cette vieille pétoire qui ne supporte pas la poudre pyroxylée et qui fait une fumée du diable.

Mon père considéra longuement son vieux fusil à chiens et soupira :

— J'y suis habitué. A vrai dire, je voulais m'offrir une arme à ma couche, chez Gastine-Rennette. Mais ma femme trouve la dépense excessive. Elle est pourtant ravie quand je lui rapporte du gibier.

Certes ! Nous en avions même une indigestion. Rien n'est plus écœurant que le civet quotidien. La saison de la chasse nous était cependant bien précieuse. Folcoche ne s'y hasardait jamais : elle craignait trop pour ses bas, encore que ceux-ci, depuis quelque temps, ne fussent plus de soie, mais de fil. Malgré tous ses efforts pour nous priver de ce plaisir, sous divers prétextes, elle n'avait pu y parvenir. M. Rezeau avait besoin de ses rabatteurs.

Nous devions faire, ce jour-là, un « tableau » mémorable. Le Craonnais, parce qu'il est presque entièrement terre de seigneurs, est resté giboyeux. Le poil l'emporte sur la plume, hélas ! car les perdreaux sont trop souvent empoisonnés par les bouillies arséniatées employées contre le doryphore. Râles, ramiers, tourterelles pullulent. Le lapin part à tous les coins de haie. On aperçoit de temps en temps un renard, qui trotte très loin, très vite, la queue entre les pattes et si ramassé sur lui-même qu'il faut un oeil exercé pour le distinguer de ces gros chats de ferme assassins de couvées. (Par représailles, à partir de cent mètres des granges, mon père les exécutait tous sans distinction.)

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