Hervé Bazin - Vipère au poing

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Vipère au poing: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vipère au poing », c'est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, une femme odieuse, qu'ils ont surnommé Folcoche.
Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d'Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d'emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus du XX
siècle.

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Mais ton regard est entré dans le mien et ton jeu est entré dans mon jeu. Toujours en silence, toujours infiniment correct comme il convient, je te provoque avec une grande satisfaction. Je te cause, Folcoche, m'entends-tu ? Oui, tu m'entends. Alors je vais te dire : « T'es moche ! Tu as les cheveux secs, le menton mal foutu, les oreilles trop grandes. T'es moche, ma mère. Et si tu savais comme je ne t'aime pas ! Je te le dis avec la même sincérité que le « va, je ne te hais point » de Chimène, dont nous étudions en ce moment le cornélien caractère. Moi, je ne t'aime pas. Je pourrais te dire que je te hais, mais ça serait moins fort. Oh ! tu peux durcir ton vert de prunelle, ton vert-de-gris de poison de regard. Moi, je ne baisserai pas les yeux. D'abord, parce que ça t'emmerde. Ensuite, parce que Chiffe me regarde avec admiration, lui qui sait que je tente de battre le record des sept minutes vingt-trois secondes que j'ai établi l'autre jour et qu'il est en train de contrôler sans en avoir l'air sur la montre-bracelet de ton propre poignet. Je te pistolète à mort, aujourd'hui. Ce faux-jeton de Cropette me regarde aussi : il est bon qu'il sache que je ne le crains pas. Il est bon qu'il ait peur, lui, qu'il réfléchisse aux inconvénients auxquels il s'expose. Je commence à bien lui pincer les fesses quand c'est nécessaire et je serai bientôt assez fort pour lui casser sa sale petite gueule, comme dit Petit-Jean Barbelivien qui ne l'aime pas, car personne, pas même toi qui t'en sers, personne vraiment ne l'aime. Tu vois, Folcoche, que j'ai mille raisons de tenir le coup, la paupière haute et ne daignant même pas ciller. Tu vois que je suis toujours en face de toi, mon regard tendu vers ta vipère de regard à toi, tendu comme une main et serrant, serrant tout doucement, serrant jusqu'à ce qu'elle en crève. Hélas ! pure illusion d'optique. Façon de parler. Tu ne crèveras pas. Tu siffleras encore. Mais ça ne fait rien. Frédie, par de minuscules coups d'ongle sur la table, vient de m'annoncer que j'ai battu le record, que j'ai tenu plus de huit minutes la pistolétade. Huit minutes, Folcoche ! et je continue… Ah ! Folcoche de mon cœur ! Par les yeux, je te crache au nez. Je te crache au front, je te crache… »

— Frédie ! Tu as fini de faire l'imbécile avec tes ongles.

C'est fini ! Tu es vaincue. Tu as trouvé le prétexte pour te détourner. L'héritier présomptif, tu le gratifies d'un coup de fourchette, pointes en avant, et, moi-même, tu me gratifies d'un rapide battement de tes cils trop courts, ce qui signifie : « Petit crétin, je te rattraperai à la première occasion. » Et, comme je souris au millimètre, d'un sourire à peine perceptible pour tout autre que toi, tu te venges en réitérant le coup de fourchette sur le dos de la main de Frédie, en choisissant l'endroit le plus sensible, à la jointure des doigts, là où l'on compte les mois de trente ou trente et un jours. Quatre petites perles de sang apparaissent, parce que tu as frappé un peu trop fort. Frédie me regarde de travers, maintenant. Papa proteste faiblement :

— Je t'ai déjà dit, Paule, de n'employer que le dos de la fourchette.

Et l'abbé, outré, baisse de vertueuses paupières. Il ne s'y fera pas non plus, celui-là. Il s'en ira bientôt.

Tiens ! c'est vrai, je deviens négligent, j'ai oublié de parler de cet abbé numéro quatre. Quatre, oui. En voilà déjà deux qui, depuis le père, ont refusé d'adopter « un système d'éducation trop austère » (euphémisme sacerdotal !), deux qui ont foutu le camp, au trot, l'un pour soigner sa mère, l'autre pour soigner sa décalcification. Le petit nouveau, c'est un séminariste qui s'est engagé pour les vacances. Il montrait, en arrivant, beaucoup d'enthousiasme. Pénétrer sous le toit qui a vu naître le plus grand défenseur de l'Église, pensez donc ! Je crois qu'il commence à trouver notre sainteté rébarbative et à regretter le séminaire, où l'on se promène, entre soutanes, six en avant, six à reculons, d'un cœur plus léger que sous les ombrages humides des platanes de La Belle Angerie .

Il n'en a pas pour longtemps, l'abbé chose, dont le nom ne marque pas dans ma mémoire. Mais pourquoi, diable ! pourquoi revois-je encore le visage de ce doux conscrit de l'évêché ? Voyons, cherche, Brasse-Bouillon. Eh ! pardi, j'y suis. C'est ce passant qui a recueilli madame mère dans ses bras épouvantés.

Dans ses bras, oui, le soir même du record. En pleine prière du soir. La tension nerveuse à laquelle j'ai soumis ma pauvre mère a-t-elle précipité l'heure de la crise ? Si oui, quelle consolation ! Maintenant je me souviens de tout, le moindre détail me revient. Je vois ma mère qui devient toute blanche. Mon père entame allègrement le Souvenez-vous.

— Souvenez-vous, ô très douce vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux…

« Au fait, qu'est-ce que c'est qu'une vierge ? » suis-je en train de penser. Petit-Jean dit que c'est une femme qui n'a pas eu d'enfants. Mais la sainte Vierge en a eu un. Mme Rezeau se lève en se tenant le ventre. Frédie me jette un coup d'œil.

— … qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance et réclamé vos suffrages ait été abandonné…

La bonne blague ! J'ai tout essayé auprès de cette dame, sur la foi de ces paroles. Elle n'a jamais rien fait pour adoucir Folcoche.

— … animé d'une pareille confiance, ô vierge des vierges…

Parce qu'il y a sans doute plusieurs degrés dans la virginité. On dit bien roi des rois.

— … je viens, je cours à vous et, gémissant sous le poids de mes péchés… Mais, Paule, qu'avez-vous ?

Elle gémit, Paule, votre femme, ô mon père ! Elle gémit sous le poids de ses péchés. Elle gémit faiblement là où d'autres gueuleraient à pleins poumons. Elle se tord peu à peu, vacille, essaie de se redresser, puis, d'une seule masse, s'effondre dans les bras du séminariste qui la reçoit respectueusement, encore que s'effeuillent à son intention toutes les pivoines de la terre.

Bien entendu, papa s'affole.

— Paule ! Ma petite Paule ! Mais qu'as-tu ? Allons, l'abbé, transportons-la sur le Récamier du salon. Fine ! Fine ! Ah ! mais c'est vrai qu'elle n'entend pas.

Grand signe de détresse, la main tapotant le Sternum. Alphonsine, à tout hasard, se jette sur la cruche d'eau craonnaise (donc légèrement trouble) et en vide la moitié sur le front de Folcoche, qui ne bronche pas. Fichtre ! c'est grave. Nous sommes tous très intéressés, très mouches du coche. Folcoche se tord toujours, inconsciente, les deux mains sur le foie. Sa respiration siffle. Dois-je le dire ? mais nous respirons mieux depuis qu'elle étouffe.

Enfin papa prend le seul parti raisonnable : il saute dans sa voiture et va chercher Cacor, le médecin de Soledot. Pendant ce temps, Fine et Bertine Barbelivien, qu'on est allé quérir , transportent notre mère, la déshabillent, la couchent. Quand le docteur arrive, elle n'a point repris ses sens.

— Pardi ! fait Cacor, c'est la Chine. Crise hépatique. Je crains une lithiase vésiculaire. Il faudra radiographier. Je vais faire une piqûre de morphine.

— Allez vous coucher, les enfants, dit doucement notre père.

Je ne dormirai que très tard. C'est que je me souviens de la mort de grand-mère. Ce désastre avait très vite été consommé. Est-ce que Dieu, qui se trompa si lourdement ce jour-là, aurait l'intention de réparer son erreur ? Que sa sainte volonté soit faite ! Ah ! oui, cela m'arrangerait bien que sa volonté soit faite.

La maison est calme, maintenant. L'odeur de la bouse fraîche me parvient à travers l'œil-de-bœuf de ma chambre. Barbelivien rentre de la vacherie, et sa lanterne se balance dans la nuit. Et, dans ma tête, qui devient lourde, se balance un dernier espoir sacrilège.

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