Hervé Bazin - Vipère au poing

Здесь есть возможность читать онлайн «Hervé Bazin - Vipère au poing» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1972, ISBN: 1972, Издательство: Éditions Le Livre de Poche, Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Vipère au poing: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Vipère au poing»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

« Vipère au poing », c'est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, une femme odieuse, qu'ils ont surnommé Folcoche.
Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d'Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d'emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus du XX
siècle.

Vipère au poing — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Vipère au poing», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

— Dans ces conditions, madame, je n'ai plus rien à faire ici.

— J'allais vous le dire.

Mademoiselle se retira, toute raide, et Mme Rezeau fit ingurgiter à Frédie, non pas une, mais deux cuillères d'huile de ricin.

Les réformes suivirent.

Cette fois, point de comparution solennelle. Le tour de vis fut donné, progressivement, au fur et à mesure des inspirations maternelles. Affirmer son autorité chaque jour par une nouvelle vexation devint la seule joie de Mme Rezeau. Elle sut nous tenir en haleine, nous observer, remarquer et détruire nos moindres plaisirs.

Le premier droit qui nous fut retiré fut celui de l' ourson … ou petit tour (signé Frédie). Nous avions jusqu'alors licence de nous promener dans le parc, à la seule condition de ne pas franchir les routes qui le bordent. Mademoiselle n'était pas encore partie, lorsque notre mère prit feu, en plein déjeuner, ce qui était contraire à ses habitudes, car, en principe, elle préférait manœuvrer son mari dans l'intimité.

— Jacques, tes enfants deviennent impossibles, surtout Brasse-Bouillon. Je ne peux pas les laisser galoper comme des veaux échappés. Un de ces jours, nous en retrouverons un sous les roues d'une auto. Ils ne sont jamais rentrés à l'heure exacte. N'est-ce pas, mon père ?

— Euh ! fit celui-ci, entre deux cuillerées de potage.

— Tes mains, Brasse-Bouillon ! cria Mme Rezeau. Et, comme je ne les remettais pas assez vite sur la table, un coup de fourchette, dents en avant, vint les ponctuer de quatre points rouges.

— Avec le dos, Paule ! avec le dos. Cela suffit, gémit papa, qui reprit : Tu ne peux tout de même pas attacher ces gosses.

— Non, mais je pense qu'il devient nécessaire de leur interdire de dépasser les barrières blanches.

Elle nous parquait ainsi dans un espace de trois cents mètres carrés.

— Vous n'êtes pas de mon avis, Jacques ?

Le « vous » décida mon père à céder. Il le lui rendit d'ailleurs, ce qui signifiait chez lui non la colère, mais la lassitude.

— Faites comme vous l'entendrez, ma chère.

Mother, will you, please, give me some bread , susurra Cropette dans le silence.

Alors, madame mère, condescendante, lui offrit le croûton qu'il préférait.

Mlle Lion dut s'en aller comme une voleuse. Nous ne fûmes pas autorisés à lui faire nos adieux. Mais le lendemain de son départ nous étions autorisés à gratter les allées du parc.

— Au lieu de gaspiller vos forces en jeux stupides, vous vous amuserez désormais d'une manière utile. Cropette ratissera. Frédie et Brasse-Bouillon gratteront.

Cette corvée de désherbage devait durer des années. Elle nous devint naturelle, mais, au début, nous vexa profondément. L'étonnement des fermiers, leur sourire nous étaient insupportables. Madeleine, de La Vergerie , revenant de l'école, n'en croyait pas ses yeux.

— Voilà-ti pas que ces messieurs grattent leurs allées et venues , à présent !

— On s'amuse, tu vois bien, rétorqua bravement Frédie.

On s'amusait ferme, en effet. Aime Rezeau corsa l'affaire en installant son pliant à quatre mètres de nous. Elle avait dû vaguement entendre parler du Stakhanovisme. Ses conseils sur la meilleure méthode d'arracher les pissenlits, sur la manière d'économiser les coups de raclette et de leur donner le maximum d'efficacité nous furent prodigués avec taloches à l'appui. L'art de tailler les bordures au ciseau fut inventé. Rendons hommage à sa patience, qui grelottait parfois sous le vent d'ouest, mais s'acharnait aux futilités de la persécution, héroïquement.

Et, maintenant, voici l'invention des sabots.

La glaise du Craonnais est mortelle aux souliers. Grand-mère nous chaussait de galoches en été et de bottillons de caoutchouc en hiver. Madame mère les trouva dispendieux et, par ces motifs, les déclara malsains.

— Vous me pourrissez toutes vos chaussettes.

Papa résista quelques semaines. Il n'avait pas vu sans déplaisir ses enfants transformés en petits serfs. Sa conception de l'honorabilité en souffrait. Mais, comme toujours, il céda. Nous dûmes porter les sabots, que Mme Rezeau commanda spécialement au sabotier du village. Et non pas des sabots de fermière, relativement légers, recouverts de cuir, mais de bons gros sabots de champs, taillés en plein hêtre et ferrés de clous en quinconce. Des sabots de trois livres, qui nous annonçaient de loin. Marcel, toujours fragile, eut le droit de les porter avec chaussons. Pour Frédie, pour moi, la paille suffisait.

Quelques jours après, rafle générale dans nos chambres et dans nos poches. Interdiction de conserver plus de quatre francs (ces derniers étant réservés pour les quêtes). Bien entendu, nous n'avions jamais reçu un sou de nos parents, mais il arrivait que nos oncles et tantes nous fissent quelques dons. La prime de deux francs, instituée par grand-mère pour notes satisfaisantes, avait été supprimée depuis longtemps. Restait aussi le bénéfice des générosités Pluvignec.

Madame mère, ayant décrété la réquisition de nos bourses, saisit également tous objets de valeur en notre possession : timbales d'argent de nos baptêmes, chaînes de cou à médailles d'or, stylos offerts par le protonotaire, épingles de cravate. Le tout disparut dans le tiroir aux bijoux de la grande armoire anglaise, qui servait de coffre-fort à notre mère. Nous ne devions jamais rien récupérer.

En même temps, des serrures étaient posées sur les placards les plus anodins. Les clefs, étiquetées, furent suspendues à l'intérieur de la fameuse armoire dont je viens de parler et qui devint le saint des saints de La Belle Angerie . La clef suprême, celle qui défendait toutes les autres, celle de l'armoire anglaise, ne quitta plus l'entre-deux-seins de la maîtresse de maison. Et Frédie trouva un nom pour cette politique : la cleftomanie .

De cette époque, date ma science de Louis XVI amateur, mon amour des passe-partout. Quelques clefs, chipées çà et là, furent d'abord cachées sous un carreau descellé de ma chambre, puis travaillées avec plus ou moins de bonheur en vue de crocheter certains placards. Simple forfanterie, au début. Nous n'en étions pas encore au stade du vol domestique, mais nous avancions gaillardement sur cette voie.

Déjà, nous avions faim, déjà, nous avions froid. Et nous louchions sur les entrebâillements d'armoires, d'où notre mère, parcimonieusement, retirait linge ou victuailles. Et nous ragions, lorsque notre frère de Chine était appelé :

— Tiens, Cropette ! Tu as été convenable depuis huit jours. Attrape ça.

Généralement, il ne s'agissait que d'une vieille nonnette, car la gueuse ne se mettait point en frais. Mais ce privilège exorbitant exaltait la morgue de Cropette, le maintenait en douce vassalité, l'incitait à crachoter entre deux portes ses petites délations.

Au surplus, ces nonnettes, elles nous avaient été volées, et nous le savions. L'arrière-grand-mère Pluvignec nous les envoyait de Dijon, où elle s'éteignait en bourgeoisie, depuis trois quarts de siècle, sans daigner nous connaître.

Déjà, nous avions faim, déjà, nous avions froid. Physiquement. Moralement, surtout. Passez-moi le mot, s'il recouvre vraiment quelque chose. Un an après la prise du pouvoir par notre mère, nous n'avions plus aucune foi dans la justice des nôtres. Grand-mère, le protonotaire, la gouvernante avaient pu nous paraître durs, quelquefois, mais injustes, jamais. Nous ne doutions pas un instant de l'excellence de leurs principes, même si nous les observions avec hypocrisie. En quelques mois, Mme Rezeau eut ruiné cette créance salutaire. Les enfants ne réfléchissent que comme les miroirs : il leur faut le tain du respect. Tout système d'éducation (tant pis pour ce grand mot !) leur apparaît mal fondé s'il n'embauche pas leur piété filiale. Cette expression, à La Belle Angerie , vaut un ricanement.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Vipère au poing»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Vipère au poing» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Vipère au poing»

Обсуждение, отзывы о книге «Vipère au poing» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x