Hervé Bazin - Vipère au poing

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Vipère au poing: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vipère au poing », c'est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, une femme odieuse, qu'ils ont surnommé Folcoche.
Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d'Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d'emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus du XX
siècle.

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Parons au plus pressé. Je ne peux pas la laisser faire. Je veux savoir ce qu'elle me destine. Comme les couloirs sont longs, je suis dans ma chambre avant même que Folcoche ne soit ressortie de la sienne. Je m'installe devant ma table, tournant le dos à la porte, mais ma glace de poche disposée en rétroviseur contre l'encrier. Talons : elle revient. Ma porte s'ouvre. J'entends une exclamation étouffée, puis cette phrase anodine :

— Tiens ! Tu es déjà rentré ?

— Je ne suis pas allé à La Bertonnière . Frédie s'en est chargé.

Ne nous retournons pas. Folcoche ne doit se douter de rien.

— Tu as bien tort de t'enfermer par un temps pareil. Sur ces mots, cette charogne referme doucement la porte. Pour elle, ce n'est que partie remise. Pour moi, il s'agit de jouer serré. Car, avant qu'elle ne l'escamote derrière son dos, j'ai vu le portefeuille. Oui, le portefeuille, pas moins que ça, son portefeuille, dont elle a résolu de m'imputer le vol. Une affaire de cette importance peut très bien légitimer mon envoi en maison de correction.

Et maintenant je me creuse la tête. Comment éliminer cette menace suspendue par Folcoche, comme le fameux poignard au bout de l'un de ses vilains cheveux ? Je ne peux tout de même rester en permanence calfeutré dans ma chambre. Prévenir papa ? Mais il me demandera des preuves et, si je ne lui en fournis pas, il s'indignera de la perversité de mon imagination. Relater les événements sous pli cacheté que j'enverrai en poste restante ? Qui veut trop prouver ne prouve rien. Folcoche dira que j'avais tout prévu, même un échec. La prendre sur le fait ? C'est encore le plus simple, bien que cette méthode sente le roman policier. Il est sans doute relativement facile de confondre ma mère maintenant que je sais ce qu'elle mijote, mais il ne faut pas oublier que jamais papa ne tolérera que sa femme soit officiellement confondue par un de ses enfants. Si je monte au taxaudier pour faire le point, Folcoche ne va-t-elle pas utiliser mon absence ? Il ne lui faut pas plus de deux minutes pour opérer.

C'est ridicule, je peux tout aussi bien faire le point ici, durs cette pièce où me cloue la méfiance. Je peux, certes : mes idées sont aussi lucides dans ma mansarde que sur la branche balancée à dix mètres du sol par l'éternel vent d'ouest. Mais je ne veux pas. Je ne prends pas de décisions sous la contrainte. Sous la contrainte de ce toit refermé sur moi comme l'accent circonflexe du mot : chaîne. Et je comprends soudain tout ce que représente pour moi le taxaudier, cet arbre fétiche, le symbole de mon indépendance, planté, fiché tout droit dans cette glaise craonnaise qui le nourrit, mais lancé aussi, lancé en flèche vers un ciel où courent librement les nuages, venus d'ailleurs et repartant ailleurs. Taxaudier, je ferai ce que ton élan immobile ne peut qu'esquisser. Je partirai. Je dois partir. Je vais partir.

Une escapade nouvelle, non. Mais Folcoche elle-même désire mon éviction. Il m'est désagréable de lui accorder cette satisfaction, mais il devient nécessaire de traiter. Après tout, traiter sur pied d'égalité avec elle, n'est-ce pas une victoire ? Elle aussi, voyant que j'abonde dans son sens, trouvera moins de plaisir à mon départ. Une cote mal taillée, en somme, voilà ce qu'il nous faut. Je ne pourrais pas dire : « Je l'ai contrainte à m'ouvrir la porte. » Mais elle ne pourra pas non plus prétendre : « Je l'ai chassé. » Et, si j'entraîne mes frères avec moi, dans ce match où ni l'un ni l'autre n'avons pu gagner par knock-out , j'aurai tout de même gagné aux points.

Pas de mise en scène. Pas de brillant second. Nulle aide. Je n'ai besoin que de la tenir devant moi, cette Folcoche, de la tenir cinq minutes. Elle n'est point femme à se dérober. Nous viderons notre sac. Nous nous expliquerons une fois pour toutes.

Entends-tu, Folcoche ? Le ciel est avec moi. Entends-tu ce bruit de moteur ? M. Rezeau, qui ne saura jamais rien, vient de partir pour Segré. Intéressant répit. J'ouvre et je ferme bruyamment ma porte. Je descends bruyamment l'escalier. Tu peux y aller, ma mère ! Prends, le portefeuille et file dans ma chambre. Moi, tranquillement, je monte au taxaudier.

XXIV

A dix-huit cents mètres, le clocher de Soledot fait rôtir son coq au soleil. Quatre heures et quart. Descends, mon bonhomme !

En remontant l'escalier, je croise Mme Rezeau, qui sourit de toutes ses dents, dont deux sont en or. Je m'efface pour la laisser passer avec une grâce si peu habituelle que ce sourire s'éteint.

Me voici dans ma chambre. Je ramasse le portefeuille qui, nul n'en pouvait douter, est venu se blottir sous la plinthe pendant mon absence. Six mille sept cents francs ! Folcoche ne se mouche pas de la main gauche ! Le risque, que l'avarice de ma mère accepte de courir, souligne bien l'importance de l'enjeu. Je mets le maroquin dans ma poche et, sans me presser, car j'ai une heure devant moi, je me dirige vers l'antichambre où Mme Rezeau, d'un œil soupçonneux, vérifie le blanchissage de Bertine. En passant, j'ai jeté un regard dans les chambres de mes frères, qui sont vides. Nous allons être parfaitement tranquilles.

Maman , vous pouvez m'accorder une minute ? Folcoche, que, seul, Cropette appelle quelquefois maman, soulève une paupière et répond :

— Tu vois bien que je suis occupée, mon petit .

Politesse rendue. A toi de jouer. J'avance en roulant un peu des épaules.

— Je regrette, mais nous avons un petit compte à régler.

Au diable, les torchons ! Folcoche fait face. Comme il s'agit de choses graves, elle ne crie pas sa fureur, elle la siffle.

— Tu commences à m'agacer, mon garçon ! Je n'ai d'ordres à recevoir de personne, ici.

J'avance encore, mâchoire serrée. Je la desserre pour dire :

— Ma mère, tout à l'heure, pendant mon absence, vous avez… oublié ce portefeuille dans ma chambre. Je tiens à vous le rendre immédiatement. Je tiens aussi à vous dire que je m'y attendais. Lorsque vous êtes venue pour la première fois chez moi, je vous observais par un trou que j'ai pratiqué dans le mur ce la sacristie. J'ai vu ensuite le portefeuille dans votre main, quand vous êtes venue pour la seconde fois et avez été retardée par ma présence. Je vous ai vo-lon-tai-re-ment laissée opérer tandis que je faisais un petit tour. Je regrette, mais vous avez manqué votre coup.

Folcoche ne répond pas. Son silence est une Statue de sel que lèche vainement ma salive. Je précise.

— Cette affaire n'ira pas plus loin si, toutefois, nous tombons d'accord sur les suites qu'elle comporte.

En attendant, voici le portefeuille. Les six mille sept cents francs y sont.

Folcoche tend la main, récupère son bien, toujours sans mot dire, et recompte un par un les billets. Je glisse un commentaire :

— Vous me voulez décidément beaucoup de mal. Dans le même ordre d'idées, mais en sens inverse, les amoureux disent à leur maîtresse : « Comme t'es gentille ! » Cette banalité amène une moue sur les lèvres de Folcoche, qui se décide enfin à parler :

— Ainsi, il ne te suffit pas de m'avoir volée. Tu oses m'accuser, moi, ta mère, d'une sombre machination. Nous verrons ce qu'en pensera ton père tout à l'heure.

Dieu soit loué ! Elle choisit une position ridicule, intenable. Sans doute, ne peut-elle pas facilement trouver mieux. Mais, dans son cas, j'eusse carrément défendu mon geste. Allons ! ce n'est qu'une femme qui cherche à biaiser. J'éclate de rire.

— C'est ça, ma mère ! Je vous ai volée et, cinq minutes après, je vous ai remboursée. Papa va s'amuser. D'autant plus que mes frères se disputaient le plaisir de coller leur œil au mouchard lors de votre dernière incursion dans mon domaine. Éventuellement, ils ne manqueraient pas de rectifier votre version…

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