Hervé Bazin - Vipère au poing
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- Название:Vipère au poing
- Автор:
- Издательство:Éditions Le Livre de Poche
- Жанр:
- Год:1972
- Город:Paris
- ISBN:978-2253001454
- Рейтинг книги:2.5 / 5. Голосов: 4
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Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d'Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d'emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus du XX
siècle.
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Mais cet accord nous parvient enfin. Papa exulte, bondit à Segré, donne l'ordre d'imprimer les invitations. Folcoche est moins enthousiaste. — Ça coûtera combien, cette histoire-là ? Le chef de la branche aînée chasse d'un revers de la main ces préoccupations mesquines : il vient de liquider quelques titres au Comptoir d'Escompte. Tant d'honneur exige de courageux sacrifices. Alors, résignée, Mme Rezeau sonne le branle-bas. Les devoirs de vacances attendront. Sarcloirs, raclettes et râteaux nous sont distribués. Que les allées soient impeccables ! Si la peinture est trop dispendieuse, qu'à cela ne tienne ! Une couche de chaux redonnera une virginité provisoire aux poteaux blancs, qui sont l'accessoire indispensable de toute clôture distinguée. La paille de fer mord le parquet du salon, dont les lattes s'effritent dangereusement. Pour une fois, il faut que cela brille. Un nuage de mites (lépidoptères) émigre des tentures, des Gobelins et des tapis, que Fine et les deux Bertine battent à coups redoublés. Barbelivien manie les cisailles dans les massifs. On emprunte au curé Létendard les géraniums du Sacré-Cœur. Jeannie Simon prépare le pâté de prunes qu'affectionne le grand-oncle et une douzaine de fromages en jonc. Madeleine, de La Vergeraie (qui est devenue, décidément, appétissante), vient d'annoncer que sa mère tuera un mouton. Les Argier, de La Bretonnière , sacrifieront leur volaille.
— Toutes mes redevances de l'année vont y passer ! gémit Folcoche.
Et le grand jour arrive. Le ban et l'arrière-ban de la famille Rezeau ont été convoqués, ainsi que les autorités constituées, civiles et religieuses, de la région. Le grand homme, le héros de la fête, arrive le premier, frileusement recroquevillé sous un plaid au fond de son antique Dion-Bouton. Nous sommes tous alignés sur le perron pour le recevoir. Il descend péniblement de voiture, car sa prostate le fait déjà cruellement souffrir. Sa femme, tante Alice, toute en cheveux blancs, et sa fille Alice II, toute en cheveux noirs, soutiennent ses derniers pas. On installe le vieillard, on le couvre, on le cale dans un fauteuil Dagobert, juste au beau milieu du salon, sous l'écusson de nos armes (vous savez : « de gueules au lion d'or passant »), qui sert de motif central aux peintures de la grande poutre.
Sa Grandeur, qui est également frileuse, malgré la saison, et qui est également percluse, vient bientôt le rejoindre, ainsi que notre oncle, le protonotaire apostolique, tout spécialement venu de Tunisie par avion. Magnifiquement lui-même dans ce décor de soutanes, dont la moire épuise toutes les nuances du violet, le défenseur de la Foi considère, d'une prunelle affaiblie, son innombrable famille qui ne cesse maintenant d'affluer, qui vient respectueusement déferler, vague par vague, aux pieds de son fauteuil. Nous reconnaissons le baron et la baronne de Selle d'Auzelle, la comtesse Bartolomi (qui dissimule ses fanons sous une guimpe de perles fines) et sa descendance à cheveux corses, M. et Mme Kervazec, qui présentent les vœux du cardinal, le comte de Soledot, maire du lieu et conseiller général, Mme Torure et ses enfants sans le sou, M. Ladourd, que l'on n'a pas pu ne pas inviter, malgré l'origine de sa fortune (honnête, mais obtenue dans les peaux de lapins), le curé Létendard et son ordonnance, je veux dire : son vicaire, des fils, des filles, des petits-enfants Rezeau, de toutes branches, rouges de plaisir, rouges et innombrables comme les calvilles sous les pommiers de septembre. Tout ce monde se range, se tasse derrière « lui », redresse collectivement la tête, pose pour la postérité.
Alors est admis le petit peuple, les bonnes gens de la commune, les paysans embarrassés d'eux-mêmes et tout rassasiés de leur humilité, Jeannie, Simon, les quatre Barbelivien, les Argier, les Huault, la vieille Fine arborant sur le sein droit la médaille tricolore des vieux serviteurs, les bonnes sœurs de l'école libre et celles de l'hôpital, les enfants de Marie, ceintes de leur écharpe plus ou moins méritée, les membres du Conseil de fabrique, une délégation de la société de tir et de l'harmonie Saint-Aventurin, cinquante fermiers et fermières anonymes… La plupart sont porteurs de bouquets craonnais, de ces bouquets serrés, fleur à fleur, ces mosaïques qui sont des chefs-d'œuvre de la patience paysanne. Mais beaucoup ont amené, pattes ficelées et battant des ailes comme pour applaudir à leur mort prochaine, qui un canard, qui un poulet. (J'allais ajouter qui un lapin, par souci d'exactitude, mais je m'aperçois que cela ferait drôle.) Le tout s'amoncelle dans un coin du salon : les autels et les œuvres en profiteront (non sans que Folcoche ait prélevé une dîme secrète pour se rembourser de ses redevances).
En retard, comme il se doit, survient le député conservateur de Maine-et-Loire, marquis Geoffroy de Lindigné, qui traverse la foule chaude de ses électeurs. On n'attendait plus que lui. Magnésium. Une fois, deux fois, trois fois.
— Merci, messieurs-dames, dit le photographe.
Le marquis tire quelques feuillets de sa poche, lance le bras droit en l'air. On fait : « Pschuuuttt. » Le marquis parle ou, plutôt, il entonne…
Ce discours dure une heure. Je vous en fais grâce. Mais le speech du maire, l'homélie de l'évêque, le compliment des enfants des écoles, le laïus du chef de la branche aînée, à nous, on ne nous en fit pas grâce. Enfin, après trois heures de postillonnades, la foule des petites gens est autorisée à s'aller rafraîchir de cidre bouché et restaurer de rillots , dans la cour, le long des planches posées sur tréteaux et recouvertes de vingt draps de toile de lin qui leur inspireront la plus salutaire considération envers la dynastie. Les personnes notables, en comité restreint, sont dirigées sur la salle à manger, qui, malgré ses soixante mètres carrés, ne pourrait contenir tout le monde. Le reste de la famille banquettera dans le hall, les couloirs, la salle d'études. La Belle Angerie n'est plus qu'un grand restaurant où s'affairent les filles de ferme embauchées pour la journée et qui font, parmi ce beau monde, un emploi anormal de gros rires et de particules interrogatives « ti ».
A six heures du soir, les invités commencent à refluer. Un grand nombre de cousins et cousines, cependant, coucheront au manoir en attendant le train du matin pour Paris. Le protonotaire s'installe pour quinze jours. La baronne pour huit. Le parc est encore plein de cris, d'appels, de galopades. Une vraie kermesse. Le soleil décline en direction du clocher de Soledot, où il semble avoir l'intention de s'embrocher. Les nuages prennent progressivement la teinte des boutons de la robe du protonotaire. Mon père, ivre d'orgueil, la cravate desserrée, erre de groupe en groupe. Les moucherons, dans le pré, de croupe en croupe. M. Rezeau m'aperçoit soudain, solitaire et me dirigeant vers le taxaudier. Il me rejoint, me prend par le bras, m'entraîne, essaie de me communiquer son enthousiasme.
— Comprends-tu, mon petit, comprends-tu aujourd'hui ce qu'est une famille comme la famille Rezeau ?
Bien sûr, je le comprends, et c'est même pourquoi je suis sans chaleur. Dans le bois, une cousine anonyme, une cousine qui a sans doute une mère attentive et non une Folcoche en robe de lamé, Edith Torure, peut-être, ou une de ces petites Bartolomi à tresses d'ébène… une cousine, quoi ! chante d'une voix aigrelette une vieille romance pour jeune fille bien.
— C'est charmant ! dit papa, en se caressant la pomme d'Adam, qu'il a aussi proéminente que le nez.
Oui, c'est charmant, c'est désuet, c'est respectable. Mais tant d'argent dépensé pour la gloire, alors que nous manquons de nécessaire, est-ce vraiment charmant ? Mais ces paysans, traités en serfs en plein vingtième siècle, n'est-ce pas aussi désuet ? Mais cette hypocrisie qui jette la cape sur nos dissensions, notre sécheresse de cœur et d'esprit, nos mites et nos mythes, est-ce encore respectable ? Le monde s'agite, il ne lit plus guère La Croix , il se fout des index et imprimatur, il réclame la justice et non la pitié, son dû et non vos aumônes ; il peuple les trains de banlieue qui dépeuplent ces campagnes asservies, il ne connaît plus l'orthographe des noms historiques, il pense mal parce qu'il ne pense plus vôtre, et pourtant il pense, il vit, infiniment plus vaste que ce coin de terre isolé par ses haies, il vit, et nous n'en savons rien, nous qui n'avons même pas la T. S. F. pour l'écouter parler, il vit, et nous allons mourir. Mais ma haine à moi devine notre raison d'être et, surtout, de ne plus être, elle devine combien cette fête est un défi jeté au siècle et combien elle est fragile, la romance de cette petite cousine qui n'enfantera plus de nouveaux bourgeois craonnais, nés d'une idylle bien dotée. Ma haine, qui ne leur pardonnera pas d'être un des leurs et de l'être à jamais, ma haine sait que cette fête est la dernière du genre, avant que ne s'effrite et ne s'effondre cette gloire de canton. Elle sait aussi que je serais un des plus détestables artisans de l'irrémédiable décadence, préparée par la dévaluation des préjugés et des titres. Et je souffre un peu, j'en souffre, parce que, malgré moi, je ne les déteste pas tous. C'est pourquoi, très doucement, je consens à répondre à mon père, qui ne comprendra pas :
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