Hervé Bazin - Vipère au poing

Здесь есть возможность читать онлайн «Hervé Bazin - Vipère au poing» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1972, ISBN: 1972, Издательство: Éditions Le Livre de Poche, Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Vipère au poing: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Vipère au poing»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

« Vipère au poing », c'est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, une femme odieuse, qu'ils ont surnommé Folcoche.
Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d'Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d'emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus du XX
siècle.

Vipère au poing — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Vipère au poing», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Ce que j'ai résolu, je le réalise généralement très vite. Je n'aime pas m'attendre ni attendre les autres. Toutefois, en amour, si ce nom peut être donné à cette première répétition particulière, en amour, il faut être deux. Madeleine résiste. Elle occupe, désespère, enthousiasme toutes mes vacances. Maintenant, lorsque je monte au taxaudier, c'est surtout pour m'interroger sur les résultats de ma cour auprès de la jeune vachère, dont les cheveux ont la couleur et l'odeur du foin frais.

Je ne suis pas trop satisfait de moi. Et alors, garçon, où es-tu ? Sont-elles si pures, ces mains qui palpent les pis ? Se défendent-elles si bien ? As-tu peur d'être surpris par Folcoche, cette autre femme, qui s'est, au moins trois fois, renversée sur le dos ? Eh ! tu m'embêtes, avec ta Folcoche. Laisse-la ranger ses timbres en compulsant Yver et Tellier. Voilà trente fois que tu trottes en vain au pacage. Les colchiques de l'automne vont fleurir, les vacances vont se terminer, tu vas devenir moins libre… Il faut réussir avant la rentrée de B VII. Ce besoin naturel, car tu le penses tel, est-il donc si gênant de le faire à deux ? Tu voulais rester pur, idiot. Est-ce qu'on retient ses glaires, lorsqu'on a envie de cracher ? L'hygiène publique a inventé les crachoirs comme Dieu a inventé les femmes. La pureté n'exige pas la rétention, mais l'exutoire.

Je m'encourage, je me dope, je m'engueule. Je repars au trot, à la première occasion, vers la prairie des trois ormes, où se tient le plus souvent Madeleine, tricotant des chaussettes de laine pour son frère, le gars Georges. Un parapluie fiché en terre la protège de la pluie ou du soleil, selon les cas. Ses nattes sont toujours ramenées par-devant et coulent entre ses seins. Les yeux oscillent très vite quand je m'approche : ils sont jaunes.

Aujourd'hui, je suis plus généreux, et je dirai qu'ils sont dorés. Je viens de m'asseoir à côté d'elle sans lui dire bonjour.

— Faites attention, monsieur Jean. Mon frère n'est pas loin, à nuit . Il bine les betteraves.

Il faut enfin que je l'embrasse. Mon bras passe pardessus son épaule. Ma main, sournoisement, redescend vers l'aisselle, s'insinue. Quand le bout de mes doigts arrive au bord du sein, Madeleine les bloque, sans mot dire, en serrant le coude contre les côtes. J'en suis pour mes frais. Vais-je lui tenir des propos fleuris ? Quelle idée ! Ne gâchons pas nos perles. Brusquement je me décide et, empoignant une natte, je tire la tête en arrière, sans ménagements. « Ouille ! » fait-elle, avant que ma bouche ne gobe la sienne.

Voilà donc qui est fait. Je m'accorde un bon point et retient l'envie de m'essuyer les lèvres. Madeleine remarque :

— Vous avez de l' amitié pour moi, monsieur Jean ? Amitié, en patois craonnais, c'est le vocable discret de l'amour. Non, je n'ai pas la moindre amitié pour cette fille. Je m'étire, je m'écarte un peu, enfin je la questionne.

— Tu n'es pas fâchée, Mado ?

— Un p'tit, répond-elle laconiquement.

Mais, ce disant, elle sourit, et, comme elle sourit, je remets ça. Cette fois, pourtant, sans vergogne, je saisis et je pétris le sein gauche, que je trouve un peu mou. Elle ne me prend pas le poignet. Elle ne pense plus au gars Georges dont en entend cependant claquer le fouet. Je la lâche, par prudence, et je galope vers La Belle Angerie . Je jubile. Frédie, qui, depuis mon abandon, vagabonde seul, s'aperçoit de mon excitation et m'interroge :

— Alors ?

J'ai grande envie de le sidérer en lui disant que j'ai réussi. Mais je suis encore plus vaniteux que vous ne le pensez et je ne veux lui servir chaud que du réel, d'ici peu, avec le droit de s'embusquer à proximité pour contrôler mon triomphe, s'il le désire. Disons seulement, aujourd'hui, avec nonchalance :

— Mon vieux, la nèfle est mûre.

— Non, plaisante Frédie ; généralement, on dit la poire. Les nèfles, on les mange quand elles sont pourries.

— Je sais ce que je dis.

Ma réponse n'a pu parvenir jusqu'au tympan de Folcoche, qui survient à cet instant précis. Elle braille, pour changer :

— Alors, toujours vos messes basses !

Je te néglige, ma mère, depuis quelque temps. Excuse-moi. Ce n'est pas mauvaise volonté de ma haine. Mais je suis vraiment très occupé. Pourtant je désire que tu ne t'y trompes pas. Ce que j'en fais, c'est sans doute pour satisfaire un instinct que l'âge développe et que nulle tendresse ne saurait canaliser vers les marais du sentiment. Mais c'est aussi contre toi. Ne dis pas que cela n'a aucun rapport. Tu n'es qu'une femme, et toutes les femmes paieront plus ou moins pour toi. J'exagère ? Écoute… L'homme qui souille une femme souille toujours un peu sa mère. On ne crache pas seulement avec la bouche.

Et voilà ce jour du Seigneur, ce dimanche qui m'est dû. Elle me foutra une paix royale, la mégère ! Ibrahim-Pacha, bien inspiré par Allah, vient de lui envoyer d'Égypte une précieuse série. Il faut qu'elle la classe et qu'elle la colle. J'ai posté Frédie à la rotte du jardin, tant pour contrôler que pour monter la garde. S'il y a péril, il doit siffler le Dies irae, dies illa . Pour ma part, je m'embusque sous le cèdre argenté, où j'ai, dernièrement, déniché une couvée d'éperviers. La sortie des vêpres est sonnée depuis un quart d'heure. Madeleine ne saurait tarder.

Madeleine arrive ! Endimanchée, je la trouve moins appétissante qu'en sarrau gris. Son chapeau de paille s'adorne d'un ruban de velours cerise, qui jure avec sa robe mauve, achetée sans doute dans ce magasin de Segré qui s'est fait une spécialité des couleurs sucette. Elle se doute bien que je dois l'attendre quelque part sous le taillis et marche doucement, comme une qui n'est pas pressée et qui cherche à se faire désirer un peu, point trop, car les gars et, à plus forte raison, les messieurs, aiment bien qu'on les aguiche, mais pas qu'on les agace.

— Hep ! Mado !

L'interpellée s'arrête, regarde autour d'elle, m'aperçoit sous le cèdre, dont les dernières branches retombantes forment une sorte de dais, hésite un peu, puis, serrant sa robe sur ses cuisses, se coule avec précaution jusqu'à moi. Comme d'habitude, elle est silencieuse. Que trouverait-elle à dire ? Sous ses nattes, il n'y a pas foule.

J'ai préparé l'endroit, déblayé le terrain, équitablement réparti les aiguilles. Elle n'a qu'à s'asseoir. Et à sourire.

Prélude. Ce qui m'a déjà été donné ne peut raisonnablement m'être refusé. Je touche donc mes redevances. Une demi-heure se passe en préparatifs. Un sifflement prolongé se fait entendre. Je dresse l'oreille, mais ce n'est pas le Dies irae . C'est le père Simon qui rappelle ses vaches. Tout de même, ne lanternons pas. Je n'ai guère plus d'une heure devant moi. Du sein gauche, ma main descend le long de la hanche, passe sous la robe, arrive à la jarretelle.

— C'est donc ça que vous voulez, à c'te heure !

Nouveaux préludes. Au-dessous de la ceinture. Nouvelle demi-heure. Un pigeon fait du charme au-dessus de nous, dans l'arbre même où nichait l'épervier. Tu as de la chance, pigeon, que j'aie déniché l'oiseau de proie ! Mais celle-ci qui se débat un peu sous ma serre, je te jure qu'elle ne m'échappera pas.

Fin des préludes.

XXIII

Madeleine n'était pas vierge et n'a d'ailleurs aucunement cherché à me le faire croire. J'ai pourtant annoncé à Frédie que je lui avais pris son pucelage. Entre nous, j'ai bien tardé à enfoncer une porte ouverte, et ma victime a dû, depuis trois mois, me trouver assez godiche. Raison de plus pour affirmer que je l'ai trouvée telle qu'elle n'était plus.

Mon frère exulte. Ce garçon-là est fait pour se réjouir des conquêtes d'autrui. Quant à moi, je m'étonne de ne pas être plus satisfait. L'opération n'est pas désagréable, j'en conviens. Mais, quand cette fille s'est relevée et m'a dit, défroissant soigneusement sa robe : « Vous v'là content, pas vrai ? », eh bien, je me souviens d'avoir eu envie de la gifler. J'aurais voulu la voir pleurer, cette essoufflée ! Je me suis retenu, car je tiens à me la conserver quelque temps, faute de mieux. Mais qu'elle se surveille ! Je ne veux plus l'entendre murmurer, comme elle l'a fait en me quittant, presque tendre et les nichons écrasés contre ma poitrine :

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Vipère au poing»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Vipère au poing» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Vipère au poing»

Обсуждение, отзывы о книге «Vipère au poing» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x