Hervé Bazin - L'huile sur le feu

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L'huile sur le feu: краткое содержание, описание и аннотация

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On ne dort plus guère à Saint-Leup du Craonnais : les femmes y brûlent avec une régularité qui exclut le hasard. Et le soupçon, plus encore que la menace, empoisonne le village.
L'incendiaire ? On le découvre au cours de péripéties hallucinantes où chaque personnage se révèle dans sa vérité : Monsieur Heaume, une manière de châtelain ; Degoutte, le menuisier, et son fils demeuré ; Ralingue, l'épicier chef des pompiers ; Eva Colu qui fuit une vie devenue insupportable ; Bertrand, son mari, contraint par une abominable brûlure de guerre à vivre masqué et qui, depuis, combat le feu avec acharnement.
Le cauchemar de Saint-Leup est raconté par Céline, la fille unique d'Eva et de Bertrand. A la lueur des incendies, c'est toute l'existence d'un village qui nous apparaît, dans sa profondeur, avec ses passions et ses rancunes.

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— Bon débarras !

Nous l’avons crié ensemble. On est l’une contre l’autre et on s’aime, nous deux. On s’aime un instant comme si nous étions vraiment deux femmes seules, comme si cette mère, très mère, ne détestait pas ce père que j’aime autant qu’elle. Ni larmes, ni baisers : sauf exception, les effusions faciles ne sont pas notre genre. Mais quelle complicité dans le regard ! Sans mots également, car ce n’est pas nécessaire, d’elle à moi, en quelques secondes, tout passe. Elle dit, sa paupière qui cille : « Si tu voulais, Céline, comme tout serait simple ! Je ne serais pas obligée d’en arriver là. Seule, je ne peux pas avoir raison de ton père, qui s’appuie sur toi pour m’imposer son odieuse présence. Choisis-moi, choisis-moi… » Et mes yeux vairons, mes yeux qui comme mon cœur sont divisés, répondent : « Je ne peux pas ! L’oiseau a besoin de ses deux ailes ou il n’est plus un oiseau. J’ai besoin de vous deux pour être Céline. » Et c’est pourquoi notre chaleur s’épuise… Maman se détourne lentement et marche vers la glace, où elle contemple son oreille qui se boursoufle de plus en plus et devient le classique « chou-fleur » des bagarres.

— Pour une réussite, murmure-t-elle, c’est une réussite.

La douleur commence à lui chiffonner le visage. Elle s’en va, tenant son coude abîmé et la tête penchée du côté de l’oreille blessée. Elle s’en va vers le couloir, vers le téléphone. À la porte, elle s’arrête et dit d’une voix lasse :

— J’appelle Clobe. Contredis-moi si tu en as envie. Comme ça, je me serais fait amocher pour rien.

XXV

Clobe est là, derrière la porte de la chambre où je n’ai pas voulu entrer avec lui. Il y a plus de deux heures qu’on lui a téléphoné, mais il était absent. Dans un sens, Maman — qui est maintenant tout à fait rompue et qui s’est allongée — ne peut que s’en réjouir : les bleus ont eu le temps de sortir, de lui fleurir le corps. Du côté de l’oreille atteinte, l’œil est déjà tout noir. Clobe répète :

— Eh bien ! Qui est-ce qui a pu t’arranger comme ça ?

Impossible d’entendre les réponses que ma mère chuchote. Hésiterait-elle ? Ou, au contraire, entend-elle se faire arracher le nom du coupable ? Pour le moment, je l’avoue, ce n’est pas tellement cela qui m’effraie. Mon tricot sur les genoux pour me donner une contenance — mais je n’arrive plus à boucler une maille, — je regarde la grande aiguille du cartel qui approche de midi. Pourvu que Papa ne soit pas en avance, pourvu qu’il ne rentre pas avant le quart ! La scène prévue sera bien assez pénible sans lui.

Moins huit. Je n’entends plus rien derrière la cloison. Moins quatre. Julienne ouvre sa fenêtre et observe longuement la 4 CV du docteur rangée contre notre grille. Moins deux. Une légère discussion s’élève dans la chambre. Puis la porte s’ouvre, et Clobe entre, lâchant dans la pièce le reste d’une phrase qu’il a commencée dans l’autre :

— … et tu m’épates, je le croyais inoffensif ! Il est vrai que tu lui as donné quelques petits sujets de mécontentement.

Depuis trente ans qu’il exerce dans le coin, Clobe peut se permettre beaucoup de choses : il m’a fait naître et il a connu ma mère gamine, au Louroux. Il vient jusqu’à moi, me pose une main sur la tête. Sur cette tête qui s’emmanche au bout d’un cou tout raide. Il dit, affectueux et patelin :

— Tu étais là, Céline, quand ça s’est passé ?

— Oui.

La main s’en va. Ce oui vient de m’échapper : à cause du coude, de l’oreille, de cette torture inutile. Mais déjà je m’excuse et je me défends : je n’ai pas menti, je n’ai pas accusé Papa, j’ai seulement dit que j’étais là, et c’est la vérité. Si Clobe ne me demande rien d’autre, je n’aurai choisi ni trahi personne. Or, miracle ! Clobe ne me demande justement rien d’autre. Il contemple le rouleau, le balai brisé, le tisonnier. Il murmure :

— Quelle panoplie !

Enfin il ramasse le rouleau et, lissant le buis où il n’y a pas trace de farine, lance à ma mère :

— Tu étais donc en train de faire un gâteau ?

— Non, fait Maman avec un certain retard qui prouve qu’elle a réfléchi pour éviter le piège.

— Alors, reprend Clobe d’une voix curieuse, il a été chercher la balayette dans l’armoire aux balais, le tisonnier sur la cuisinière et le rouleau à pâte dans le buffet avant de commencer à taper… Quel méthodique ! Tu dis que ça s’est passé à quelle heure ?

— Vers dix heures, répond Maman d’une voix plus faible.

Clobe fait quelques pas, la barbe en l’air et l’œil au plafond.

— Bon, dit-il, je te ferai un certificat quand tu voudras. Après tout, moi, je n’ai qu’à compter les gnons, à décrire ta jolie collection d’hématomes, quel qu’en soit l’auteur. Le reste, c’est l’affaire de Lamorne. Tout de même, je t’indique en passant que ton mari a un don extraordinaire d’ubiquité. De neuf à onze, nous avions réunion à la mairie pour établir le programme de la Sainte-Barbe. Ma parole, il s’est dédoublé ! Ou alors, dans ton émoi, tu n’as pas bien fait attention, tu t’es trompée…

Soupir et soupir. Le premier pour lui, satisfait. Le second pour elle, navré. J’aimerais mieux qu’elle crie, mais elle se tait. J’imagine qu’elle mord son oreiller, qu’elle plante ses ongles dans les draps. Clobe remet son manteau. Il a l’air soucieux maintenant et me saisit le bras pour m’entraîner dans le couloir.

— Fais attention, petite, ne la laisse pas seule, me souffle-t-il dans l’oreille. Et dis à ton père qu’elle a dégringolé l’escalier de la cave.

Simple signe de tête pour dire un second oui : c’était mon intention. Clobe murmure : « Oh là là ! », puis traverse la courette en ajoutant très haut :

— Si tu n’avais pas bientôt dix-sept ans, je te remettrais à l’huile de foie de morue : quelle mine !

Stop. Je m’agrippe au bras de Clobe. Les chaussons rouges à pompons noirs viennent de traverser la rue. Julienne se glisse entre le portillon et la 4 CV. Elle siffle :

— Ce n’est pas vrai, vous savez, ce n’est pas son mari qui l’a frappée, c’est cette petite saleté de Céline. Elles sont de mèche.

La main de Clobe retrouve sa place sur ma tête. Il commence par dire doucement :

— Qu’est-ce que tu racontes ? Il n’a jamais été question de Bertrand.

Puis, la barbe hérissée, il beugle pour toute la rue :

— Tu as un joli nom, Julienne, pour faire des salades… Fous-moi le camp.

Elle s’en va. Il s’en va. Et je rentre, les joues en feu, les pieds gelés. Maman ne donne plus signe de vie : elle a même repoussé sa porte. Midi cinq ! C’est curieux, je n’ai même pas entendu sonner la pendule. J’ai seulement pensé : il est temps de mettre le rôti au four et — minuscule revanche — je le larde de petits coups de couteau pour enfoncer les gousses dans la viande où Maman ne met jamais d’ail puisque Papa en est friand.

XXVI

Si, durant ces quarante-huit heures, un tiers — M. Heaume, par exemple, — répétant ce que n’a cessé de déclamer ma mère, était venu me dire : « Il faut en finir, il faut que tu choisisses entre tes parents, Céline… » S’il avait insisté pour que je les sépare, pour qu’ainsi soit évité le drame qui menace à tout instant d’éclater, je ne lui aurais certainement pas cédé, mais j’aurais eu beaucoup de peine à m’indigner. Jamais sans doute je n’avais été plus près d’accorder à mon père le bénéfice de ce choix qu’il ne réclamait pas et de le refuser à ma mère qui, elle, l’exigeait. En toute justice, comment vouer la même estime à cette femme acharnée, pour qui tous les moyens étaient bons, et à cet homme calme, qui se contentait d’éviter les coups sans les rendre ?

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