Arkadi Strougatski - Stalker

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Stalker: краткое содержание, описание и аннотация

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Des Visiteurs sont venus sur Terre. Sortis d’on ne sait où,ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu’ils ont occupéependant des années sans jamais correspondreavec les hommes, ils ont laissé traînerdes objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent pillerau risque de leur vie,comme une bande de fourmis coloniseraitsans rien y comprendre les détritus abandonnéspar des pique-niqueurs au bord d’un chemin. Les hommes ne sont-ils doncque des fourmis pour les Visiteurs ? De ce roman étonnant, le cinéaste soviétique Tarkovskya tiré un film admirable.

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— Alors, dis-je, tu sauras quoi raconter aux nanas dans ta Suède ?

— Tu parles ! dit-il. Elles vont me fondre entre les doigts comme des bougies ! »

Non, ce n’était pas un mauvais bougre. À parler franc, je n’aimais pas ce type d’hommes : grand avec les joues roses. Les nanas en sont folles, et pour quelle raison, je vous demande ? La taille, ça ne justifie pas… Me voilà donc en train de marcher dans la rue et de réfléchir à ce qui justifie cette folie. Le soleil brille. Tout autour, personne. Soudain, j’eus envie de voir Goûta à la seconde. Juste comme ça. La regarder, lui tenir la main. Après la Zone, c’est la seule chose qui reste : tenir une fillette par la main. Surtout si tu te rappelles tous ces racontars à propos des enfants de stalkers, comment ils sont… Eh non, Goûta, c’est pas pour maintenant. Pour l’instant il me faut au moins une bouteille d’alcool.

Je dépassai la station automobile et ce fut le cordon. Deux voitures de patrouille dans toute leur beauté, larges, jaunes, hérissées, les salopes, de projecteurs et de mitrailleuses et, bien sûr, des casques bleus. La rue est coupée, impossible de se frayer un passage. J’avançai, les yeux baissés. Il valait mieux que pour l’instant je ne les regarde pas. Dans la journée, il valait mieux que je ne les regarde pas du tout : il y avait deux ou trois types et j’avais peur de les reconnaître. Si je les reconnaissais, ça ferait un grand scandale. Je vous jure qu’ils avaient eu de la chance que Kirill m’ait convaincu d’entrer à l’Institut. À l’époque, je les cherchais, ces ordures, et Dieu m’est témoin que je les aurais zigouillées sans frémir…

Je traversai donc cette foule, l’épaule en avant, je m’en étais presque sorti et c’est là que j’entendis : « Hé, stalker ! » Bon, ça ne me regardait pas, je continuai mon chemin, je tirai une cigarette du paquet. Quelqu’un me rattrapa, me prit par la manche. Je secouai cette main et, me tournant de profil, demandai très poliment :

« Qu’est-ce que t’as à me chercher, mister ?

— Attends, stalker, dit-il. J’ai deux questions. »

Je levai les yeux sur lui : le capitaine Quaterblood. Une vieille connaissance. Complètement desséché, d’un drôle de jaune.

« Ah ! dis-je, je vous salue, mon capitaine. Comment va votre foie ?

— Toi, stalker, arrête ton baratin », dit-il, d’un ton fâché et il me transperça de son regard. « Dis-moi plutôt pourquoi tu ne t’arrêtes pas tout de suite quand on t’appelle ? »

Et voilà que deux casques bleus se pointèrent derrière son dos : les pattes sur les étuis, les yeux, on les voit pas, on ne voit que des mâchoires bougeant sous les casques. Où est-ce qu’on les trouve, de cet acabit, au Canada ? On nous les envoie pour se multiplier ou quoi ? Dans la journée, en général, je n’avais pas peur des patrouilles, mais ces crapauds étaient bien capables de me fouiller et en ce moment précis ça ne m’arrangeait guère.

« Ah ! c’est donc moi que vous avez appelé, mon capitaine, dis-je. Je vous ai pourtant entendu appeler un stalker…

— Parce que tu n’es plus stalker ?

— Dès que j’ai quitté la prison où j’ai été grâce à votre bonté, dis-je, je me suis rangé. Je vous remercie, mon capitaine, vous m’avez ouvert les yeux. Sans vous…

— Qu’est-ce que tu faisais dans l’avant-Zone ?

— Comment ? J’y travaille. Ça fait déjà deux ans. »

Pour terminer cette conversation désagréable, je tirai mon carnet et le présentai au capitaine Quaterblood. Il le prit, le feuilleta page par page, renifla chaque tampon, tout juste s’il ne les lécha pas. Il me rendit le carnet, l’air tout content, ses yeux brillaient, ses joues étaient devenues roses.

« Excuse-moi, Shouhart, dit-il. Je ne m’y attendais pas. Donc, mes conseils n’ont pas été inutiles pour toi. Eh bien, c’est magnifique. Tu peux me croire ou non, mais même à l’époque je pensais qu’on pouvait faire de toi quelqu’un de bien. Je n’arrivais pas à admettre qu’un gars comme toi… »

Et ainsi de suite… Bon, me dis-je, voilà encore un mélancolique que j’ai guéri, mais, bien sûr, j’écoute attentivement, je baisse timidement les yeux, j’opine, j’ouvre les bras et même, si ma mémoire est bonne, je gratte le trottoir du bout de mon pied, l’air gêné. Les gorilles dans le dos du capitaine écoutèrent un bout et, je le vis, furent écœurés. Ils déguerpirent pour aller là où c’était plus marrant. Quant au capitaine, il s’épanchait toujours sur mes perspectives : que le savoir, c’est la lumière, que l’ignorance, c’est la nuit noire, que le Seigneur Dieu aime et apprécie le travail honnête, bref, ce prêchi-prêcha déchaîné avec lequel le prêtre de la prison nous empoisonnait chaque dimanche. Moi, j’avais envie de boire à n’en plus tenir. Ça fait rien, me dis-je, mon brave Red, ça aussi, tu le surmonteras. Il le faut, Red, tiens bon ! Il ne pourra pas continuer longtemps au même rythme, le voilà déjà qui commence à suffoquer… Là, à mon grand bonheur, une des voitures de patrouille se mit à klaxonner. Le capitaine Quaterblood se retourna, poussa une exclamation de dépit et me tendit la main :

« Eh bien, dit-il. J’ai été content de découvrir en toi un honnête homme, Shouhart. Je m’enverrais volontiers un petit verre en ta compagnie à cette occasion. Il est vrai que je ne peux boire rien de fort, les docteurs me l’interdisent, mais une bière, je me l’enverrais avec plaisir. Seulement, tu vois, le service ! Ça ne fait rien, on se reverra. »

Dieu m’en garde, me dis-je. Mais je lui serrai la main, continuant à rougir et à agiter mon pied : tout ce qu’il voulait. Enfin, il partit et moi, je fonçai comme une flèche au Bortch.

À cette heure de la journée, le Bortch est vide. Ernest était derrière le zinc, en train de frotter des verres et de les regarder à la lumière. À propos, voilà une chose étonnante : à n’importe quel moment, ces barmen sont toujours en train de frotter des verres, comme si le salut de leurs âmes en dépendait. Ils sont bien capables de rester ainsi toute la sainte journée : ils prennent un verre, plissent les yeux, le regardent à la lumière, soufflent dessus et se mettent à le frotter, puis, de nouveau, le regardent, cette fois-ci par le fond et se remettent à refrotter…

« Salut, Ernie, dis-je. Arrête de le torturer, sinon tu vas y faire un trou ! »

Il me regarda à travers le verre, bougonna quelque chose qui semblait venir de son ventre et, sans un mot de trop, me versa quatre doigts d’alcool. Je grimpai sur un tabouret, avalai, fermai les yeux, secouai la tête et bus une autre gorgée. Le réfrigérateur cliquetait, un doux raclement sortait du juke-box, Ernest soufflait dans un autre verre, paix et tranquillité… Je terminai mon verre, le posai sur le zinc et Ernest, sans tarder, me versa encore quatre doigts de liquide transparent.

« Alors, ça va mieux ? marmonna-t-il. Tu te dégèles, stalker ?

— Ton affaire, c’est frotter, dis-je. Tu sais, il était une fois un type qui lui aussi, frottait, frottait et finit par évoquer un méchant esprit. Après, il se l’est coulée douce.

— Qui ça ? demanda Ernie, incrédule.

— Il y avait ici autrefois un barman, répondis-je. Avant toi.

— Et alors ?

— Rien. Pourquoi, penses-tu, qu’il y a eu la Visite ? Il frottait, il frottait et voilà… Qui, crois-tu, est venu nous visiter, hein ?

— Quel baratineur tu es », dit Ernie, approbateur.

Il passa à la cuisine et revint avec une assiette pleine de saucisses grillées. Il posa l’assiette devant moi, m’approcha du ketchup et se remit à frotter les verres. Ernest connaît son boulot. Son œil ne le trompe pas, il voit tout de suite qu’un stalker revient de la Zone, qu’il y a de la gratte et il sait de quoi ce stalker a besoin. C’est vraiment un bon pote, Ernie ! Un bienfaiteur de l’humanité.

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