Caryl Férey - Les Nuits de San Francisco

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Les Nuits de San Francisco: краткое содержание, описание и аннотация

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Le dernier ouvrage de Caryl Férey, Les Nuits de San Francisco, conte la rencontre de Sam, un Indien sans domicile, et de Jane, une jeune mère désabusée cherchant à fuir San Francisco pour commencer une nouvelle vie.
« Sa petite robe à pois blancs dansait sur le trottoir, des taches phosphorescentes entre chien et loup comme des signaux de détresse. Sam ne voulait pas y croire, c’était un rêve qui s’échappait de son esprit, la jeunesse qu’il avait bue, rebue, jusqu’à la foutre en l’air, elle et tout ce qui pouvait lui ressembler.
Sam était là, bancal sur sa chaise, électrisé par l’instant, et son cœur malmené soudain se révulsa : la femme avait une jambe coupée. »
REVUE DE PRESSE
« Les Nuits de San Francisco sont noires et brûlantes sous la plume de Caryl Férey. […] Auteur de solides romans noirs, Caryl Férey signe cette fois un texte court et brutal, tel un chant guerrier d'une profonde tristesse. »
Télérama « Ce livre de Caryl Férey est bref et dense, chargé en émotion mais sans pathos, truffé de clins d'œil et servi par une belle écriture. »
LivresHebdo « À son meilleur, Férey offre un texte à double visage, des shots de poésie violente, électrique, émotive. »
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Le ciel était bleu pétrole sur l'ancien quartier hippie, les enseignes clignotaient comme des lucioles extatiques. Le tramway traversa la main street jusqu'à l'angle de Stanyan. La fille sortit alors. Toujours masqué par sa capuche, Sam attendit qu'elle descende le marchepied et quitta le cable-car par l'avant. Le Golden Gate Park se dressait dans la nuit. Il lui laissa un peu d'avance, ne voulant pas avoir l'air de la suivre. Le tramway était reparti. Sam se retourna vers la fille amputée et l'aperçut plus loin sur le trottoir, vomissant entre les grilles du parc.

La pauvre n'avait pas l'air bien — du tout. Il la vit s'accrocher aux grilles, se redresser, tenter de marcher, rebondir contre les barreaux, avancer encore, sa prothèse suivant le mouvement par une succession de miracles pathétiques, qui lui crevaient le cœur.

Le Sioux la suivit de loin, pour ne pas l'apeurer, sans savoir que c'était elle qui l'entraînait dans son sillage.

*

La lune jouait à cache-cache entre les arbres du Golden Gate Park, où elle s'était réfugiée. Sam se terrait derrière un grand chêne, observant la femme amputée assise sur le banc.

Elle avait eu du mal à l'atteindre. Malade sans doute. Dix minutes qu'elle ne bougeait pas, ombre claire sous les astres, le regard perdu sur la pelouse… Par chance il n'y avait personne de ce côté-ci du parc ; Sam se glissa sans bruit sous les branches du chêne et l'observa de plus près, encore incapable de l'aborder — elle dirait quoi de ce traîne-savate ? Il ferait peur à sa propre mère.

L'obscurité le rendait invisible, voyeur dans l'expectative ; il approcha doucement, prenant garde aux branches mortes, s'arrêta à vingt mètres du banc éclairé par la lune… Sa gorge était sèche.

— Tu cherches quelque chose ? lui lança-t-elle tout de go.

Sam ne distinguait pas les contours de son visage, mais la fille regardait dans sa direction. Il avait l'air malin. Démasqué, Sam consentit à sortir du bois, loup prudent, entre la peur de la confrontation et celle de déranger.

— Heu… je ne sais pas, dit-il.

— Tu sais pas quoi ?

Il approcha.

— Ce que je cherche…

C'est tout ce qu'il avait trouvé à dire.

— Si tu es là, tu dois avoir une piste, renvoya-t-elle, visiblement peu impressionnée.

— Je… je vous ai suivie, avoua Sam, je ne sais pas pourquoi…

La femme au genou cassé n'était pas aussi belle qu'il l'avait cru : son visage était beaucoup trop triste… Sam se tenait à deux mètres du banc et son cœur se serrait un peu plus.

— Tu es indien ? demanda-t-elle.

— Ça se voit tant que ça ?

— Ça fait cinq minutes que tu me tournes autour comme un chariot…

Sam ne sourit pas trop, de peur qu'elle voie ses dents cassées par trop d'alcool.

— Je ne voulais pas te faire peur… Pardon.

Il se cala sur sa jambe gauche, sa jambe forte, pour ne pas tituber. Ses yeux brillaient sous les astres, pas seulement à cause de toutes les cannettes vidées depuis le réveil.

— Tu viens d'où ? dit-elle.

— Dakota du Sud.

— Sioux ?

Il opina.

— Oglala.

C'est elle qui opina :

— Ceux qu'on a massacrés à Wounded Knee, hum…

Sam voulut lui dire quelques mots dans sa langue mais il avait la gorge nouée devant sa jambe, cet affreux tube de fer harnaché à son corps… Le sentit-elle ? Son visage blêmit un peu plus. La fille tangua sur le banc, puis se reprit.

— Tu t'appelles comment, Grand Chef ? demanda-t-elle.

— Sam.

— Ce n'est pas un nom de Sioux.

Il fit la moue.

— C'est celui qu'on m'a donné…

Elle leva les yeux vers le ciel, interrogea les étoiles, son visage offert à la lueur spectrale, et au bout de la réflexion se tourna vers le homeless.

— Je vais t'appeler… Deux-Ours, dit-elle.

Le Sioux haussa les épaules sous son treillis élimé. Au point où il en était, elle pouvait même l'appeler par une marque de pâté pour chien. Il désigna la place sur le banc :

— Je peux m'asseoir ?

— Si tu arrives jusque-là, oui…

Elle souriait comme un reptile. Ou bien la honte d'être soûl le dévorait. Sam fit une série de pas sans s'écrouler et parvint à s'installer sur le banc de bois.

— Je m'appelle Jane, dit-elle.

Le temps de faire le point sur son petit nez, Jane allumait une cigarette tirée de son sac.

— Tu fumes, Deux-Ours ?

Ses yeux étaient clairs, troubles, magnifiques.

— Je m'appelle Sam, dit-il.

— Ce n'est pas ma faute si tu as de grosses pattes, se moqua-t-elle.

Le Lakota accepta la cigarette qu'elle lui tendait, sans commentaires. Avant, il aurait pu faire illusion avec ses beaux traits émaciés, sa carrure et ses longs cheveux noirs : aujourd'hui, il avait l'air d'un balourd comparé à cette femme, même estropiée et malade. Le regard de Sam erra un moment dans le parc, moins vide qu'il n'y paraissait — ils étaient des dizaines à dormir dans le gigantesque Golden Gate Park, loin de tout, sauf des écureuils et des mauvais coups.

Le temps passa. Jane ne bougeait pas, les mains croisées entre les cuisses. Sa petite robe à motifs lui allait bien.

— Tu vas mieux ? se risqua-t-il.

— Mieux ?

— Je t'ai vue vomir près des grilles, tout à l'heure…

— C'est pour ça que tu m'as suivie ? Dis-moi, Deux-Ours : tu suis tous les animaux blessés ou malades que tu croises pour leur faire la causette ?

— Non… Non, j'ai le cerveau brouillé, Jane, dit-il pour la rassurer. Bu trop d'eau-de-feu… Deux-Ours est une espèce en voie de disparition, si tu veux mon avis.

Elle rit : un rire franc et si désespéré qu'il lui fit froid dans le dos. Pourtant il avait peur que le rêve s'arrête, que Jane se transforme en vieux chaman revenu du fond des temps pour lui trancher la gorge au nom de son peuple, ou de n'importe quoi : devenait-il fou ?

La fumée du tabac le fit tousser. Il cracha sa fumée aux étoiles quand Jane se tourna vers lui.

— Tu viens souvent ici la nuit, Deux-Ours ?

— Non… Jamais.

— Moi non plus…

— Il y avait des arbres comme ça chez moi, dit Sam. Il y a longtemps…

— Chez moi, il y avait surtout des cons, renchérit-elle. Il y a longtemps aussi.

Il sourit malgré lui à l'ombre du banc.

— On fait une belle équipe tous les deux, pas vrai ? fit remarquer Jane.

— Bah… Moi, je sais pas, mais toi… Oui, ajouta-t-il, ça ne fait pas une équipe, mais toi tu es très belle.

Un vieux fond de tendresse surnageait au milieu du cloaque.

— Tu aimes les handicapées, Deux-Ours ? ironisa Jane.

La lune brillait dans les flaques mais ses yeux étaient éteints, des draps défaits et sans amour. Sam ne savait plus où se mettre, encore moins dans sa peau.

— Ce n'est pas comme ça que je te vois, finit-il par dire.

Jane tendit son genou replié sous le banc, découvrant sa prothèse.

— Et là, tu vois quoi ?

Quelque chose avait changé dans sa voix, l'envie de mordre, ou de tuer — le Sioux connaissait ça.

— Je vois une femme malheureuse, dit-il sans se démonter.

— Dis donc, tu es perspicace, Deux-Ours ! railla-t-elle. Tu as du flair — ha ! ha !

Jane riait, mais il y avait des larmes dans sa gorge blanche. Sam grogna — cette fille était cinglée —, fuma en la surveillant du coin de l'œil. Un voile retombait lentement sur son visage ; elle semblait de nouveau absente, perdue dans ses pensées… Un long silence s'installa sur le banc. Un oiseau pépia dans la nuit. Sam sondait son cœur, pour le moins confus.

— Tu es toujours là, Deux-Ours ?

— Oui.

Jane le dévisagea, énigmatique.

— Que dirais-tu d'une petite balade en ville ?

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