Caryl Férey - Les Nuits de San Francisco

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Les Nuits de San Francisco: краткое содержание, описание и аннотация

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Le dernier ouvrage de Caryl Férey, Les Nuits de San Francisco, conte la rencontre de Sam, un Indien sans domicile, et de Jane, une jeune mère désabusée cherchant à fuir San Francisco pour commencer une nouvelle vie.
« Sa petite robe à pois blancs dansait sur le trottoir, des taches phosphorescentes entre chien et loup comme des signaux de détresse. Sam ne voulait pas y croire, c’était un rêve qui s’échappait de son esprit, la jeunesse qu’il avait bue, rebue, jusqu’à la foutre en l’air, elle et tout ce qui pouvait lui ressembler.
Sam était là, bancal sur sa chaise, électrisé par l’instant, et son cœur malmené soudain se révulsa : la femme avait une jambe coupée. »
REVUE DE PRESSE
« Les Nuits de San Francisco sont noires et brûlantes sous la plume de Caryl Férey. […] Auteur de solides romans noirs, Caryl Férey signe cette fois un texte court et brutal, tel un chant guerrier d'une profonde tristesse. »
Télérama « Ce livre de Caryl Férey est bref et dense, chargé en émotion mais sans pathos, truffé de clins d'œil et servi par une belle écriture. »
LivresHebdo « À son meilleur, Férey offre un texte à double visage, des shots de poésie violente, électrique, émotive. »
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Sam avait rassemblé ses sacs, et fui Tenderloin.

Combien de temps ses os mettraient-ils à se reconsolider, le Sioux n'en savait rien : il avait traîné ses affaires jusqu'à Castro, le quartier homo plus haut sur la colline.

« Ça file pas de coups de pied aux ivrognes à terre, les pédés, non ? »

Non : ça se prend par le bras en évitant de croiser votre regard, ça fuit à votre approche comme si la pauvreté était une maladie transmissible, un sida social. On ne pouvait pas leur jeter la pierre. Sam s'était vu en pied un jour dans une vitrine, et il avait eu peur de son allure : où était-il dans ce fantôme ? Sale et puant, débraillé, cerveau troué à ne pas y croire, le cœur aux oubliettes et toujours aucun signe de son animal totem : Sam avait songé à ses ancêtres oglala et il avait eu encore plus honte…

Tout ce sang, ce sang sur son visage… Non, ne plus y penser.

Sam ne savait pas si aujourd'hui était un bon jour pour mourir, mais la manche avait été bonne ; tellement qu'il s'était payé le luxe de boire une bière fraîche à la terrasse d'un bistrot de Mission, dans un verre.

Sam s'était installé à une table discrète en face du Roxie, savourant son impression de monsieur Tout-le-monde. Les loupiotes du cinéma alternatif clignotaient de l'autre côté de la rue, le monde devenait pâle avec le soir, la serveuse n'avait pas fait de remarques quand il avait passé la commande ; maintenant il avait sa Bud en main, fraîche comme il l'aimait, et il regardait passer les gens dans la rue.

Une petite queue s'était formée à l'entrée du cinéma, moyenne d'âge cinquante ans, pour voir un documentaire retraçant l'épopée de Death, le premier groupe de punk noir. La table voisine était vide ; les quelques clients s'étaient regroupés à l'autre bout de la terrasse… Peut-être qu'il puait comme un putois. Il y avait un type un peu plus loin, un jeune Blanc qui faisait les cent pas sur le trottoir en parlant à une voix imaginaire, perché dans son cosmos… Sam frissonna malgré lui, et la douleur dans ses côtes se réveilla : finirait-il par devenir fou, lui aussi, à tourner en rond comme un fauve en cage ?

Le Sioux ruminait sur le sort des petits cailloux perdus au fond de lui, quand une silhouette apparut dans son angle mort. Elle passa à sa hauteur, et Sam ressentit comme une décharge dans le cœur. La table voisine l'empêcha de la voir en entier : le temps de relever la tête elle était déjà de profil, chaloupant sa croupe au fil de l'air et du temps qui courait à sa suite. Une silhouette féminine, émouvante, qui l'espace d'un instant le ramenait à des plaies heureuses. Sam se revit enfant, regardant sa mère se baigner, son père encore fier à ses côtés, ado sautant plus tard dans la même rivière, amoureux — Shirley « Petit-Nuage », une fille de la bande… Des larmes oubliées lui montèrent aux yeux, qui déjà n'y voyaient à moitié plus rien : d'où sortait cette apparition ?

Sa petite robe à pois blancs dansait sur le trottoir, des taches phosphorescentes entre chien et loup comme des signaux de détresse, Sam ne voulait pas y croire, c'était un rêve qui s'échappait de son esprit, la jeunesse qu'il avait bue, rebue, jusqu'à la foutre en l'air, elle et tout ce qui pouvait lui ressembler. Mais voilà qu'un sentiment étrange l'étreignait, la grâce, la grâce d'une passante dans la rue, presque douloureuse, la grâce qui l'éclaboussait et lui jouait un sale tour, lui mâchait le cœur pour en extraire son dernier jus, comme s'il était encore capable d'amour — ivrogne ! Peau-Rouge !

Sam était là, bancal sur sa chaise, électrisé par l'instant, et son cœur malmené soudain se révulsa : la femme avait une jambe coupée.

Elle portait une prothèse sous le genou, un engin hydraulique en acier arrimé à son articulation, mais elle l'avait si bien adopté qu'elle gardait une démarche d'une fluidité presque magique, comme si l'amputation n'existait pas.

Une hallucination de plus ? Sam essuya ses yeux qui ne croyaient plus aux larmes, mais la réalité s'étalait crue : la femme qui s'éloignait sur le trottoir de Mission n'avait pas de jambe droite, seulement cette horrible machine sanglée à son genou, qui pliait comme un piston à la mesure de ses pas… Le choc laissa Sam interdit.

Le cinglé qui déambulait sur le trottoir ne la vit pas passer devant lui, tout accaparé par ses démons. Sam crut qu'elle allait s'enfuir comme tous les rêves où il s'était brisé l'échine, mais la femme au genou cassé s'arrêta à l'arrêt de bus, à quelques mètres.

Elle avait les cheveux châtains, mi-longs, à peine trente ans. Elle restait là, immobile, gracile et légère dans le jour finissant. Sam osait à peine respirer, comme au-dessus d'un papillon, de peur qu'elle ne s'échappe.

Un tramway passa, puis deux. La rue se vidait, la nuit tombait dru, Sam ne voyait que cette femme à l'arrêt de bus, son sac à l'épaule, elle et sa jambe amputée…

Le Sioux n'aimait pas la pitié — personne n'avait pitié, ou alors toujours trop tard : ce n'est pas lui qui s'est levé, juste le souvenir qu'il gardait des plaines.

*

Elle s'assit au fond du cable-car sans prendre garde à l'homme qui s'était glissé dans son dos ; Sam grimpa sur le marchepied, ignora le chauffeur avant de prendre place sur le premier siège libre.

Un jeune avec un skateboard mâchait un chewing-gum à ses côtés, les écouteurs enfoncés dans les oreilles, indifférent au homeless particulièrement repoussant qui lui faisait face. Sam avait déjà croisé ce type. Il ne connaissait pas son nom, ne lui avait jamais parlé. Une épaisse morve chimique avait coulé de sa narine et séché sur sa barbe, la merde qui s'écaillait sur son froc coulait dans ses godillots, remugles engloutis dans un tourbillon d'odeurs plus anciennes. Il tenait une foule de petits sacs plastique dans ses mains aux ongles noirs, et la laisse d'un chien beige qui se demandait ce qu'il foutait là.

Il y eut un coup de frein qui faillit les envoyer dans le décor : Sam se rattrapa à la barre du cable-car, qui reprit sa course extatique vers les collines. Les rues en montagne russe, Dirty Harry, Bullitt , les films qu'il avait vus à la télé lui faisaient mal au cœur… Deux personnes descendirent à l'arrêt suivant. La capuche recouvrant la moitié de son visage, Sam risqua un œil au fond du tramway : la fille observait la rue depuis la vitre embuée, ailleurs… À quoi pensait-elle ?

Et lui, il s'imaginait quoi ? Sam n'avait jamais su s'y prendre avec les femmes, Liza, Petit-Nuage, les autres : timide, transi, puis bourré, défait, vaincu, toujours la même histoire qui revenait. Un manque de confiance chronique ou génétique, qui ne s'était pas soigné en vivant dehors : la survie était plutôt une sous-vie qui interdisait toutes porosités, la tendresse limitée à un copain qui t'offre une cannette chaude. Pour le sexe, il fallait se débrouiller avec les moyens du bord. Sam avait baisé des malades sur des cartons empilés, des femmes qui n'avaient plus toute leur tête, des vieilles poivrotes, des punkettes, quelques fleurs qu'on se partageait au milieu d'un tas de fumier. L'amour n'était pas pour eux, alors encore moins pour lui. Sam ne rêvait plus depuis longtemps, ça lui faisait trop mal, mais le choc électrique tout à l'heure à la terrasse lui courait encore, bison, le long de l'échine. C'était quoi cette histoire d'apparition, un signe de l'homme-médecine ? De Wakan Tanka ?

Le cable-car tira des diagonales ardues dans les rues à pic, stoppa au hasard des inclinaisons californiennes. Ils n'étaient bientôt plus que quatre, disséminés sur les sièges. La fille amputée restait assise au fond, le visage tourné vers les rues vides à cette heure. Il fallut atteindre Haight Street pour que San Francisco retrouve un peu ses couleurs.

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