Hervé Bazin - Le matrimoine

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« J'y appelle Matrimoine ce qui dans un ménage relève normalement de la femme, comme ce qui de nos jours tend à passer de part de lion en part de lionne » Le propos du « Matrimoine » n’est pas en effet de savoir comment un couple se fait ou se défait (sujets classiques pour drame ou mélo), mais comment il
. Pour des motifs différents de ceux qui l’ont amené au mariage et qui le font passer insensiblement de la nouveauté à l’habitude, du désir à la satiété, du risque aux charges, du choix au devoir, du hasard à la fatalité. Malgré
où chacun de nous n’est
. Malgré ces mille problèmes d’accord mutuel, d’argent, de lit, d’autorité, d’éducation. Malgré l’enlisement dans le ronron, l’ennui, la bêtise, l’empiétement familial.
Abel Bretaudeau, petit avocat de province et sa femme Mariette, fille des bonnetiers Guimarch, ce sont M. et Mme Tout-le-Monde. Mais la lucidité d’Abel tour à tour aigre, tendre, féroce, passionnée, montre assez que l’auteur — s’il n’est nullement acteur — se tient tout près de son personnage et partage avec lui l’expérience de ses échecs. Si Hervé Bazin est vraiment, comme on l’a dit, un « spécialiste des difficultés de la famille », « Le Matrimoine » complète une œuvre dont les moyens restent par ailleurs ceux qui, de « Vipère au poing » à « Au nom du fils », lui ont valu le plus constant des succès.

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Mais, je l’ai dit, elle fut comblée : elle en eut deux et le berceau de Marianne fut doublé d’un berceau pour Yvonne.

À vrai dire, quand Lartimont, sûr de son stéthoscope, eut trois mois avant terme annoncé des bessons, le coup fut dur à encaisser ; le concert des lamentations reprit. Quatre enfants en bas âge, c’était vraiment, pour des années, réjouissante perspective ! Ce Bretaudeau, dernier de son espèce et qu’on avait soupçonné d’impuissance, devenait aussi lapin qu’Éric. M me Guimarch, avec regret, rapporta que la tante Meauzet avait laissé entendre qu’une fortune ne s’émiette pas aussi facilement qu’une marmaille. Ce souci me touchait peu. Un peu quand même : dès que nos charges s’alourdissent, la fierté devient légère et fait bourgeoisement flèche de la moindre espérance. Dans l’immédiat je ne voyais pas comment suffire. Délinquance et chicane n’avaient aucune raison, en ma paisible ville, de connaître une recrudescence propice à mon budget. Seul, Tio — qui n’aime pas me voir lâcher pied — me remonta agressivement le moral :

— Que veux-tu, on épouse aussi la famille ! Celle de sa femme, d’abord ; et puis celle qu’elle se met à fabriquer. Plains-toi ! Te voilà, d’un coup, avec 40 % sur la S.N.C.F.

Et quand, mêlant à la peur le scrupule, père navré de l’être tant, mais aussi de ne pas l’être assez, je m’inquiétai devant lui de l’accueil un peu frais, sans doute, réservé aux jumelles, il éclata de rire :

— Penses-tu ! À partir du second, les femmes, ça râle toujours. Mais dès qu’ils sont là, leurs moufflets, elles jubilent. Nous avons le cœur sous le portefeuille, qui se dégonfle. Elles l’ont sous le sein, qui gonfle. Tu vas voir…

Je vis.

Dès la première visite à l’accouchée, je tombai sur la tribu, complète et dans l’extase. Il n’y avait pas assez de jumelles pour contenter toutes ces bouches, avides de suçoter. Pas désirées, mes filles ? Voire. On ne désire pas toujours ce qu’on n’a pas. Mais, ce qu’on a, ne désire-t-on pas le garder ? Tout était oublié, y compris, le très sûr, le très vaste programme de soins, de frais, de veilles, de longs emmerdements. Je fus même félicité. Et dans l’instant tout chaud, tout chose, je trouvai naturel d’entendre Gabrielle murmurer, jalousement penchée :

— C’est idiot. Mais je recommencerais bien.

1962

1

Sur ma table, la facture de la compagnie des Eaux. Je ne m’étonnerai pas du chiffre qui est gros.

Ce bruit fluide qui court le long des tuyaux, qui les fait frémir dans toute la maison, quand un robinet est ouvert et qui se termine par un léger coup de bélier, quand le robinet se ferme, c’est le leitmotiv ; et je n’ai pas besoin d’entendre, proche ou lointaine, franche ou assourdie, la chute de l’eau dans le faitout, la bassine, le lavabo, le bidet, la baignoire, le bac ou l’évier. Je sais. Il y a du monde dans la maison ; il est telle heure ; et tel jour dans la semaine. Le débit dit tout : l’intensité ménagère, son infini fractionnement, ses heures de pointe, ses rares repos ; et notre nombre auquel il est proportionnel ; et même notre âge, l’enfance — à petite surface de peau — se barbouillant si fort qu’elle tire plus que nous sur le compteur.

Des réalités quotidiennes, en famille, l’amour n’est pas la mesure. Disons que c’est le nimbe : petit soleil à éclipses dans le meilleur des cas et, dans les autres, plus ou moins rond de fumée. Quant à l’argent, incessant, concret, résumant bien cette quête et cette fuite des moyens qu’exige la vie commune, il est vraiment trop décimal. Le bon étalon, c’est l’eau. Triviale et poétique. Qui rafraîchit, qui filtre, qui échaudé, qui dissout, qui égoutte, qui dilue, qui trempe, qui bout, qui glace, qui asperge, qui barbote, qui dessale, qui lave, qui rince, qui arrose. L’eau qui le long du plomb invisible comme le courant le long du fil électrique, jaillit soudain, sort du brise-jet, pure, pour mille services impurs et, vite immonde, parce que chargée de nous, retourne sous la terre par le tout-à-l’égout. L’eau de vaisselle, l’eau de lessive, l’eau de cuisson, l’eau de boisson, qui sent le chlore au robinet, mais qui sera Évian pour verre d’enfant ; l’eau de lavabo (consommée bas, consommée haut, pour le visage, pour le bas du dos) ; et après ces eaux en gros, l’eau de détail, l’eau qu’éponge la serpillière, l’eau des jus, des sauces, des infusions, des tisanes, l’eau du sirop dans les bocaux, l’eau de la chasse d’eau, l’eau bénite, l’eau de la pattemouille et ce qu’il y a d’eau dans l’eau de Javel, dans l’eau oxygénée des bobos, dans les postillons des bavardes comme dans les gros chagrins et les petites précautions…

Je plaisante. Il n’y a pas de quoi plaisanter. Toute cette eau qui passe, qui passe et qui fait du mètre-cube, toute cette eau, matière première de la femme, c’est Mariette qui l’utilise. Elle sait mieux que moi ce que ça veut dire, ce qu’elle y noie de temps et de peine, pour que le volume ait triplé…

2

Pour nos pères, parce qu’ils étaient distraits, augustes, enclins à n’assumer que les “responsabilités supérieures”, indifférents à tous les problèmes qui se situent “à hauteur de bonne…” Pour nos pères et un peu aussi pour nous, leurs fils, qui nous souvenons de leur empire, qui le trouvons moins insupportable maintenant que nous pourrions l’exercer, il a existé (il existe encore pour quelques colons domestiques) de charmants tableaux de famille : où l’on voit un époux sérieux, calme, bien boutonné, l’air absorbé par de grandes tâches, un homme qui à l’évidence possède toutes les qualités fortes, se pencher sur une épouse d’un huitième plus petite, d’un quart plus jeune (prudence ! La beauté passe, plus vite que la vigueur) et dont nous savons par les descriptions des auteurs qu’elle a toutes les qualités faibles, pudeur, douceur, fidélité, piété, gentillesse, sans oublier la discrétion dans l’élégance, la dignité dans l’aisance et ce rien de cigale sur fond fourmi qui permet de bien recevoir, de pailleter la politesse, d’habiller à ravir, pour quatre sous, ces enfants sages, proprets, capables de dire bonjour madame et au moindre bonbon Merci madame , comme de disparaître au premier clin d’œil, pour aller sans bruit, sans murmure, se jeter sur leurs leçons.

Vous avez le droit de rire.

Pour nos femmes, en effet, il existe un tableau plus moderne, très apprécié des magazines : où près du mari chéri, bon gagneur, bon amant, bon consort, seulement carré d’épaules, s’épanouit la jeune mère, tendrement souveraine ; libre parmi de libres enfants ; sachant quelle chance elle a comme Paola de posséder en eux ce qui manque tant à Fabiola ; saine, il va de soi, et belle aussi, car pour se défendre elle a tout ; cultivée, car elle lit tout ; efficace, car elle sait tout et peut d’un doigt posé sur les boutons qu’il faut, sans aide, comme sans fatigue, mettre en branle cette armée d’appareils qui livrent du linge blanc, du cheveu sec, du potage mouliné, du parquet luisant, du gigot en tranches, du café ou de l’information bien filtrée.

Cette fois, vous ne pourrez que sourire. N’est-ce pas le programme de la super-machine à rendre la femme heureuse qu’est devenue la “communication de masse” des fées publicitaires ? Moi-même, qui les moque humblement, je rêve de leur baguette ; j’abdiquerais volontiers ( ?) ce qu’il reste du maître pour le rendre faraud de cette maîtresse de maison ; et je m’étonne et je m’afflige et je m’accuse de n’avoir pas pu, de n’avoir pas su m’installer dans ce contexte, de laisser ma femme me donner un spectacle si différent.

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