Hervé Bazin - Le matrimoine

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« J'y appelle Matrimoine ce qui dans un ménage relève normalement de la femme, comme ce qui de nos jours tend à passer de part de lion en part de lionne » Le propos du « Matrimoine » n’est pas en effet de savoir comment un couple se fait ou se défait (sujets classiques pour drame ou mélo), mais comment il
. Pour des motifs différents de ceux qui l’ont amené au mariage et qui le font passer insensiblement de la nouveauté à l’habitude, du désir à la satiété, du risque aux charges, du choix au devoir, du hasard à la fatalité. Malgré
où chacun de nous n’est
. Malgré ces mille problèmes d’accord mutuel, d’argent, de lit, d’autorité, d’éducation. Malgré l’enlisement dans le ronron, l’ennui, la bêtise, l’empiétement familial.
Abel Bretaudeau, petit avocat de province et sa femme Mariette, fille des bonnetiers Guimarch, ce sont M. et Mme Tout-le-Monde. Mais la lucidité d’Abel tour à tour aigre, tendre, féroce, passionnée, montre assez que l’auteur — s’il n’est nullement acteur — se tient tout près de son personnage et partage avec lui l’expérience de ses échecs. Si Hervé Bazin est vraiment, comme on l’a dit, un « spécialiste des difficultés de la famille », « Le Matrimoine » complète une œuvre dont les moyens restent par ailleurs ceux qui, de « Vipère au poing » à « Au nom du fils », lui ont valu le plus constant des succès.

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— Dix jours, c’est la limite.

On téléphone, à des amies que j’identifie mal :

— Tu sais, je suis ennuyée. Tu n’aurais pas…

L’amie n’a pas, mais en connaît une autre qui a. Ce qu’elle a n’a peut-être aucune vertu et des discussions feutrées, sur des exemples précis, s’éternisent. Enfin, au tardif douzième jour, une petite boîte arrive. Elle ne contient que trois ampoules au lieu des cinq dont l’effet était assuré décisif. M me Guimarch emmène les enfants au Mail, tandis que Mariette, debout dans un coin de la cuisine, une fesse à l’air, se fait piquer par Gabrielle, qui n’hésite jamais, qui larde franchement, comme une infirmière, et remonte aussitôt le slip en grognant :

— Si j’avais eu quelqu’un pour m’en faire autant…

Trente avril. Peine perdue. Il était trop tard ; ou le produit ne valait rien ; ou la quantité n’était pas suffisante. Mariette et sa mère viennent de rentrer de chez Lartimont où elles sont allées apprendre ce qu’elles savent. Je les entends piétiner en dessous dans la salle, en compagnie d’Ariette qui gardait les petits et de Tio, qui montre de plus en plus une passion de retraité pour venir aux nouvelles. J’expédie — lentement — une cliente : la femme d’un petit escroc aux assurances qui depuis une heure cherche à m’intéresser au cas de son mari et à repousser le versement de la provision. Enfin, elle s’en va. Je descends. Je comparais. Nicolas armé d’une de ces éternelles sucettes que sa grand-mère lui met en main, l’englue avec gratitude ; Loulou biberonne sur les genoux d’Ariette. Mariette se tasse dans un fauteuil, repliée sur l’invisible troisième. Ah ! nous sommes loin de la première annonce faite au mari lors de la bienheureuse conception de Nico !

— Vous avez gagné, dit M me Guimarch.

De cette dame, qui fit cinq enfants — plus, je crois, deux fausses couches —, l’œil est sévère. Elle a oublié. Ou plutôt non, elle n’a pas oublié. Elle me fait la scène qu’elle fait à Éric et qu’elle a dû faire plusieurs fois à son mari, à partir du moment où s’est trouvé dépassé “le choix de roi”, le compte parfait du gamin et de la gamine. Il est entendu que si une jeune fille a un enfant, c’est elle qui a fauté. Il est entendu que si une jeune femme en a un de trop, c’est le mari qui est coupable. Célibataire, l’une a provoqué le tir. Mariée, l’autre le subit ; innocente et passive comme un carton, elle est toujours au stand où l’homme, ce grand concupiscent, ne cesse, pan, de lui faire mouche dans le six. On ne le dira pas, non. On le pense à peine. Mais ça flotte dans l’air, autour du gonfleur-maison. Ça flotte au sein de l’indulgence, qu’inspirent tout de même l’obstination et l’excuse du devoir accompli et la morale plus que sauve et la présence des gentils chéris qui furent mes premiers résultats.

— Que voulez-vous, dit Tio, lourd comme un homme l’est d’ordinaire en ces instants délicats, un gendre, c’est fait pour engendrer.

Il insiste, le malheureux :

— On ne peut tout de même pas délivrer une femme sur ordonnance. Avec mode d’emploi. Et posologie…

Personne ne rit. Et je vais être aussi sot que lui. Au lieu de céder à ma première inspiration, qui était d’aller embrasser ma femme et de la féliciter — ce que fera poliment le premier venu, — me voilà qui me trouve soudain ridicule et qui m’arrête, pour souffler :

— Qu’est-ce qu’on fait ?

— Et qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? dit Mariette.

Reine, avec moins d’excuses, a donné l’exemple et je connais au moins trois adresses, à peine clandestines où sont allés sonner, un jour ou l’autre, la moitié des ménages que nous fréquentons. Nous pouvons encore nous débrouiller. Mais le regard de Mariette, qui tâte le mien, ne me demande rien de tel. Je jurerais même qu’il s’excuse. Cet enfant, elle ne l’accepte pas d’enthousiasme. Mais elle a pris son parti. Elle ne tentera rien de plus. Et sa mère, et ses sœurs, d’accord pour forcer un peu la nature, voilà quinze jours, le sont maintenant pour laisser courir. On bougonne en chœur, voilà tout.

— Ma foi, tant pis ! dit M me Guimarch.

— Si encore j’étais sûre que ce soit une fille ! dit Mariette.

8

Elle allait être comblée.

Mais après une grossesse bien plus difficile que les précédentes, avec masque, crampes, nausées, décalcification provoquant une certaine surdité à droite : une grossesse que les enfants rendirent encore plus pénible en choisissant cette période pour faire successivement la rougeole et la coqueluche. Je passe sur l’aigreur. Durant quatre mois elle ne se démentit pas. J’entendis bien cent fois la confidence, soufflée aux visiteuses :

— Mon mari n’est pas fier, vous savez !

Elle n’arrêtait pas, même devant les petits, même devant ses nièces, déjà grandelettes et dont les neuf, huit et sept ans tendaient de fragiles oreilles, ourlées de rose, étonnées d’entendre Gabrielle, leur mère, pourtant si mère, faire chorus et du même coup, sans s’en rendre compte, enlever de la nécessité à leur présence sur la terre. Je commençais à m’inquiéter lorsqu’un petit incident me rassura. Je m’en souviendrai longtemps. J’étais là. Nico sur les genoux, avant de filer à la prison voir un détenu, je sifflais mon café. Mariette venait de rendre son déjeuner. Elle gémissait, en me regardant de travers.

— Quand je pense qu’il me reste encore cinq mois !

Soudain elle porta les deux mains à son ventre.

— T’as encore mal ? fit Nico, sautant sur ses pieds.

Il la regardait, campé dans sa culotte, avec ce regard froid des petits garçons que, seuls, trahissent des cils frémissants.

— Non, dit Mariette, l’enlevant d’un tour de bras, c’est la petite sœur qui bouge.

Elle était rouge et comme confuse. Elle n’ajouta rien. Mais ce fut la fin de ses refus que remplacèrent, en moins d’une semaine, tous les courages de l’attente : avec les mièvreries d’usage, bien sûr, coupées de réflexions aigres-douces. Les trésors du magasin de la rue des Lices n’empêchèrent point les tricoteuses de se mettre en branle, une fois de plus et Nico, qui s’en étonnait, puisqu’il y a tout chez mémère, s’entendit répondre que la mire moinette, de préférence, se tire sa propre plume pour en faire un nid. Pour le même Nico, Mariette, estimant lui devoir des explications, retravailla l’image, commenta son état, parla de couvée, de mise au chaud près du cœur de maman : non sans choquer la pruderie de sa mère, qui triompha — Voyez où ça mène, les méthodes d’aujourd’hui ! — quand l’intéressé, peu satisfait de ce poétique ABC d’éducation sexuelle et courant d’instinct à l’essentiel, demanda rudement :

— Et comment que tu l’as mis dedans ?

— Oh, ça, c’est le plus facile ! dit Mariette, effarée.

J’étais là, cette fois encore et ce fut moi qui me lançai dans une confuse parabole où la terre, qui est la mère, recevait le plant, qui vient du père. Je bafouillai sur le plantoir. Mais je m’en tirai, vaille que vaille, étonné de mon insistance à ne point paraître en l’affaire un trop nourricier Joseph, à bien prouver à mon fils que les Nico, si c’est maman qui les achève, c’est bien Papa qui les commence. Et mon bout d’homme, content d’être, parut content de moi, tandis que Mariette, haussant doucement une épaule, souriait, convaincue par le dedans de l’exorbitant privilège de son sexe :

— Si tu veux finir Marianne, dit-elle, moi, je veux bien.

— Tu l’appelles Marianne ? dit Nico.

D’un coup de menton, Mariette fit oui. C’était la première fois qu’elle imposait le prénom. Je ne sourcillai point, songeant qu’après tout me restait le patronyme. Maria (le prénom de sa grand-mère), Marie (celui de sa mère), Mariette, Marianne : ainsi se perpétuait la variante mariale, venue de chez les Meauzet. Ainsi ma fille, forcément Bretaudeau jusqu’à son mariage mais gardant à vie son prénom, assurerait-elle cette autre filiation — de corsage en corsage — qui concurrence toujours un peu la nôtre. Mariette prenait option sur sa fille.

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