Daniel Pennac - Comme un roman

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Plaidoyer passionnant pour la défense de la lecture, ce roman est un appel à la liberté et aux droits du lecteur. Daniel Pennac livre, avec un humour grinçant qui fera rire de 7 à77 ans, dans ce roman-essai, les droits imprescriptibles du lecteur. En dix chapitres, il nous expose le droit de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre, de relire, de lire n'importe quoi,le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible), de lire n'import où, de gaspiller, de lire à haute voix, de nous taire.

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Menace que nous mettions rarement à exécution. Pousser un coup de gueule ou le priver de dessert ne tirait pas à conséquence. L'envoyer au lit sans lui raconter son histoire, c'était plonger sa journée dans une nuit trop noire. Et c'était le quitter sans l'avoir retrouvé. Punition intolérable, et pour lui, et pour nous.

Reste que cette menace, nous l'avons proférée… oh! trois fois rien… l'expression détournée d'une lassitude, la tentation à peine avouée d'utiliser pour une fois ce quart d'heure à autre chose, à une autre urgence domestique, ou à un moment de silence, tout simplement… à une lecture pour soi. Le conteur, en nous, était à bout de souffle, prêt à passer le flambeau.

15

L'école vint à propos.

Elle prit l'avenir en main.

Lire, écrire, compter…

Au début, il y mit un réel enthousiasme.

Que tous ces bâtons, ces boucles, ces ronds et ces petits ponts assemblés fissent des lettres, c'était beau! Et ces lettres ensemble, des syllabes, et ces syllabes, bout à bout, des mots, il n'ei revenait pas. Et que certains de ces mots lui fussent si familiers, c'était magique!

Maman, par exemple, maman, trois petits ponts, un rond, une boucle, trois autres petits ponts, un deuxième rond, une autre boucle, et deux derniers petits ponts, résultat: maman. Comment se remettre de cet émerveillement?

Il faut essayer d'imaginer la chose. Il s'est levé tôt. Il est sorti, accompagné par sa maman, justement, dans un crachin d'automne (oui, un crachin d'automne, et une lumière d'aquarium négligé, ne lésinons pas sur la dramatisation atmosphérique), il s'est dirigé vers l'école tout enveloppé encore de la chaleur de son lit, un arrière-goût de chocolat dans la bouche, serrant bien fort cette main au-dessus de sa tête, marchant vite vite, deux pas quand maman n'en fait qu'un, son cartable bringuebalant sur son dos, et c'est la porte de l'école, le baiser hâtif, la cour de ciment et ses marronniers noirs, les premiers décibels… il s'est rencogné sous le préau ou est entré aussitôt dans la danse, c'est selon, puis ils se sont tous retrouvés assis derrière les tables lilliputiennes, immobilité et silence, tous les mouvements du corps contraints à domestiquer le seul déplacement de la plume dans ce corridor à plafond bas: la ligne! Langue tirée, doigts gourds et poignet soudé… petits ponts, bâtonnets, boucles, ronds et petits ponts… il est à cent lieues de maman, à présent, plongé dans cette solitude étrange qu'on appelle l’effort, entouré de toutes ces autres solitudes à langues tirées… et voici l'assemblage des premières lettres… lignes de «a»… lignes de «m»… lignes de «t»… (pas commode, le «t», avec cette barre transversale, mais du gâteau comparé à la double révolution du «f», à l'incroyable embrouillamini d'où émerge la boucle du «k»…), toutes difficultés, pourtant, vaincues pas à pas… au point qu'aimantées les unes par les autres, les lettres finissent par s'agréger d'elles-mêmes en syllabes… lignes de «ma»… lignes de «pa»… et que les syllabes à leur tour…

Bref, un beau matin, ou un après-midi, oreilles bourdonnant encore du tumulte de cantine, il assiste à l'éclosion silencieuse du mot sur la feuille blanche, là, devant lui: maman.

Il l'avait déjà vu, au tableau, bien sûr, reconnu plusieurs fois, mais là, sous ses yeux, écrit de si propres doigts…

D'une voix d'abord incertaine, il ânonne les deux syllabes, séparément: «Ma-man.»

Et, tout à coup:

maman!

Ce cri de joie célèbre l'aboutissement du plus gigantesque voyage intellectuel qui se puisse concevoir, une sorte de premier pas sur la lune, le passage de l'arbitraire graphique le plus total à la signification la plus chargée d'émotion! Des petit ponts, des boucles, des ronds… et… maman! C'est écrit là, devant ses yeux, mais c'est en lui que cela éclôt! Ce n'est pas une combinaison de syllabes, ce n'est pas un mot, ce n'est pas un concept, ce n'est pas une maman, c'est sa maman à lui, une transmutation magique, infiniment plus parlante que la plus fidèle des photographies, rien que des petits ronds, pourtant, des petits ponts… mais qui ont soudain - et à jamais! - cessé d’être eux-mêmes, de n'être rien, pour devenir cette présence, cette voix, ce parfum, cette main, ce giron, cette infinité de détails, ce tout, si intimemént absolu, et si absolument étranger à ce qui est tracé là, sur les rails de la page, entre les quatre murs de la classe…

La pierre philosophale.

Ni plus, ni moins.

Il vient de découvrir la pierre philosophale.

16

On ne guérit pas de cette métamorphose. On ne revient pas indemne d'un tel voyage. A toute lecture préside, si inhibé soit-il, le plaisir de lire; et, par sa nature même - cette jouissance d'alchimiste - le plaisir de lire ne craint rien de l'image, même télévisuelle, et même sous forme d'avalanches quotidiennes.

Si pourtant le plaisir de lire s'est perdu (si comme on dit, mon fils, ma fille, la jeunesse, n'aiment pas lire), il ne s'est pas perdu bien loin.

A peine égaré.

Facile à retrouver.

Encore faut-il savoir par quels chemins le rechercher, et, pour ce faire, énumérer quelques vérités sans rapport avec les effets de la modernité sur la jeunesse. Quelques vérités qui ne regardent que nous… Nous autres qui affirmons «aimer lire», et qui prétendons faire partager cet amour.

17

Donc, sur le coup de l'émerveillement, il revient de l'école assez fier de lui, plutôt heureux, même. Il exhibe ses taches d'encre comme autant de décorations. Les toiles d'araignée du stylo-bille quadricolore lui font une parure d'orgueil.

Un bonheur qui compense encore les premiers tourments de la vie scolaire: longueur absurde des journées, exigences de la maîtresse, boucan de la cantine, premiers troubles du cœur…

Il arrive, il ouvre son sac, il expose ses prouesses, il reproduit les mots sacrés (et si ce n'est «maman», ce sera «papa», ou «bonbon», ou «chat», ou son prénom…).

En ville, il devient la doublure infatigable de la grande épître publicitaire… RENAULT, SAMARITAINE, VOLVIC, CAMARGUE, les mots lui tombent du ciel, leurs syllabes colorées explosent dans sa bouche. Pas une seule marque de lessive ne résiste à sa passion du décryptage:

– «La - ve - plus - blanc», qu'est-ce que ça veut dire, «laveuplublanc»?

Car l'heure a sonné des questions essentielles!

18

Nous sommes-nous laissé aveugler par cet enthousiasme? Avons-nous cru qu'il suffisait à un enfant de jouir des mots pour maîtriser les livres? Avons-nous pensé que l'apprentissage de la lecture allait de soi, comme ceux de la marche verticale ou du langage - un autre privilège de l'espèce, en somme? Quoi qu'il en soit, c'est le moment que nous avons choisi pour mettre fin à nos lectures du soir.

L'école lui apprenait à lire, il y mettait de la passion, c'était un tournant de sa vie, une autonomie nouvelle, une autre version du premier pas, voilà ce que nous nous sommes dit, très confusément, sans nous le dire vraiment, tant l'événement nous parut «naturel», une étape comme une autre dans une évolution biologique sans heurt.

Il était «grand» à présent, il pouvait lire tout seul, marcher seul dans le territoire des signes…

Et nous rendre enfin à notre quart d'heure de liberté.

Sa fierté toute neuve ne fit pas grand-chose pour nous contredire. Il se glissait dans son lit, BABAR grand ouvert sur ses genoux, un pli de concentration farouche entre les deux yeux: il lisait.

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