Daniel Pennac - Comme un roman

Здесь есть возможность читать онлайн «Daniel Pennac - Comme un roman» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Comme un roman: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Comme un roman»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Plaidoyer passionnant pour la défense de la lecture, ce roman est un appel à la liberté et aux droits du lecteur. Daniel Pennac livre, avec un humour grinçant qui fera rire de 7 à77 ans, dans ce roman-essai, les droits imprescriptibles du lecteur. En dix chapitres, il nous expose le droit de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre, de relire, de lire n'importe quoi,le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible), de lire n'import où, de gaspiller, de lire à haute voix, de nous taire.

Comme un roman — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Comme un roman», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

– Combien de pages?

– Trois ou quatre cents…

(Menteur…)

– C'est pour quand?

L'annonce de la date fatidique déclenche un concert de protestations:

– Quinze jours? Quatre cents pages (cinq cents) à lire en quinze jours! Mais on n'y arrivera jamais, Monsieur!

Monsieur ne négocie pas.

Un livre, c'est un objet contondant et c'est un bloc d'éternité. C'est la matérialisation de l'ennui. C'est le livre. «Le livre». Il ne le nomme jamais autrement dans ses dissertations: le livre, un livre, les livres, des livres.

«Dans son livre Les Pensées, Pascal nous dit que…»

Le prof a beau protester en rouge que ce n'est pas la dénomination correcte, qu'il faut parler d'un roman, d'un essai, d'un recueil de nouvelles, d'une plaquette de poèmes, que le mot «livre», en soi, dans son aptitude à tout désigner ne dit, rien de précis, qu'un annuaire téléphonique est un livre, tout comme un dictionnaire, un guide bleu, un album de timbres, un livre de comptes… Rien à faire, le mot s'imposera de nouveau à sa plume dans sa prochaine dissertation:

«Dans son livre, Madame Bovary, Flaubert nous dit que…»

Parce que, du point de vue de sa solitude présente, un livre est un livre. Et chaque livre pèse son poids d'encyclopédie, de cette encyclopédie à couverture cartonnée, par exemple, dont on glissait naguère les volumes sous ses fesses d'enfant pour qu'il fût à hauteur de la table familiale.

Et le poids de chaque livre est de ceux qui vous tirent vers le bas. Il s'est assis relativement léger sur sa chaise, tout à l'heure - la légèreté des résolutions prises. Mais, au bout de quelques pages, il s'est senti envahi par cette pesanteur douloureusement familière, le poids du livre, poids de l'ennui, insupportable fardeau de l'effort inabouti.

Ses paupières lui annoncent l'imminence du naufrage.

L'écueil de la page 48 a ouvert une voie d'eau sous sa ligne de résolutions.

Le livre l'entraîne.

Ils sombrent.

7

Cependant qu'en bas, autour du poste, l'argument de la télévision corruptrice fait des adeptes:

– La bêtise, la vulgarité, la violence des programmes… C'est inouï! On ne peut plus allumer son poste sans voir…

– Les dessins animés japonais… Vous avez déjà regardé un de ces dessins animés japonais?

– Ce n'est pas seulement une question de programme… C'est la télé en elle-même… cette facilité… cette passivité du téléspectateur…

– Oui, on allume, on s'assied…

– On zappe…

– Cette dispersion…

– Ça permet au moins d'éviter la publicité.

– Même pas. Ils ont mis au point des programmes synchrones. Tu quittes une pub pour tomber sur une autre.

– Quelquefois sur la même!

Là, silence: brusque découverte d'un de ces territoires «consensuels» éclairés par l'aveuglant rayonnement de notre lucidité adulte.

Alors, quelqu'un, mezza voce:

– Lire, évidemment, lire c'est autre chose, lire est un acte!

– C'est très juste, ce que tu viens de dire, lire est un acte, «l'acte de lire», c'est très vrai…

– Tandis que la télé, et même le cinéma si on y réfléchit bien… tout est donné dans un film, rien n'est conquis, tout vous est mâché, l'image, le son, les décors, la musique d'ambiance au cas où on n'aurait pas compris l'intention du réalisateur…

– La porte qui grince pour t'indiquer que c'est le moment d'avoir la trouille…

– Dans la lecture il faut imaginer tout ça… La lecture est un acte de création permanente.

Nouveau silence.

(Entre «créateurs permanents», cette fois.)

Puis:

– Ce qui me frappe, moi, c'est le nombre d'heures passées en moyenne par un gosse devant la télé par comparaison aux heures de français à l'école. J'ai lu des statistiques, là-dessus.

– Ça doit être phénoménal!

– Une pour six ou sept. Sans compter les heures passées au cinéma. Un enfant (je ne parle pas du nôtre) passe en moyenne - moyenne minimum - deux heures par jour devant un poste de télé et huit à dix heures pendant le week-end. Soit un total de trente-six heures, pour cinq heures de français hebdomadaires.

– Evidemment, l'école ne fait pas le poids.

Troisième silence.

Celui des gouffres insondables.

8

On aurait pu dire bien des choses, en somme, pour mesurer cette distance, entre le livre et lui.

Nous les avons toutes dites.

Que la télévision, par exemple, n'est pas seule en cause.

Qu'entre la génération de nos enfants et notre propre jeunesse de lecteurs, les décennies ont eu des profondeurs de siècles.

De sorte que, si nous nous sentons psychologiquement plus proches de nos enfants que nos parents ne l'étaient de nous, nous sommes restés, intellectuellement parlant, plus proches de nos parents.

(Ici, controverse, discussion, mise au point des adverbes «psychologiquement» et «intellectuellement». Renfort d'un nouvel adverbe:)

Affectivement plus proches, si tu préfères.

– Effectivement?

– Je n'ai pas dit effectivement, j'ai dit affectivement.

– Autrement dit, nous sommes a ffectivement plus proches de nos enfants, mais e ff e ctivement plus proches de nos parents, c'est ça?

– C'est un «fait de société». Une accumulation de «faits de société» qui pourraient se résumer en ceci que nos enfants sont aussi les fils et les filles de leur propre époque quand nous n'étions que les enfants de nos parents.

– …?

– Mais si! Adolescents, nous n'étions pas les clients de notre société. Commercialement et culturellement parlant, c'était une société d'adultes. Vêtements communs, plats communs, culture commune, le petit frère héritait les vêtements du grand, nous mangions le même menu, aux mêmes heures, à la même table, faisions les mêmes promenades le dimanche, la télévision ligotait la famille dans une seule et même chaîne (bien meilleure, d'ailleurs, que toutes celles d'aujourd'hui…), et en matière de lecture, le seul souci de nos parents était de placer certains titres sur des rayons inaccessibles.

– Quant à la génération précédente, celle de nos grands-parents, elle interdisait purement et simplement la lecture aux filles.

– C'est vrai! surtout celle des romans: «l'imagination, la folle du logis». Mauvais pour le mariage, ça…

– Tandis qu'aujourd'hui… les adolescents sont clients à part entière d'une société qui les habille, les distrait, les nourrit, les cultive; où fleurissent les magdo, les weston et autres chevignon. Nous allions en «boum», ils sortent en «boîtes», nous lisions un bouquin, ils se tapent des cassettes… Nous aimions communier sous les auspices des Beatles, ils s'enferment dans l'autisme du walkman… On voit même cette chose inouïe, des quartiers entiers confisqués par l'adolescence, de gigantesques territoires urbains voués aux errances adolescentes.

Ici, évocation de Beaubourg.

Beaubourg…

La Barbarie-Beaubourg…

Beaubourg, le phantasme grouillant, Beaubourg-1'errance-la-drogue-la-violence… Beaubourg, et la béance du RER… le Trou des Halles!

– D'où jaillissent les hordes illettrées au pied de la plus grande bibliothèque publique de France!

Nouveau silence… un des plus beaux: celui de 1' «ange paradoxal».

– Vos enfants fréquentent Beaubourg?

– Rarement. Par bonheur nous habitons le Quinzième.

Silence…

Silence…

– Bref, ils ne lisent plus.

– Non.

– Trop sollicités par ailleurs.

– Oui.

9

Et si ce n'est le procès de la télévision ou de la consommation tous azimuts, ce sera celui de l'invasion électronique; et si ce n'est la faute des petits jeux hypnotiques, ce sera celle de l'école: l'apprentissage aberrant de la lecture, l'anachronisme des programmes, l'incompétence des maîtres, la vétusté des locaux, le manque de bibliothèques.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Comme un roman»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Comme un roman» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Comme un roman»

Обсуждение, отзывы о книге «Comme un roman» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x