Daniel Pennac - Comme un roman

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Plaidoyer passionnant pour la défense de la lecture, ce roman est un appel à la liberté et aux droits du lecteur. Daniel Pennac livre, avec un humour grinçant qui fera rire de 7 à77 ans, dans ce roman-essai, les droits imprescriptibles du lecteur. En dix chapitres, il nous expose le droit de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre, de relire, de lire n'importe quoi,le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible), de lire n'import où, de gaspiller, de lire à haute voix, de nous taire.

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Quoi donc, encore?

Ah! oui, le budget du ministère de la Culture… une misère! Et la part infinitésimale réservée au «Livre» dans cette bourse microscopique.

Comment voulez-vous, dans ces conditions, que mon fils, que ma fille, que nos enfants, que la jeunesse, lisent?

– D'ailleurs, les Français lisent de moins en moins…

– C'est vrai.

10

Ainsi vont nos propos, victoire perpétuelle du langage sur l'opacité des choses, silences lumineux qui en disent plus qu'ils n'en taisent. Vigilants et informés, nous ne sommes pas les dupes de notre époque. Le monde entier est dans ce que nous disons - et tout entier éclairé par ce que nous taisons. Nous sommes lucides. Mieux, nous avons la passion de la lucidité.

D'où vient alors cette tristesse vague d'après conversation? Ce silence de minuit, dans la maison rendue à elle-même? Seule perspective de la vaisselle à faire? Voire… A quelques encablures de là - feu rouge - nos amis sont pris dans ce même silence qui, passé l'ivresse de la lucidité, saisit les couples, retour de soirée, dans leurs autos figées. C'est comme un arrière-goût de cuite, la fin d'une anesthésie, une lente remontée vers la conscience, le retour à soi-même, et la sentiment vaguement douloureux de ne pas nous reconnaître dans ce que nous avons dit. Nous n'y étions pas. Tout le reste s'y trouvait, certes, les arguments étaient justes - et, de ce point de vue, nous avions raison - mais nous n'y étions pas. Pas de doute, encore une soirée sacrifiée à la pratique anesthésiante de la lucidité.

C'est ainsi… on croit rentrer chez soi, et c'est en soi que l'on rentre.

Ce que nous disions tout à l'heure, autour de la table, était aux antipodes de ce qui se disait en nous. Nous parlions de la nécessité de lire, mais nous étions près de lui, là-haut, dans sa chambre, et qui ne lit pas. Nous énumérions les bonnes raisons que l'époque lui fournit de ne pas aimer la lecture, mais nous cherchions à traverser le livre-muraille qui nous sépare de lui. Nous parlions du livre, quand nous ne pensions qu'à lui.

Lui qui n'a pas arrangé les choses en descendant à table à la dernière seconde, en y asseyant sans un mot d'excuse sa pesanteur adolescente, en ne faisant pas le moindre effort pour participer à la conversation, et qui, finalement, s'est levé sans attendre le dessert:

– Excusez-moi, il faut que je lise!

11

L'intimité perdue…

A y repenser en ce début d'insomnie, ce rituel de la lecture, chaque soir, au pied de son lit quand il était petit - heure fixe et gestes immuables - tenait un peu de la prière. Cet armistice soudain après le tintamarre de la journée, ces retrouvailles hors de toutes contingences, ce moment de silence recueilli avant les premier mots du récit, notre voix enfin pareille à elle même, la liturgie des épisodes… Oui, l'histoire lue chaque soir remplissait la plus belle fonction de la prière, la plus désintéressée, la moins spéculative et qui ne concerne que les hommes: le pardon de offenses. On n'y confessait aucune faute, on ne cherchait pas à s'octroyer une portion d'éternité, c'était un moment de communion, entre nous l'absolution du texte, un retour au seul paradi qui vaille: l'intimité. Sans le savoir, nous découvrions une des fonctions essentielles du conte, et, plus vastement, de l'art en général, qui est d'imposer une trêve au combat des hommes.

L'amour y gagnait une peau neuve.

C'était gratuit.

12

Gratuit. C'est bien ainsi qu'il l'entendait! Cadeau. Un moment hors des moments. En dépit de tout. L'histoire nocturne le délestait du poids du jour. On larguait ses amarres. Il allait avec le vent, immensément allégé, et le vent, c'était notre voix.

Pour prix de ce voyage, on n'exigeait rien de lui, pas un sou, on ne lui demandait pas la moindre contrepartie. Ce n'était même pas une récompense. (Ah! les récompenses… comme il fallait se montrer digne d'avoir été récompensé!) Ici, tout se passait en pays de gratuité.

La gratuité, qui est la seule monnaie de l'art.

13

Que s'est-il donc passé entre cette intimité-là et lui maintenant, buté contre un livre-falaise, pendant que nous cherchons à le comprendre (c'est-à-dire à nous rassurer) en incriminant le siècle et sa télévision - que nous avons peut-être oublié d'éteindre?

La faute à la télé?

Le vingtième siècle trop «visuel»? Le dix-neuvième trop descriptif? Et pourquoi pas le dix-huitième trop rationnel, le dix-septième trop classique, le seizième trop renaissance, Pouchkine trop russe et Sophocle trop mort? Comme si les relations entre l'homme et le livre avaient besoin de siècles pour s'espacer.

Quelques années suffisent.

Quelques semaines.

Le temps d'un malentendu.

A l'époque où, au pied de son lit, nous évoquions la robe rouge du Petit Chaperon, et, jusqu'aux moindres détails, le contenu de son panier, sans oublier les profondeurs de la forêt, les oreilles de grand-mère si bizarrement velues soudain, la chevillette et la bobinette, je n'ai pas le souvenir qu'il trouvait nos descriptions trop longués.

Ce ne sont pas des siècles qui se sont écoulé depuis. Mais ces moments qu'on appelle la vie auxquels on donne des allures d'éternité à coup de principes intangibles: «Il faut lire.»

14

Là comme ailleurs, la vie se manifesta par l'érosion de notre plaisir. Une année d'histoires au pied de son lit, oui. Deux ans, soit. Trois, à la rigueur. Cela fait mille quatre-vingt-quinze histoires, à raison d'une par soirée. 1095, c'est un chiffre! Et s'il n'y avait que le quart d'heure du conte… mais il y a celui qui précède. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui raconter ce soir? Qu'est-ce que je vais lui lire?

Nous avons connu les affres de l'inspiration.

Au début, il nous aida. Ce que son émerveillement exigeait de nous, ce n'était pas une histoire, mais la même histoire.

– Encore! Encore le Petit Poucet! Mais mon lapin, il n'y a pas que le Petit Poucet, bon sang, il y a…

Le Petit Poucet, rien d'autre.

Qui eût dit que nous regretterions un jour l'heureuse époque où sa forêt était peuplée du seul Petit Poucet? Pour un peu on se maudirait de lui avoir appris la diversité, donné le choix.

– Non, celle-là, tu me l'as déjà racontée!

Sans devenir une obsession la question du choix vira au casse-tête. Avec de brèves résolutions: courir samedi prochain dans une librairie spécialisée et prospecter la littérature enfantine. Le samedi matin, nous remettions au samedi suivant. Ce qui demeurait pour lui une attente sacrée était entré pour nous dans le domaine de préoccupations domestiques. Préoccupation mineure, mais qui s'ajoutait aux autres, de tailles plus respectables. Mineure ou pas, une préoccupation héritée d'un plaisir est à surveiller de prés. Nous ne l'avons pas surveillée.

Nous avons connu des moments de révolte.

– Pourquoi moi? Pourquoi pas toi? Ce soir, désolé, c'est toi qui lui racontes son histoire!

– Tu sais bien que je n'ai aucune imagination…

Dès que l'occasion s'en présentait, nous déléguions une autre voix auprès de lui, cousin cousine, baby-sitter, tante de passage, une voix jusqu'ici épargnée, qui trouvait encore du charme à l'exercice, mais qui déchantait souvent devant ses exigences de public tatillon:

– C'est pas ça que répond la grand-mère!

Nous avons honteusement rusé, aussi. Le prix qu'il attachait à l'histoire, plus d'une fois nous avons été tenté d'en faire une monnaie d'échange.

– Si tu continues, tu n'auras pas d'histoire ce soir!

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