Frédéric Dard - Le mari de Léon

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Le mari de Léon: краткое содержание, описание и аннотация

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« Ce livre raconte l'histoire d'un ver de terre amoureux d'une étoile. Le ver de terre s'appelle Léon. L'étoile s'appelle Boris. »
San-Antonio Léon est l'humble serviteur de Boris, metteur en scène de renom. Il lui organise une existence douillette et, la rage au cœur, débusque pour lui le gibier féminin de son choix. Jusqu'au jour où la situation s'aggrave : survient une donzelle qui se met en tête de séduire « l'Illustre », de se l'attacher à tout jamais…

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Sa désillusion s’étendait à Nadia. Le plus grand triomphe de sa carrière avait été de se faire aimer d’elle et de l’épouser. Il avait connu alors cet éblouissement du roturier admis dans une famille royale. Devenir le gendre de Dimitri Fedor constituait le plus grand titre de gloire dont un garçon comme lui pouvait rêver. Mais les choses avaient changé ; à présent c’était lui le monarque, et son ancien professeur s’était comme destitué à ses yeux à force de survivre à sa réputation.

Léon observait le couple, embusqué derrière l’orgue. Il haïssait Nadia pour la place qu’elle occupait dans la vie de Boris. Elle l’avait relégué, lui, Léon, dans un rôle subalterne et peu honorable de porte-coton, confident et bouffon de son maître, se nourrissant des miettes tombées de sa table. A cause de sa présence pourtant effacée, de son statut d’épouse, il avait dû s’installer dans l’ombre du foyer, à attendre qu’on le sonne.

« C’est le commencement de la fin ! Il va bientôt la détester. Elle le sent et devient de plus en plus humble, l’idiote ! La seule chose à ne pas faire quand on est la femme de ce voyou ! Il lui aurait fallu une salope et il est tombé sur un ange ! »

Il s’arracha à son louche enchantement pour s’approcher du téléphone placé sur une petite table de verre. Sous l’appareil, une étagère supportait l’annuaire. On miniaturisait cet énorme répertoire, maintenant, et il ressemblait à un pavé de papier aux pages fines imprimées en caractères si menus qu’on ne pouvait les lire sans lunettes. Léon sortit les siennes, minuscules, archiplates, presque pudiques, et se mit à compulser la liste des agences immobilières.

— Alors, je peux lui dire d’entrer ? implora Nadia.

Boris soupira :

— D’accord, mais on ne s’installe pas.

Elle acquiesça, triste et reconnaissante.

Boris s’approcha de Léon.

— Il me fait chier ! murmura-t-il.

Léon sourit et opina sans relever la tête de l’annuaire.

— Je te comprends !

« Non, je ne comprends pas. Tu es un fumier, Boris. Ce mec qui croyait tant en toi, qui t’a appris à te servir de ton génie, qui t’a consacré son temps, accordé son aide et sa fille, voilà que tu le rejettes ! Pire : le méprises. Un jour tu seras vieux et déserté, toi aussi, et, à ce moment-là, tu comprendras peut-être. Mais un salaud de ton espèce fait-il jamais son examen de conscience ? »

Dimitri pénétra dans le salon en traînant un peu les pieds. Il soufflait comme un appareil respiratoire en action dans une salle d’intervention.

Léon le trouva un peu plus blafard, amaigri et voûté que d’ordinaire.

Dimitri s’avança vers eux :

— Bonjour, les enfants !

Il donna l’accolade à son gendre. Boris se crispa sous l’effet du dégoût que lui inspirait le vieillard. Fedor puait l’urine froide, et son souffle haletant dégageait des remugles médicamenteux.

— Bonjour, Maître ! claironna Léon. En forme ?

Dimitri chercha un siège du regard et hocha la tête. Il ne se plaignait jamais, ayant à cœur de paraître allègre et bien portant.

— Ça va, ça va…

Toujours son bon vieil accent russe. Il portait son éternel complet prince-de-galles gris foncé, une chemise blanche, un nœud papillon noir constellé de taches. Il avait conservé tous ses cheveux, d’un blanc un peu jaunasse. Son regard bleu semblait se liquéfier au fond de ses orbites. Il était outrageusement ridé et son visage évoquait de la faïence ancienne.

— J’allais sortir, fit Boris.

— Je ne veux pas te retenir, mon garçon.

Il continuait de l’appeler ainsi, bien que son ancien élève eût plus de quarante-sept ans. Au début, ce terme ravissait Lassef ; depuis quelques années, il l’horripilait.

Dimitri chercha à se constituer une réserve d’oxygène avant de parler. Mais il ne parvenait pas à emplir ses poumons convenablement. Il en était au stade où respirer l’étouffait. Il se résigna à sortir un petit pulvérisateur de sa poche et s’expédia deux brèves giclées du produit dans la bouche.

— J’ai lu dans Le Monde d’hier que tu commences la distribution de ton prochain spectacle, Boris ?

On y était : l’ancien maître allait mendier un rôle.

— Bon, je m’en vais, annonça Léon qui venait de griffonner des adresses d’agences sur une feuille de bloc.

Il s’inclina devant Fedor :

— Mes respects, Maître !

Puis il adressa un clin d’œil complice à Boris et quitta le salon.

Dimitri murmura :

— La petite vient de me révéler le titre de la pièce : c’est excellent !

« Cabotin ! » pensa Lassef.

— Très nouveau ! assura Fedor.

Il paraissait sincère. Boris en conçut de l’agrément.

— Vous trouvez ?

— Ça vous agresse, fit Dimitri Fedor. J’ai lu le livre de Thomas McCurry d’où tu as tiré ta pièce.

Il se tut, à bout de souffle et, n’y tenant plus, se laissa choir dans un fauteuil avec une mimique d’excuse.

Boris n’avait pas envie que le vieux lui donne son sentiment sur le roman de l’Irlandais. L’adaptation théâtrale qu’il en avait faite n’avait plus grand-chose de commun avec l’œuvre originale. Il le déclara tout net à Fedor avant qu’il eût récupéré sa respiration. Dimitri comprit que son gendre ne souhaitait pas entrer dans des considérations à propos du sujet initial. Dans le fond, il concevait ses réticences.

— Quinze personnages ? fit-il.

— Treize, rectifia Lassef.

Le Monde écrit quinze, peut-être par superstition, plaisanta lamentablement Fedor. Il y a quelque chose pour moi, là-dedans ? Je commence à me rouiller.

— Non, rien, trancha Boris.

— Pas même un vieux quelque chose avec quatre répliques à dire ? J’aimerais tellement retravailler avec toi ! On vient de si loin, tous les deux !

Une supplication à peine voilée perçait dans sa requête. Loin d’attendrir Lassef, elle l’exaspéra.

— S’il y avait eu un rôle pour vous, je vous en aurais déjà parlé, vous le savez bien.

— Dans le roman, il existe un vieux garde-chasse qui…

— Je ne l’ai pas conservé, coupa Boris, agacé. Le seul personnage d’âge qui subsiste, c’est celui de l’ancienne gouvernante aveugle.

— Et pourquoi pas ? dit Fedor. Il m’est déjà arrivé d’interpréter un rôle de femme. De plus, les vieillards sont pratiquement asexués, mon pauvre garçon.

L’insistance de son beau-père déclencha la colère de Lassef.

— Vous déraillez, cher père ! Je ne monte pas un spectacle chez « Madame Arthur » ! De plus, la gouvernante a deux tirades qu’avec votre asthme vous seriez incapable de balancer d’une traite.

— N’en parlons plus ! fit le vieillard précipitamment.

Ses yeux délavés errèrent sur le luxueux appartement servant de cadre à sa fille. Il s’était réjoui de la voir épouser Lassef. Tout de suite, il avait décelé les qualités de Boris, et son sûr instinct avait prévu ce que serait sa carrière. Associer Nadia à un être de cette trempe ne pouvait que le sécuriser. Il avait vu le couple gravir les degrés de la gloire avec une grande jubilation intérieure. Boris devenait rapidement un homme de théâtre de premier plan. Il rassemblait tous les talents, écrivant, mettant en scène, interprétant, traçant les esquisses de ses décors. Un artiste total ! Jusqu’à l’hérédité russe de son gendre et élève qui comblait ses vœux. Boris était de sa race, un véritable fils ! Il possédait son exaltation, son inspiration, son sens prodigieux de la scène. Il lui avait communiqué ses exigences, son perfectionnisme, sa foi éperdue dans le travail.

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