Tatiana Rosnay - Le dîner des ex

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Maman s'en est allée sur la pointe des pieds, peu après la mort de son fils, incapable d'affronter le reste de sa vie sans lui. D'une grand-mère qu'elle ne connaîtra jamais, ma future fille héritera peut-être la beauté de son regard lapis-lazuli, et la sagesse retenue de son sourire.

Avec le recul qu'apportent les années, je me doute que Vincent a dû souffrir de l'amour étouffant de maman, mais il est parti trop tôt pour pouvoir en parler. Parce que Vincent avait dix ans de moins que moi, je le considérais comme le « petit dernier » et m'étais peu intéressée à lui, le trouvant bruyant, désordonné, gâté. Parce qu'il n'avait rien d'un mélomane, et moi, peu du garçon manqué dont il rêvait, nous grandîmes sous le même toit, mais chacun de notre côté. Tandis que je vibrais de passion à Rome, il fêtait ses dix ans et passait pour l'élève le plus turbulent de sa classe. À la puberté, alors que ses traits adoptèrent une apparence moins enfantine et qu'il dépassa d'une tête notre père, son tempérament farceur ne s'atténua pas pour autant ; Vincent aimait plus que tout s'amuser.

Je m'étais souvent agacée de cet hédonisme épuisant. À présent, je t'avoue que sa nature enthousiaste et sa candeur ensoleillée me manquent. Il avait d'un jeune chien l'enjouement increvable que je retrouve chez mon fils.

La vie est ainsi faite ; lorsqu'elle nous prive à jamais d'un être aimé, elle nous rend quelque chose de lui incarné chez un autre. Il y a du Vincent dans Martin, pour mon plus grand bonheur.

La dernière fois que je vis Vincent, il se réjouissait d'être oncle. Il n'a jamais connu Martin.

Grosse de huit mois, chancelante sur le bras de Pierre, ne pouvant pas regarder mes parents accablés de douleur, j'ai vu le cercueil contenant le corps de mon frère descendre dans le caveau familial, et mon ventre triomphant qui portait une nouvelle vie me parut plus lourd encore, obscène en cet endroit de deuil.

Auparavant, venue sur le lieu de l'accident avec Mathilde, j'avais contemplé les restes de la voiture, broyée par un camion fou sur la route des vacances.

C'était donc là, sur cette nationale banale, grise, bordée de stations-service et d'hypermarchés, là où l'asphalte montrait quelques traces de pneus à peine perceptibles, que Vincent mourut par un après-midi de juin.

Ce fut Pierre qui m'épaula, Pierre qui m'aida à tenir le choc, rendu encore plus pénible par le dernier mois de ma grossesse. En y repensant, je crois pouvoir t'affirmer que si j'ai aimé Pierre, ce fut lors de ces moments douloureux.

Je connais maintenant la fragilité de la vie, j'ai compris que l'on pouvait, en quelques secondes, passer du bonheur au malheur.

Pierre

Andante, ma non troppo

Je suis comme le roi d'un pays pluvieux.

Charles Baudelaire, « Spleen ».

J'avais eu besoin des services d'un avocat, à la suite d'un litige avec une maison de disques. On me conseilla Pierre M., réputé pour être brillant, aussi demandai-je à le rencontrer. Je me suis trouvée devant un homme de mon âge, à la calvitie précoce, aux yeux noirs, et aux longues et belles mains. Maître M. avait un esprit étincelant, une éloquence remarquable et le sourire rare. Il me parut froid, professionnel et intelligent. En quelques semaines, il régla mon affaire, et me demanda une somme exorbitante.

Après m'être renseignée sur les honoraires exigés envers ce type de dossier – pour constater qu'il les avait doublés –, je me rendis à son cabinet. Il m'écouta sans ciller, index et majeur droits posés sur sa lèvre inférieure.

— Je coûte ce prix-là parce que je suis un des meilleurs, dit-il enfin, d'une voix posée que je jugeai prétentieuse.

Je sors mon chéquier de mon sac et le posai sur la table, afin de rédiger deux chèques à son ordre.

— Cela ne vous dérange pas que je vous règle en deux fois ?

Il répondit par la négative. Une fois remplis, je lui tendis les chèques ; il les prit, les regarda, tandis que ses yeux semblaient s'adoucir. Il dit alors être convaincu que les chefs d'orchestre gagnaient bien leur vie. Je me levai, le saluai sèchement et lançai, au moment de franchir le seuil de son bureau :

— Détrompez-vous, maître. Un chef de mon calibre, cela gagne encore beaucoup moins qu'un avocat du vôtre. Espérons qu'un jour, cela s'inversera.

Je claquai la porte si fort que sa secrétaire sursauta.

Le lendemain matin, il me renvoya par courrier un des chèques, avec ce mot :

Maitre M. serait heureux que Madame le Chef lui pardonne sa présomption en acceptant de dîner avec lui, à sa convenance.

Je travaillais sans relâche. À trente-trois ans, j'étais depuis quatre ans chef permanent de l'Opéra de C., et la musique, ma musique, celle que je voulais faire connaître, prenait tout mon temps. Autour de moi, mes amies se mariaient, avaient des enfants ; j'étais la seule célibataire. Mais je n'en souffrais point ; le désir d'avoir un bébé, de me marier, ne se manifestait pas, ou peu.

Quand je fis la connaissance de Pierre, à trente-cinq ans, je me trouvais à une période charnière de ma vie. Ma carrière prenait une ampleur nouvelle, m'apportant joies et succès ; cependant, je ne me sentais pas heureuse. Une insatisfaction indéfinissable me tourmentait. Depuis Manuel, je n'avais pas aimé. Cela faisait dix ans que j'accumulais des aventures galantes glanées au hasard de concerts donnés aux quatre coins du monde ; interludes agréables vite consumés et vite oubliés.

Au fond de moi se tapissait une envie inavouable et surprenante ; celle d'avoir un bébé. J'observais à la dérobée femmes enceintes, mères de famille tenant par la main leur progéniture ; je me penchais sur des landaus pour admirer malgré moi une frimousse emmitouflée, et il me venait, du plus profond de mes entrailles, un désir puissant, plus fort encore que la faim ou la soif, celui de serrer un doux paquet chaud dans mes bras, de bercer contre mon sein un petit être qui aurait grandi en moi, nourri de mon corps.

Lorsque je dînai pour la première fois avec Pierre, il me vint assez vite à l'esprit que cet homme cultivé et racé ferait un bon père. La plupart des hommes se méfient, à juste titre, d'une célibataire de trente-cinq ans, se doutant qu'elle remuerait ciel et terre pour qu'on lui passât la bague au doigt.

Ne te méprends pas, je n'avais rien d'une future épouse intéressée ; je cherchais tout simplement le géniteur idéal, car l'idée de me marier m'effleurait à peine. Piégée par l'avancée du temps, je désirais un enfant maintenant, et non dans cinq ans. Je me sentais prête à l'élever seule. Un mariage, aussi brillant qu'il fût, ne m'importait guère.

Je fus surprise d'apprendre que malgré son apparence bourgeoise, son air de « jeune homme de bonne famille », Pierre venait d'un milieu aussi modeste que le mien. Il s'était façonné une contenance dédaigneuse pour les besoins de sa profession, et sous le masque de l'avocat pressé, je découvris un garçon plutôt drôle, à l'humour noir, et dont l'esprit vif me charma.

Lorsque Pierre daignait sourire – chose rare ! –, c'était comme un soleil sortant d'un gros nuage gris ; tout son visage s'illuminait, ses yeux brillaient, et il perdait dix ans. Et quand Pierre se fâchait – chose fréquente –, il valait mieux se mettre sous abri. J'eus un premier aperçu de sa terrible colère peu de temps après notre deuxième dîner.

Il venait de perdre une affaire importante. Je devais reprendre certaines pièces de mon dossier, et en passant la tête derrière sa porte, lorsque je vis un faciès blafard aux narines frémissantes, un regard noir comme l'œil d'un cyclone, j'hésitai avant d'entrer dans son bureau. Mais il m'adressa un signe impatient, m'ordonnant de m'asseoir. Je m'exécutai. J'ai compris cet après-midi-là ce que voulait dire l'expression « ivre de rage ». Incapable de rester immobile, il ne parvenait pas à maîtriser sa colère. Impuissante, je restai assise devant lui à attendre la fin de l'orage.

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