Tatiana Rosnay - Le dîner des ex
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Alors commença une de nos premières batailles : la bataille pour le prénom de notre fils. Belle-mère, ivre de joie à l'idée que j'allais produire le premier héritier mâle de la famille (après les quatre filles du frère aîné de Pierre), se montra si chaleureuse à mon égard que je me suis souvent demandé comment elle eût réagi à l'annonce d'une fille.
Elle insistait pour que nous appelions l'enfant Gilles, prénom de son mari ; Pierre se gargarisait du charme pompeux de César, Sixte ou Auguste, tandis que sa sœur suggérait d'autres prénoms familiaux : Bertrand, Bernard, Philippe, Thierry. Aucun de ces derniers ne me plaisaient, mais personne ne s'enquérait de mon avis. Je n'étais qu'une matrice priée de se taire.
Je rêvais de donner à mon fils le prénom d'un des compositeurs de génie dont j'interprétais la musique : Franz, Richard, Antonio, Ludwig, Wolfgang, Joseph, Domenico, Johannes, Sébastian, Hector, Frédéric, Léo, Gabriel, Félix, Jean-Baptiste, Gustave…
Mais Pierre ne voulait pas en entendre parler. Il trouvait que la musique empiétait suffisamment sur notre mariage, et qu'il fallait que l'enfant portât un nom neutre. Ainsi, après d'interminables discussions, plusieurs querelles et beaucoup de concessions de ma part, nous décidâmes que le bébé se prénommerait Martin.
L'ambiance de la maternité où je devais avoir mon enfant me fascinait. Des infirmières, dossiers à la main, couraient à droite et à gauche en scandant des noms. Parfois, on entendait au loin un bébé pleurer ou une parturiente crier. Aux urgences, des femmes sur le point d'accoucher gémissaient en se tenant le ventre ; on leur posait les mêmes questions :
— Avez-vous des contractions ? Sont-elles rapprochées ? Avez-vous perdu les eaux ? Saignez-vous ?
Dans la salle d'attente, j'observais à la dérobée des femmes à des stades plus ou moins avancés de leur grossesse. Certaines me paraissaient énormes, tenant à peine dans des fauteuils pourtant larges. Je voyais leur abdomen tressauter, comme si le petit être à l'intérieur se trouvait lui aussi à l'étroit. D'autres, comme moi, avaient encore la taille fine, et rien ne laissait deviner leur état, à part les mots PRIMIPARE OU MULTIPARE inscrits sur leur dossier.
Je commis l'erreur d'inviter à dîner trois amies musiciennes et mères de famille qui s'empressèrent de nous raconter leurs accouchements respectifs dans les plus âpres détails ; insolite trio où il ne fut question que de puériculture et de ses dérivés. Il m'était difficile de croire que ces femmes, quelques années auparavant, attablées à la terrasse d'un café lors d'une tournée en province, me livraient à voix basse leurs aventures galantes.
Pierre refusa de m'accompagner aux consultations comme aux cours d'accouchement sans douleur. Il trouvait grotesques futurs pères comme futures mères ahanant pour faire le « petit chien ». Vers le sixième mois, il me dit avec une mine dégoûtée qu'il n'assisterait pas à l'accouchement, pour ne pas me voir dans cette position effroyable avec quelque chose de sanguinolent entre les cuisses. Je le suppliai de faire un effort, de venir pour moi, car j'avais besoin de sa présence. Il pourrait toujours sortir de la pièce au moment de la naissance comme le faisaient certains pères impressionnables.
Lorsqu'il me pria de ne plus lui en parler, je me suis demandé comment j'avais pu épouser un homme si différent de moi. Mais s'il n'y avait pas eu Pierre, cher Max, il n'y aurait pas eu Martin…
Le décès de mon frère nous rapprocha. Nous connûmes une courte complicité dont je garde un tendre souvenir. C'était un samedi brûlant de juin. Arrivée aux ultimes semaines de ma grossesse, je souffrais beaucoup de la chaleur. Le téléphone sonna à l'autre bout de l'appartement ; je n'eus pas le courage de bouger. Pierre répondit. Après un long moment, j'entendis ses pas remonter le couloir vers moi.
L'expression hagarde de son visage fit éclore un pressentiment horrible.
— Petite…, murmura-t-il. Il m'appelait rarement ainsi. C'est ton frère. Ton frère est mort.
Puis il se mit à verser des larmes silencieuses. Ce fut la première fois de ma vie que je vis un homme pleurer.
Une nuit de juillet, je fus réveillée vers deux heures par des contractions douloureuses. Je me levai calmement pour préparer mes affaires ; puis je tirai Pierre d'un profond sommeil. Il tournait en rond, fébrile, ne trouvait pas ses chaussettes, la ceinture qu'il voulait, et à force de vouloir faire vite, il prenait encore plus de temps.
Je commençais à souffrir. Je serrais les dents, et, à mon étonnement, je trouvais la douleur supportable. Quand une contraction me prenait, je ne luttais pas contre sa force ; au contraire, je m'abandonnais à elle, comme un surfeur se laisse glisser, porté par la puissance du rouleau.
Pierre ne comprenait pas mon calme. Il s'attendait à des larmes de douleur, à des cris. Il conduisait mal, brûlait les feux rouges, jurait. Nous arrivâmes aux urgences, lui titubant, moi sereine. Une contraction m'emporta. Je vacillai.
L'interne de garde m'examina, les traits tirés par une nuit sans sommeil. Il lança un regard à Pierre :
— Votre bébé va naître, nous avons juste le temps d'aller en salle de travail.
Pierre pâlit ; il demanda pourquoi on ne me donnait pas d'anesthésie péridurale. L'interne expliqua que le bébé allait arriver et qu'il fallait faire au plus vite. Un externe lui donna une blouse en papier verte, un bonnet et des bottes de la même matière. On me hissa sur un brancard ; Pierre suivait, blanc comme un linge, un peu ridicule dans son accoutrement.
À peine étais-je installée sur la table d'accouchement, pieds dans les étriers, la sage-femme me dit de pousser. Je le fis deux fois, de toutes mes forces, et le bébé glissa sans difficulté hors de moi. Elle le posa sur mon ventre doucement ; je découvris un petit être recouvert d'un enduit jaunâtre.
La sage-femme tendit une paire de ciseaux à Pierre et lui demanda s'il désirait couper le cordon. Je vis les yeux de mon mari se révulser. Il tomba comme une masse ; sa tête heurta le coin d'un radiateur et le sang jaillit. L'interne examina sa blessure et me rassura ; il n'avait rien de grave.
Mais j'avais déjà oublié Pierre. Plus rien ne comptait, ni Pierre, ni la musique. Je contemplais, émerveillée, trois kilos cinq cents grammes de bébé roux qui couinait sur mon sein, et qui ressemblait de façon extraordinaire à mon frère disparu.
Toi qui divorças trois fois, tu dois en savoir plus long que moi sur ce qui fait sombrer un mariage. On dit parfois que la naissance d'un bébé cimente un couple, mais le mien se gâta dès l'arrivée de Martin, et il n'y a pas une, mais plusieurs raisons à ce naufrage.
La première fut sans aucun doute l'incompatibilité profonde de nos deux personnalités. Le caractère difficile de mon mari, ses colères, sa froideur, heurtaient ma sérénité coutumière. Acceptant mal l'emprise de mon métier sur notre vie de couple, Pierre aurait voulu que j'abandonne ma carrière afin d'élever notre enfant. Je n'ai pas sacrifié Martin au profit de ma musique, comme l'insinue parfois son père. Il est, comme la musique, ma raison d'être. Voilà ce que Pierre n'a ni compris, ni accepté.
Depuis que le bébé était là, je ne parvenais pas à travailler dans notre appartement. Je dénichai alors un studio rue de V. afin de pouvoir m'enfermer à ma guise, et une nourrice venait garder Martin chez nous. Pierre ne me le pardonna pas, et sa rancœur s'accentua. Il semblait prendre plaisir à me faire des réprimandes injustes qui m'arrachaient malgré moi des sanglots ; puis, avec un sourire cruel à la vue de mes larmes, il se retranchait dans un silence qui m'exaspérait.
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