Adrien Goetz - À bas la nuit !

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À bas la nuit !: краткое содержание, описание и аннотация

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Qui est Maher ? L'homme dont tout le monde parle, sur qui chacun a un avis, dont tous prétendent connaître les secrets ? Comment un jeune homme d'origine tunisienne, né dans un quartier de La Plaine-Saint-Denis, se retrouve-t-il au premier plan du monde de l'art, des grands collectionneurs et des marchands parisiens ? Les ragots vont bon train. Une bien curieuse réussite ! Un beur ! Comment a-t-il pu hériter la collection de Laura Bagenfeld, la riche excentrique amie de Peggy Guggenheim et Clara Haskil ? Et prendre son nom ?
Un couple de conservateurs de musée le rencontre lors d'une fête à Florence. Sous leurs yeux, la petite amie de Maher, Jeanne, est enlevée. La rançon : sept tableaux de la collection Bagenfeld, que rien ne lie en apparence les uns aux autres. Le couple se retrouve entraîné de la Suisse à l'Italie, en passant par une île mystérieuse au cœur du Pacifique et les caves d'une cité de la Seine-Saint-Denis, dans une traque où la personnalité de Maher est au centre de l'intrigue. Rejeté par le monde des collectionneurs, paria dans sa cité, seul au monde, il émerveille et fascine, magnifique et pitoyable Gatsby des temps modernes.
Dans ce roman dont le narrateur est le couple de conservateurs, écrit à la première personne du pluriel, les œuvres d'art sont ainsi des personnages : Ucello, Watteau ou Caravage accompagnent comme des ombres le destin mystérieux de Maher.
Adrien Goetz est l’auteur de trois romans, dont La Dormeuse de Naples (prix des Deux-Magots et prix Roger Nimier 2004).

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Le ciel de l’île devenait rouge, et une ligne horizontale de nuages souligna cette phrase.

« Je me disais que j’aurais pu tout donner, les tableaux, les entreprises, les filiales, pour vivre avec Jeanne. Elle seule comptait, je n’ai jamais hésité… Il me reste mes collections pour me souvenir d’elle, et ces choses sont comme jalouses de son ombre. Vous vous rappelez, nos propos, juste avant… sur le mobilier Charles X : la douceur de survivre. Comblé sans m’être usé à désirer, je ne connaissais pas le désir. Le regret me l’a appris. Des regrets qui ne laissent pas d’espérance : ceux d’un amour mort. »

Jeanne n’était jamais venue ici, sur Christmas Island, cadeau apparu dans la lunette du capitaine Cook le 24 décembre 1777. Maher voulait le lui offrir. Cette boîte rouge en équilibre sur un rocher nous faisait penser à une maison célèbre, découverte grâce au cinéma, la villa Malaparte de Capri.

Maher regardait le ciel à nouveau vide, cette mer sans bateaux, ces plages sans promeneurs. Derrière nous, la forêt, la montagne allaient se fondre dans le jour. Il lisait nos pensées, murmura :

« Si nous partions, tous les trois ? Il y a des endroits que j’aimerais vous faire connaître, où je ne suis pas retourné depuis longtemps. Et puis ma terre d’origine, la plaine entre La Marsa et Carthage, le pays de mon père, où je ne suis jamais allé. »

Il parlait avec sa voix d’autrefois : comme s’il pensait que Jeanne l’entendait. Il était devenu pour lui-même un souvenir que Jeanne aurait laissé. Il se torturait. Elle était morte, il l’aimait. N’aimions-nous pas le visage de cette madone de Cima da Conegliano, disparue il y a cinq siècles — en face de nous ?

Cette villa au bord d’une île, ce phare du bout du monde, où les forêts avaient des parfums impossibles à identifier, où le ciel nous paraissait un bloc trop uniforme pour ne pas être à lui seul une menace, et cette nature à explorer nous inspiraient de la mélancolie. La chaleur interdisait les excursions. On éprouvait, là-bas, renfermement et abandon. Maher se laissa bientôt aller à sa détresse. Il se promenait avec nous sur les chemins de crête, où des panoramas remplis d’odeurs à en étouffer s’associaient à une lassitude de plus en plus forte, le long des plages. Il nous montrait où était tombé le vaisseau spatial, il nous parlait de ces naufragés du ciel.

Nous nous lassions de porter nos lunettes de soleil, qui donnent de tout la même image. Nous avons vécu là quelques jours, personnages d’un tableau empâté de vernis, luisants de crème solaire, halés de marron et de jaune. Nous le disions à Maher, il répondait en décrivant un de ses tableaux : une toile de Frans Post, un Hollandais, qui représente une ferme au Brésil, l’année de la prise de Recife par le prince Jean-Maurice de Nassau-Siegen. Au premier coup d’œil, on croit voir une de ces campagnes dorées à la Ryusdaël, avec des moulins et du linge étalé pour sécher. Puis, l’œil découvre des palmiers, des fleurs violettes, des hérons gris et des champs de canne à sucre, des arbres d’Amérique qui reprirent les couleurs de la forêt lorsqu’on restaura la peinture.

Ici, sur Christmas, nous sentions craquer le vernis. Il laisserait la peinture à vif. L’après-midi, nous finissions de déjeuner, en maillots de bain, sur une terrasse qui descendait vers l’océan. La clarté des nappes et du grand parasol déjà replié ne réchauffait plus l’air. Maher fredonnait « Voici venir l’orage… » . Il murmura :

« Partons pour la Suisse ou la France. Je pensais que je resterais ici, mais il y a des endroits, je vous l’ai dit, où il faut que je retourne… Moi qui voulais vous offrir des vacances sous l’équateur, je m’emploie comme d’habitude à tout saboter. Etes-vous finalement revenus à Florence ?

— Non. Bientôt, nous voudrons des enfants, ce qui reporte à quelques années nos prochaines vacances…

— Tout est programmé. Vous saurez élever des enfants ? Je n’aurai jamais d’enfants, plus maintenant, mais si j’en avais, un fils ou une fille qui vous ressemblent ? Ou si un jour j’écris des romans, des héros à votre image ? »

La perspective de « rentrer » lui faisait retrouver ses intonations des premiers jours de notre amitié, les échos d’une époque de sa vie où nous ne le connaissions pas, échos d’une voix que nous n’avions pas entendue s’éteindre. Le rire de Maher.

Au centre de la villa, la terrasse communiquait avec la « bibliothèque » : une salle fermée par une baie en demi-cercle donnant sur la mer. La dunette d’un vaisseau avec son plancher verni. Des rayonnages dont on avait exclu les livres en couvraient le fond : mur d’étagères blanches et désœuvrées.

« Le climat ne valait rien aux volumes, toute cette eau de pluie. Nous les avons mis en carton en une nuit, mademoiselle Milpois et moi. Elle est venue m’aider à emménager ici. J’ai conservé les auteurs latins dans des éditions sans valeur. »

Etait-ce vraiment parce que la bibliophilie s’accommode mal des pluies équatoriales qu’il avait enlevé les livres ?

« Nous commencerons par Paris notre voyage de retour, je veux dire “Paris de France”. Ce serait surtout pour revoir le Louvre. Je rêve parfois en tableaux, comme certains rêvent dans d’autres langues. Je vois d’abord des couleurs, puis des détails ; mon œil bouge, grossit, rapetisse ; mon œil chemine, déforme les visages. Parfois, au lever, je ne me souviens pas. Je ne retrouve plus les peintures rêvées. Les avais-je même reconnues en dormant ? Ne m’arrive-t-il pas de rêver de tableaux qui n’existent pas ? J’en vois tellement défiler pendant la journée, j’observe peut-être des centaines de photos, alors c’est un peu normal. »

Il allait et venait, dans la pièce, regardant de temps à autre le rivage avec des jumelles. Maher, dans un costume de toile gris qui le vieillissait, avait troqué son allure de prince sage contre une mise plus négligée, des cheveux longs. Nous avions laissé un garçon souriant, nous retrouvions un adolescent toujours passionné, vorace au déjeuner et captivant quand il parlait de peinture, mais avec de brusques abattements. Maher se raccrochait à nous. Le ton de cette vie était devenu sérieux.

« Regardez, je savais qu’ils viendraient aujourd’hui ! Devinez qui vient nous voir ! À la hauteur de la pointe de Londres, tout au fond, non pas ici… plus bas… mettez vos yeux là…

— Un yacht impressionnant… Tu attendais de la visite ? Tu peux toujours jouer au moine bourru !

— Regardez mieux. Un yacht, mais plus précisément ?

— On ne peut pas lire le nom et de toute manière l’annuaire du New York Yacht Club n’est pas notre livre de chevet.

— Voyez le pavillon, je vous aide avec complaisance…

— Du jaune, du bleu, un bout de drapeau breton…

— Breton ! Ignares, mauvais Français ! Les mouchetures d’hermine de Bretagne sont noires sur fond blanc, là c’est l’inverse : bleu, jaune et “contre-hermine” dit-on, ça ne vous rappelle rien ?

— “Contre-hermine”, Dieu du ciel ! Nous n’avons entendu ce mot qu’une seule fois dans notre vie ! Ses soldats, son régiment imaginaire et un drapeau à ses couleurs ! La vieille toquée, la baronne Coignet, mais qu’est-ce qu’elle fait ici ?

— Cette excentrique sans le sou hisse son pavillon personnel au mât d’un yacht en plein milieu du Pacifique. »

La maison à peine quittée, la chaleur nous prit à la gorge, comme une fièvre. Un brouillard ardent s’étendait en bas de la route dans la direction de la mer. Des fumées blanches montaient au-dessus du village. Pas un bruit, le moteur de la jeep lui-même était silencieux, étouffé par l’humidité. La sueur ruisselait sur nos épaules.

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