Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort
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- Название:Le chagrin du roi mort
- Автор:
- Издательство:Gallimard Jeunesse
- Жанр:
- Год:неизвестен
- ISBN:9782070623877
- Рейтинг книги:4.33 / 5. Голосов: 3
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— Non, dit-il. On savait pas.
Aleks le poussa du genou pour l’alerter : « Méfie-toi, Brisco, méfie-toi ! Tu ne sens donc pas qu’il faut se méfier ? » Mais il vit que son frère était déjà ailleurs.
— Vraiment ? fit la dame.
Et elle se pencha vers eux.
Elle saisit sans manières la main gauche d’Aleks et la retourna vers le haut, paume ouverte.
— Voyons… Oh, mais tu as une ligne de cœur magnifique ! Regarde comme elle est bien tracée et comme elle va du poignet jusqu’au mont de Jupiter, là sous ton index ! Une splendeur !
Les doigts doux et tièdes s’attardaient sur ceux d’Aleks qui se sentit partagé entre le bien-être et la gêne.
— J’ai rarement vu une ligne de cœur aussi parfaite, tu sais ? Tu vivras un grand amour, je te le prédis.
Il y eut un silence, puis elle le regarda en plissant les yeux d’un air canaille.
— Mais tu as peut-être déjà une amoureuse ?
— Non, bredouilla Aleks, et Brisco pouffa de rire.
— Un très grand, très long et très bel amour… continua la dame, rêveuse. Quelle chance !
Aleks ne savait que dire.
— Merci…, fit-il bêtement, pour abréger, et il retira sa main.
C’était au tour de Brisco, maintenant, et il tendait déjà la sienne, impatient de savoir. Curieusement, la femme ne la saisit pas tout de suite. Elle se contenta de regarder de loin la paume ouverte de Brisco, mais ce qu’elle y vit suffit à la transfigurer. L’espace de quelques secondes, elle ne se ressembla plus. Comme si elle oubliait le rôle qu’elle était en train de jouer. Ou plutôt comme si une autre personne, plus dure, et cachée sous les traits de la première, venait de prendre sa place. C’était dans la lueur jaune et froide des yeux, dans l’arête trop sévère du nez.
— Montre-moi ça…, dit-elle, puis lentement, très lentement, elle avança ses deux mains, prit celle de Brisco et observa.
— Oui… oui…, murmura-t-elle. C’est bien ça… Tu…
— J’ai une belle ligne de cœur moi aussi ? demanda le garçon.
— Oui, enfin non, c’est-à-dire que tu…
Cette femme si sûre d’elle un instant plus tôt semblait maintenant en proie à une émotion violente.
Le chariot glissait à faible allure le long d’une galerie terreuse. Les têtes des voyageurs touchaient presque le plafond trop bas. On avait de plus en plus l’impression d’être engagé dans un tunnel à l’abandon et qui n’aboutirait nulle part.
— Eh ! s’exclama Aleks ? Où on est ? On s’est perdu !
— Ouais, confirma Brisco, je suis jamais passé par là !
— Ne vous inquiétez pas, dit la dame sans quitter des yeux la paume ouverte de Brisco. C’est juste une déviation. On ne vous l’a pas dit ?
Non, M me Holm ne leur avait rien dit, et Aleks ne put s’empêcher de penser que c’était une chose tout à fait impossible. Cette bonne personne n’aurait manqué pour rien au monde de les prévenir si elle avait su quoi que ce soit. L’angoisse lui serra la poitrine. Il fit un mouvement en direction de la poignée rouge, prêt à la tirer. Mais il fut stoppé net. La dame emprisonna son bras dans l’étau de ses longs doigts fins, et il fut stupéfait de la force qu’elle possédait.
— Ne touche pas à ça ! aboya-t-elle puis, consciente de sa brusquerie, elle continua d’une voix plus douce : Laisse, mon garçon, laisse. Nous allons arriver bientôt.
Le chariot grinçait péniblement sur son rail. Ils suivirent un long boyau obscur qui se fit de plus en plus étroit. Les deux garçons se serrèrent l’un contre l’autre.
— Regarde, chuchota Brisco en pointant son doigt vers le sol, devant eux, on dirait la corde qui tire le chariot ! Elle traîne par terre !
— Oui, c’est pas normal. Et puis on n’avance pas comme d’habitude.
Effectivement, au lieu de progresser avec régularité, le chariot faisait des à-coups, comme si le tireur ne savait pas s’y prendre, là-bas, au bout.
— Où tu crois qu’on va ? chuchota Brisco.
— Je sais pas…
Une lueur apparut enfin dans le lointain, comme un rai de lumière sous une porte.
— Nous y voilà…, dit la dame.
C’était une porte, en effet, faite de planches grossières, et si basse qu’on ne pouvait la franchir qu’accroupi. Elle bouchait le fond de la galerie et en constituait la fin. Le chariot buta contre elle. La dame, sans avoir à descendre, se retourna et frappa plusieurs petits coups. Comme personne ne répondait, elle cogna du poing, beaucoup plus fort.
— C’est vous, m’dame ? demanda une voix bourrue, de l’autre côté.
— Bien sûr que c’est moi, imbécile ! Lâche la corde et ouvre donc !
La porte, mal ajustée, frotta sur la terre, les gonds hurlèrent, et la lumière éblouissante du jour se déversa à flots dans la galerie. Les trois occupants du chariot, aveuglés, couvrirent leurs yeux à deux mains.
Ensuite, tout alla très vite. Une tête énorme et hirsute apparut dans l’encadrement. Une véritable hure de sanglier. L’homme s’avança à quatre pattes et demanda simplement :
— C’est l’quel ?
— Celui-ci ! fit la dame en désignant Brisco.
Alors l’homme déplia son bras puissant, empoigna Brisco par le col de sa veste, l’arracha à son siège et le tira vers lui.
— Brisco ! cria Aleks, et il s’accrocha à son frère.
Pour la seconde fois, la dame donna la preuve de sa force : elle cogna avec furie sur le bras d’Aleks jusqu’à ce que la douleur l’oblige à lâcher prise.
Dès que l’homme et son butin eurent disparu à l’extérieur, elle sauta elle-même par-dessus le bord du chariot et franchit la porte en rampant, indifférente au mélange de terre et de neige qui souillait ses jambes et ses vêtements.
— Brisco ! hurla Aleks et il tenta de les suivre.
Il engagea l’avant de son corps dans l’ouverture, mais la femme, couchée sur le dos à l’extérieur, le bourra de coups de pied pour l’empêcher de passer.
Comme il ne cédait pas, l’homme vint à la rescousse et lui porta un violent coup de genou dans le visage. Aleks fut projeté en arrière dans la galerie, sa tête heurta le chariot. Quand il parvint à se relever, étourdi par le choc, la porte s’était refermée, le laissant dans le noir. Il se jeta dessus, espérant l’ouvrir, mais il n’y avait aucune prise. Il s’y cassa les ongles. Il tambourina. Puis il posa sa tête contre le bois, suffoquant de sanglots.
Soudain, dans son désarroi, il pensa à la poignée rouge. Il la chercha à tâtons, la trouva et tira dessus si fort que le cordon se rompit et lui resta dans les mains. Est-ce que quelqu’un là-bas, au bout, avait tout de même reçu son appel ?
De l’autre côté de la porte, le bruit de lutte continuait. Brisco ne se laissait pas faire. Il résista jusqu’à ce que l’homme s’impatiente et lâche un juron suivi d’un coup plus brutal.
— Tu vas te calmer, oui !
Mais sa colère eut l’effet inverse de celui qu’il escomptait. Brisco, qui s’était tu jusque-là, se mit à appeler d’une voix déchirante :
— Aleks ! Au secours ! Aleks ! Aleks ! Au secours ! Aleks !
Entendre le cri terrorisé de son frère et ne rien pouvoir faire pour l’aider plongea le garçon dans le désespoir.
— Laissez-le ! pleura-t-il. Laissez-le !
Puis quelqu’un, l’homme ou la femme, entreprit de camoufler la porte, sans doute avec des branches. Le mince interstice d’où filtrait encore un peu de lumière fut vite obstrué. Aleks se retrouva dans le noir absolu et le silence. Il prêta l’oreille, mais plus aucun bruit ne lui parvint. Tous étaient partis.
Le chariot roulait mal, même dans la descente, et il l’abandonna bien vite. Il alla à quatre pattes puis debout dès que la galerie fut assez haute. Il se lança alors à la course, les bras tendus devant lui. Il tomba dix fois, s’abîma les genoux et les mains, se perdit. Quand il retrouva enfin l’artère principale et la lumière, un chariot arrivait justement, chargé de quatre voyageurs.
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