Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort

Здесь есть возможность читать онлайн «Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. ISBN: , Издательство: Gallimard Jeunesse, Жанр: Старинная литература, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Le chagrin du roi mort: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le chagrin du roi mort»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Le chagrin du roi mort — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le chagrin du roi mort», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

On dit aussi que Brit peut résister des nuits entières dehors, dans le froid glacial, sans mourir ni même s’enrhumer, preuve évidente que le feu de l’enfer la chauffe de l’intérieur. De la même façon, elle peut marcher pieds nus sur des braises ardentes sans se brûler, preuve supplémentaire qu’elle y est habituée.

Voilà pour le mal. Mais si on a besoin d’elle du côté du bien, elle est là aussi et ne demande rien en retour. Par exemple, elle peut courir au bout de la lande, s’écorcher les jambes et les bras pour cueillir au fond d’un ravin inaccessible une herbe connue d’elle seule et qui va guérir un enfant malade, faire tomber sa fièvre, arrêter sa toux ou sécher sa plaie.

— Bjorn, laisse-moi entrer hu-hu… vite !

Elle tient dans ses bras un deuxième nouveau-né enveloppé dans une couverture, aussi braillard et affamé que le premier, mais avec une différence : il est tout fait, celui-ci ! Il la laisse entrer, bien sûr. Dehors, il doit faire quinze degrés en dessous de zéro !

— Il a juste un jour… il a faim hu-hu…, dit la vieille.

Quand elle inspire, elle émet un bruit bizarre qui rappelle celui du vent glacé dans la plaine : hu-hu… C’est impossible à imiter, et c’est très inquiétant. C’est peut-être l’air qui siffle dans les trous de ses dents ?

— Sa mère est morte en couches… elle a perdu trop de sang… hu-hu… il faut que Selma le prenne… on trouvera une autre nourrice après… c’est juste pour l’allaiter quelques jours en attendant hu-hu… moi je peux rien pour lui, mes seins sont comme des vieux pruneaux secs hu-hu… tu comprends ?

Il comprend, et Selma n’y voit pas d’inconvénient non plus. Si ça peut rendre service… si c’est pour quelques jours… On lui monte le bébé dans la chambre. Il est beau et dodu. À l’intérieur de son pouce gauche, dans le gras, il y a le léger relief en croix d’une marque brune bien dessinée, comme une brûlure. Qu’importe. Comme Selma a du lait plus qu’il n’en faut, elle lui donne la tétée. Il boit goulûment et un quart d’heure plus tard, les deux nourrissons dorment blottis l’un contre l’autre, exactement comme s’ils étaient de la même couvée. Pour la première fois, les voilà bras contre bras, collés l’un à l’autre, et c’est parti pour longtemps !

Car d’autre nourrice, il n’en vient pas, ni les jours qui suivent, ni jamais, et personne ne réclame l’enfant. Et Brit ne se montre pas.

En quittant la maison, elle s’est retournée, sur le seuil, elle a vissé ses yeux minuscules et délavés dans ceux de Bjorn et lui a chuchoté :

— C’est pas la peine d’en parler à tout le monde hu-hu… ça pourrait porter malheur au petit… je vous conseille de vous taire… en attendant, vous aurez qu’à dire hu-hu… que Selma a eu des jumeaux et voilà… c’est pas si étonnant hu-hu… son ventre était tellement rond, hein ? Et ça pourrait porter malheur au petit, je te l’ai déjà dit, Bjorn…

— Comment s’appelle-t-il ? a-t-il demandé tandis que le tablier noir de Brit s’éloignait déjà dans la nuit.

Sans se retourner, la sorcière a levé les bras en signe d’ignorance et elle a disparu.

Alors, même si les Johansson ne croient guère à toutes ces fadaises, ils se disent qu’il s’agit d’un enfant après tout, qu’il vaut mieux ne prendre aucun risque, et ils se taisent. La sœur et la sage-femme se tairont aussi, c’est promis. Pour le prénom, ils ont longtemps hésité entre Aleksander et Brisco, au cas où ce serait un garçon. Aleksander est pris, reste Brisco, alors va pour Brisco.

Ils grandissent l’un à côté de l’autre, comme des frères jumeaux qu’ils ne sont pas, mais qu’ils sont tout de même, enfin c’est tout comme. Ils ont la même taille et peuvent échanger leurs vêtements sans y penser. S’il y a deux manteaux accrochés à la porte, le premier arrivé prend le premier manteau qui lui tombe sous la main et voilà. Le second prend celui qui reste. Pareil pour les pantalons, les chaussures, les écharpes, les bonnets. Ils mangent les mêmes aliments, boivent le même lait, attrapent en même temps les mêmes maladies dont ils guérissent en même temps. Se font gronder pour les mêmes bêtises et féliciter ensemble s’ils le méritent. Ils jouent des milliers d’heures sans se lasser l’un de l’autre, ne se disputent jamais. Aleksander devient Aleks parce que c’est plus court à dire, et plus gentil. Brisco reste Brisco.

Les années passent et dix fois Selma est près de lui dire, à Brisco. Il a le droit de le savoir tout de même, et ce n’est pas si difficile à expliquer :

— Ecoute, Brisco. Tu es grand maintenant, puisque tu as l’âge de raison, sept ans, alors il faut que je te dise ceci : je suis ta mère, bien sûr, et je le resterai toujours, mais voilà, lorsque tu es né, ta vraie mère, enfin je veux dire la femme qui… Non, ça ne va pas.

— Ecoute-moi, Brisco, tu es en âge de comprendre puisque tu as huit ans, alors voilà : tu n’es pas sorti de mon ventre comme Aleks. On t’a amené à moi tout petit parce que… Non, ça ne va pas non plus.

— Brisco, maintenant que tu as dix ans, il y a une chose que je voudrais te dire : ce qui compte le plus pour une mère, ce n’est pas forcément d’avoir porté son enfant, enfin ça compte bien sûr, mais le plus important c’est tout ce qu’elle… tout ce qu’il… enfin tout ce qu’ensemble…

Non, décidément ça ne va pas non plus. Rien ne va. Elle a peur qu’il la regarde avec des yeux effarés et qu’il éclate en sanglots.

— Mais alors, j’ai pas de maman…

Elle a surtout peur de sa colère :

— Pourquoi tu me l’as dit ? J’avais pas besoin de le savoir, moi ! J’étais heureux ! À quoi ça me sert de le savoir, hein ?

Alors elle se tait.

De plus, elle n’a jamais oublié le terrible avertissement de la sorcière Brit : « Ça pourrait porter malheur au petit… » La vieille l’a dit et répété : « Ça pourrait porter malheur au petit. » Jusqu’ici, il n’a eu que du bonheur. Est-ce que ce n’est pas justement parce qu’ils se sont tus ? On a beau ne pas y croire…

Sa hantise, c’est qu’un jour quelqu’un qui voudrait du mal à Brisco, pour une dispute, pour une bêtise, lui jette la terrible insulte à la figure :

— Hé, Brisco ! T’es pas le fils de Selma, t’es un bâtard ! Tu le savais pas, hein ? Eh ben, tu le sais maintenant ! Un bâtard, ah ! ah ! un pauv’ bâtard ! Demande-lui, à ta mère, demande-lui donc ! Et regarde bien la tête qu’elle fait quand tu le diras ! Et tu verras si j’ai pas raison !

Mais personne, pour l’instant, ne veut de mal à Brisco. Comment pourrait-on vouloir du mal à ce gentil garçon ? D’ailleurs, il y a si peu de personnes dans le secret. Il y a elle, bien entendu, Selma. Il y a sa sœur cadette. Il y a Bjorn et il y a la sage-femme. Alors que craindre ? Aucun de ceux-là ne parlera jamais. Elle sait bien, cependant, qu’elle se ment à elle-même pour se rassurer, car il y a forcément d’autres personnes qui savent. Brit la sorcière, d’abord, qui fait comme si rien n’était jamais arrivé.

Selma a essayé de l’interroger, un jour, mais la vieille a tourné les talons sans répondre, même pas un petit hu-hu… Et d’autres savent. Cet enfant n’est pas tombé du ciel. Selma fait souvent le même cauchemar : trois cavaliers vêtus de noir viennent frapper à la porte et lui disent : « Merci, Selma, d’avoir pris soin du petit, mais ce n’est pas le tien, tu le sais. Nous sommes chargés de le reprendre. Allez, donne-le et ne fais pas d’histoires. »

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Le chagrin du roi mort»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le chagrin du roi mort» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Mourlevat, Jean-Claude - L'homme qui levait les pierres
Mourlevat, Jean-Claude
libcat.ru: книга без обложки
Jean-Claude Mourlevat
Mourlevat, Jean-Claude - L'homme à l'oreille coupée
Mourlevat, Jean-Claude
Mourlevat, Jean-Claude - L'homme qui ne possédait rien
Mourlevat, Jean-Claude
Jean-Claude Mourlevat - Terrienne
Jean-Claude Mourlevat
Jean-Claude Borelly - Dolannes Melodie
Jean-Claude Borelly
Jean-Claude Lin - Im Garten der Zeit
Jean-Claude Lin
Отзывы о книге «Le chagrin du roi mort»

Обсуждение, отзывы о книге «Le chagrin du roi mort» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x