Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort
Здесь есть возможность читать онлайн «Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. ISBN: , Издательство: Gallimard Jeunesse, Жанр: Старинная литература, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.
- Название:Le chagrin du roi mort
- Автор:
- Издательство:Gallimard Jeunesse
- Жанр:
- Год:неизвестен
- ISBN:9782070623877
- Рейтинг книги:4.33 / 5. Голосов: 3
-
Избранное:Добавить в избранное
- Отзывы:
-
Ваша оценка:
- 80
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
Le chagrin du roi mort: краткое содержание, описание и аннотация
Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le chagrin du roi mort»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.
Le chagrin du roi mort — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком
Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le chagrin du roi mort», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.
Интервал:
Закладка:
Le passage entre les dernières barrières était tellement étroit qu’on avançait en file indienne. Bientôt, il ne resta plus qu’une dizaine de personnes devant eux. Aleks poussa Brisco devant lui.
— Vas-y ! Passe le premier !
Soudain, ils furent au pied du lit. La tête du roi était nue, auréolée de l’abondante chevelure argentée. Les flocons de neige qui voletaient tout autour donnaient un peu le vertige et faisaient croire à un rêve, et pourtant c’était vrai : le roi était mort, et son corps reposait là, dans le froid, au milieu de la Grand-Place.
Le visage barbu était paisible, comme si le roi faisait la sieste. On aurait dit que les vieilles mains croisées sur la poitrine allaient se soulever, poussées par la respiration, mais elles ne bougeaient pas, elles étaient figées comme les mains d’une statue. On aurait dit que les paupières allaient s’entrouvrir et que les yeux bleus allaient regarder le ciel, mais elles ne s’entrouvraient pas. Elles étaient fermées pour toujours. Le roi Holund ne dormait pas, il était mort.
— Allez, allez, fit le soldat, passez !
Brisco tendit le bras, toucha le bord du lit de pierre et passa. Aleks, lui, fit un pas de plus et il avança sa main vers la botte du roi. Le contact de ses doigts sur le cuir lui donna le frisson. « J’ai touché le roi mort ! »
— Allez, passe ! dit le soldat qui veillait à ce que personne ne s’attarde.
Il le dit avec bienveillance, ce n’était pas un jour où l’on avait envie d’aboyer.
Mais Aleks n’avait pas son compte, il voulait rester encore, alors il improvisa une chose insensée. Il n’y avait pas songé dans la seconde précédente, mais il osa : au lieu de s’en aller, de suivre le mouvement, sur les talons de Brisco et des autres, il fit un pas de côté, puis un autre, un autre encore, et il s’immobilisa. Les soldats ne réagirent pas. Pourquoi ? C’est difficile à comprendre. Peut-être parce qu’il avait exécuté son mouvement avec tellement de naturel et d’innocence, sans se cacher. Peut-être parce que chacun des quatre soldats avait compté sur les trois autres pour le faire déguerpir. Peut-être parce qu’il était un enfant. En tout cas, il était là maintenant et c’est tout juste s’il respirait. « Si je bouge un cil, se disait-il, ils me chassent. » Alors il ne bougea pas un cil, pendant plusieurs minutes. La neige s’accumulait sur la capuche de son manteau. Il ne la secoua pas, et cela fit sur sa tête une petite galette blanche qui monta, centimètre après centimètre.
Quand il sentit que sa place était gagnée, qu’il était presque oublié, qu’on avait sans doute admis qu’il ne gênait rien ni personne, il osa mieux regarder.
Le visage du roi, d’abord. C’était le plus passionnant, car les flocons de neige s’y déposaient avec délicatesse. Ils se prenaient d’abord dans la barbe fleurie, les sourcils, les cheveux, puis finissaient par blanchir le front, les joues, les tempes. Un soldat, toujours le même, un grand efflanqué qui se tenait à gauche de la tête du lit, s’approchait alors et soufflait. Il soufflait à plusieurs reprises, avec respect, à petits coups délicats fhout fhout… La neige s’envolait et le visage réapparaissait. Aleks avait l’impression que le roi s’en amusait et qu’un sourire se dessinait sur sa bouche, mais c’était plutôt le froid qui raidissait ses traits et donnait cette illusion.
Le roi semblait dormir et devant lui passait son peuple emmitouflé. Aleks observait ce défilé sans fin. Des gros, des maigres, des tassés, des grands dégingandés. Ils étaient venus de l’île entière, de ce bout du monde appelé Petite Terre. Seuls manquaient les malades et les mourants. Tous les autres étaient là : de très vieux et de très vieilles qui avaient connu le roi enfant, et qui s’avançaient, presque cassés en deux par l’âge et le chagrin ; des hommes et des femmes plus jeunes qui s’arrêtaient un instant, touchaient la pierre du bout des doigts, ou la botte, ou posaient leur front sur la jambe du roi. Si quelqu’un s’attardait un peu trop, un soldat s’avançait et le poussait avec ménagement de la crosse de son fusil.
— Allons, madame, allons, monsieur, passez, il y a encore beaucoup de monde qui attend.
Aleks ne sentait plus ses doigts. Les briquettes étaient froides maintenant dans ses moufles. Et ses pieds ? Étaient-ils gelés ou bien est-ce qu’ils brûlaient ? Voilà plus d’une heure qu’il était là sans bouger, dans le froid glacial. Il ne grelottait pas. Il avait eu très froid au début, et puis c’était passé. Il avait dû perdre conscience un instant, s’endormir debout, puisque les quatre soldats n’étaient plus les mêmes. Ils avaient été relevés sans qu’il s’en aperçoive. Et les nouveaux ne le chassaient pas non plus. Si ceux d’avant avaient toléré ce gamin, qu’il reste ! avaient-ils dû penser. Il était pétrifié. Le froid figeait tout, sauf les larmes salées qui coulaient sur les joues.
Le roi était comme une statue couchée, et lui comme une statue debout. Il rit à l’idée que, s’il restait encore un peu, la nuit allait venir, que tous rentreraient chez eux, les hommes, les femmes, les chevaux, les soldats, et qu’il n’y aurait plus qu’eux deux sur la place déserte : le roi mort, sur son lit de pierre, et lui Aleks, debout à côté. La neige tomberait sur eux toute la nuit. Et au matin le premier passant s’étonnerait de le trouver là, il le basculerait, raide comme un bâton, sur son épaule ou sous son bras, et l’emporterait pour le faire dégeler.
Sur sa capuche, le chapeau de neige montait sans cesse. Il mesurait au moins vingt-cinq centimètres à présent et penchait dangereusement sur le côté gauche. Il en sentait le poids. « Si Brisco voyait ça, il éclaterait de rire », pensa Aleks sans secouer la tête.
C’est là, juste au moment où il imaginait le rire de son frère, que cela arriva. C’était un rêve, bien sûr, un simple rêve, puisque les morts ne bougent pas, c’est connu. Alors que le roi Holund, qui était bien mort pourtant, venait d’ouvrir ses yeux bleus comme de la glace. Ses longs cils blancs étincelaient de givre. Il se redressa lentement et s’assit sur le bord du lit de pierre. La neige glissa de son manteau royal et tomba en douce avalanche autour de lui. Son regard était rieur, comme il l’avait toujours été, mais l’expression du visage était inquiète et le sourire douloureux.
— Brisco…, soupira-t-il en regardant l’enfant.
— Je ne suis pas Brisco, voulut le corriger Aleks, je suis…
Mais ses joues, sa bouche et ses lèvres étaient dures comme du bois et il ne parvint à émettre aucun son.
— Brisco, attention au feu…
Le roi hocha la tête à plusieurs reprises et répéta :
— Attention au feu, n’est-ce pas…
Sa voix était douce et calme. Triste.
— Le feu ? Quel feu ? demanda muettement Aleks.
Le roi sembla comprendre et répondit :
— Le feu qui brûle…
« Le feu qui brûle ! Je suis bien avancé avec ça, pensa le garçon. Le froid qui gèle, tant qu’il y est ! Et l’eau qui mouille ! »
Les gens continuaient à défiler au pied du lit et à s’incliner devant la dépouille du roi mort, parce qu’elle reposait toujours sur la pierre, comme avant. D’ailleurs, un soldat venait de souffler une fois de plus sur le visage pour en chasser les flocons. Le roi assis sur le bord du lit était comme un double qui serait sorti de l’autre, une sorte de fantôme chagrin que seul Aleks pouvait voir.
— Le feu qui brûle…, gémit-il. Le feu qui brûle…
Il se comportait comme un enfant qui connaît trois mots et les répète à l’infini en espérant qu’on finira par le comprendre.
Mais Aleks ne comprenait pas. Le feu n’était pas un ennemi, sur l’île froide de Petite Terre. Au contraire, on le chérissait, on le protégeait, on le couvait, depuis les braises rouges qu’on garde dans le fourneau pour le rallumer au petit matin jusqu’au grand feu qui crépite et monte dans le ciel nocturne, les jours de fête.
Читать дальшеИнтервал:
Закладка:
Похожие книги на «Le chagrin du roi mort»
Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le chagrin du roi mort» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.
Обсуждение, отзывы о книге «Le chagrin du roi mort» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.