Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort

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Le chagrin du roi mort: краткое содержание, описание и аннотация

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Arrivait maintenant le moment de l’histoire tant attendu par Brisco. Il poussa son frère du coude.

— Tu vas voir, ça fait peur.

Le conteur baissa la voix et ses yeux s’arrondirent.

— Ils chevauchèrent un moment sans se parler. Puis la lune sortit des nuages, et le diacre se retourna vers Gudrun. Il dit ceci : « File la lune… chevauche la mort… ne vois-tu pas la tache blanche sur ma nuque… Garun… Garun… »

Le conteur avait chuchoté ces derniers mots et on aurait pu penser qu’à cet instant c’était lui l’ afturganga. Sur les bancs, les bouches s’étaient ouvertes et les enfants se tenaient aussi immobiles que des pierres.

— Je comprends…, se dit Gudrun et elle sauta à terre, épouvantée ! Il était plus que temps car, au même moment, l’équipage entrait dans un cimetière et se précipitait dans une tombe ouverte ! Le revenant s’était trahi : comme tous ceux de son espèce, il ne pouvait pas prononcer le nom de Dieu : Gud, ni donc le prénom de Gud- run qu’il était obligé de transformer en Ga-run. La jeune fille, terrorisée, sonna la cloche du cimetière jusqu’à ce qu’on vienne à son secours. Dans les jours qui suivirent, elle ne put rester seule et il fallut veiller sur elle chaque nuit. Enfin elle alla mieux, mais on dit qu’elle ne fut jamais plus comme avant…

L’histoire était finie. Le dernier mot fut suivi d’un silence, puis les enfants applaudirent, un peu pour remercier l’artiste, et beaucoup pour entendre un bruit rassurant.

Pendant le récit, les deux garçons étaient restés tournés vers le conteur. Quand ils se remirent dans le bon sens pour continuer leur route, ils sursautèrent. Une femme, debout à côté du chariot, leur souriait. Une très élégante femme blonde.

— Oh ! s’amusa-t-elle, je suis désolée de vous avoir fait peur. Vous allez aussi à la chambre des Sagas, je suppose ?

— Oui, répondit Brisco.

— Alors je suis chargée de vous dire que le 47 B n’y va pas aujourd’hui. Il y a des travaux sur la ligne et nous devons emprunter une déviation. Je vous conduis.

Sa voix était grave et elle avait une façon singulière de rouler les « r » et de moduler ses phrases, un peu comme quelqu’un qui ne parlerait pas dans sa langue maternelle. C’était une étrange musique, à la fois ensorceleuse et inquiétante.

— Ah, bon ? firent les garçons et ils la suivirent sans méfiance.

Tous les trois marchèrent vers un autre chariot qui attendait contre le mur. Aleks remarqua les planches mal rabotées et la rouille sur le métal des roues.

— Pas très confortable…, grogna Brisco en s’asseyant à côté de son frère, dans le sens de la marche.

— Rassurez-vous, le voyage sera court, fit la dame et elle prit place en face d’eux. Nous allons suivre une ancienne galerie.

L’éclairage posait une lumière dorée sur le satin de ses joues et de ses mains. Ses ongles longs et soignés n’étaient pas ceux d’une femme d’ici. Un manteau de fourrure, du renard peut-être ou bien de la loutre, recouvrait ses épaules fines, son corps svelte et ses longues jambes croisées. Ses yeux brillaient d’un éclat jaune comme ceux des louves. Elle portait un bonnet, de fourrure lui aussi.

Le chariot, bien que grossièrement construit, était équipé de la poignée rouge et des mêmes cordons que les autres. Sans attendre, Brisco tira sur le jaune et ils s’engagèrent dans la galerie qui trouait le mur sur la gauche. Les murs étaient faits de terre et les lampes tout juste suffisantes. Ils voyagèrent d’abord dans le silence. Comme l’afturganga du diacre de Myrka et sa fiancée Gudrun ! se dirent les deux garçons sans se concerter. Ils étaient déçus de devoir partager le chariot désormais, et d’être ainsi empêchés de s’amuser à leur guise. Mais la jolie dame ne leur prêtant aucune attention, ils finirent par s’accommoder de sa présence et presque l’oublier.

Comme ils suivaient un couloir obscur, Aleks se pencha à l’oreille de Brisco, prit sa voix la plus sinistre et chuchota :

File la lune… chevauche la mort… Garun… Garun… Ne vois-tu pas la tache blanche…

Arrête ! cria Brisco et ils s’empoignèrent en un simulacre de bagarre.

Le calme revenu, ils glissèrent un long moment sans rien dire dans une côte assez raide, puis à nouveau sur un plat. Même s’il s’agissait d’une déviation, le voyage leur semblait étrangement long. Comme si le chariot s’était perdu dans le dédale des galeries, ou bien comme si les distances s’étaient rallongées. À présent, on était dans la pénombre.

— Vous êtes les fils Johansson ? demanda la dame d’une voix veloutée.

C’était tellement inattendu qu’ils sursautèrent une seconde fois.

— Oui, répondit Brisco, le plus prompt des deux.

— Oh, très bien ! approuva la femme, et elle eut l’air ravi.

Aleks se demanda ce qu’il pouvait bien y avoir d’aussi réjouissant pour cette dame qu’ils soient les fils Johansson comme elle disait. Mais il eut surtout, dans la seconde même, la brève et puissante envie de tirer sur la poignée rouge. Ce fut comme un mouvement instinctif de survie, quelque chose d’animal et d’irrationnel. Au lieu de cela, il se raisonna, ainsi que ses parents le lui avaient enseigné : est-ce qu’une jolie dame qui vous demande poliment si vous êtes les fils Johansson représente un danger ? Non, bien sûr que non ! Mais d’autre part, son père le lui avait souvent répété : « Suis ton intuition, mon garçon ! écoute ton cœur et ton intuition… Ils ne te tromperont jamais. » La vie est décidément compliquée… En tout cas, il ne tira pas sur la poignée rouge.

S’il l’avait fait, le chariot se serait arrêté à la première station rencontrée, et quelqu’un serait venu à l’aide, avec des flambeaux qui auraient tout éclairé en grand. Peut-être la dame serait-elle alors partie sans demander son reste. Peut-être aurait-elle même purement et simplement disparu, comme ces créatures des ténèbres qui ne supportent pas la lumière du jour et s’éclipsent à la première lueur de l’aube. Il ne tira pas sur la poignée rouge.

— Vous êtes jumeaux, n’est-ce pas ? demanda l’élégante dame blonde.

Ils opinèrent. Elle sourit.

— Et vous vous appelez Aleksander et Brisco…

Ils ne purent qu’approuver à nouveau.

— Voyons, lequel de vous deux est le plus rapide à la course ?

— On est à égalité…, répondit Brisco, et Aleks confirma en hochant la tête.

— Oh, je vois ! fit la dame.

Au passage de chaque lampe, l’émail étincelant de ses dents brillait entre ses lèvres parfaites. Aleks et Brisco avaient croisé beaucoup de jolies femmes dans les rues de la ville, mais celle qui était assise là, à moins de un mètre d’eux, les surpassait toutes. Elle ne les lâchait pas des yeux, allant de l’un à l’autre, et elle semblait les trouver prodigieusement intéressants.

— Et le plus gourmand ? Lequel de vous deux est-il le plus gourmand ?

— Je crois que c’est moi, répondirent-ils dans un ensemble parfait.

Cette fois, elle éclata d’un rire clair. « Comme ils sont charmants ! » semblait-elle penser.

— Et lequel des deux est-il le plus… chanceux ? Dites-moi…

Les garçons se regardèrent. Ils ne s’étaient jamais posé cette question-là. La chance venait pour les deux à la fois ou pour aucun, sans doute. Leur silence ne découragea pas la dame.

— Montrez-moi donc vos mains et je vous le dirai.

— Nos mains ?

— Oui. Il y a dans vos mains des lignes qui parlent. Vous ne le saviez pas ?

Aleks secoua mollement la tête. Il n’avait pas envie de poursuivre la conversation. Le charme affiché de cette inconnue le mettait mal à l’aise. Brisco, en revanche, n’y semblait pas insensible.

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