Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort

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Aleks ne voyait pas où son oncle voulait en venir.

— Non, répondit-il, il disait juste « Brisco », rien d’autre.

Ketil laissa passer encore quelques secondes dans l’espoir qu’Aleks se souviendrait peut-être mais, comme rien ne venait, il enchaîna :

— Bien. Le roi t’a-t-il mis en garde contre un autre danger que le feu ?

— Non. Il a parlé que du feu. Je lui ai demandé de mieux s’expliquer, mais ça le fatiguait trop.

— Ça le fatiguait trop ?

— Oui, il avait l’air épuisé. C’est normal. Sortir de son corps, c’est dur, enfin j’imagine.

Plusieurs conseillers se surprirent à hocher la tête, à peine conscients du caractère saugrenu de la situation. Eux, des politiques chevronnés, en pleine réunion du Conseil, étaient en train d’écouter un enfant de dix ans leur expliquer qu’il est fatigant pour un fantôme de quitter son corps, et que faisaient-ils ? Ils approuvaient sans rire.

— Une dernière chose avant de te laisser, Aleks, reprit Ketil. Il s’agit de la dame blonde de la bibliothèque royale.

Aleks se crispa. Penser à cette femme lui faisait mal au ventre chaque fois. Sa beauté diaphane, sa cruauté et l’issue tragique de son apparition, tout cela lui laissait un goût très amer, et surtout le terrible regret de n’avoir rien fait pour empêcher le drame.

— J’ai tout dit sur elle…, fit-il en espérant abréger.

— Oui, bien sûr. Mais je voudrais que tu reviennes sur un point. Ensuite, c’est promis, nous te ficherons la paix.

— D’accord.

— Tu as dit que cette dame avait observé vos mains, c’est ça ?

— Oui, les lignes de nos mains, pour voir qui de nous deux était le plus chanceux.

— S’il te plaît, Aleks, fais un dernier effort et raconte-nous comment elle s’y est prise.

L’enfant inspira profondément et tâcha de se souvenir.

— Elle a d’abord regardé ma main à moi et elle a dit…

— Qu’a-t-elle dit ?

Il hésita un instant. Dans d’autres circonstances, il n’aurait certainement pas osé répéter les mots de la femme, mais dans l’étrange rêve éveillé qu’il vivait depuis deux jours, cela ne le gênait pas plus que ça.

— Elle m’a promis un « très grand, très long et très bel amour », fît-il les yeux baissés et de sa petite voix triste.

Pour la première fois depuis le début de la réunion, quelques sourires apparurent.

— Et pour Brisco ? Qu’a-t-elle dit pour Brisco ?

— Presque rien.

— Presque rien ?

— Non. Parce qu’on était arrivé au bout de la galerie, et puis parce qu’elle a vu quelque chose dans sa main, quelque chose qui l’a impressionnée, mais je sais pas quoi.

Il y eut un silence.

Bjorn Johansson, assis à côté de son fils, sentit que les regards se tournaient vers lui. « Nous y voilà, pensa-t-il, le secret aura tenu dix ans, mais le passé nous rattrape toujours… »

Après les funérailles du roi, il avait fait ce qu’il estimait être son devoir dans cette période d’inquiétude : porter à la connaissance de ses amis du Conseil « le rêve » d’Aleks et l’avertissement, par-delà la mort, du vieux souverain. Il était un homme raisonnable et respecté. On l’avait écouté sans le traiter de fou. Il n’avait pas omis de mentionner que le roi s’était adressé à Brisco et à personne d’autre. Et voilà que Brisco était enlevé quelques jours plus tard par cette femme blonde… Comment ne pas voir que tout cela était lié ? Il restait à dévoiler le secret, si bien tenu jusqu’à ce jour, de l’arrivée de Brisco, par une nuit d’hiver, chez eux les Johansson. Mais il ne se sentit ni la force de le révéler à cet instant, ni le droit de le faire sans l’avis de Selma. Et puis, surtout, il y avait Aleks, là, juste à côté de lui, qui avait déjà largement son compte d’émotions.

— Je ne sais pas non plus, dit-il, devançant la question que tous avaient sur les lèvres. Je ne sais pas. Selma et moi avons bien remarqué quelque chose sur la main de Brisco, mais je ne vois pas…

— Qu’avez-vous remarqué, Bjorn ?

— Eh bien… Brisco a depuis toujours une cicatrice dans le gras du pouce gauche.

— Une cicatrice ?

— Oui, elle ressemble à une brûlure, en forme de croix.

Il y eut à nouveau un silence, bientôt rompu par la voix douce et pondérée d’une conseillère installée à l’opposé de la table :

— Il l’avait de naissance, cette cicatrice, Brisco ?

Elle se corrigea aussitôt, consciente de sa maladresse :

— Il l’a de naissance ?

Bjorn se troubla. Mentir dans la salle du Conseil ne lui était jamais arrivé en douze années de mandat. Il se rappela le serment prononcé en ce lieu le jour de son investiture. Il s’était engagé, debout et à voix haute, devant tous, à « ne pas mentir en conscience » dans cette enceinte, et aussi à « ne pas taire en conscience ce qui pourrait relever de l’intérêt commun ».

— Tu as entendu la question ? intervint Ketil, avec ménagement.

— Je l’ai entendue…, répondit Bjorn, et il choisit de dire la vérité.

Comment aurait-il pu savoir si Brisco possédait cette marque à la naissance ou bien si quelqu’un la lui avait faite juste après.

— Je ne sais pas…, fit-il, et il sentit peser sur lui les regards surpris des conseillers. Je… je n’ai pas assisté à la naissance.

— Selma doit le savoir, elle, reprit la femme en bout de table.

— Selma ne le sait pas non plus…

Bjorn était au supplice. L’épuisement, la douleur insupportable d’avoir perdu Brisco et maintenant l’obligation d’avouer en public que son fils n’était pas son fils, tout cela le submergea soudain. Ses yeux se mouillèrent et il fut près de s’effondrer. Seule la présence d’Aleks à son côté l’en retint.

— Excuse-nous, Bjorn, fit Ketil qui s’était rendu compte du désarroi de son beau-frère. Excuse-nous, tu es très fatigué. Je crois qu’il vaudrait mieux…

À cet instant, un garde en tenue poussa la porte, se dirigea vers le premier conseiller et lui parla assez longuement à l’oreille. Ketil l’écouta avec attention puis s’adressa à l’ensemble de l’auditoire :

— Une femme demande à être entendue. Elle prétend que c’est urgent et de la plus haute importance. Je propose qu’on l’écoute. Y a-t-il des objections ?

— Si c’est en rapport avec l’ordre du jour, aucune, fit son voisin.

— D’après elle, ça l’est.

Le garde disparut et revint moins de trente secondes plus tard, poussant devant lui une femme d’une soixantaine d’années, ronde et courtaude, tout essoufflée, et vêtue d’un grossier manteau de paysanne.

— Messieurs dames…, dit-elle, en rabattant la capuche sur ses épaules, et on vit apparaître une lourde face éclairée par deux grands yeux sombres légèrement exorbités.

Ce fut une seule exclamation dans la salle du Conseil :

— Nanna !

Ses joues brillaient de sueur, ses cheveux gris hérissés faisaient autour de sa tête comme une crinière sauvage.

— Eh oui, fit-elle d’une voix forte, c’est moi ! Pardon si je vous fais peur. Excusez ma tenue, j’ai pas eu le temps de me faire belle, enfin… de me faire moins moche. J’arrive juste, comme vous voyez. Excusez le dérangement aussi, mais on m’a dit que vous étiez réunis pour le petit qui a été enlevé et… justement, j’ai des choses à dire… des choses que j’ai pas pu dire il y a dix ans… mais que je peux dire maintenant… parce que… oh, ça fait mal de repenser à ça… si vous saviez comme ça fait mal… mon pauvre Arpius, va… il méritait pas ça… la veille, il m’avait encore dit : « Nanna, tu peux déjà chauffer la marmite… demain il y aura deux beaux lapins rôtis dedans… un pour toi un pour moi… bien mitonnés bien parfumés… » parce qu’on avait bon appétit tous les deux on était capable de manger un lapin chacun ça vous étonne ? Les lapins, il les a jamais ramenés et vous savez pourquoi… et la grande marmite, je l’ai plus jamais chauffée depuis… mais c’est pas de ça que je voulais vous causer… c’est du petit parce que…

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