Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort
Здесь есть возможность читать онлайн «Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. ISBN: , Издательство: Gallimard Jeunesse, Жанр: Старинная литература, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.
- Название:Le chagrin du roi mort
- Автор:
- Издательство:Gallimard Jeunesse
- Жанр:
- Год:неизвестен
- ISBN:9782070623877
- Рейтинг книги:4.33 / 5. Голосов: 3
-
Избранное:Добавить в избранное
- Отзывы:
-
Ваша оценка:
- 80
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
Le chagrin du roi mort: краткое содержание, описание и аннотация
Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le chagrin du roi mort»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.
Le chagrin du roi mort — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком
Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le chagrin du roi mort», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.
Интервал:
Закладка:
— Nanna, l’interrompit Ketil, calme-toi. On va t’apporter un siège, tu vas t’asseoir et nous expliquer tranquillement pourquoi tu es venue nous voir.
— M’asseoir à la table du Conseil ? Sûrement pas ! J’ai bien trop de respect ! Je préfère rester debout. Je marche depuis huit heures, je peux bien attendre encore un peu avant de me reposer.
— Comme tu voudras, nous t’écoutons.
— Attendez, intervint Bjorn. J’aimerais qu’Aleks puisse quitter la séance. Sa présence n’est plus indispensable, je suppose.
— Bien sûr, fit Ketil, et il se tourna vers le garçon. Aleks, nous te libérons. Un garde te raccompagnera chez toi. Je te félicite au nom du Conseil de Petite Terre. Ce que tu nous as dit nous servira beaucoup. Tu as été courageux.
L’enfant se leva et sortit tandis que les conseillers, en signe de remerciement, frappaient tous ensemble et doucement la table du bout de leurs doigts.
La femme emmitouflée dans son lourd manteau et campée deux mètres derrière le fauteuil vide du roi était connue de tous. Voilà dix ans qu’elle avait disparu de la ville et nul n’avait plus entendu parler d’elle. Mais on ne l’avait pas oubliée. Comment oublier Nanna ? Qui n’avait pas entendu trois fois au moins de sa bouche l’histoire de son « pauvre Arpius » et des deux lapins jamais rapportés ?
— Nous t’écoutons, Nanna, répéta Ketil. Tâche de dire les choses dans l’ordre et n’encombre pas ton récit de trop de détails inutiles, si tu le peux.
— Pour les détails, j’essaierai de garder juste ceux qu’il faut… et pour l’ordre, je ferai de mon mieux parce que c’est pas mon fort… avec moi, ça part un peu dans tous les sens… mais reprenez-moi quand je mélangerai de trop… vous gênez pas… disons que ça commence le soir où mon Arpius est pas rentré de la chasse… il y était parti avec Iwan, le fils du roi Holund… il m’avait promis deux lapins, mais c’est pas pour les lapins que je m’en faisais… même si on les adorait… je les mitonnais à la marmite… bien dorés… mais on peut aussi les faire dans une bonne marinade avec de l’oignon des échalotes des carottes et de l’ail… mais alors il faut pas hésiter à laisser attendrir un jour ou deux…
— Nanna…, l’interrompit doucement Ketil et il fronça les sourcils.
— Pardon… mon Arpius qui rentre pas, donc… et la nuit qui arrive et la neige qui tombe… je sais pas ce qui s’est passé au juste à cette chasse… la seule chose que je sais à coup sûr c’est qu’il est parti le matin et qu’il est pas rentré le soir…
5
LE SILENCE
DE L’OURS
C’est vers la fin de l’hiver. Iwan, fils unique du roi Holund, s’en va chasser en compagnie de son serviteur Arpius. Un pâle soleil dessine sur la neige l’ombre grise de leurs chevaux qui vont l’un derrière l’autre, au pas : le grand cheval noir d’Iwan et la petite jument pommelée d’Arpius. Au-dessus de leurs têtes, un long nuage blanc s’étire et fait comme une écharpe déployée haut dans le ciel. Ils marchent sans hâte à travers la plaine, en direction d’une lande où quelques lièvres en quête des premières herbes tendres se montreront peut-être.
— À quoi me sers-tu, en fait, Arpius ? demande Iwan.
— Oh, à peu de chose… Peut-être seulement à vous empêcher de devenir ce que vous deviendriez si je ne vous empêchais pas de le devenir.
— C’est-à-dire ? Tu peux parler plus clair ?
— C’est-à-dire un jeune prétentieux imbu de sa personne et persuadé qu’il vaut mieux que les autres pour la seule raison qu’il est le fils de son père.
— Ah, et ce n’est pas vrai ?
— Que vous êtes le fils de votre père ? Si si …
— Non. Que je vaux mieux que les autres.
— Oh, mais si, bien sûr. Tenez, ce matin, quand vous avez glissé en montant sur votre cheval et que vous êtes resté accroché à l’étrier par la cheville, vous étiez vraiment au-dessus du lot. Et la semaine dernière, rappelez-vous, quand ce début de colique vous tordait le ventre…
— Arpius ! Te souviens-tu à qui tu t’adresses à l’instant ?
— Oui, hélas, à notre futur souverain.
— Comment « hélas » ?
— J’ai dit « hélas » ?
— Oui, tu as dit : « hélas, à notre futur souverain ».
— Ah, ça m’aura échappé, ou alors j’ai voulu dire qu’on ne devrait pas s’adresser ainsi à son futur souverain, et c’est pourquoi j’ai poussé ce « hélas ». Pour me désapprouver moi-même, en quelque sorte.
— Menteur ! Tu ne voulais pas plutôt dire que j’allais « hélas » devenir ton futur souverain ?
— Oh, je ne me permettrais pas !
— Même si tu le pensais ?
— Surtout si je le pensais.
— Et tu le penses ?
— Je ne pense jamais rien quand j’ai l’estomac vide, et c’est le cas.
— Tu n’es qu’un ventre !
— C’est vrai, et ça fait l’équilibre avec vous qui n’avez pas de tête.
— Ton raisonnement est tordu.
— Moins que mes boyaux. Vous les entendez qui appellent au secours ? Et ce n’est pas avec ces pauvres armes que nous allons gagner notre repas de midi ni ramener les lièvres que j’ai promis à ma chère épouse. Un arc et des flèches ! Savez-vous qu’on a inventé la poudre ? Il faudrait vous tenir au courant de l’actualité.
— Je n’aime pas la chasse à la carabine, tu le sais.
— C’est une opinion que vous partagez avec le gibier et ça vous honore.
Ils vont ainsi, devisant à l’infini, se chamaillant et jouant à se quereller. Arpius accomplit à merveille la mission qui lui est confiée : rappeler au prince qu’il n’est qu’un homme et l’inciter sans cesse à la modestie. Le roi Holund possède lui-même un bouffon qui, sous couvert de pitreries, lui dit ses quatre vérités. Il trouve cela très sage et il a jeté dans les pattes de son fils le meilleur de tous : Arpius. Celui-ci fait office à la fois de serviteur, de confident, de protecteur et de conseiller, mais il lui lâche sans hésitation des horreurs – parfois des vérités – que nul autre que lui ne pourrait se permettre de dire : « Vous puez la sueur, mon prince, ce matin. » Ou bien : « Parfois, je me demande si votre cheval n’aurait pas davantage de vocabulaire que vous. »
Iwan en rit le plus souvent, mais quelquefois les flèches d’Arpius touchent juste :
— À force de se croire aimé de tous, on se fait des illusions sur soi.
— Je me fais des illusions sur moi ?
— Je n’ai pas dit ça.
— Si, tu l’as dit,
— Non, je ne l’ai pas dit. Je parlais en général.
Il met son maître en garde contre la flagornerie des courtisans :
— Fréquentez plutôt votre cheval, lui au moins ne vous flattera jamais.
Il ose même s’en prendre à Unne, la belle épouse d’Iwan, ou plutôt au couple qu’ils forment.
— Vous ne la méritez pas.
— Vraiment ? Tu penses qu’elle est trop belle pour moi ?
— Non, je pense qu’elle n’est pas assez laide. Non pas que vous soyez disgracieux (malgré votre nez un peu fort) mais, voyez-vous, mon prince, il est important d’être assorti. Regardez-moi : je suis petit, gros, presque borgne, j’ai vingt ans de plus que vous et je suis pauvre de surcroît puisque mon maître (que vous connaissez bien) me paye mal. Mais tout cela je le sais et j’ai trouvé ma Nanna, qui sans être une mocheté n’est pas non plus… enfin, vous la connaissez. Quoi qu’il en soit, nous pouvons aller côte à côte sans que les gens se retournent sur nous.
Читать дальшеИнтервал:
Закладка:
Похожие книги на «Le chagrin du roi mort»
Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le chagrin du roi mort» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.
Обсуждение, отзывы о книге «Le chagrin du roi mort» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.