Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort
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- Название:Le chagrin du roi mort
- Автор:
- Издательство:Gallimard Jeunesse
- Жанр:
- Год:неизвестен
- ISBN:9782070623877
- Рейтинг книги:4.33 / 5. Голосов: 3
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Leurs regards se croisent et Iwan sait qu’il est inutile d’insister. Arpius ne le laissera pas.
Un cavalier ouvre sa tunique et passe sa main dessous. Ils s’attendent à voir apparaître un fusil, mais c’est autre chose : un bâton d’un demi-mètre au bout duquel sont fixées des griffes. Iwan comprend et frémit : il n’y a pas d’ours, mais ils vont périr tout de même des griffes de l’ours. Du moins, on le croira en découvrant leurs corps déchiquetés. Il reconnaît bien là la perversité de Guerolf. Il le voit et l’entend déjà, la main sur les yeux pour cacher ses larmes absentes : « Quoi, mon cousin Iwan tué par un ours ? Quelle horreur ! Quelle perte ! » Un deuxième cavalier écarte les pans de sa tunique et en tire la même arme. Un troisième, un quatrième… Les autres ont des fusils, dont ils ne se serviront que s’ils y sont obligés, car il serait difficile de faire croire que les ours tirent des coups de feu. En tout cas, les arcs et les flèches ne sont d’aucun secours pour l’instant.
— Ya ! Ya ! crie Iwan. Il fait volte-face et lance son cheval dans la descente, droit vers le nord.
Arpius le suit, dix mètres en retrait.
— Ya ! Ya ! Ma fille ! Va ! Va !
La poursuite ne dure pas. Cinq autres cavaliers surgissent en face d’eux, les obligeant à stopper leur course. Le piège s’est refermé.
— Par le côté, mon maître ! crie Arpius et il lance sa petite jument pommelée vers la gauche.
Iwan le suit. Ils n’ont pas fait vingt mètres que les deux montures s’empêtrent dans la neige profonde. La jument prisonnière s’affole et hennit. Le grand cheval d’Iwan s’arrache puissamment, fait trois enjambées rageuses qui soulèvent un nuage blanc puis, ne trouvant plus rien de solide sous ses sabots, cesse d’avancer.
Cinq hommes chaussés de raquettes s’approchent, leurs griffes à la main. Les autres sont restés en retrait sur leur bête, armés de leur fusil. Iwan se rappelle une chasse à laquelle il a assisté autrefois, sur Grande Terre. Le cerf mordu, épuisé, acculé au fond d’un ravin, faisait face aux chiens et aux chasseurs. Il n’a jamais oublié l’œil effaré de l’animal, seul contre tous, incapable de comprendre. « Voilà, c’est mon tour, se dit-il, je suis le cerf. »
Arpius, toujours en selle, saisit l’arc attaché sur son dos.
— Il faut les forcer à tirer, mon maître ! Mieux vaut les balles que les griffes ! Vous m’entendez ?
Il a raison, une fois de plus. Mais le temps de saisir une flèche, ils sont sur eux. Le premier coup est pour la croupe de la jument. Elle rue et désarçonne son cavalier.
— Sauvages ! hurle-t-il, à demi enfoui dans la neige, et il sort son coutelas de sa ceinture. Ils le frappent, le déchirent. Le sang coule sur sa tempe.
— Nanna… pleure-t-il en se protégeant le visage. Au secours !
Iwan ne le supporte pas. Il saute à bas de son cheval et se jette sur eux, armé de son seul coutelas.
— Arpius, crie-t-il, défends-toi !
Ce sont ses derniers mots.
La scène est étonnamment silencieuse. Les coups pleuvent, lacèrent le cuir des vêtements et celui de la peau, le sang goutte sur la neige. On n’entend que le halètement sourd des assassins qui frappent, méthodiques, et la plainte étouffée des deux qui meurent. :
Les cavaliers observent de loin, sans montrer d’émotion. Ils attendent que ce soit « fini ». Quand c’est fini, les tueurs ôtent leurs raquettes et se remettent en selle après avoir vérifié qu’ils n’ont rien oublié de compromettant. Puis tous s’éloignent, au pas, sans dire un mot. Une fois sortis du creux, ils mettent leurs chevaux au trot, puis au galop dans la grande plaine. La brume les avale.
La jument d’Arpius et le cheval d’Iwan réussissent à force de courage à s’extraire de leur prison de neige. Ils gravissent la pente et attendent longtemps, hébétés, des ordres qui ne viennent pas. Ils finissent par s’en aller, côte à côte, avec sur leur dos, deux fantômes qui se chamaillent :
— Vous avez décidément bienfait, mon prince, de laisser les carabines à la maison. Elles nous auraient embarrassés.
— Tu te moques ?
— Pas du tout. D’ailleurs, vous avez vu comme nos arcs et nos flèches les ont impressionnés.
— Tu es en colère parce que tu t’es sacrifié pour moi, c’est ça ?
— Vous êtes bien naïf Je me serais sacrifié pour si peu ? Sauf votre respect, j’avais autre chose en tête en tâchant de vous sauver.
— Quoi donc ?
— Mes gages, pardi ! Plus de maître plus de gages. Et vous me devez mon mois.
— Je te le réglerai demain.
— Cela ne vous ruinera pas…
— Allez, Arpius, rentrons, le temps a tourné. Tant pis pour les lapins…
— De leur point de vue, je dirais plutôt tant mieux…
Pendant des heures, il ne se passe plus rien dans le creux où gisent Iwan, le fils du roi Holund, et son serviteur Arpius. Puis, la nuit venue, la neige se met à tomber, épaisse. Elle recouvre les traces de la lutte et celles des chevaux. Il ne reste bientôt que les deux corps inertes enfouis dessous. Ces deux hommes ont été attaqués par l’ours. Voyez ces griffures. Il sera descendu de la montagne. C’est la faim qui l’aura poussé.
6
NANNA
— … il est pas rentré… et le lendemain non plus… et jamais… on a parlé que d’Iwan après et c’est normal parce que le fils du roi quand même… et puis tout le monde l’aimait… il aurait fait un bon souverain comme son père, modeste et raisonnable… oui, on l’a bien pleuré… moi la première… mais mon Arpius ça comptait pas… un serviteur vous pensez… on disait Iwan et son valet… comme s’il avait pas eu de nom lui… et ça je l’ai pas avalé… surtout que l’ours j’y ai jamais cru… pas une seconde… c’était des ours à deux pattes, si vous voyez ce que je veux dire… et celui qui les commandait tout le monde sait qui c’est…
— Nanna, intervint Ketil, rien n’a jamais été prouvé.
— Ah, bon ? Et pourquoi que le roi l’aurait exilé, le Guerolf, hein ? Il a pas eu besoin de preuve lui… il lui a dit va-t’en et l’autre a décampé… qui se sent morveux se mouche… il serait parti comme ça s’il avait rien fait ?
Les conseillers sourirent. Nanna exprimait avec des mots très simples ce dont ils étaient tous convaincus depuis longtemps.
— Bref, j’en avais gros… quelques jours après le drame je suis allée trouver Unne, l’épouse d’Iwan… je sais, on était pas du même milieu, loin de là, mais le malheur nous rapprochait… elle m’a bien reçue… comme son égale… on a pleuré toutes les deux en se tenant les mains… on s’embrassait quand même pas, parce que quand même… elle m’a dit que son mari appréciait beaucoup le mien et moi je lui ai répondu que le mien appréciait beaucoup le sien et on a continué à pleurer comme des Madeleine… et puis elle m’a dit le secret… je sais pas pourquoi elle me l’a dit à moi… enfin si, je le sais… c’est parce que j’étais une femme… parce qu’on partageait la même peine et parce que je me trouvais là à ce moment-là… et parce qu’il fallait qu’elle le dise… bref, elle m’a dit qu’elle attendait un bébé…
Le silence qui régnait déjà dans la salle du Conseil se fit compact. Tous fixaient la paysanne, stupéfaits. De pâle, le visage de Bjorn était devenu livide. Il prit sa tête dans ses mains et ne bougea plus.
— … elle l’avait dit à personne… j’étais la première et la seule… pour l’ours elle était du même avis que moi… il y avait pas plus d’ours dans le coup que de girafe ou d’hippopotame… c’était un assassinat bien réussi, bien camouflé… et s’ils avaient tué le père ils hésiteraient pas à tuer le fils maintenant… parce qu’il lui fallait le champ libre à Guerolf… il était prêt à tout pour coiffer la couronne… prêt à faire tuer un enfant… j’ai dit à Unne qu’elle ferait mieux de se taire à propos du bébé dans son ventre… tant que ça se voyait pas, il fallait rien dire… et quand ça se verrait, quand son ventre serait rond, elle aurait qu’à se mettre sous la protection du roi et de ses gardes… elle a dit oui que c’était comme ça qu’il fallait faire.,. et on s’est quittées là-dessus… j’étais contente qu’elle soit raisonnable… mais c’est moi qui ai trahi le secret… c’est moi…
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